Free our last 6 dolphins in Belgium.

L’orque Hyak adorait les Stones !

skana-orca-vancouver
Shana

Dans le Pacifique Nord Ouest, les orques vivent paisiblement le long des côtes. Mais vers la moité des années 60, des hommes surgissent qui les capturent pour divertir le public.

C’est ainsi que le 16 février 1967, Ted Griffin, directeur du Seattle Marine Aquarium, capture 15 orques en une fois. Beaucoup d’entre elles meurent lors de l’opération. Les autres sont vendues à divers parcs marins.
Parmi elles, l’orque Skana, fut d’abord cédée à un « bateau-show » pour lui faire de la publicité. Puis ses propriétaires la revendent pour 25000 dollars au Vancouver Aquarium, où elle vivra jusqu’à sa mort.

Les vieux résidents de Vancouver se souviennent d’elle : c’était l’attraction vedette ! Une décennie de photos nous la montre en train de sauter en l’air et de remplir les gradins d’un tout petit stadium.
Ses journées se passent en shows répétées, monotones.

Très tôt, pourtant, le Dr. Paul Spong vient l’examiner. Spong est un biologiste neo-zélandais qui a conçu une expérience simple pour tester la vue des cétacés. Il découvre que quand l’orque en a assez de distinguer 2 cartes qui flottent sur l’eau, elle se retire de l’expérience.

Tant pis si cela veut dire pour elle qu’il y aura moins de morceaux de poisson en récompense. Skana demande plus de stimulations.
Paul se rend alors compte que Skana répond plus favorablement aux sons qu’aux images.
A l’aide d’un micro sous-marin, il diffuse des sons de flûtes et de sifflements,  en espérant Skana s’anime et nage autour du bassin, ou s’approche du micro et reste à l’écouter.

Le Dr Spong se surprend lui-même en se mettant à se forger une très haute opinion de l’intelligence des orques.
Lors d’une discussion avec des scientifiques, il déclare que selon lui, il vaudrait mieux relâcher l’orque. Sa remarque est relayée dans les médias, et son contrat de recherches n’est pas renouvelé.

En quittant Vancouver, Paul Song fonde aussitôt une ONG dédiée à la protection des orques.
Il exige que celles-ci ne soient plus capturées en Colombie Britannique et s’en va les étudier en liberté, en s’intéressant tout particulièrement à leurs vocalisations.

orcalab-paul-spongOrcalab

Mais revenons en arrière :
Quand il travaillait avec Skala, Paul pouvait passer des heures à lui faire entendre différents sons. L’orque se montrait extrêmement énervée s’il lui jouait deux fois la même chose trop souvent.

Pendant ce temps, Hyak, une orque mâle récemment capturée, demeurait isolé dans un bassin proche. Lorsque Paul Spong décida d’évaluer chez lui les réactions aux signaux sonores, les choses devinrent encore plus intéressantes.

hyak-1968Capture de Hyak

Paul disposait de tout l’équipement technique nécessaire pour synthétiser autant de sons qu’il voulait.
Mais David Kirby, l’auteur de Death at Sea World, raconte que le scientifique essaya bientôt d’autres sources sonores. Cela se passait en 1968, une époque où les orques et les humains convergèrent l’un vers l’autre.

Paul jouait tout le temps de la musique pour la petite orque : Mozart, Miles Davis, the Moody Blues.

Hyack semblait aimer tous les morceaux. Mais ceux qu’elle préférait étaient les nouveautés.
Un jour, Le Dr Spong lui passa un album de sitar, joué par le célèbre Ravi Shankar. Il se montra très intéressé et réagit à ces sons avec enthousiasme. « Le jour suivant, explique le chercheur, je descendis jouer avec lui. Au bout de quelques secondes, Hyak fila dans son coin. Il resta là en  attendant que je lui fasse entendre quelque chose. Il se souvenait de ce que j’avais joué la veille et il ne voulait plus le réentendre encore ».

Paul réalisa que cette petite orque disposait d’une mémoire acoustique extraordinaire. Comme Skana, Hyack essayait en outre de se servir d’un conditionnement opérant, pour obtenir de l’humain une action attendue, et nullement le contraire !

hyak-bassinHyak dans son petit bassin

Bref, Hyack demandait désormais sans cesse de la nouvelle musique.
Heureusement en 1968, ce n’était pas cela qui manquait !  L’album Beggars banquet des Rollings Stones venait de sortir, avec son single numéro un : « Jumpin’ Jack Flash ». Hyack semblait adorer le Rock and Roll ! En revanche, le département de conservation de l’aquarium n’aimait guère ces Anglais aux cheveux longs avec leurs guitares électriques, mais Paul s’en fichait. Quelle importance ?  Alors il repassait  les Stones. Il sortait le 33 tours et le mettait sur la platine.

« Dès que Hyack entendait cela, il fonçait vers moi en faisant de grandes vagues qui éclaboussaient » raconte Paul. « L’orque plongeait d’un coté d’un bassin, resurgissait dans un grand saut, gagnait le coin opposé et revenait à toute vitesse  ! Ensuite, il se mettait à frapper l’eau de sa nageoire pectorale. Il restait là un moment puis envoyait de grandes gerbes d’eau avec sa gueule. La transformation de son comportement était extraordinaire !
Et je me dis en moi-même : Wow ! Il aime vraiment les Stones ! »

Hyack appréciait également la musique classique et tapait parfois la mesure en avec sa nageoire pectorale, en rythme avec la mélodie du concerto. Mais j’aime à penser qu’il préférait vraiment écouter «Jumpin Jack Flash».

Hyack aimait aussi beaucoup les livres, surtout ceux qui montraient des orques.

Capturé en avril 1968, « Hyack Tung-Jen » est mort à l’Aquarium de  Vancouver en février 1991. Il avait 23 ans. C’était un membre du pod A5 (Colombie britannique). Son corps a été explosé à la dynamite et ses restes sanglants se sont répandus sur la plage.

Traduction : Hurricane Warrior

Circa 1968, Even Killer Whales Dug the Rolling Stones

Hyak, l’orque qui aimait les livres

hyack-lit-des-livres

2 Réponses

  1. de wismes

    laissons les orques en liberté, tous les mammifères marins libres

    21/02/2015 à 11:44

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s