Free our last 6 dolphins in Belgium.

SEA LIFE CONTRE SEAWORLD !

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13 NOVEMBRE 2012
UN ARTICLE DE DAVID KIRBY 

Les grandes sociétés ne sont pas toujours d’accord.

Considérons le riche et puissant Blackstone Group, l’un des leaders mondiaux des capitaux privés.

Suite à d’opaques torsions financières, la société Blackstone basée à New York apparaît désormais comme une maison divisée au niveau mondial. Chacune des deux sociétés de divertissement issues de ce même groupe expriment son mépris à l’égard des méthodes commerciales de l’autre.

De ce fait, il devient difficile pour SeaWorld d’attaquer ceux qui le critiquent, alors que sa propre société sœur est ouvertement opposée à ses méthodes !

L’une des récentes acquisitions de Blackstone, à savoir les parcs d’attractions SeaWorld, célèbre, favorise, perpétue et tire profit de l’enfermement et de l’exhibition publique de dauphins et d’autres cétacés en amusant les foules.

Les représentants de cette compagnie dénoncent et dénigrent quiconque ose critiquer leurs pratiques commerciales ou qui ont l’audace de réclamer la remise en mer rapide ou le placement en sanctuaires côtiers des cétacés captifs que Seaworld exploite.

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LA PÉDAGOGIE SELON SEAWORLD

En opposition directe, une autre société du groupe Blackstone, Merlin Entertainments Group et de sa division aquarium, SEA LIFE, se montrent tout aussi farouchement adversaires du maintien de cétacés en bassins, soutient activement le développement des sanctuaires de retraite à l’usage de ces mammifères et déclare publiquement qu’elle condamne les efforts de SeaWorld et d’autres parcs marins des États-Unis pour importer et montrer en spectacle 18 bélugas russes capturés en mer.

QUE SAIT SEA LIFE QUE SEAWORLD REFUSE DE VOIR ?

Basé au Royaume-Uni, le groupe Merlin est le premier gestionnaire de parcs d’attractions en Europe et le second dans le monde. Parmi ceux-ci, LEGOLAND, Madame Tussauds et SEA LIFE.

Son éthique commerciale est si fondamentalement inconciliable avec celle de SeaWorld, qu’il est difficile de voir comment la société mère Blackstone peut affronter une telle dissonance entre frère et sœur, à moins que de l’ignorer (nos demandes de renseignements à la société mère sont restées sans réponse), et de continuer à récolter les recettes des deux côtés à la fois.

Difficile, pourtant, de les ignorer !

Blackstone a gagné des centaines de millions en bénéfices francs d’impôts l’an dernier, grâce aux seuls dauphins et autres cétacés détenus par SeaWorld et ses succursales.

Cette pratique est toutefois contestée par «toutes les autorités de premier plan dans ce domaine et indigne la majorité des citoyens américains ordinaires sondé sur ce sujet « , a déclaré Janine DiGioacchino, directrice de la division de Merlin Entertainments (Midway) États-unis, dans une lettre remarquable qui n’a pourtant suscité aucun écho dans les média.

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« Les cétacés ne sont pas adaptés à la captivité », affirme DiGioacchino dans ce courrier, d’une manière aussi tranchée que je le faisais dans mon livre « Death At SeaWorld ». « Peu importe si les installations qui les enferment sont plus ou moins grandes ou bien conçues. Ce sont là des animaux marins de grande taille, très intelligents et sociaux, qui souffrent de privation sensorielle aiguë dans quelque type de confinement contre nature que ce soit».

Nous n’avons pas pu joindre non plus Merlin ou DiGioacchino.

Mais sa lettre était sous-tendue par une opposition de longue date de la société Merlin à l’égard des spectacles de cétacés.

«Maintenir des dauphins, des orques ou des bélugas en captivité peut sans doute présenter un certain intérêt en termes éducatifs » précise ce document « mais il s’agit là de quelque chose de bien différent que de montrer des poissons ou d’autres créatures marines au public ».

La lettre, datée du 25 octobre 2012, rédigée sur papier à en-tête du groupe Merlin et adressée «À qui peut être concerné », a été présentée au NMFS (US National Marine Fisheries Service) afin d’exprimer «l’opposition la plus forte possible» à l’importation de bélugas russes sur le territoire américain.

Cette tentative d’importation, véhémentement contestée par les militants, a été initiée par l’Aquarium de Géorgie, avec la pleine participation de plusieurs autres entreprises, en particulier SeaWorld, qui entend bien s’octroyer la part du lion sur ce stock de baleines blanches si séduisantes comme « prêts d’élevage. »

MÈRE ET ENFANT CAPTURÉS PAR L’ÉQUIPE RUSSE

Inflexible, DiGioacchino est encore allé plus loin dans sa lettre, en faisant valoir que tout avantage pédagogique apporté au public du fait de l’importation de ces bélugas, se trouvait noyé par un océan de misère animale.

« L’argument que de telles exhibitions sont bonnes pour l’éducation et la conservation n’est pas, à notre avis, ne l’emporte pas sur le fait que ces mêmes spectacles provoque de la souffrance et du stress de manière incontestable, non seulement pour les animaux capturés eux-mêmes, mais aussi pour les groupes familiaux dont ils ont été si cruellement et si brutalement séparés ».

Ces lignes sont écrites par DiGioacchino, au nom des « Centres SEA LIFE à travers le monde, en ce compris les cinq centres situés aux États-Unis. « L’importation de mammifères marins à des fins commerciales n’est pas illégal aux USA, mais elle est très controversée. Aucun permis d’importation n’a été approuvé depuis 1993, laissant SeaWorld et d’autres s’appuyer sur leurs seuls programmes de reproduction et le sauvetage d’animaux échoués jugés incapables de retourner en mer.

«À moins qu’il ne s’agisse de cétacés blessés ou malades nécessitant des soins vétérinaires à temps plein, ceci n’est tout simplement pas correct » a poursuivi DiGiaocchino. « Nous manquerions à notre devoir en tant qu’opérateur du plus grand aquarium au monde, si nous ne nous exprimions pas publiquement à ce propos. »

Le très influent Aquarium National s’en est également pris aux efforts de SeaWorld, en déclarant que « sa nouvelle politique s’opposait à toute capture des cétacés sauvages, pour n’importe quel but. »

GARDALAND, EN ITALIE : UNE PROPRIÉTÉ DU GROUPE MERLIN

Tout aussi remarquables sont les démarches actuelles dans les quelles le Groupe Merlin s’engage, afin de fournir aux cétacés captifs une retraite paisible et le cas échéant, préalable à une réhabilitation en milieu naturel.  Un concept que SeaWorld rejette régulièrement et tourne en dérision, en le qualifiant d’irréaliste et de désespérément romantique.

Il faut savoir qu’en dépit de sa propre politique, Merlin a tout de même acquis trois parcs enfermant des cétacés.

Mais « plutôt que de continuer à exploiter ces animaux dans un but lucratif », continue DiGiaocchino : «Il est urgent que nous progressions concrètement dans la création d’un sanctuaire naturel, où nos dauphins, mais aussi, espérons-le, ceux provenant d’autres attractions publiques dans le monde entier, puissent être relogés, prendre leur retraite et si possible, être réhabilités ».

Les plans de Merlin sont actuellement « under cover » mais à peine secrets.

Des groupes comme la WDC et la Humane Society International ont d’ores et déjà travaillé en étroite collaboration avec SEA LIFE / Merlin, en vue de choisir un site convenable aux eaux chaudes pour y créer un sanctuaire à dauphins, et finalement un site aux eaux froides à l’usage des bélugas, et sans doute, des orques et autres cétacés de région sub-polaire.

Courtney Vail de la WDC a déclaré à ce sujet :

«Des activités intérimaires sont en cours d’élaboration et explorées attentivement, afin d’améliorer les conditions de vie des animaux dans les installations de Merlin. Les dauphins captifs de ses propres installations seront les premiers candidats à l’installation dans ce sanctuaire de retraite, puis, dans un second temps, à la réhabilitation. Grâce à notre propre expertise et notre implication dans des projets de remise en liberté, tout en consultant d’autres experts, nous travaillons avec Sea Life / Merlin pour faire de ce projet une réalité. Il s’agit d’un processus complexe et délicat, mais c’est en cours !  »

« La lettre de SEA LIFE a froissé pas mal de plumes et tracé une ligne claire dans le sable», me confiait-elle encore , «Et ces déclarations ont vraiment interpellé SeaWorld et les autres entreprises similaires à propos de leurs pratiques. Mais peut-être que ce bouleversement donnera aux parcs hésitants la volonté de renoncer aux spectacles de cétacés captifs. »

« SEA LIFE veut offrir un lieu de retraite à tous les cétacés captifs dans le monde », a écrit DiGioacchino, « Ce qui englobe vraisemblablement les dauphins enfermés dans des installations américaines telle que SeaWorld.

L’Amérique est une nation éclairée qui devrait être le leader mondial dans le domaine de soins donnés aux cétacés et dans la compassion pour des créatures aussi spéciales que celles-ci. Au lieu de quoi, nous allons radicalement à l’encontre de ces valeurs en persistant à perpétuer un commerce totalement obsolète, contraire à l’éthique et aux bonnes pratiques ».

Il est difficile pour SeaWorld d’attaquer ses détracteurs (moi y compris) quand sa propre société sœur déclare ouvertement et très exactement la même chose.

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Faut-il rappeler à nos pouvoirs publics, qui ont estimé utile de mettre en place un interminable dialogue entre les esclavagistes du Boudewijn Seapark de Bruges et trois associations désormais muselées le temps des débats, que Sea Life est présent à Blankenberge, à deux pas du dernier delphinarium belge ? Pourquoi ne pas inviter un représentant de ce groupe au Conseil du Bien-être animal, afin qu’il fasse valoir les arguments financiers liés au rejet des delphinariums ?

L’avenir des parcs d’attractions se joue désormais sur le plan de l’éthique.

Ou plutôt, les compagnies commerciales ont compris que le grand public familial, malgré les efforts frénétiques d’une certaine presse pour le désinformer, ne supportait plus d’assister à des spectacles « qui font souffrir les animaux ».

Il est plus que temps désormais de voter un loi au niveau fédéral pour interdire à jamais tout spectacle de dauphins blêmes, malades, fatigués, drogués, brisés, acculturés,  et mourant avant l’âge, avant que le vent de l’histoire (et le sens des affaires) n’emporte de lui -même cette prison aquatique dans les oubliettes de la honte nationale.

Inutile également de conseiller à tous nos lecteurs de visiter Sea Life plutôt que le Boudewijn Sea Park !

2 Réponses

  1. Bonjour,
    Je vous écris pour vous faire part d’un parc à Dauphin, ici en Polynésie plus exactement à Moorea hôtel Beach Comber Parc Royal.Je trouve que le parc est petit pour 3 dauphins!!
    Je suis contre le renferment des dauphins , que faut il faire ?
    Merci.

    12/05/2014 à 16:07

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