Free our last 6 dolphins in Belgium.

Beluga

Dauphins Libres : le retour !

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Après quelques années de sommeil dues à sa mise en page obsolète, le site Dauphins Libres, créé en 1997, revient sur la ligne de front des combats.
Entièrement rénové tant dans la forme que dans le contenu, Dauphins Libres et Dauphins Captifs est désormais consultable sur n’importe quel support (PC, smartphone, tablette) et via Twitter et Facebook.
C’est là que vous trouverez désormais l’actualité des cétacés captifs en ligne, mais aussi bien d’autres sujets relatifs aux animaux non-humains.
Free Dolphins Belgium continue de son côté à vous offrir un grand nombre d’articles d’archive rares et précieux.
Merci de votre fidélité.

Yvon Godefroid
Michaël Godefroid

 

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Les 3 bélugas de Shanghai

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Jun Jun, Little White et Little Grey.

Le 19 Septembre, l’association Captive Animals’ Protection Society (CAPS) organise une Journée d’action internationale pour les bélugas de Sea Life.
La société mère de Sea Life, Merlin Entertainment, possède le Changfeng Oceanworld Aquarium à Shanghai.
Ce delphinarium détient trois bélugas contraints d’effectuer tous les jours des spectacles humiliants et fort peu pédagogiques devant une foule d’enfants.

SEA LIFE affirme pourtant, dans ses sites comme dans ses centres, qu’il s’oppose à la captivité des cétacés. Merlin Entertainment a également promis que les 3 baleines blanches seront envoyés dans un «sanctuaire» dès qu’il aura pu trouver l’endroit adéquat et y installer le refuge marin, avec l’aide de la Whale and Dolphin Conservation.

Cependant, plus d’un an après le début de la campagne pour libérer les bélugas de Shanghai baleines très peu de progrès semblent avoir été faits.
En revanche, les trois baleines Jun Jun, Petit Blanc et Petit Gris doivent continuer à effectuer des acrobaties, parmi lesquels «la danse» en cercle, le saut pour attraper le poisson ou le « chant » accompagné d’un xylophone. Ils poussent aussi de leur melon des hommes adultes à travers l’eau.

La Journée internationale d’action du 19 Septembre 2015 a donc pour but d’exiger de Merlin Entertainment qu’il doit sortir les bélugas de ce delphinarium tout de suite. Des manifestations se tiendront devant tous les Sea Life du monde, y compris celui de Blankenberge, sur la côte belge.

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La danse en cercle

On peut s’étonner en effet qu’une entreprise aussi puissante financièrement que Merlin soit incapable de construire ce fameux sanctuaire tant promis pour Jun Jun, Little White et Little Grey.

La WDC, qui collabore avec Merlin sur ce projet depuis 2009, répond sur son site que les recherches sont en cours mais que le sanctuaire envisagé en Russie ne convient finalement pas. Merlin Entertainment renchérit en disant qu’il faut que ce lieu de retraite soit parfaitement adapté aux besoins des 3 captifs, au risque de mettre leur santé en danger.

Sans doute. Mais leur santé ne l’est-elle pas déjà suffisamment là où ils sont, dans l’Aquarium ? N’est-ce pas là une situation d’urgence ?
Car ce discours rassurant en rappelle un autre. A plusieurs reprises depuis 2009, la WDC et Sea Life ont annoncé la création de sanctuaires marins pour les dauphins de Gardaland (qui croupissent aujourd’hui à l’Aquarium de Gènes) mais aussi pour tous les captifs d’Europe. Il a même parlé de baies fermées pour les orques, dans les eaux froides de l’Irlande.

Des plans ont été montrés, qui présentaient une sorte de «super delphinarium du futur », une crique dont le sol aurait été tapissé de caméras sous-marines permettant aux visiteurs de voir les orques sous tous les angles.

Mais rien n’est venu jusqu’à présent. Rien n’a été fait. Nulle part.
Pendant ce temps, les bélugas de Shanghai continuent à chanter sur un air de xylophone.
Et lorsque Ric O’Barry a tenté de s’informer sur leur situation lors de son passage en Chine, les gardes l’ont expulsé de l’Aquarium.

Vidéo du spectacle

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Lire aussi :
Sea Life contre SeaWorld
Sea Life condamne la captivité des cétacés
La WDC travaille avec Sea Life (2009)

Les shows de dauphins à l’Aquarium de Gènes.
Certains d’entre eux appartiennent à Sea Life


La mort du bébé beluga n’est pas un mystère

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Le bébé béluga du Georgia Aquarium (Juin 2015)

8 juin 2015
Un article de Lori Marino

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Le 5 juin 2015, un bébé béluga, né de Maris et de Beethoven, rendait son dernier souffle au Georgia Aquarium. La petite femelle n’était âgée que de 26 jours. C’était le second enfant des mêmes parents à mourir dans cet aquarium en trois ans. Avant elle, sa sœur était morte moins d’une semaine après la naissance.

Le vétérinaire en chef et l’équipe soignante de l’Aquarium de Géorgie semblent tous fort déconcertés par cette mort prématurée d’un nouveau bébé béluga. Selon eux, l’enfant ne se nourrissait pas bien et n’a pas pu prendre du poids comme prévu. Elle était devenue léthargique et puis son cœur a cessé de battre. L’Aquarium a déclaré à l’Atlanta Journal Constitution que sa mort « pourrait rester un mystère ».

Mais cette mort n’est pas un mystère du tout.
C’est un cas classique d’un état médical bien connu sous le nom de Failure to Thrive syndrome (FTTS), qui est observé chez les enfants humains et chez d’autres animaux. Il est appelé Fading Puppy and Kitten Syndrome chez les chiens et les chats et se définit par une incapacité pour l’enfant à se développer normalement tant sur le plan physique que mental.

Ce «retard staturo-pondéral» est associé à de nombreuses maladies, mais aussi à des conditions environnementales dans lesquelles un enfant est soit maltraité soit négligé. Il n’est pas rare dans les orphelinats et il est aussi observé chez d’autres mammifères cognitivement complexes, tels que les chimpanzés et les éléphants maintenus dans des conditions artificielles. Ainsi, l’équipe des soigneurs du Georgia Aquarium n’avait pas besoin d’aller chercher plus loin que le Manuel de Médecine Merck pour comprendre pourquoi les bélugas ne se reproduisent pas bien dans les aquariums et les parcs d’attractions.

Mais pourquoi de si nombreux mammifères marins succombent-ils au FTTS en captivité ?
Initialement, cette naissance a été saluée comme la première reproduction réussie de deux bélugas nés eux-mêmes en bassin, suscitant l’espoir parmi les aquariums qu’ils pourraient désormais remédier à la diminution de leurs populations captives. Les faits nous prouvent pourtant que ces tentatives de reproduction continuent à être vouées à l’échec et que l’élevage de bélugas en piscine ne fonctionnera jamais.

Les bélugas sont des mammifères très intelligents, dotés d’une vie sociale complexe et de cerveaux dépassant deux fois et demie la taille attendue par rapport à leur masse corporelle. Comme d’autres mammifères hautement conscients, ils doivent passer par une longue période d’apprentissage avant de pouvoir assumer leurs rôles de parents, de frères, de sœurs, d’amis ou de membres de leurs réseaux sociaux. Ils se sont adaptés à la vie au sein de groupes fluides qui peuvent varier, dans l’océan ouvert, de quelques individus à plusieurs milliers.
En milieu naturel, ce sont les bélugas femelles qui choisissent quand et avec qui elles veulent s’accoupler. Leurs enfants restent tout près d’elles pendant 4 à 5 ans ou plus, un temps au cours duquel une fille apprendra de sa mère et d’autres femelles expérimentées du groupe comment devenir une mère elle-même et comment élever ses propres enfants.

Lorsque la jeune femelle béluga donne naissance à son premier bébé, d’autres femelles de sa famille élargie sont présentes pour l’aider et pour accueillir le nouveau-né au sein d’une nurserie protégée et bienveillante.
C’est cela, la culture béluga. C’est un mode de vie auquel ces baleines blanches se sont adaptées depuis des millions d’années et dont elles ont besoin pour prospérer.

Maintenant, regardez la situation à l’Aquarium de Géorgie. Maris, mère à 20 ans, est née à l’Aquarium de New York, dont elle a partagée les bassins avec d’autres bélugas arrachés à leur vie sauvage. Sa mère, Natasha, a été enlevée à sa famille quand elle était âgée de seulement quatre ans. De ce fait, Maris n’a jamais pu profiter d’une mère capable de lui transmettre l’information culturelle, essentielle pour elle, sur la façon d’élever un enfant.

A peine sortie de l’enfance, Maris a été transportée cinq fois dans différents delphinariums.
Au Georgia Aquarium, on ne lui a pas laissé le choix de s’accoupler ou non avec le mâle Beethoven, qui avait été choisi non par elle, mais par le personnel de l’établissement. Lequel Beethoven est maintenant devenu un « breeding loan » (prêté pour la reproduction) au Shedd Aquarium de Chicago.

Pour Maris, il n’y eut pas d’autonomie, pas de continuité et aucune possibilité de se développer dans un environnement social et physique naturel. Elle et ses deux enfants sont tous nés dans un monde entièrement artificiel, auquel ils ne sont nullement adaptés.

Il suffit de voir les photos de ce bébé béluga entouré par plusieurs humains en combinaison de plongée. L’Aquarium de Géorgie décrit ces scènes comme « un enfant dans les bras des soigneurs ».
Bien qu’elle soit sans doute animée des meilleurs intentions, la présence de ces hommes autour d’un nouveau-né n’est pas une situation à laquelle les bélugas nourrissons sont adaptés, et il est douteux que le bébé ou sa mère ait vécu ces intrusions humaines comme des interactions chaleureuses et réconfortantes, ainsi que le proclame l’aquarium.

Les études menées sur le bien-être des bélugas en captivité confirment que ceux-ci ne peuvent pas vivre, et encore moins prospérer, dans un contexte dans lequel ils n’ont jamais évolué.
En captivité, leurs vies sont plus courtes et leur taux de mortalité plus élevés. Ils meurent le plus souvent de maladies liées au stress qui détruisent le fonctionnement de leur système immunitaire. Ils ne parviennent pas à s’épanouir.

Donc, quand les vétérinaires et le personnel de l’Aquarium de Géorgie prétendent être déconcertés par la mort de deux bébés bélugas, ils n’ont pas besoin de chercher plus loin que dans le premier manuel de base d’écologie des mammifères marins pour trouver la réponse à leur « mystère » : les bélugas ne pourront jamais prospérer dans les delphinariums.

Traduction Y.G.


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Maris et son enfant au Georgia Aquarium

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Source :
http://www.kimmela.org/2015/06/08/infant-beluga-death-is-no-mystery/
http://www.kimmela.org/
https://www.facebook.com/pages/The-Kimmela-Center-for-Animal-Advocacy-Inc/161740197224236

Lire aussi :
https://freedolphinsbelgium.wordpress.com/2013/12/27/plongee-dans-la-conscience-dune-orque/
http://www.dauphinlibre.be/dauphins-trop-intelligents-que-pour-rester-captifs.htm
https://freedolphinsbelgium.wordpress.com/2013/05/24/le-georgia-aquarium-et-ses-belugas-russes/


Les bélugas de Valence

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Avril 2014
Une campagne est lancée pour sauver deux bélugas captifs à l’Oceanografico de Valence.
Ce delphinarium appartient à Parques Reunidos, également propriétaire du Marineland d’Antibes.
Merci de signer la pétition !

belugavalence12003 : les gens jettent des mégots et des pièces de monaie sur Kairo.

kairo20062006 : un filet est installé pour protéger les bélugas.
Mais des oiseaux morts gisent au fond d’un bassin puant.

 

4 juillet 2003

Deux bélugas ont été amenés dans l’enceinte du prestigieux Océanografico de Valence, en Espagne.
Il s’agit de Kairo, un mâle âgé d’environ 16 ans, long de 4 mètres et lourd de 817 kilos.
Une jeune femelle du nom de Yulka, âgée de 8 ans, l’accompagne, mesurant pour sa part 3, 43 mètres de long et pesant 491 kilos. Ces deux  cétacés proviennent de l’Aquarium Mar del Plata en Argentine.

Yulka2Yulka 

kairo20062Kairo

 Le mâle y avait été déporté à partir de Moscou, en date du 8 juin 1998. Il avait servi auparavant durant quelques années dans un centre de recherches militaires. La jeune femelle était arrivée, quant à elle, en Argentine fin 1999.
Aujourd’hui, le couple est confiné dans un pavillon nommé « L’Aquarium de l’Arctique ». Ils vivent sous une coupole fermée, étouffante, où le soleil ne pénètre jamais. Le mâle et la femelle sont séparés.

Kairo se tient en permanence devant l’entrée, à gauche, face à la paroi.
Sa caudale ne bouge pas, si ce n’est lors de rares instants, et il passe ainsi ses jours et ses nuits, sans fin, depuis des mois.

La petite Yulka, bien plus jeune, se montre encore à la fois joueuse et curieuse de tout. Elle ne nage pas encore en cercle, comme c’est le cas quand on devient fou. Au contraire, elle va et vient dans son enclos, pénétrant parfois sous la voûte de la « grotte » et en ressortant à nouveau. Son petit bassin ne lui donne guère plus de possibilités.

Malgré le tumulte assourdissant provoqué par les millions de visiteurs qui défilent au pas de charge dans ce local clos et mitraillent avec leurs appareils photo la femelle béluga, celle-ci pousse de temps en temps des cris déchirants, comme des pleurs de détresse.

Ravi, le public y répond à chaque fois avec de grands rires et des applaudissements. Quand la petite béluga tente alors de leur faire comprendre qu’ils l’ennuient en leur envoyant de grandes giclées d’eau à coups de caudale, les gens rient plus fort encore !

 

Erstmals in Europa Weißwal in Gefangenschaft geboren - Walmutter "Yulka"Yulka

C’est dans ce contexte lamentable que l’Oceanográfico prétend pourtant développer un projet de recherche bioacoustique. Il s’agirait d’étudier les échanges vocaux de ces deux bélougas. Ce genre recherche devrait, paraît-il, contribuer à l’amélioration du bien-être de ces « animaux » en captivité et au-delà, aider à la préservation des populations libres de baleines blanches.

Selon Francisco Torner, cette ligne de recherche, à laquelle prendra part également l’Université de Valence, est un « scoop » au niveau international, car peu de delphinariums sont capables de la développer, et que les conclusions que l’on tirera de ces travaux risquent d’être importantes. Ces deux bélougas font donc l’objet d’études sur le « langage ».
On enregistre leurs vocalisations, on leur jette un ballon et l’on voit s’ils émettent alors un son nouveau.
Il faut revenir aux études menées en milieu naturel, notamment par Vladimir Belkovich ou plus récemment, par Denise Herzing, pour prendre toute l’ampleur du non-sens de cette approche.
Comment le vrai langage des bélugas pourrait-il être étudié dans de telles  conditions ?

 

yulka_babyLe bébé de Yulka

Novembre 2006
Naissance d’un bébé béluga à Valences !
Ils y sont arrivés ! Un malheureux avorton blême a réussi à naître dans l’environnement délétère de l’Aquarium de Valence.
Yulka , « l’heureuse maman béluga », a été mise enceinte beaucoup trop tôt (8 ans !) et toute seule, sans que sa mère, sa tante et ses amies aient jamais pu lui apprendre comment on prend soin d’un enfant.
Elle se montre dès lors incapable de nourrir son bébé. Son lait se tarit peu à peu, malgré les efforts de ses « soigneurs » pour le lui pomper de force avec un tire-lait et l’on peut craindre que le premier bébé béluga né de manière « naturelle » en bassin en Europe ne tarde pas à s’éteindre d’ici peu. Pour l’instant (novembre 2006), l’acharnement thérapeutique bat son plein à grands frais autour de ce malheureux enfant, qui n’a pas encore reçu de nom.

Le bébé est mort à la fin du mois.

 

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Le bébé est mort fin novembre 2006

Notons que 19 dauphins survivent également dans les «piscines de taille olympiques» de l’Oceanografico. Les fondateurs ont été capturés à Cuba. Ces chiffres datent de 2006 mais nous n’en avons pas de plus récents.

Les bélougas vivent normalement au sein de vastes sociétés de plusieurs centaines d’individus dans les eaux glacées de l’Arctique, qu’ils parcourent en tous sens sur des milliers de kilomètres.
En captivité, leur univers confiné se réduit à quelques mètres cubes d’eau de mer chimiquement reconstituée. Ils y développent des comportements stéréotypés tel que nager en rond ou « faire des huit» sans fin…
Ces créatures du pôle souffrent, comme tous les autres cétacés captifs, du manque absolu de stimulations environnementales et de l’écho des murs de béton qui renvoient leurs pauvres vocalisations de prisonniers solitaires.
Si la capture des bélougas est interdite au Canada depuis plusieurs années, il faut se souvenir qu’entre 1960 et 1990, plus de 64 bélougas ont été capturés dans les eaux canadiennes afin de participer à des shows commerciaux. En 1998, 50% d’entre ces captifs étaient déjà morts.
La Russie, par contre, s’autorise encore à capturer près de 1270 bélougas par an (chiffres 2005) dans ses eaux territoriales, tant pour la boucherie que pour le spectacle. SeaWorld et le Georgia Aquarium tentent toujours d’obtenir le droit d’en importer aux USA.
Les shows de bélugas n’ont jamais été aussi populaires et même le delphinarium de Hardewijk, au Pays Bas, se montre aujourd’hui intéressé.  L’Oceanografico de Valence n’est donc pas prêt  lâcher ses deux précieux exemplaires.

belgrade4-mars-20142 bélugas livrés pour un cirque ambulant, en Russie

 Aujourd’hui, Kairo et Yulka sont toujours à Valence. Rien n’a changé pour eux. Aucune étude n’a jamais été publiée sur leur langage. Aucun enfant n’est plus jamais né. Ils sont arrivés en 2003. Nous sommes en 2014.
Merci de signer la pétition !

kairo2014

En savoir plus :

Histoires de bélugas

Bélugas libres et captifs


Béluga, otarie et dauphin rose au Pakistan

Béluga, otarie et dauphin rose au Pakistan

 

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L’attaque du béluga au Marineland Ontario !

Le 8 août 2013, une dresseuse a été blessée au Marineland Ontario, Canada, lors d’un show avec 2 bélugas. La  jeune femme a été transportée à l’hôpital après l’incident, raconte le blog « Tout le monde déteste Marineland ».

L’incident a été filmé et posté sur Youtube par un certain Tom Blake. La vidéo, qui dure 1 minute 45, nous montre que quelque chose ne tourne pas rond entre la dresseuse et le béluga  avec lequel elle travaille.

Ensuite, au lieu de surgir à la verticale hors de l’eau et de remonter sur le bord du bassin comme son collègue vient de le faire, on voit la dresseuse s’extirper péniblement hors du bassin, pendant que le béluga reste collé près d’elle. L’autre dresseur s’approche et la réconforte. La femme semble blessée. Puis un 3ième individu arrive et se penche sur la victime. Pendant ce temps, les bélugas restent très calmes et vont chercher leur bout de poisson.

«Un rapport qui nous est parvenu aujourd’hui confirme qu’une dresseuse a été blessé à Marineland. Une ambulance a été appelée au Niagara Falls Abusement park en début de soirée » écrit le blog anti-Marineland, ajoutant : «Marineland n’a pas fait de commentaires à propos de l’accident. Pas de mot n’est dit sur l’identité du béluga impliqué dans cette affaire».

Nos tentatives pour contacter Marineland et Tom Blake n’ont pas été faciles.

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Phil Demers, un ancien dresseur aujourd’hui poursuivi pour diffamations par le Marineland, nous dit qu’il n’est pas évident de comprendre comment l’incident a pu se dérouler. « J’ai deux explications : soit, la faute revient à  l’inexpérience de la dresseuse. Elle a pu se cogner le genou contre la paroi, et cela fait très mal, je peux vous l’assurer ! L’autre scénario, ce serait que le béluga ait mordu réellement et se soit accroché à la jambe de la dresseuse. Je n’ai jamais vu ni connu un béluga faisant cela, mais ces cétacés ont des dents, ce n’est donc pas impossible. La raison pour laquelle je penche pour cette version est que cela apparaît dans la vidéo ».

A un moment donné, le béluga tient la cuisse ou le genou de Sydney dans sa gueule. On peut aussi voir clairement que le second soigneur tente aussitôt d’attirer l’attention de sa collègue inexpérimentée avant le moment probable de l’impact contre le mur.

En outre, ajoute Demers, « le dresseur semble remarquer que quelque chose se passe. Il rappelle la baleine blanche sur le devant de la scène de manière plutôt frénétique. Cela me laisse penser que la femme a pu être mordue, mais je n’en suis pas certain. Ce que je sais, c’est qu’une ambulance a été appelée. Un témoin m’a appris que Sidney hurlait de douleur et que la blessure se situait au niveau du genou. »

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Les bélugas sont de gentils cétacés avec une figure mystérieuse et ne sont pas spécialement connus pour être agressifs. Au contraire, ce sont les favoris des parcs marins à cause de leur beauté presque extraterrestre, et de leur docilité à l’égard des adultes et des enfants. Durant les quelque 3 années de recherches sur les cétacés en captivité menées dans le cadre de mon livre « Death at Seaworld », je  n’ai encore jamais entendu parler d’agression d’un béluga sur un humain.

Demers affirme pour sa part qu’il a subi et été témoin de nombreuses blessures infligés par des bélugas. « Ce sont de grands animaux et il peuvent se débattre avec une force terrible, lorsqu’ils se trouvent dans une situation stressante». Il a été personnellement témoin de blessures telles que des fractures aux genoux, aux chevilles ou aux orteils. « Une dent a traversé ma lèvre quand un béluga m’a envoyé un coup de nageoire en plein visage comme un crochet du droit » dit-il. « J’ai également vu des bélugas mordre les mains des dresseurs pendant les procédures médicales forcées. Cela fait mal !»

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Si l’incident filmé est bien une agression, elle s’expliquerait par l’espace minuscule dans lequel les bélugas doivent vivre.

«Depuis toutes ces années que je travaille avec les bélugas, c’est la première fois que je vois que l’on confine 2 baleines blanche en solitaires, dans une petite piscine adjacente aux dauphins», poursuit Demers.

«Peut-être cela crée-t-il un stress supplémentaire pour ces 2 individus qui cohabitaient jusqu’alors avec un grand nombre de leurs semblables. Le fait de devoir exécuter 5 shows par jour a certainement contribué à rendre ces animaux nerveux, qui ne participent aux shows que depuis deux saisons ».

Quelle que soit la cause de l’accident, une chose est claire à Marineland: le spectacle ne s’arrête pas, même pour une blessure grave.

« C’est une triste chose que de voir le spectacle se poursuivre, malgré la blessure du dresseur », dit Jeffrey Ventre, un ancien employé du Seaworld Orlando. «Cela nous rappelle qu’il s’agit là d’une production de divertissement et nullement d’une séance de sensibilisation». Jeffrey a travaillé avec des bélugas durant 3 ans et demi. «Une fois, j’ai vu un béluga attraper la main et l’avant bras du dresseur puis le relâcher après une minute »

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Jeffrey Ventre ajoute : « Pendant mon séjour à SeaWorld, nous étions sans cesse encouragés à garder le sourire tout en restant attentifs aux actes d’agressions possibles. Quand je vois cette vidéo, cela me rend triste. Je me dis que les dresseurs sont presque tout autant exploités que les animaux dont ils s’occupent.  Finalement, on en arrive à ce que même les gentils bélugas, placés dans un environnement si peu naturel, finissent eux aussi par devenir agressifs ».   

Alex Dorer, responsable du groupe anti-captivité « Fins et fluke » a récemment visité Marineland et participé à une manifestation. Il estime lui aussi que le stress de la captivité peut amener un béluga docile à des actes violents.

«Ces 2 bélugas résident dans un petit bassin d’isolement à droite. Cela ne me surprend pas vraiment que l’un d’eux ait mordu son dresseur. Cet animal est sans doute extrêmement dépressif, et sans doute épuisé de vivre dans une piscine  minuscule avec un autre énorme béluga. Ici, ils ne disposent pas d’assez  d’espace à parcourir, ils ne peuvent pas aller où ils le voudraient, comme dans la nature »

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Cette vidéo arrive au mauvais moment pour Seaworld. La compagnie vient en effet de faire appel contre la décision d’OSHA qui interdit à ses dresseurs de redescendre dans l’eau avec les orques.
De manière générale, les êtres humains et les cétacés ne sont pas censés entrer en contact physique les uns avec les autres. Quand cela arrive, de mauvaises choses peuvent se passer et des gens sont envoyés dans des hôpitaux. Est-ce la captivité qui responsable des blessures de la jeune Sydney ?
A l’opinion publique d’en juger…

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Rappelons que près de 40 bélugas sont actuellement détenus au Marineland Canada dans des conditions inommables.

Traduit par Hurricane Warrior d’après l’article de David Kirby :
http://www.takepart.com/article/2013/08/09/when-whales-attack-beluga-injures-trainer-marineland-ontario

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En savoir plus :
http://www.dauphinlibre.be/belouga.htm
http://www.reseaucetaces.fr/pdf/rc/Belugas_en_captivite-Bilan_2009_-C_Yzoard.pdf
http://marinelandcanada.blogspot.ca/2013/08/breaking-trainer-injured-at-marineland.html
http://www.torontosun.com/2013/05/31/beluga-whales-deaths-at-marineland-spark-outrage
http://www.earthintransition.org/2012/09/belugas-in-captivity-the-legal-and-moral-issues/


Bélugas russes : quel avenir ?

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Sous la pression de miliers de pétitions, d’avis envoyés au gouvernement, de pages Facebook et de blogs, la NOAA a tranché.
L’Industrie a perdu.

Les 18 bélugas russes ne seront PAS importés aux USA. C’est un très sale coup pour le Georgia Aquarium, SeaWorld et les autres delphinariums américains qui s’apprêtaient à se partager les prises. Leur problème de consanguinité ne sera pas réglé.
Cela dit, de nouvelles techniques permettent désormais de prélever le sperme d’individus sauvages morts ou vivants. Une décharge électrique dans l’anus suffit à faire éjaculer un éléphant sous narcose.

En revanche, le sort des captifs n’est pas réglé. De nombreux acheteurs doivent déjà se presser pour acquérir ces précieuses baleines blanches, génétiquement fraîches.

Car les bélugas s’adaptent très mal à la captivité. Ils s’y reproduisent péniblement, au prix d’innombrables fausses couches et de décès précoce.  La Chine et le Japon – qui n’en ont pas dans leurs eaux – apprécient pourtant beaucoup d’en faire des clowns.

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Une pétition vient d’être mise en ligne. Elle exige que le Ministère de la Pêche russe et l’Utrishskiy dolphinarium  laissent venir une équipe d’experts pour mettre en oeuvre un programme de réhabilitation. Les 18 bélugas ont été capturées récemment. Une libération pure et simple ne poserait sans doute aucun problème et ni aucun coût. Il suffirait de remettre les captifs à l’endroit où on les a pris. Ils se souviennent parfaitement du reste. Sampal vient de nous le rappeler.

 

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Merdi de signer !
http://www.change.org/petitions/russian-department-of-fisheries-and-utrishskiy-delphinarium-allow-a-panel-of-experts-to-rehab-release-18-wild-caught-beluga-whales

En savoir plus :

http://www.noaanews.noaa.gov/stories2013/20130806_georgiaaquarium.html
https://freedolphinsbelgium.wordpress.com/2013/05/24/le-georgia-aquarium-et-ses-belugas-russes/
http://www.dauphinlibre.be/georgia-aquarium-belugas.htm
http://www.dauphinlibre.be/belugas-captifs-russes-transit-par-Belgique-vers-USA.htm