Free our last 6 dolphins in Belgium.

Ambassadeur de la mer ou esclave exploité ?

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Helene Hesselager O’Barry

Une chaîne bien connue de parcs d’attractions aux Etats-Unis a récemment annoncé la naissance d’une orque dans ses établissements de San Diego.

Le parc à thème dans lequel l’orque était né s’appelle SeaWorld, même si l’intérieur de la cuve stérile dans laquelle il vivra n’a rien à voir avec la mer et ne ressemble en rien au monde réel des épaulards.

Né au sein des murs d’un parc d’attractions, la vie de cette orque nouveau-né sera bien loin de ressembler à celles de ses homologues libres.
Elle sera sans aucun doute incorporée dans le programme de dressage habituel du parc, qui transforme ces rois des prédateurs marins en bêtes soumises et dépendantes de leurs gardiens humains, quêtant auprès d’eux nourriture et attention.

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L’épaulard est le plus grand membre de la famille des dauphins mais aussi le plus grand de tous les mammifères marins à jamais avoir été gardé en captivité. En comptant ses 20 orques répartis dans ses trois parcs à thème, SeaWorld est le plus important propriétaire d’orques captives au monde. L’Industrie de la Captivité répète à qui veut l’entendre que : «les orques en de nos bassins sont les ambassadeurs de la mer!»
Mais comment les spectateurs pourraient-ils apprendre quoique ce soit sur la vraie nature des orques en assistant à un show de SeaWorld, dont les vedettes ont été capturés ou sont nées en bassin sans avoir jamais vu la mer ?

Le nouveau-né du SeaWorld de San Diego aurait été engendré à distance par l’orque Kshamenk.
Ce grand mâle a été capturé en 1992 à l’âge de 4 à 6 ans et se trouve actuellement gardé en isolement au Mundo Marino (Argentine).
A plusieurs reprises, les associations de défense animale, parmi lesquels Earth Island Institute, ont tenté de convaincre les autorités locales que Kshamenk devaient être remis en liberté, jusqu’ici bien en vain.

La valeur commerciale de Kshamenk en tant que donneur de sperme à l’usage des femelles pour les delphinariums tels que SeaWorld et d’autres, pourrait représenter une forte incitation à ce que Mundo Marino ne libère jamais ce précieux étalon.

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La mère de l’enfant s’appelle Kasatka.

Elle fut enlevée des eaux islandaises en 1978. Le site Orcas in Captivity qui rassemble toutes les informations à propos des orques captives à travers le monde, note que Kasatka n’était guère plus âgée qu’un an moment de sa capture. En 2000, elle fut la première femelle à être inséminée artificiellement, en utilisant le sperme de Tilikum.

Tilikum est mondialement célèbre pour avoir massacré sa dresseuse Dawn Brancheau, au SeaWorld d’Orlando en 2010. Kasatka elle-même, s’est montré agressive envers plusieurs personnes. En 2006, elle faillit noyer son dresseur lors d’un show  en l’entraînant sous l’eau et en le maintenant au fond du bassin.

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Comme la plupart des orques inséminées (qui se demandent sans doute quel étrange mâle fantôme a pu les mettre enceinte) Kasatka n’a pas réagi quand elle a vu son propre enfant, malgré les cris et les appels que lui lançait le bébé depuis son bassin séparé.
Son plus jeune rejeton a hérité pourtant de toutes les caractéristiques impressionnantes de son espèce. Capable de nager avec une agilité étonnante, il possède les compétences nécessaires pour vivre dans le vaste océan. Son corps est élégant, épuré, conçu par la nature pour glisser de manière fluide à travers l’eau sur de longues distances. Si on donnait à cet enfant la simple chance  d’atteindre la maturité en milieu naturel, il serait capable d’atteindre des vitesses de l’ordre de 50km heure !

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S’il était né libre, il aurait intégré la culture complexe d’un « pod » épaulard, apprenant des comportements transmis depuis des dizaines de générations.

Il serait membre d’une communauté Orque, soudée par de liens sociaux  exceptionnellement forts, nageant plus d’une centaine de kilomètres chaque jour aux côtés de leurs parents et d’autres membres de la tribu.

La vie en captivité lui empêche d’exprimer ces capacités naturelles. Je ne peux m’empêcher de me demander ce que cela signifie pour lui de voir son monde réduit aux parois d’un bassin. Il n’utilisera jamais sa force et son endurance à la nage. Il n’utilisera jamais son sonar ni ne pourra exercer l’intelligence, la rapidité, son inventivité lors des chasses aux pries vivante. Il ne se ressentira jamais la pression familière qui vous resserre la poitrine quand vous plongez à plus de 100 mètres. Il ne pourra jamais sur les vagues de l’océan.

Sa mère devra juste lui apprendre à ne pas nager en ligne droite pendant plus de quelques mètres.
Elle lui enseignera l’importance de ne jamais tenter d’atteindre sa vitesse de pointe et surtout, de rester à l’écart des murs en béton. Elle va lui montrer comment faire des tours dans chaque coin de la piscine cuve et très vite, il apprendra à nager en rond, s’en aller nulle part, comme tous les autres. Il va devoir s’adapter.
Décérébré par les contraintes et la monotonie de la vie captive,tous les instincts et toutes les connaissances nécessaires pour vivre en mer, accumulées par ses ancêtres depuis 50 millions d’années, ne s’exprimeront jamais en lui. Formaté par les humains, il n’aura jamais le moindre avant-goût de ce que peut être la vie marine, pleine de mystères, de défis et de diversité.

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Au lieu d’apprendre des parents comment se déplacer dans l’océan et s’y nourrir, il sera dressé à obéir à des ordres incessants récompensés par du poisson mort. On le dressera aussi à éclabousser le public avec sa caudale, à sortir de l’eau et à ramper sur un sol en en béton. Jour après jour, il supportera peu à peu le bruit de la musique rock, les explosions théâtrales qui ouvrent le spectacle et les hurlements du public en liesse.

Au même moment, s’ils étaient libres, sa mère et lui nageraient paisiblement côte à côte, en traversant avec lenteur les vagues sans cesse en mouvement de l’océan immense. Mais cela n’arrivera jamais. Privée du moindre souvenir de l’océan qui a façonné son propre corps, cette orque nouveau-né est une emmurée à vie.  SeaWorld est en train de la présenter comme une «ambassadrice.
Mais il a tort.
SeaWorld ne possède pas cette orque.
Cette orque appartient à la mer.
Et la mer lui appartient.

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