Free our last 6 dolphins in Belgium.

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SeaWorld tente de faire taire un scientifique « radical »

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Thomas White

Ceux qui exploitent les animaux à des fins lucratives- ainsi que leurs publicitaires – décrivent régulièrement les militants des droits des animaux comme des extrémistes, des radicaux et des terroristes, afin de discréditer, de les marginaliser et de les affaiblir.

Grâce à des contributions de campagne, ils recrutent également des élus, qui ont l’oreille du public, pour tenir le même genre de langage incendiaire. Malheureusement, c’est une approche qui fonctionne bien, car le grand public voit le plus souvent les militants sous cet angle.

Mais que se passe-t-il quand une entreprise exploitant des cétacés utilise cette tactique pour discréditer et faire taire une autorité reconnue, qui n’est certainement pas considéré comme un «extrémiste radical » ?

 

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Les défenseurs des cétacés : des terroristes !


En novembre dernier, l’American Cetacean Society a invité le Dr Thomas White – un professeur d’université réputé, auteur de l’ouvrage « In Defense of Dolphins » et qui dénonce la captivité des cétacés – à participer à un panel de discussion sur la détention des orques lors de sa conférence annuelle. Avant la session, SeaWorld, qui était également annoncé au programme – a demandé et obtenu qu’il ne soit pas enregistré. Un acte très inhabituel et contraire à l’éthique d’une conférence scientifique dont les exposés sont publiquement disponibles.

Dans une vidéo qui fait le tour du web, le Dr White déclare que la requête de SeaWorld était fondée sur la volonté de l’entreprise de réduire au silence un orateur, qu’ils n’auraient pas pu présenter comme un « radical » une fois que ses propos auraient été diffusés.
«Ils nous qualifient de radicaux et comme des chercheurs qui ne sont pas sérieux. Il est plus facile maintenir cette illusion que de prouver la valeur de la captivité « .

Outre cette déclaration publique, le Dr White a publié les images de sa conférence sur Youtube, une vidéo qui atteindra probablement bien plus de gens que si la société SeaWorld n’avait pas tenté de museler l’orateur.

Ce n’est pas la première tentative de SeaWorld d’altérer la science. En 2014, une analyse menée par Orca Research Trust des 52 articles scientifiques publiés par SeaWorld a démontré, entre autres choses, que la société justifiait la captivité par ses études sur les compléments vitaminés ou les inséminations artificielles, même si ces études sont « peu susceptibles d’être utiles aux populations sauvages. »

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Orque à SeaWorld. Pour la science ?

Les tentatives de SeaWorld de faire taire les scientifiques dénaturent la recherche, font passer de la cruauté pour de la conservation, et motivent plus encore les «radicaux» et «non radicaux » à continuer à mener une guerre contre cette entreprise jusqu’à ce qu’elle vide ses bassins. Elles laisseront voir au public que les vrais extrémistes sont ceux qui ceux qui terrorisent des animaux dans un but lucratif.


March 12, 2015
SeaWorld’s Attempt to Silence “Radical” Professor Backfires

http://theirturn.net/2015/03/12/seaworlds-attempt-to-silence-extremist-researcher-backfires/

http://indefenseofdolphins.com/the-book/

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Orque à SeaWorld (2)

 

 

 


Massacre à Taiji : saison 2014-2015

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L’hélice du canot mutile à dessein les dauphins piégés.

 

D’après un article de David Kirby

La chasse aux dauphins à Taiji est terminée pour cette saison.
108 dauphins Tursiops, l’espèce la plus convoitée par les delphinariums, ont été rabattus dans la baie.
Durant la saison 2012-2013, leur nombre s’élevait à 551 individus, soit comparativement, une chute extraordinaire de 80%  !

28 des ces 108 dauphins ont été tués, contre 144 la saison dernière, tandis que 41 d’entre ont été gardé vivants pour la vente aux aquariums et 39 autres ont été relâchés.

En 2014-2015, les chasseurs de Taiji ont massacré 751 dauphins de toutes les espèces, soit une baisse de 10% par rapport à la saison dernière, qui avait fait 834 morts. Ces chiffres sont communiqués par Earth Island Institute sur base des données recueillies par Cetabase et les Cove Guardians de Sea Shepherd.

Le nombre total de dauphins capturés vivants a été quant à lui divisé par 2, avec 80 individus au lieu de 158 en 2013-2014. En revanche, le nombre de dauphins libérés dans l’océan a presque doublé, de 251 à 457.

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La sélection des plus beaux spécimens, qu’on arrache à leur pod.

Certains adversaires de ces chasses cruelles, rendues célèbres par le film «The Cove», lauréat d’un Oscar, ne se réjouissent pas nécessairement de la chute du nombre de prises durant cette saison, car elle peut être un indicateur des difficultés que rencontrent les populations de cétacés.

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Le sang des Risso inutiles ou des globicépahles impropres à la captivité rougit la Baie de la Honte.

Mais il existe également des indices qui nous prouvent que de plus en plus de dauphins échappent aux chasses au rabattage et à la capture.

Certains d’entre eux évitent la région lors de leur migration annuelle, tandis que d’autres, qui nagent au large de Taiji, luttent de plus en plus dur pour échapper aux tueurs.
Pourquoi? Parce que les dauphins n’oublient jamais.

« Ces dauphins ont sans doute été déjà capturés précédemment, puis libérés« , ajoute Sehgal. « Ce sont des animaux extrêmement intelligents et dotés d’une mémoire puissante. Ils comprennent parfaitement ce qu’il leur arrive quand les bateaux les encerclent. Nous avons pu les voir se battre et se battre encore pendant des heures, jusqu’à ce que les pêcheurs finissent par perdre la plus grande partie du pod. C’est ainsi que pendant 30 jours consécutifs, durant une saison de chasse qui dure six mois, les bateaux sont revenus au port bredouilles, chaque soir, sans avoir réussi à attraper un seul dauphin ! »

Des activistes disent aussi que la baisse des prises de dauphins destinés à l’abattage ou aux delphinariums reflète peut-être un reflux du marché mondial pour la viande de cétacés et pour les animaux vivants.

« Cela donne à penser que les ventes de viande de dauphin diminuent en raison de notre campagne visant à sensibiliser le public local sur les dangers du mercure présent dans la chair des cétacés« , a déclaré pour sa part Earth Island Institute. En 2004, l’année où l’organisation a commencé sa campagne « Save Japan Dolphins », pas moins de 1.600 dauphins avaient été tués.

Sehgal estime également qu’une «sensibilisation plus globale » à propos de la chasse à Taiji et de ses conséquences a émoussé la demande pour les dauphins vivants.

Actuellement, environ 98 dauphins invendus sont gardés dans les installations de Taiji et leurs enclos portuaires. Cela suggère peut-être un excès de l’offre par rapport à la demande sur le marché mondial du dauphin captif. D’autres disent aussi que les naissances en bassin commencent à permettre d’éviter aux entreprises l’achat coûteux d’un dauphin sauvage.

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Un dauphin de Risso se laisse mourir dans un enclos portuaire

« Le fait que les pêcheurs aient capturé moitié moins d’animaux pour la captivité par rapport à la saison dernière laisse supposer qu’ils ont moins d’acheteurs » a précise Mark Palmer, directeur associé du Earth Island’s International Marine Mammal Project.
«Mais les captures et les meurtres continueront tant que la demande pour les dauphins vivants et morts ne sera pas éradiquée. La pression doit être maintenue ».

Lire aussi
Taiji : saison 2013-2014


REACTION

Le fait que le nom de Ric O’Barry n’ait pas été mentionné une seule fois dans cet article m’avait choqué.
Mais voici Ric qui se met en boule et réagit à cet article !
« Nous ne pouvons rien dire du nombre de morts réel à Taiji cette saison, explique-t-il entre autres choses, dans la mesure où nombre de dauphins coulent déjà au large quand on les encercle. Sans parler des malheureux qu’on relâche, privés de leur famille et qui s’en vont mourir plus loin un peu plus tard, sans que personne ne prenne ces décès en compte ». Et Ric de rappeler sa propre expérience de « ravisseur de dauphins » aux USA dans les années 60, qui regardait les cadavres descendre lentement sous l’eau, tandisque le Miami Seaquairum proclamait fièrement que seulement 6 dauphins avait été capturés.

Rappelons que Ric O’Barry a 50 ans d’expérience avec les dauphins, libres et captifs, qu’il a travaillé comme dresseur de dauphins soldats pour la US Navy, qu’il se bat contre la captivité depuis 1970 sans faillir un seul jour et que sa connaissance de l’Industrie de la captivité est encyclopédique.
Takepart aurait mieux fait de prendre son avis que celui des bureaucrates de Earth Island Institute qui se sont accaparés de son site « Save Japan Dolphins » et du « Dolphin Project » original et ont le toupet de dire qu’il y a moins de captures grâce à leur action ! Quelle action ? C’est toujours Ric qu s’y collait et qui entrait en contact avec les activistes japonais, et ce jusqu’en février dernier !

http://www.takepart.com/article/2015/03/20/opinion-beneath-surface-flawed-body-count-taiji-cove-dolphins
https://freedolphinsbelgium.wordpress.com/2015/03/18/massacre-a-taiji-saison-2014-2015/

Et voici l’article de David Kirby qui rectifie le tir et reprend les propos de Ric O’Barry et rappelle qu’il se rendra en Chine au mois d’avril pour y donner des conférences sur la captivité. Un voyage à hauts risques, quand on sait que le nombre de delphinariums explose dans ce pays et remplit les poches des dignitaires du Parti Unique…
http://www.takepart.com/article/2015/03/17/record-low-number-dolphins-captured-killed-cove-japan

 


 

 


Combien de dauphins captifs dans le monde ?

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Dauphins roses à Singapour. Cette espèce est en danger d’extinction

 Combien ?

On estime qu’environ 2.000 dauphins de plusieurs espèces (Tursiops truncatus, Tursiops aduncus, obliquidens Lagenorhynchus, Stenella attenuent, Grampus griseus, Inia geoffrensis), 227 bélugas (Delphinapterus leucas), 56 orques (Orcinus orca), 37 marsouins (Phocoena phocoena, Neophocaena phocaenoides) et 17 faux orques (de Pseudorca crassidens) sont détenus dans  343 delphinariums à travers le monde.

 

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Cirque ambulant en Russie.

Où ?

Ces entreprises existent dans 63 pays. Le plus grand nombre se trouve au Japon (57 delphinariums), en Chine (44), aux États-Unis (34), en Russie (24) et au Mexique (24).

Le développement de  ce commerce est particulièrement fréquents dans les destinations touristiques populaires, comme la Floride (USA), la péninsule du Yucatan (Mexique), la République dominicaine, Cuba, les Caraïbes, les îles Canaries (Espagne) et dans les stations balnéaires de Turquie.

Ces entreprises peuvent se trouver dans des zoos, des hôtels, des delphinariums, des parcs d’attractions, des ménageries ambulantes ou dans des lagons de « swim with dolphins ». Ceux-ci sont généralement considérés comme « meilleurs » par les médias et l’industrie du voyage et recommandés en tant que centres de divertissement.

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Béluga à Valence (Espagne)


Qui ?

 Quelques pays ont cependant interdit la détention de cétacés. Il s’agit notamment: de la Croatie, de Chypre, de la Hongrie, de la Slovénie et de la Suisse, qui ont principalement justifié leur décision par le caractère commercial des delphinariums. Le Chili et le Costa Rica ont interdit l’enfermement de cétacés depuis 2005. En 2013, l’Inde, la plus grande démocratie du monde, a adopté une loi interdisant l’ouverture de delphinariums, se référant aux dauphins comme à des «personnes non-humaines».

La Grèce a interdit les shows d’animaux sauvages en 2012, tandisque d’autres pays, comme le Royaume-Uni, n’ont pas les moyens d’ouvrir un delphinarium, tant les normes imposées sont exigeantes et supposeraient des installations extrêmement coûteuses et non rentables localement.

La Flandre (Belgique) compte encore 1 delphinarium, celui de Bruges, dont les captifs sont enfermés toute l’année sous un dôme.

La France en possède 4, en ce compris celui de Moorea. L’un d’entre eux, le Marineland d’Antibes, enferme 6 orques.
 

D’après la synthèse de Born Free

 

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Kiska, seule et folle, au Marineland du Canada

 

http://www.bornfree.org.uk/campaigns/zoo-check/captive-whales-dolphins/global/


Le grand massacre des baleines au XXieme siècle

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Avec les harpons explosifs, la chasse tourna au génocide

Une étude saisissante vient d’être publiée par la NOAA qui nous décrit les progrès monstrueux de la technologie moderne pour harponner, tuer, découper puis traiter les corps de près de 3 millions de grands cétacés durant tout le 20ième siècle, au premier rang desquels la grand rorqual et le cachalot.

Alors que ces populations sinistrées se relèvent à peine du génocide, Japon, Norvège, Islande et « peuples premiers » aux USA s’arrogent le droit d’en tuer encore. Quand donc laissera-t-on ces bons géants en paix ?


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Au début du 19ieme siècle, la chasse baleinière se faisait encore de manière artisanale

 

Emptying the Oceans: A Summary of Industrial Whaling Catches in the 20th Century
ROBERT C. ROCHA, Jr., PHILLIP J. CLAPHAM, and YULIA V. IVASHCHENKO

Résumé :

Les avancées technologiques de la fin du 19ème siècle dans le domaine de la chasse baleinière, combinées avec l’expansion des capacités de traitement du «produit» au début du 20e siècle, ont créé une industrie capable de tuer et d’exploiter rapidement n’importe quel baleine dans n’importe quel océan. Notre étude s’est fondé sur la base de données actuelle de la Commission Baleinière Internationale (CBI) ainsi que sur d’autres sources et fournit un premier décompte mondial des prises baleinières industrielles durant tout le 20ième siècle.

On estime que près de 2,9 millions de grandes baleines ont été tuées et traitées entre 1900 et 1999. 276.442 d’entre elles ont été massacrées dans l’Atlantique Nord, 563.696 dans le Pacifique Nord et 2.053.956 dans l’Hémisphère Sud.

C’est entre 1925 et 1939 dans l’Hémisphère Sud et entre 1946 et 1975 dans le monde entier qu’eurent lieu les pires massacres. Pour l’ensemble du 20ième siècle, les espèces les plus chassées furent le rorqual (Balaenoptera physalus) et le cachalot ( Physeter macrocephalus), avec 874.068 victimes pour la première espèce et 761.523 pour la seconde. A eux seuls, rorqual et cachalot représentent plus de la moitié de toutes les prises de grandes baleines en un siècle.

Lorsqu’une espèce commençait à décliner, une autre était chassée à sa place.
En plus des captures déclarées, nous savons aujourd’hui que l’URSS a continué une chasse baleinière illégale pendant plus de 30 ans.
Le total réel des captures soviétiques dans l’Hémisphère Sud a été corrigé depuis lors. Une évaluation plus récente du nombre réel de baleines tuées par la flotte de baleiniers et de navires-usines russes dans le Pacifique Nord entre 1948 et 1979 a été réalisé depuis la fin du régime soviétique. On estime aujourd’hui que l‘URSS a massacré 534.204 baleines, dont 178. 811 n’ont pas été signalés à la CBI.

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Extrait :

«Jusqu’à la Première Guerre mondiale, la chasse industrielle dans l’Hémisphère Sud s’est principalement porté sur les baleines à bosse. Ensuite, plusieurs pays baleiniers (Angleterre, Danemark, Norvège, Japon, États-Unis et Canada dans l’hémisphère Nord/ Afrique du Sud, Angleterre, Chili, Norvège et Argentine dans l’hémisphère Sud) ont pleinement profité des stocks précédemment inexploités de grands rorquals.

Cette espèce n’était jusqu’alors guère accessible aux chasseurs traditionnels, dont les bateaux en bois de petite taille propulsés à la rame n’étaient pas assez rapides pour rattraper ces proies.
La capacité des baleiniers modernes à user de harpons explosifs et à injecter de l’air dans le corps de ces rapides rorquals (dont autrement le corps aurait coulé une fois qu’ils étaient morts) a privé ces baleines de tout avantage face à leurs chasseurs.

Les baleiniers modernes ont également déniché de nouvelles populations de cachalots en d’autres endroits du monde et s’en sont pris aux baleines franches australes (Eubalaena australis) quand ils en rencontraient ».

http://spo.nmfs.noaa.gov/mfr764/mfr7643.pdf

 

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La chasse continue ! Photo Greenpeace

 


Whales Favored for Hunting

“An average Bowhead whale can yield more than 300 barrels of oil, and the average was about 150, which still far outstripped sperms and rights which averaged 25 to 60 barrels respectively. And in each bowhead’s mouth were thousands of pounds of long and valuable baleen

via Whales Favored for Hunting.


La guerre : une tradition commune aux humains et aux chimpanzés

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Les meurtres sont souvent rapides et brutaux : les chimpanzés attaquent en nombre et en force pour s’emparer de leur ennemi et le clouer au sol avant que ces dizaines d’assaillants commencent à le mordre, à le rouer de coups de pieds et de poings et à déchirer le corps de leur victime.

« Ils arrachent des morceaux de son corps, le plus souvent les parties génitales, et parfois ils lui déchirent la gorge. Les dommages qu’ils lui font subir sont vraiment horribles à voir et d’une totale cruauté», a déclaré Michael Wilson, anthropologue de l’évolution à l’Université de Minnesota et spécialiste des chimpanzés qu’il a étudié les chimpanzés à l’état sauvage.

Les chercheurs se sont longtemps interrogé sur les raisons pour lesquelles nos plus proches cousins animaux – des Hominiens, comme nous – exerceraient une telle violence meurtrière contre leur propre espèce, en ce compris le meurtre de nombreux enfants sans défense.

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Une école de pensée soutient que la violence chez Pan troglodytes serait le résultat de l’empiétement humain sur l’habitat des chimpanzés. L’alimentation de certains groupes par des chercheurs pour mieux les observer – une pratique désormais révolue – le braconnage, la déforestation et d’autres activités humaines auraient ainsi incité ces comportements désespérés et cette cruauté sans limites.

Mais il existe un point de vue contraire : tout ce sang versé ne serait qu’une stratégie de survie adaptative qui a précédé l’arrivée de l’Homo sapiens… et dont nous aurions développé l’usage à un degré supérieur.

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Soldiers

En se faisant la guerre, en tuant les chimpanzés de groupes concurrents, les chimpanzés guerriers peuvent étendre leur territoire et dans la foulée, leurs sources de nourriture et leurs accouplements.

Dans un article publié récemment dans la revue Nature, Wilson et ses collègues ont étudié 152 cas d’agression mortelle chez les chimpanzés libres. Ils en ont conclu que la présence humaine n’avait que peu à voir avec ces traditions sanguinaires.

Les auteurs ont noté, entre autres conclusions, que la violence la plus extrême observée entre groupes de chimpanzés a eu lieu sur un site relativement peu perturbé par l’homme, le Parc national de Kibale en Ouganda. En revanche, il y avait moins de violence interethnique dans un site en Guinée pourtant largement envahi par l’Homme. « Nous en déduisons que les motifs d’agression mortelle chez les chimpanzés n’indiquent que peu de corrélations avec la par la présence d’Humains sur leur territoire mais relève au contraire d’une stratégie d’adaptation. Tuer est un moyen de neutraliser ses rivaux lorsque les coûts de mise à mort sont faibles et la victoire assurée d’avance », écrivent les auteurs.

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Les humains et les chimpanzés sont issus d’un ancêtre commun qui vivait en Afrique il y a environ 7 millions d’années. Pour cette raison, les chercheurs ont examiné le comportement des chimpanzés dans l’espoir de comprendre pourquoi l’homme aimait tant la violence et pourquoi nous ne cessons de nous faire la guerre. «Le fait que les chimpanzés soient si proches de nous, génétiquement et culturellement, nous permet de croire que ce goût du massacre provient précisément de notre ancêtre commun, et que nous le partageons avec les chimpanzés », a déclaré Wilson.

«On a souvent prétendu, continue le chercheur, que la guerre chez les humains résulte d’un certain nombre de facteurs qui se sont produits dans un passé relativement récent : l’avènement de l’agriculture, le développement des armes et l’éclosion de diverses idéologies. En fait, nos études sur les chimpanzés suggèrent plutôt que la guerre est chevillée en nous et qu’elle est le fruit d’une longue histoire évolutive ». Pendant des décennies, une multitude d’observations menées sur plus d’une douzaine de sites où vivent les chimpanzés en Afrique, associés la collecte de rapports de témoins oculaires confirment ces meurtres organisés.

« En parcourant toutes ces études et ces témoignages, j’ai été surpris de voir à quel point ces meurtres étaient fréquents», continue Wilson. Il n’a pas fallu longtemps aux chercheurs pour identifier certaines tendances spécifiques.

« Les chimpanzés mâles tuent plus souvent que les femelles et leurs victimes sont essentiellement de sexe masculin. Mais les agresseurs tuent aussi les  nourrissons non sevrés. Toutes leurs victimes étaient principalement des membres d’autres communautés et donc peu susceptibles d’être parents proches. Enfin, ces attaques n’étaient menées que lorsqu’un groupe disposait d’une supériorité numérique écrasante par rapport à leurs victimes ». 

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Mais de quel type d’avantage numérique parlons-nous ? La moyenne était de cinq assaillants pour une victime, mais dans certains cas, jusqu’à 32 chimpanzés se sont acharnés sur un seul malheureux individu qui avait fait l’erreur de franchir leur frontière. «Ces recherches devraient donc enfin mettre un terme à l’idée que l’agression mortelle chez les chimpanzés est le fruit d’une influence anthropique – mais ils ne seront probablement pas suffisants assez pour convaincre tout le monde, » a commenté Joan Silk, anthropologue évolutionniste à l’Arizona Université d’Etat.
Cependant, Joan Silk  met en garde l’opinion publique contre des conclusions hâtives qui pourraient être tirées à propos de l’Homme. « Les êtres humains ne sont pas destinés à être des tueurs guerriers parce les chimpanzés tuent parfois leurs voisins», écrit-elle. Fait intéressant, les chercheurs ont constaté que même si les chimpanzés pouvaient être très violents, les bonobos sont particulièrement pacifiques. Un seul assassinat a pu être documenté parmi eux.

En outre, Wilson lui-même a précisé que si les meurtres commis par les chimpanzés pouvaient être d’une rare brutalité, ils étaient relativement rares. La plupart des conflits entre tribus rivales se résument à des cris de menace lancés à grande distance, de sorte que l’un des groupes se contente alors de s’éloigner. La féroce violence déployée par des groupes de mâles chimpanzés  rivaux est relativement rare, et ne survient jamais à l’intérieur d’un groupe apparenté.

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Cependant, il y a des exceptions curieuses.
Au cours de ses observations de chimpanzés dans le parc national de Gombe, en Tanzanie, Wilson a écrit dans son blog qu’il a été renversé deux fois et intimidé par Frodo, un chimpanzé mâle alpha célèbre pour son agressivité.
Frodo peut se prévaloir d’une longue liste d’actes violents, y compris l’agression de la primatologue Jane Goodall, le meurtre d’un nourrisson humain, l’attaque frontale de cinéastes, et même du dessinateur. Il a également massacré un grand nombre d’autres singes.  Sa mort fut à l’image de sa vie : il fut retrouvé mort en novembre 2013. Une autopsie a conclu qu’il était mort d’une morsure apparente à ses organes génitaux qui avaient été infectées. Chez les grands singes aussi, il y a des Kubilaï Khan, des Staline et des Hitler… Et tous finissent par en payer le prix.

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http://www.latimes.com/science/sciencenow/la-sci-sn-chimpanzee-violence-20140916-story.html

http://www.latimes.com/science/sciencenow/la-sci-sn-is-warfare-part-of-human-nature-20130718-story.html

http://altereddimensions.net/2014/gombe-chimpanzee-war-four-year-war-for-territory-kidnapping-rape-murder-1974-1978

http://news.nationalgeographic.com/news/2010/06/100621-science-chimpanzees-chimp-gangs-kill-mitani/

http://www.sciencedaily.com/releases/2014/09/140917131810.htm

http://www.inexplique-endebat.com/article-le-chimpanze-est-un-homme-comme-les-autres-122794402.html

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A 63 ans, Sagesse l’albatros attend un nouveau poussin !

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Wisdom, l’oiseau marin le plus vieux connu au monde

Le 20 décembre 2014
D’après un article d’Alicia Graef

Sagesse, un albatros femelle de Laysan, est le plus vieil oiseau bagué connu dans le monde. Elle continue d’étonner les biologistes et ses nombreux fans, à chacun de ses retours dans la réserve naturelle nationale de l’Atoll de Midway, au cœur du Pacifique.

Elle a survécu à toutes les catastrophes, au tsunamis, aux filets dérivants, aux massacres.
Wisdom, c’est une battante !
Aujourd’hui, elle stupéfie plus encore le monde scientifique avec l’annonce de la naissance prochaine d’un nouveau poussin, alors qu’elle est déjà âgée de 63 ans.

« Nous sommes ravis de l’intérêt du public pour l’albatros Sagesse. Elle suscite l’enthousiasme et la curiosité des gens partout dans le monde, en particulier chez les enfants. A ce titre, elle est vraiment devenue l’ambassadrice de la conservation de la nature et du Midway Atoll National Wildlife Refuge », a déclaré Bret Wolfe, directeur adjoint de la réserve.

Sagesse a été baguée en 1956 à l’âge estimé de 5 ans. Elle est parvenue à survivre durant des décennies, bien plus longtemps que nombre des ses congénères dont l’espérance de vie se situe entre 12 et 40 ans. À la fin du mois de novembre, Sagesse a ravi ses admirateurs disciples en revenant une fois de plus à son lieu de nidification sur l’atoll de Midway où son compagnon l’attendait. Un plus jeune sans doute, car lorsque les albatros deviennent veuves, elles se remarient.

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Ces oiseaux marins, doté d’un gros cerveau et d’une vive intelligence, sont profondément monogames et vivent en couple toute leur vie avec le même partenaire, choisi au terme d’une parade amoureuse rituelle complexe.

Ils ne pondent qu’un seul œuf par an, gardé amoureusement par l’inséparable couple. Pendant un an, mâle et femelle se partageront la couvaison puis l’éducation de leur enfant. On croit que Sagesse a élevé de cette manière entre 30 et 35 enfants depuis le jour où elle a été baguée.

Au début de ce mois, les biologistes du refuge l’ont repérée en train de couver son œuf, dont on attend l’éclosion aux alentours du 6 Février.
Lors de la naissance du précédent poussin, Dan Clark, un gestionnaire du refuge de l’atoll de Midway, a déclaré: « En tant que le plus ancien oiseau sauvage connu de toute la planète, Sagesse est un symbole, une source d’inspiration et d’espoir pour toutes les espèces d’oiseaux de mer. Elle fournit des informations précieuses sur la longévité de ces créatures magnifiques. Il faut bien se rendre compte que cet albatros a parcouru toute sa vie des millions de miles au-dessus de l’océan Pacifique – plusieurs fois le trajet Terre-Lune ! – pour trouver suffisamment d’œufs de poissons et de calmars pour se nourrir elle-même et tous ses poussins. Elle nous donne aussi l’occasion de mesurer la santé des océans qui permettent à l’albatros mais aussi à nous –mêmes de survivre ».

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Selon le U.S. Fish and Wildlife Service, qui supervise le refuge, la population des albatros de Laysan a augmenté d’environ 2.5 millions d’individus. 19 des 22 espèces d’albatros sont cependant menacées ou en danger d’extinction. L’atoll de Midway, situé à quelques 1.200 miles au nord-ouest d’Hawaï, abrite actuellement près de 70% de la population mondiale d’albatros de Laysan.

Ces oiseaux de mer doivent pourtant faire face aux menaces des engins de pêche (on retrouve leurs cadavres par milliers dans les filets dérivants), les prédateurs et la quantité phénoménale de plastique qui envahit désormais leur environnement.

En octobre dernier, la NOAA a envoyé une équipe au Papahānaumokuākea Marine National Monument , qui comprend l’atoll de Midway, pour en nettoyer 57 tonnes de débris plastiques.  Malheureusement, de nombreux parents albatros nourrissent à leur insu leurs enfants de ces débris mortels, ce qui rend le succès de Sagesse d’autant plus miraculeux.

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Voilà ce que mangent les albatros, qui pêchent de nuit…

Lire aussi : 
http://www.mnn.com/earth-matters/animals/stories/at-63-years-old-wisdom-the-laysan-albatross-hatches-another-chick
http://usfwspacific.tumblr.com/post/103718746864/something-to-be-thankful-for-wisdoms-back
http://www.oiseaux.net/oiseaux/albatros.de.laysan.html
http://albatross.darcypattison.com/

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