Free our last 6 dolphins in Belgium.

DELPHINARIUMS : LES FAITS

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1. HISTORIQUE

Le concept de delphinarium est né aux USA en 1860, en tant que spectacle du cirque Barnum mettant en scène des bélugas puis en tant que studio de cinéma (Marine Studio, Floride 1948). Le premier dauphin dressé, Flippy, l’a été par une dompteur du cirque Barnum.

En 1966, les premiers shows sont exportés en Europe puis dans le reste du monde, en même temps qu’un grand nombre de dauphins capturés dans le Golfe du Mexique.

Le succès du feuilleton «Flipper le dauphin» transforme peu à peu en géants financiers les parcs d’attractions internationaux qui exhibent des dauphins, puis des orques et des bélugas, ainsi que de nombreuses autres espèces, toujours plus spectaculaires mais de moins en moins capables de supporter la vie captive.

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Mary G (morte aujourd’hui), dauphin de Risso

La mode est lancé et se répand dans le monde entier, notamment au Japon où la capture et la revente de cétacés captifs s’associe à des massacres annuels d’une barbarie insensée. La Russie et les Iles Salomon sont également d’importants fournisseurs, et d’autres pays capturent encore directement leurs dauphins le long de leurs côtes.

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2. CAPTURE

La capture des dauphins libres s’opère dans un climat d’extrême violence. Le « tail-grabber », une sorte de pince à sucre géante munie d’un lasso, étaient utilisé par les américains jusqu’aux années 90 pour extraire  les dauphins hors de l’eau. Plus courante est la méthode du filet circulaire qui se referme sur un groupe, au prix de nombreuses noyades. Ces méthodes sont toujours appliqués partout dans le monde, sauf aux USA et en Europe, où l’on doit se résoudre désormais à « sauver » des dauphins prétendument échoués.

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Morgan, sauvée par Hardewijk, revendue à Loro Parque

66% de tous les dauphins capturés dans le monde sont des femelles juvéniles ou adultes, accompagnées ou non de leur enfant. Ceci affecte gravement le taux de reproduction du groupe autant que sa cohérence sociale, du fait du rôle essentiel que jouent les femelles à ce niveau.

Le 14 mars 1990, le Gouvernement fédéral américain a fini par prendre la décision de suspendre toute capture de Tursiops dans le Golfe du Mexique, du fait des graves menaces environnementales qui pesaient déjà sur cette population (pollution, morbilivirus, essai soniques sous-marins). L’Europe, pour sa part, a toujours dépendu des USA pour garnir ses cirques aquatiques. Il lui a donc fallu développer des programmes de reproduction et d’échanges entre « zoos », sur le modèle des Programmes EEP, à ceci près que ni les orques ni les grands dauphins ne sont une espèce spécialement menacée, du moins dans l’immédiat.

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Plataniste indien ou Sussu. Au bord de l’exctinction

D’autres le sont bien plus, qui meurent dès qu’on les confinent.
Ces programmes EEP (dont les données ne sont pas accessibles au public en ce qui concerne les cétacés) masquent surtout la volonté domestiquer un « animal sauvage »  inadapté à la captivité, puisque adapté à la vie marine.
L’élevage en basin donnent des résultats mitigés, malgré les techniques vétérinaires les plus pointues.
Fini les grands massacres des années 50-90 ! Ils ont cédé la place, du moins dans certains pays occidentaux, à une  tentative de maintenir en vie aussi longtemps que possible un cheptel de bêtes de cirque physiquement saines, à défaut de l’être mentalement.
Le problème c’est les dauphins ne sont pas des chiens, dont l’évolution a été modelé par l’homme depuis 35. 000 ans.

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Chasse avec des chiens, il y a 35.000 ans

L’élevage est donc un échec. La population captive n’est pas auto-suffisante, ni aux USA ni en Europe.
Ailleurs, les captures continuent, à l’ancienne. Les pays asiatiques étendent leur champ d’action aux espèces hautement protégées, plus nouvelles, plus intrigantes, car le dauphin Tursiops commence à lasser. Désormais, il est à l’orque ce que l’otarie est au dauphin ou le cynocéphale au chimpanzé du zoo, un succédané.

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3. TRANSPORT

Transporté en brancard, le cétacé est maintenu hors de l’eau pendant des heures. Sa peau se déshydrate rapidement, sa respiration devient difficile, des escarres apparaissent aux divers points de frottement. Le plus long transport en avion fut imposé à une orque. Une fois capturée, son voyage vers le delphinarium dura 68 heures (Howell, 1968, Taylor, 1977). Deux dauphins transportés depuis la Californie jusqu’en Floride mirent 18 heures à faire le parcours en avion. A l’arrivée, leurs « nécroses de pression » étaient telles que l’un des dauphins mourut quelques jours plus tard. (Sweeney, 1988).

La compagnie aérienne Lufthansa a décidé qu’elle ne transporterait plus de dauphins captifs, compte tenu des souffrances infligées à l’animal et des risques de mortalité trop importants. Néanmoins, ces transports par camion ou par avion continuent partout dans le monde, entraînant par exemple la mort de Wen-Wen, capturé aux Iles Salomon et décédé en 2013 durant son transport des Philippines à Singapour à l’âge de 10 ans

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4. ARRIVÉE EN BASSIN ET DÉSENSIBILISATION

Les dauphins de la Taiji Dolphin Base en font l’expérience chaque année. Celle-ci s’agrémente préalablement de la vision de leurs proches massacrés, de la séparation d’avec leurs bébés encore au sein balancés à la mer, du suicide des membres de leur clan contre les parois rocheuses,  et d’autres horreurs dont ils se souviendront à jamais.
Ailleurs, c’est un peu moins violent mais le choc est terrible et toujours le même, en 3 phases :

– réduction brusque et spectaculaire de l’espace vital.
– contact étroit et sous contrainte avec l’espèce humaine
– nécessité de se nourrir de cadavres de poissons et non plus de proies vivantes.

Ces traumatismes obligent les professionnels à confiner les dauphins dans un bassin d’isolement afin de les «désensibiliser». Aujourd’hui, les Japonais assomment leurs prises de calmants, pour mieux les manipuler pendant les premiers jours. Le poisson mort leur est alors imposé le par gavage ou par famine, car c’est sans doute pour le dauphin l’épreuve la plus terrible (Pryor 1975).  53% des dauphins capturés meurent dans les jours qui suivent leur arrivée en bassin (Peta, 2001)

taiji-risso-enclos-desensibilisation (1)Taiji, Dolphin Base. 2013
Le jour de la capture pour ces dauphins de Risso

5. CONFINEMENT

Activités et espace vital

En liberté, une communauté normale (pod) de Tursiops truncatus ou Grand Dauphin de l’Atlantique, dont les individus captifs ou nés captifs en Europe sont majoritairement issus du Golfe du Mexique, compte en moyenne une centaine de dauphins.
Ceux-ci occupent en permanence un territoire « central » de 125 kilomètres de long, qu’ils quittent fréquemment pour effectuer de plus longs voyages vers d’autres groupes (pods). Les dauphins Tursiops du Pacifique aiment à plonger à 535 mètres de profondeur tandis que le Tursiops de l’Atlantique se maintient fréquemment sous 390 mètres d’eau. Les dauphins passent à peine 20% de leur temps en surface. Leurs activités principales sont le « foraging » (recherche d’invertébrés dans les fonds), l’exploration sur de longues distances (scouting), la chasse en groupe (nombreuses méthodes très diversifiées et culturellement transmises), la socialisation, les jeux et les échanges vocaux (chaque dauphin en connaît au moins 250 autres et porte un nom propre) ainsi que l’éducation des enfants. Celle-ci dure de 5 à à 15 ans et les contacts intergénérationnels restent fréquents durant toute la vie adulte.

Groups of dolphins, birds and sharks feeding on sardines, South Africa

En regard de ces faits, les normes de la loi belge du 19/08/99 (tableau II) ne sont guère généreuses :
« De 3 à 5 dauphins par bassin, 275 m2 de superficie, une profondeur de 5 mètres sur 20% de la superficie du bassin, une profondeur de 3,5 m sur 80% de la superficie du bassin et une superficie supplémentaire : 75m2 par animal. Exigences particulières : bassin d’isolement de 125 m2 et 3,5 m de profondeur. Un bassin d’isolement par espèce ».

En 1999, à Bruges, 11 (!) dauphins étaient sensés vivre dans un bassin d’un volume de 3 millions de litres et de six mètres de profondeur. Le nombre légalement autorisé est 7. Ils ne sont plus que 6 en 2013. Une nouvelle arrivée est donc probable.

Au Parc Asterix près de Paris, la superficie totale des bassins est de 1044, 5 mètres carrés pour un volume d’eau de 3 millions 400 mille litres. La longueur du bassin extérieur est de 45 mètres pour une largeur de 17,5 mètres. La profondeur est de 4,5 mètres aux endroits les plus profonds et de 2,5 mètres aux endroits les plus étroits. En 1997, ce bassin était occupé par 7 dauphins. Ils sont 10 en 2013, dans le même espace, ce qui explique leurs échouages fréquents…

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De telles conditions de manque d’espace, d’oisiveté forcée, de perte de tout contrôle sur ses propres activités, sa sexualité et son environnement, au sein d’une vie sociale réduite à quelques individus, sont la cause de souffrances et de décès principale pour les dauphins captifs.
Du fait de la restriction de mouvements, leur musculature se sclérose, certains groupes musculaires se développent plus que d’autres, l’animal est toujours stressé, nerveux, manifestant une tendance accrue à l’agressivité et une perte d’appétit concomitante au manque d’exercice. Le chlore dans l’eau du bassin, l’absence d’oligo-éléments et d’ensoleillement, la prise constante d’antibiotiques, le stress, un décor nu toujours identique contribuent à dégrader encore davantage son état de santé.

Agressivité

En liberté, les conflits mêmes violents s’accompagnent rarement de blessures graves car les mâles qui se battent disposent de distances de fuite importantes. La dominance principale est exercée par les femelles en tant guides du groupe, comme chez les éléphants.

En captivité, « le plus grand mâle domine tous ses compagnons de bassin. La plupart du temps, les groupes en captivité comprennent des mâles obtenus lors de diverses captures en des lieux éloignés. Dans ce cas, les combat de mâles sont d’une extrême violence en période de reproduction, au point que désormais, les delphinariums font en sorte de ne laisser qu’un seul mâle par bassin ». (Susan Shane et al, 1986).
La mort de Play Boy après l’arrivée d’Ivo et de sa mère Iris à Duisburg, en est la preuve, bien que la cause de son décès fut officiellement une « hépatite ».

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Les rapports d’inventaire relatifs aux mammifères marins captifs laissent deviner qu’un nombre important de décès résultent directement des dommages traumatiques dus à ce genre de combats : « hémorragie », « blessures infligées par un dauphin mâle », « hémorragie cérébrale traumatique « , « tué par un autre animal « , « décès associé à la rupture de la mâchoire », « sauté hors du bassin » ou « rupture de la colonne vertébrale» sont des mentions fréquentes dans ce type de document.

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Kuru, pseudorque tentant de se suicider au Japon

Mort précoce et suicide

Nombreux sont les dauphins qui se jettent contre les parois de leur bassin, tente de se jeter par-dessus bord, s’échouent volontairement, tuent leur enfant né captif ou s’arrêtent de respirer. La question du suicide est contestée, essentiellement pour des raisons anthropocentristes, alors que les témoignages sont accablants.

Ethologie sociale

La composition du groupe naturel est également gravement perturbé en captivité : en milieu naturel, les femelles de plusieurs générations vivent avec leurs petits dans un territoire qui est le leur. Les mâles vivent en périphérie, regroupés en alliances complexes, et n’effectuent que de brèves visites au groupe de leur mère lorsqu’ils sont adultes. La proportion normale est de deux mâles pour une femelle (2/1).

En captivité, ce rapport est inversé et les femelles sont plus nombreuses. Ceci entraîne des conflits tout à fait inédits et propres au seul milieu de la captivité entre des mères enceintes ou sur le point d’accoucher et même à des infanticides de la part de femelles jalouses. Une sorte de polygamie obligée est reconstituée, qui ne correspond en rien aux modèles naturels.

pod-dauphins-libresAlliances…

En liberté, «les mâles n’ont pas l’habitude de socialiser très longtemps avec le groupe social composé de femelles. La situation en captivité affecte donc de manière profonde une telle organisation : les mâles adultes sont contraints d’interagir jour et nuit et de manière étroite avec le groupe social. Ces interactions forcés ont pour conséquence d’exacerber la dominance du mâle de tête. A en juger par les observations menées en bassin, il est clair que cette dominance d’un seul mâle est la source de nombreux problèmes comportementaux et sociaux, particulièrement pour les plus jeunes du groupe ». Sweeney (1990)
Telle est la situation au Boudewijn Seapark de Bruges, où Beachie écrase de sa présence le jeune Océan.

« Puisque ce comportement est reconnu au sein des unités sociales chez les mammifères marins en milieu naturel, ceux-ci doivent être maintenus en captivité dans des conditions similaires, c’est à dire en compagnie d’individus de la même espèce qu’eux et dans le cadre d’une organisation sociale telle que le nombre d’individus, le taux de mâles et de femelles et les pyramides d’âge répondent au plus près aux structures sociales propres aux mammifères marins en milieu naturel». (NOAA, 1993).

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Au Japon, 2 femelles Tursiops et 1 dauphin de Risso
partagent le même espace minuscule

Pourtant, l’Aquarium de Miami détient une femelle adulte solitaire depuis plus de 30 ans (Lolita) qui partage sa vie avec quelques dauphins. Kiska est complétement seule au Marineland Canada, de même que Kshamenk en Argentine. Au Japon, deux femelles Tursiops et un dauphin de Risso partagent le même espace minuscule. En Thaïlande, orcelles et dauphins roses de l’Indo-pacifique sont associés dans les shows  avec des Tursiops provenant des pêcheries japonaises, etc.

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Les poissons morts sont enrichis de compléments
alimentaires, d’eau et de psychotropes.
Ici au Marineland d’Antibes 

6. ALIMENTATION

En liberté, le régime alimentaire est extrêmement diversifié et varie selon l’environnement occupé et les ressources disponibles. Néanmoins cette nourriture doit toujours être absorbée vivante : il s’agit de crevettes, calmars, petits invertébrés, poissons mulet, anchois, harengs etc.

En captivité le poisson mort et découpé en fragments de taille et de qualité variable, en une fois accepté, doit être massivement enrichi de vitamines et d’antibiotiques. La nourriture est distribuée essentiellement lors des shows ou du dressage, comme moyen de contrainte. Le Règlement Européen 3626/87 dit que chaque dauphin se doit d’être nourri à la main mais précise en sa section B, paragraphe 42, « que la nourriture pouvait servir de récompense mais pas de punition ».

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Le 9ième enfant de Roxanne : il vécut 3 jours.

7. REPRODUCTION

En liberté, les mères portent en moyenne un enfant tous les 2 ou 3 ans, sauf si elle perde leur bébé. La mortalité est importante à la naissance, mais du fait de l’encadrement fourni par les autres femelles, le jeune dauphin reçoit une véritable éducation qui assure sa survie future et permet son plein épanouissement en tant que membre d’un groupe. En captivité, malgré les recommandations émises par la CITES telles qu’entérinées par le Règlement Européen N° 3626/82 qui exige « qu’une population viable soit assurée par l’élevage en bassin », « 50% des dauphins nés captifs meurent avant l’âge d’un an, dont 23% lors du premier mois de leur vie aérienne ». Sweeney (1990).

Les chiffres se sont un peu améliorées en 2013 mais la natalité reste faible et les nés-captifs meurent souvent plus tôt que les « fondateurs » capturés en mer. Les delphinariums ne sont clairement pas auto-suffisants, malgré les échanges de sperme congelé ou le transfert d’individus vivants déplacés vers d’autres établissements à des fins de brassage génétique.

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La commande de bélugas frais à la Russie par le Georgia  Aquarium est un exemple de l’échec de la reproduction en bassin.
Jusqu’aux années 90, l’allaitement était très difficile à pratiquer en bassin. Les mères ne disposaient d’aucune enclave pour s’isoler, leurs nourrissons étaient tués par des femelles jalouses, broyés contre une paroi ou, comme à Anvers, engloutis par une hotte aspirante.
Aujourd’hui, nombre d’entre de mères refusent de s’occuper de leur enfant, un comportement que l’on retrouve chez l’éléphant,  le grand singe ou d’autres espèces du zoo.

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Inadéquatement nourri, privé des stimulations sensorielles innombrables que lui aurait offert la mer libre et de tout rapport social satisfaisant pour les jeux et l’apprentissage, le delphineau né en captivité se développe mal, tant physiquement qu’intellectuellement. Son capital génétique est déjà affaibli au départ, du fait des croisements incessants entre les mêmes dauphins captifs. Son alimentation lactée n’a pas été correcte. Celle qu’il reçoit après sevrage n’est pas non plus adaptée à ses besoins.
L’espace étroit où il circule est totalement nu et ne lui permet pas de s’exercer physiquement.

Le chlore présent dans l’eau affecte ses poumons, sa peau blême n’a jamais vu le soleil et son corps est gorgé des antibiotiques dont on le gave dès sa naissance. L’enfant présente bientôt une musculature faible agitée de tremblements nerveux. Son estomac se dilate, sa pression sanguine devient excessive, ses blessures cicatrisent lentement. Plus tard, s’il parvient à survivre, il présentera tout un ensemble de troubles du comportement : boulimie, hyper sexualité accompagnée de masturbations incessantes, déplacements circulaires de type autistique, sensibilité extrême au stress et à toute menace de changement dans son ordinaire pré-réglé sous la domination absolue de l’être humain. Bref, le dauphin né captif est un arriéré mental chétif et hypersensible, qu’une attaque foudroyante de champignons parasites emporte généralement au bout de quelques années…


8. TAUX DE SURVIE ET LONGÉVITÉ

En liberté, les dauphins Tursiops de la baie de Sarasota (Floride) vivent longtemps : les femelles dépassent souvent l’âge de 50 ans tandis que les mâles vivent en moyenne plus de quarante ans. Depuis 2010, on sait que des femelles de 63 ans vient en excellente santé dans les mêmes eaux ainsi que dans la Baie des Requins en Australie.

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Nicklo, 63 ans et sa famille

«En janvier 1998, 181 dauphins Tursiops étaient captifs dans l’enceinte de 30 établissements dans 11 pays d’Europe. Sur ces 181 individus, 70 étaient des mâles et 111 des femelles. 48, 6 % des mâles et 74,8 % des femelles ont été capturés en milieu naturel. Ils sont à ce titre qualifiés de « fondateurs ». 35,4% de la population carcérale est née en captivité, soit 51,4% de tous les mâles et 25 ,8% de toutes les femelles.

Les dauphins nés en captivité sont principalement âgés de moins de dix ans. La femelle née captive la plus âgée a 14 ans. Le mâle né captif le plus âgé a 16 ans. L’âge moyen des femelles nées captives est de 4,3 ans et celui des mâles de 6,4 ans. L’âge moyen des femelles « fondatrices » est de 19,2 ans et celui des mâles fondateurs de 20,2 ans»
« The European studbook of bottlenose dolphins (Tursiops truncatus) : 1998 survey results. Aquatic Mammals 26(2): 95-100 ».

Aucune version publique d’un rapport plus récent n’a encore été publiée en 2013.
Le secret est total sur l’état psycho-physiologique des dauphins et orques détenues, le résultat des autopsies menées ou les transferts. L’information ne filtre que par le biais de sites indépendants, tels que Ceta Base ou Cetacean Cousins, qui doivent réunir leur documentation eux-mêmes.

Plus de soixante cétacés sont morts au Zoo de Duisburg depuis son ouverture dans les années 70, 29 à Anvers en 30 ans, plus de 20 dauphins au moins à Bruges (2012), plusieurs  dizaines d’orques ont succombées à un âge précoce au SeaWorld en Californie et en Floride, au Parc d’Antibes et partout dans le monde, des décès incessants surviennent dans tous les zoos du monde, chaque jour de chaque année.

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9. RECHERCHES SCIENTIFIQUES

Capacités cognitives et physiologie

L’utilisation du delphinarium en tant que laboratoire d’études scientifiques se poursuit encore aujourd’hui, bien qu’il ne reste plus rien  découvrir. Nombre de fonctions cognitives ou physiologiques ont été découvertes dans ces conditions (intelligence, conscience de soi), au prix de la souffrance de nombreuses victimes. Elles ont paradoxalement menées à la conclusion qu’il était éthiquement inadmissible de maintenir en captivité ces «personnes non humaines».
Cette position est aujourd’hui défendue avec vigueur par la neurobiologiste Lori Marino et de nombreux autres experts. De même qu’il n’est plus tolérable de mener des études médicales intrusives sur des détenus, de même la détention de cétacés à des fins de recherches est contraire à l’éthique.

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Dès les années 70, les chercheurs sérieux tel que Roger Payne, Hal Whithead ou Denise Herzing se sont tournés vers les études de terrain, en observant des animaux libres. Aucun delphinarium au monde n’aurait jamais pu découvrir les subtilités de la vie sociale des dauphins, ni leurs cultures ni leur langages. Ce type d’établissement est néanmoins obligé par la loi de mener des recherches. On est consterné par le type d’investigations qu’ils mènent et qui portent essentiellement sur les techniques de dressage, la prévention des maladies dues à la captivité, le maintien en vie des delphineaux nés captifs ou, plus étonnant encore, la soi-disant « delphinothérapie ».

Du fait de l’environnement totalement artificiel, les autopsies elles-mêmes ne sont pas pertinentes, les cadavres de dauphins captifs étant littéralement imbibés de substances chimiques qu’on ne trouve pas dans la nature. Quant aux grandes maladies virales infectieuses qui ravagent certaines populations de dauphins libres, les delphinariums sont incapables de trouver les moyens de les prévenir.

Si des informations de base peuvent sans doute être obtenues sur la reproduction ou la maturité sexuelle, il n’est pas pertinent d’appliquer ces données au cas des dauphins libres, dont les conditions de vie sont tout à fait différentes.

Le mode d’alimentation atypique des dauphins captifs affectent sans doute leur courbe de croissance et leur taille adulte.

Les études comportementales, enfin, sont privées de toute valeur, puisqu’elles concernent des comportements routiniers, névrotiques, sous haut contrôle de l’être humain et n’ont donc que fort peu de rapports avec le comportement réel des dauphins.


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Recherches sur l’intelligence et le langage

Les recherches menées par le Projet Delphis ou le laboratoire du Dr Louis Herman ont certes apporté un éclairage assez stupéfiant sur les capacités d’apprentissage des cétacés. Mais ces recherches ne livrent qu’une part infime du monde mental d’un dauphin libre, puisqu’elles ne tiennent aucun compte de la culture propre à cet animal et s’attachent simplement à lui apprendre la syntaxe humaine. En outre, de telles recherches pourraient être aussi bien conduites en milieu naturel, ainsi que nous l’a prouvé Paul Spong, Denise Herzing ou Wade Doak à suffisance. Une seule exception : les recherches de Vladimir Markov, menées sur des dauphins sauvages temporairement capturés puis relâchés.

 Conservation des espèces menacées

Les dauphins Tursiops relèvent de l’annexe II de la CITES qui interdit leur transport et leur vente, à l’exception très contestée d’activités de recherche et d’éducation. Par ailleurs, la reproduction en bassin de mammifères marins présents dans toutes les mers du monde est difficilement justifiable. Les accords internationaux spécifient en outre que les animaux élevés en captivité sont destinés à repeupler leur biotope. Aucun dauphin né captif n’a jamais été remis en mer. .

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10. RÔLE PÉDAGOGIQUE

A l’heure où les documentaires télés, les films, les voyages à bas prix vers les lieux où nagent les dauphins libres (France, Angleterre, Espagne, Portugal, etc. ) permettent d’assister dans les moindres détails au fantastique spectacle des cétacés libres en pleine mer et de comprendre leur culture d’une richesse inouïe, on peut se demander comment des animaux prisonniers et malades, assommés d’ennui et de médicaments, pourraient fournir valablement l’équivalent de ce genre d’informations…
Le delphinarium de Bruges est particulièrement succinct sur la vraie vie des cétacés.


En savoir plus :
http://www.dolphinsbelgium.org/fr/dauphins/35-dauphins-captifs

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