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DÉFENDRE LES DAUPHINS : LA NOUVELLE FRONTIERE MORALE

DÉFENDRE LES DAUPHINS :
LA NOUVELLE FRONTIÈRE MORALE

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THOMAS I. WHITE
RÉSUMÉ DU CONTENU TRADUIT PAR CHRISTELLE BORNAUW

CE LIVRE EXPOSE DEUX QUESTIONS :

1) Quel genre d’êtres sont les dauphins ? Que nous révèle la recherche scientifique à propos de leurs capacités cognitives et affectives, et quelles sont les implications philosophiques de ces découvertes ?

2) A la lumière de ce que nous savons ce qu’ils sont, l’état actuel des interactions hommes-dauphins est-il acceptable d’un point de vue éthique ?

Ce livre soutient que les dauphins ont des capacités intellectuelles et émotionnelles suffisamment sophistiquées pour qu’on leur accorde un statut moral.
Ils devraient donc au minimum être considérés comme des « personnes non humaines ».
Quant aux relations hommes-dauphins (caractérisées par la mort et les blessures infligés à de nombreux dauphins, dommages directement liés avec l’industrie de la pêche et l’utilisation de dauphins captifs par l’industrie du divertissement, pour des visées thérapeutiques ou à des fins militaires) elles sont dès lors indéfendables d’un point de vue éthique.

En conséquence, ce livre jette les bases de l’affirmation selon laquelle les relations actuelles entre hommes et dauphins sont, en fait, équivalentes aux relations entre hommes blancs et esclaves noirs, il y a deux siècles.

LES DAUPHINS : CONSCIENCE, INTELLIGENCE, PERSONNALITÉ ET STATUT

Les dauphins possèdent les capacités cognitives et émotionnelles caractéristiques du type de conscience qui constitue la base, chez les humains, de la possession d’un statut moral. Si des individus humains ont droit à une considération particulière, alors les individus dauphins devraient en bénéficier aussi.

Les dauphins possèdent le matériel biologique pour soutenir de telles facultés.
Comme le cerveau humain, le cerveau du dauphin a un large cortex cérébral et une quantité importante de néocortex associatif.
La plupart des ratios anatomiques qui permettent d’évaluer les capacités cognitives (poids du cerveau, quotient encéphalique) placent le cerveau du dauphin en seconde place seulement après le cerveau humain.

Cependant, le fait que les dauphins aient une histoire évolutive différente et plus longue que les humains a probablement engendré d’importantes différences dans la façon dont les cerveaux de ces deux mammifères fonctionnent. Par exemple, des informations limbiques ou émotionnelles pourraient jouer un plus grand rôle dans le cerveau des dauphins que dans celui des humains. Et le cerveau humain pourrait davantage mettre l’accent sur le détail alors que le cerveau des dauphins mettrait l’accent davantage sur la vitesse.

La recherche scientifique dans le « monde intérieur » des dauphins révèle des signes d’une conscience avancée que l’on croyait traditionnellement spécifique aux humains seulement : conscience de soi, émotions, autoréflexion consciente sur les contenus de la conscience, résolution de problèmes par l’utilisation de la pensée abstraite, saisie de la structure causale de son propre environnement, pensée innovante et créative, fonctionnement dans des environnements cognitifs étrangers, et utilisation d’outils.

LES DAUPHINS SE RECONNAISSENT DANS LE MIROIR ET SE FONT DES GRIMACES (VIDEO)

Les dauphins ont aussi démontré leur capacité à travailler avec les éléments de base du langage humain : vocabulaire, règles et catégories grammaticales qui combinent des symboles pour en faire des phrases pleines de sens, phrases complexes (5 articulations de mots) qui incluent des modificateurs et des objets directs et indirects, ainsi que des questions et des demandes.

L’essentiel des preuves de l’intelligence des dauphins concernent toutefois leur niveau élevé d’organisation sociale.
Les dauphins coopèrent les uns avec les autres – formant même des alliances de second voire de troisième ordre dans certaines communautés – pour gérer les principales tâches liées à leur survie. Ils empêchent l’agression de devenir incontrôlable. Ils semblent disposer à la fois des moyens acoustiques et non acoustiques pour communiquer des informations vitales aux autres membres de leur pod.

Ils consacrent également beaucoup de temps et d’énergie à développer et à maintenir de relations fortes avec ces membres. En effet, le rôle central des contacts interindividuels dans leur vie signifie probablement qu’ils gèrent davantage d’informations émotionnelles et sont appelés à les utiliser davantage au quotidien que ne le font les humains. Il est difficile de prendre en compte toutes ces données et de ne pas en conclure qu’il y a un niveau impressionnant d’intelligence derrière ces comportements.

Les dauphins, donc, peuvent être clairement qualifiés de « personnes non humaines » avec un statut moral équivalent à celui des humains.
Les « personnes » sont traditionnellement considérées comme des êtres vivants conscients de leur environnement, capables d’éprouver du plaisir ou de la souffrance, dotés d’émotions et de notion de « soi », capables en outre de contrôler leurs actions, de reconnaître les autres personnes et de les les traiter de façon adéquate. Ils se doivent également de posséder une grande variété de compétences intellectuelles supérieures (incluant les capacités d’apprendre, de communiquer, de résoudre des problèmes complexes et de manier la pensée abstraite).

La recherche scientifique nous apprend que les dauphins rassemblent toutes ces caractéristiques.
Ce sont donc incontestablement des « qui », et non des « quoi ».
Ce sont des personnes, pas des objets ou des propriétés.

Notre espèce est cependant confrontée à un défi particulier quand il s’agit de fonder les bases d’une éthique inter-espèce. L’anthropocentrisme doit être évité.
Les philosophes pourraient utiliser le concept de « personnalité » pour éviter les préjugés liés à l’espèce, mais la façon dont le concept est défini revient toujours à dire que les autres êtres vivants ne méritent une attention particulière que s’ils sont «semblables à nous ».

Le travers est perceptible, dès l’abord, quand on voit la place occupée par la question du langage dans les discussions sur les capacités cognitives des non-humains (ont-ils ou non un « langage » ?). Pourtant, comme l’intelligence, le langage est à considérer comme un trait spécifique lié aux impératifs de survie de l’environnement particulier dans lequel l’espèce évolue. (A ce propos, l’affirmation selon laquelle le langage a été le produit de la co-évolution du cerveau humain et de la main humaine est particulièrement importante.)

Le second problème que pose la définition traditionnelle de la personnalité est qu’elle échoue à reconnaître quelques-unes des différences cognitives et affectives majeures qui séparent les humains des dauphins. Les cétacés ont évolué dans l’eau vers un « soi » fondamentalement social et vers une dilution de l’individualité (chez les dauphins en tous cas). Tout ceci suggère des différences fondamentales dans les univers mentaux des différentes espèces – un fait à prendre particulièrement en compte quand on se pose la question d’un traitement des dauphins acceptable sur le plan éthique.

ETHIQUE INTER-ESPÈCE

Les deux industries dont les comportements mettent à l’heure actuelle en grand danger les dauphins sont les industries de la pêche et du divertissement.

– La poursuite de la pêche au thon continue à tuer et à blesser de nombreux dauphins chaque année. Il est difficile par ailleurs d’imaginer comment la pêche au dauphin (et les autres pratiques de pêche qui nuisent aux dauphins, comme les filets dérivants et les « chasses » japonaises) peuvent encore être défendues.

– Plus de 1500 dauphins captifs sont utilisés dans le monde à des fins de divertissement.
Ces dauphins vivent en général avec un petit nombre d’autres dauphins dans des réservoirs en béton exigus.
Les défenseurs de la captivité évoquent des bénéfices pour les humains comme pour les dauphins. Les humains sont divertis, et notre curiosité sur les dauphins est satisfaite grâce à la recherche scientifique. Les dauphins captifs reçoivent de la nourriture et des soins médicaux.
Même des dauphins sauvages pourraient bénéficier de l’attrait que développaient les humains pour les dauphins après les avoir vus. Les dauphins captifs comme les sauvages pourraient bénéficier de multiples façons de ce que l’on a appris par la recherche. Les programmes d’élevage réussis auraient pratiquement mis fin à la pratique de la capture des dauphins pour l’industrie du divertissement.

Cependant, même les meilleures installations ne sont pas défendables sur le plan éthique.
Les dauphins n’apprécient pas leur statut de prisonniers et les conditions sociales limitées et précaires qu’on leur impose ne permettent pas à leur personnalité de s’épanouir de façon saine et compète.

Les avantages ne l’emportent pas sur les inconvénients. Les avantages vont quasiment tous dans le même sens : vers les humains.
Quant aux dauphins, ils ne sont pas traités d’une façon correcte, en fonction de leurs caractéristiques psychophysiologiques ni à leurs besoins complexes.

De plus, l’idée de traiter une telle espèce – composée d’êtres conscients d’eux-mêmes disposant d’une intelligence sophistiquée – comme des « propriétés » et non comme des « personnes », et de les élever en pensant uniquement à ce qui les rendra utiles sur un plan commercial, présente de glaçantes similitudes avec la pratique de l’esclavage humain. Capturer, vendre, acheter et/ou élever est incompatible avec la dignité due à un être conscient.

– La même critique peut être faite concernant les dauphins utilisés à des fins thérapeutiques ou militaires.

QUE POUVONS-NOUS FAIRE FACE À CES PRATIQUES INACCEPTABLES ?

– L’obligation la plus urgente de l’humanité est de trouver des moyens de mettre fin aux pratiques de pêche qui nuisent aux dauphins.

– Les installations pour dauphins captifs devraient cesser tous leurs programmes d’élevage. Vu le potentiel de divertissement et le rapport coût-efficacité de technologies audio-visuelles tels que les films IMAX montrant des dauphins en liberté, les parcs d’attraction qui commencent à intégrer ces technologies devraient pouvoir continuer à faire des bénéfices.

– Il n’y a pas de solution idéale pour les centaines de dauphins qui vivent actuellement en captivité. Il est peu probable que beaucoup d’entre eux (voire même un seul) puissent jamais réintégrer la vie sauvage. Donc, de façon réaliste, ils devront probablement rester là où ils sont pour le restant de leurs jours. La génération captive actuelle décèdera donc dans les 40 à 50 prochaines années.
(Ce qui nous semble beaucoup, compte tenu du fait que la moyenne d’age des nés-captifs est de 5 à 7 ans et que rares sont ceux qui atteignent la trentaine. YG).

– Compte tenu de la fin prévisible des dauphins captifs, les nouveaux chercheurs devraient être dirigés par leurs mentors vers la recherche en milieu sauvage.

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