Free our last 6 dolphins in Belgium.

Cuba

Le dressage du dauphin : la faim ! (2)

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D’après un article de Helene O’Barry

L’obéissance des dauphins captifs lors des shows est obtenue grâce à une méthode de formation strictement contrôlée qui tire parti de la faim et de la dépendance totale des cétacés vis-à-vis de leurs dresseurs en ce qui concerne la nourriture.

L’industrie de la captivité déclare pourtant de façon répétée que les dauphins adorent sauter au travers de cerceaux ou jouer au basket, et qu’ils le font parce qu’ils aiment ça.

Par exemple, le delphinarium de Kolmarden en Suède décrit son spectacle comme «une brillante performance qui ne laisse douter personne de la bonne forme et du plaisir des dauphins pendant les shows. Ils sautent avec bonheur au travers des cerceaux et jouent au ballon avec enthousiasme. Les dauphins vont même jusqu’à chanter et à danser! »

La dresseuse Susanne Adolfsson en rajoute encore à cette image d’Épinal, en déclarant que les dauphins «aiment chaque minute de leur spectacle ».

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L’illusion qui fait croire qu’un dauphin en plein show est un dauphin heureux est rendue possible en grande partie par les brillants décors de théâtre du spectacle. L’eau du bassin est d’un bleu magnifique, la musique joue gaiement , et les dauphins sourient toujours lorsqu’ils sautent, jouent au ballon et tirent derrière eux leurs dresseurs – toujours souriants, eux aussi – pour un tour de bassin à grande vitesse.

Quand le spectacle s’achève et que la musique s’arrête, les spectateurs rentrent chez eux le cœur léger. Ils se sont bien amusés, car ils ignorent fort heureusement la véritable nature de ce spectacle dont ils viennent d’être les témoins.

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Le fait est que les dauphins sont d’abord et avant tout des animaux sauvages.
Leur répertoire comportemental n’inclut pas le fait de jouer au basket, de marcher sur l’eau avec sa caudale, de faire des bruits comiques ou de danser du rock. Afin d’apprendre aux dauphins à effectuer des tours de cirque aussi insensés, l’entraîneur doit s’assurer d’un contrôle total sur ses animaux. L’obéissance s’obtient aisément en profitant de la situation d’impuissance des captifs: ceux-ci dépendent en effet totalement de leurs gardiens pour s’alimenter.

Une fois que les dauphins affamés ont accepté de manger du poisson mort, le dresseur leur fait comprendre qu’ils n’en recevront que s’ils effectuent exactement le comportement souhaité. Eclabousser la foule, se déplacer sur la queue en marche arrière, lancer des ballons aux enfants, tout cela mérite une récompense. C’est-à-dire, un poisson. C’est ainsi que des comportements anormaux sont renforcés chez le dauphin.

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Sea World décrit l’utilisation du contrôle alimentaire en ces termes :
« Nos entraîneurs font usage de la nourriture comme renforçateur primaire au cours du processus de dressage. Ce renforcement positif permet à l’animal de savoir s’il a bien exécuté le tour souhaité».
Enoncé plus froidement, cela signifie que les dauphins sont formatés pour obéir grâce à la nourriture.

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Sea World poursuit: «Il est important que l’animal sache immédiatement qu’il vient d’exécuter le comportement attendu. Un délai de quelques secondes, même accidentellement, peut renforcer un comportement indésirable».

Lors d’un show, vous avez certainement remarqué que le dresseur souffle à intervalles dans son sifflet. C’est le signal immédiat adressé au dauphin pour lui faire savoir que le tour a été fait correctement. Quelques minutes plus tard, celui-ci recevra un poisson de la main de son maître, parfois accompagné d’une caresse sur le rostre.
Lorsque le dauphin n’effectue pas – ou effectue mal – le tour réclamé, vous n’entendrez aucun coup de sifflet.
Et le dauphin restera sur sa faim…

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Le poisson est enrichi de vitamines et de médicaments

L’industrie de la captivité qualifie cette méthode d’entraînement positif.
Du point de vue du dauphin, cependant, il s’agit simplement de privation de nourriture. Sans cesse, les dresseurs affirment au public que leur relation avec les dauphins est fondée sur la coopération et la compréhension mutuelle, comme s’ils formaient avec leurs captifs une grande famille heureuse. Le delphinarium suédois ne dit pas autre chose : « La communication fonctionne dans les deux sens ! Nous nous comprenons si bien les uns les autres !» »

Faire passer le contrôle alimentaire pour de la « communication » constitue, on s’en doute, un élément essentiel du spectacle de dauphins en captivité. Les tours qu’on apprend aux dauphins sous la contrainte sont d’ailleurs conçus pour rendre encore plus convaincante cette illusion de camaraderie.

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En voici quelques exemples. 
Quand les dauphins « marchent » sur leur caudale et « jouent » au basket-ball, les spectateurs interprètent forcément ces comportements comme l’expression d’une bonne humeur joyeuse et ludique.
Quand les dauphins « font un bisou » à leurs dresseurs, lorsqu’ils applaudissent à leurs propres performances en battant des nageoires, lorsqu’ils hochent la tête avec empressement quand le dresseur lance dans le micro «Alors, les amis, est-ce qu’on s’amuse ? », tout cela ajoute évidemment des caractéristiques très humaines aux dauphins. Cela fait croire au public de manière fallacieuse qu’il existe bel et bien un langage commun entre les dauphins et leurs soigneurs.
Pour les dauphins mis en scène, bien sûr, ces comportements appris n’ont pas d’autre finalité que celle de recevoir un poisson.
Dès lors, maintenir les captifs dans un état de faim lancinante ne peut que les amener à exécuter plus et mieux les tours exigés d’eux !

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Souvent, les dresseurs déclarent avec fierté que « leurs dauphins apprennent très vite ».
Ce qu’ils veulent dire vraiment, c’est que celui qui tient le seau de poissons détient un pouvoir énorme sur ses captifs. Un dauphin affamé fera presque n’importe quoi pour se nourrir.
Et comme un dresseur cubain l’a carrément admis lors d’une entrevue secrète:
« Si les dauphins n’ont pas faim, vous pouvez abandonner tout espoir qu’ils sautent jamais pour vous ! »

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Dauphins cubains à Varadero

Note : L’obéissance par la faim est une méthode qui s’applique également aux humains. Il s’agit même du principal moyen de pression utilisé dans les camps de prisonniers, tout particulièrement dans les «laogai» chinois.
Par ailleurs, Helene O’Barry ne s’intéresse ici qu’à une seule méthode, celle du « renforcement positif par la faim ». Pour remettre un dauphin dans le droit chemin et le forcer à obéir, il existe des approches plus coercitives. L’isolement figure au premier rang (Tilikum a été laissé au cachot pendant 13 mois après avoir commis son « crime ») et constitue une véritable torture pour un être aussi profondément social que le cétacé.

Les coups sont même parfois utilisés. En 2000, Simon Ede, dresseur du Gardaland en Italie, a fait l’objet d’une enquête judiciaire pour maltraitance. La delphine Violetta est morte l’échine brisée et le dauphin mâle Roméo n’a pas supporté l’isolement total auquel il avait été soumis plus d’un mois par Simon Ede. L’histoire ne dit pas s’il exerce toujours…

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Tilikum en isolation

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Dauphins captifs : un marché en pleine expansion !

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Dauphins cotés en Bourse
Peu d’animaux génèrent autant de bénéfices que le dauphin captif : près d’un million de dollars par an ! Depuis les pêcheurs qui attrapent l’animal, en passant par le Gouvernement cubain qui les revend et les états des Caraïbes qui attirent les touristes grâce à leurs captifs, jusqu’au parc marin qui demande 50 dollars d’entrée, tous s’enrichissent sur le dos des mammifères marins.

Même morts, les dauphins rapportent encore, soit par le biais de la prime d’assurances soit en donnant lieu à des campagnes d’appel de fonds post-mortem, comme ce fut le cas avec le « dauphin peintre » Sunset Sam lorsqu’il mourut au Clearwater Aquarium.

Le moteur de ce marché juteux, bien sûr, est la fascination millénaire des humains pour les cétacés, l’amour presque mystique qu’ils leur portent. Brad Andrews, vice-président des opérations zoologiques Busch Entertainment Corp, une compagnie-soeur de Sea World, voit les choses de manière plus prosaïque :

« Sea World a beaucoup contribué à la mise en place de ce marché et à la popularité des cétacés. Les gens disent toujours : vous savez, les dauphins sont très intelligents ! Ce qui n’est pas tout à fait vrai. Divers écrivains ont créé cette légende, cette sorte de magie mais un dauphin (captif) n’est pas plus malin que votre chien ou votre chat ou n’importe quoi d’autre. Les gens veulent juste croire ça… « 

Les dauphins Tursiops de l’Atlantique que l’on capturait dans les années 60 étaient vendus au prix de 300 dollars.
Aujourd’hui, ils en valent 100.000 !

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Les bénéfices de Parques Reunidos

En 2002, Sea World California a racheté 9 dauphins au Marineland de Floride au prix de 130.000 dollars par tête.

Il y a dix ans, le même Sea World a payé 875.000 dollars pour une orque. Aujourd’hui, le prix de cet animal est monté à 5 millions de dollars pièce !
« C’est un immense business, auquel tout le monde veut participer », admet Mitchel Kalmanson, un fournisseur en mammifères marins basé en Floride. (…)

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Le marché du dauphin captif soutient également l’économie communiste cubaine.
Cuba est désormais le leader mondial dans ce type de produits vivants, avec 140 dauphins officiellement capturés depuis 1995 et revendus à plus de neuf pays, parmi lesquelles le Mexique, l’Argentine, Israël et l’Espagne, bien sûr !
(Le Japon, la Ruussie et les Iles Salomon lui font désormais une lourde concurrence. Note 2013)

La demande est aujourd’hui si grande qu’il faut compter deux ans sur une liste d’attente avant de pouvoir obtenir sa commande.
Les gérants de delphinariums commencent à contacter le Ministère cubain de la science, de la technologie et de l’environnement en spécifiant leur choix : âge et sexe du dauphin commandé.

Si l’Aquarium de la Havane n’en a pas de ce type en stock, Celia Guevara, la fille vétérinaire du Che et responsable de l’aquarium, enverra en mer une équipe de pêcheurs et de marins pour aller chercher l’animal demandé.
Le choix des acheteurs n’est d’ailleurs pas toujours des plus judicieux, comme l’atteste la sordide histoire de Menique, ce dauphin cubain vendu à un cirque aquatique au Chili. Le malheureux y endura les pires tortures durant plusieurs années, avant d’être enfin ramené à Cuba.
Mme C. Guevara promit de le réhabiliter mais l’appât du gain fut sans doute plus fort : Menique mourut dans les bassins de l’Aquarium de la Havane en 1998.

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Menique

En 2003, 15 dauphins ont encore été prélevés sur un groupe estimé à 300 individus vivant au nord de l’île et ceci avec l’accord des responsables environnementaux, qui se chargent également de négocier les prix et les conditions de stockage.
« Chaque année, les prix ne cessent d’augmenter ! – se plaint Stefan Meister, dont la famille gère le Dolphin Encounters aux Bahamas et Ocean World en République Dominicaine – On en est aujourd’hui à payer 100.000 dollars par tête ! »

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Varadero, Cuba.

Le marché international du dauphin captif ne cesse de croître de jour en jour.
Il rapporte des millions de dollars à ceux qui s’y livrent.
Les touristes et passagers de croisière de luxe aux Caraïbes disposent désormais de plus de trente attractions de « nage avec des captifs » dans la seule région des Caraïbes, qui a doublé le nombre de ces attractions en moins de cinq ans !

Ocean World, un nouveau complexe de loisirs pesant plus de 25 millions de dollars, s’est ouvert l’an dernier à Puerto Plata en République Dominicaine. Il annonce la présence de plus de trente dauphins dans le « plus grand lagon à dauphins du monde « .
Le parc s’est fourni à Cuba mais a également loué les services du spécialiste Harvey Hamilton pour en capturer 16 de plus le long de la côte dominicaine.
Hamilton, un pêcheur de Fort Myers (Fl.) qui a capturé des dauphins par centaines le long des côtes américaines, durant les années soixante et septante, a demandé 22.000 dollars par mois et 8.000 dollars par dauphin capturé, soit 200.000 dollars pour un travail de trois mois.
Néanmoins Hamilton considère que cette mer est désormais « morte », tant les captures y ont été nombreuses !

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La demande en dauphins est devenue si forte que les acheteurs sont prêts à offrir de sommes de plus en plus élevées.
Adan Zurbia, le gestionnaire d’une compagnie mexicaine de « swim with dolphins » du nom de Via Delphi, a déclaré qu’il était prêt à payer $400,000 pour un bébé dauphin ! Une fois que le marché est conclu, les mammifères marins, dauphins et otaries, sont expédiés par camion et avion vers leur destination finale souvent sur d’autres continents.
On les retrouve au Cambodge, en Ukraine, à Singapour, à Dubaï, en Turquie, en Egypte, au Vietnam, partout !

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Ces transports sur de longues distances ne sont pas sans conséquences pour la santé des animaux. 
Toute une série d’agences spécialisées fignolent dès lors des contrats d’assurance protégeant leurs clients contre ces décès prématurés, désastreux en terme économique.

On a ainsi calculé une échelle de valeur par type de dauphin.
Ses capacités à se reproduire en captivité, son histoire, son niveau de dressage, ses capacités à nager avec des humains entrent dans le calcul, de même que le delphinarium où on le détient : les petites structures mal gérées ont des taux de décès trop élevés, donc, le dauphin qui en provient est moins bien assuré.

Les dauphins juvéniles jusqu’à cinq ans sont estimés valoir entre 50.000 et 100.00 dollars. Les adultes jusqu’à 30 ans, qui constituent un potentiel reproductif maximal, sont estimés valoir de 100 à 200.000 dollars.
Les primes d’assurance, payées annuellement, se situent entre 4 et 5 pour cent de la valeur de l’animal. L’assurance couvre la mort due aux accidents ou aux maladies.

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Les transports en avion sont à ce niveau extrêmement délicats.
Le propre poids de l’animal arraché au milieu marin, mais aussi la pressurisation dans l’habitacle de l’avion, les températures inadaptées ou la manipulation par les humains sont des causes fréquentes de mort ou de maladie.

Environ 12 heures avant le départ, le trafiquant Kalmanson donne d’ailleurs systématiquement des gélules de Yunnan Baiyao, un vieux remède chinois destiné à éviter les hémorragies, aux dauphins qu’il expédie à l’étranger.

« Les dauphins s’agitent comme des fous et donnent des coups de caudale, explique-t-il, des tas de choses peuvent mal tourner. Nous avons beaucoup de pertes avec les excès de chaleur… « 

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Contrats d’assurances…
Le célèbre trafiquant Moby Solangi, de Gulfport, Mississipi, a mis au point une formule originale de « dauphin en leasing « , destinée aux parcs et aquariums qui manquent de l’expertise ou de l’argent nécessaire pour s’acheter leurs propres animaux.
Un contrat conclu entre l’Oklahoma City Zoological Trust et la firme de Solangi, Marine Animal Productions Inc., montre à quel point les dauphins sont traités comme des marchandises.
La compagnie accepte de fournir trois dauphins prêts à l’emploi, c’est à dire dressés pour les shows et des otaries de même niveau pour exécuter des spectacles orignaux d’une qualité supérieure/ Elle s’engage aussi à les remplacer en cas de décès, sauf si c’est le zoo qui en est responsable.
Les deux parties s’engagent à négocier les pertes au terme de discussions et/ou d’arbitrage extérieur tant que le Zoo paie son loyer mensuel de 16.750 dollars.

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De manière plus générale, il est difficile de savoir ce que rapporte un dauphin captif.
Les delphinariums restent discrets à ce propos mais l’on peut faire des recoupements.

« Une fois que le dauphin est acquis, les frais généraux qu’il entraîne sont d’environ 500 dollars par jour. Cette somme inclut la nourriture, les salaires des dresseurs, le traitement de l’eau et du sel, le traitement des déchets, l’énergie électrique, etc. » explique Michael Hutchins, directeur scientifique de l’AZAA (American Zoo and Aquarium Association).

Un cétacé utilisé dans le cadre d’un « centre de nage avec les dauphins «  peut rapporter jusqu’à 3.000 dollars par jour, soit un million de dollars par an.  C’est pourquoi Rick Borguss, le gestionnaire de Dolphin Plus déclare qu’il s’attend à des compétitions féroces dans le monde du « Swim-with-dolphins » dont son centre de Key Largo a lancé la mode il y a déjà vingt ans.

 » On peut se faire 500 millions de dollars par an, et plus, rien qu’avec ce business de nage avec les dauphins ! « 

Au printemps, au plus fort de la saison touristique, Dolphin Encounters aux Bahamas est obligé de mettre ses clients sur une liste d’attente deux mois à l’avance, déclare de son côté l’heureux propriétaire du centre, M. Meister.

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 » Les touristes paient 145 dollars pour passer une demi-heure par groupe de dix dans un bassin en compagnie de deux dauphins captifs. Nous pourrions encore augmenter les prix et multiplier le nombre de visiteurs par groupe mais nous ne voulons pas stresser trop les animaux « .

Les parcs marins trouvent sans cesse de nouvelles manières de rentabiliser leurs dauphins. Désormais, quatre delphinariums en Floride proposent des séances de « dolphin-therapy « , vendant de l’espoir et du réconfort aux victimes d’accidents, aux vétérans du Vietnam traumatisés par la guerre, aux enfants autistes ou aux malades du cancer. Cette thérapie coûte au bas mot 2.000 dollars par semaine.

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Boutique au Boudewijn Seapark

A cet égard, Sea World est le plus inventif dans sa façon d’exploiter ses dauphins au maximum.
Les visiteurs du parc d’Orlando peuvent payer pour nourrir les dauphins captifs.

« Le kiosque à nourrissage sera ouvert tant qu’il restera du poisson disponible » annonçait lors d’une récente visite le gardien du parc aux touristes qui faisaient la file pour acheter des bouts de poisson surgelés 4 dollars pièce non loin de la « petting-pool ».

Le Sea World de San Antonio est l’un des seuls delphinariums où, pour la somme de 125 dollars, entrée au parc non-comprise, il est permis d’entrer dans l’eau pour un contact rapproché avec des bélougas. (…)
Pour 250 $, les visiteurs peuvent aussi se transformer en dresseur pendant une demi-journée. (Trainer for a 1/2 day) ou encore payer 32 $ pour dîner avec le staff de soigneurs en coulisse !

Sea World a enfin eu l’idée de créer un  » paradis tropical  » en ouvrant Discovery Cove en 2000, juste en face de Sea World Orlando.
Les visiteurs adultes paient 249 $ plus les taxes en haute saison pour avoir le droit de nager avec dauphins, mais aussi de recevoir un repas, une place de parking et une entrée dans un second parc d’attractions. La capacité d’accueil maximale du centre est de 1000 visiteurs à la fois, seuil maximal qui est atteint fréquemment.

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Durant une visite en basse saison, au mois de février, huit groupes au moins circulent à la fois toutes les demi-heures dans les trois lagons du centre afin de caresser les dauphins et nager avec eux. Chaque groupe est composé d’un seul dauphin, de six à huit visiteurs, de deux dresseurs et de deux photographes appointés par Sea World. Le tour fini, le dresseur mène le groupe de visiteurs vers un pavillon pour voir les photos qui ont été prises. Elles sont vendues au prix de 30 dollars, une vidéo valant 60 dollars et un CD de cinq photos 100 dollars.
Joyce D., une informaticienne native de New York, a dépensé 350 dollars pour ce type de service complet.

« Cela les valait vraiment ! – s’écrie-t-elle – c’était merveilleux, merveilleux ! Je suis prête à recommencer demain ! « 

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Le Miami Seaquarium a suivi la tendance, avec une campagne d’affichage destinée à promouvoir ce type d’amusement.
« Vous n’oublierez jamais votre premier baiser «  clament les affiches du parc, qui vient par ailleurs de lancer un projet d’extension de ses installations, en ce compris l’agrandissement du petit bassin de l’orque Lolita, promettant aux financiers de Dade County qui le soutiennent des millions de bénéfice. (Agrandissement toujours pas réalisé en 2013, soit dix ans plus tard…)

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Le groupe explique à ses visiteurs qu’une partie de cet argent sert à empêcher le braconnage des derniers tigres en Inde ou à la protection des récifs de coraux. Il a fondé à cet effet le « SeaWorld Busch Gardens Conservation Fund » avec l’appui de certains groupes comme Nature Conservancy. Environ 3 millions de dollars seraient investis dans ces activités et dans le sauvetage des dauphins échoués, source gratuite de renouvellement des stocks, puisqu’ils sont intégrés à jamais dans les bassins une fois sauvés…

Même les delphinariums les plus ordinaires prétendent aujourd’hui au titre de farouches défenseurs de l’environnement.
Le Dolphin Research Center, dans les Florida Keys, se présente lui-même comme une structure de recherche et d’éducation non-lucrative.
Pourtant, la nage avec les dauphins vous y coûtera tout de même 155 dollars pour 20 minutes.
Une journée comme dresseur (Trainer for a day) coûte 650 $ et le centre offre également des fêtes d’anniversaire près des dauphins, et même es nuits aurpès des dauphins, sac de couchage inclus.
On peut aussi adopter un dauphin ou une otarie pour 240 dollars, ce qui comprend le certificat d’adoption, la photo et la biographie de « votre nouvel ami » ainsi que des invitations à venir fêter son anniversaire.

Le parc affirme dépendre des dons privés pour continuer se activités, sans révéler qu’il touche $3.4 millions de réduction d’impôts chaque année.

Le Clearwater Aquarium se présente également comme une ASBL au service de la science.
C’est ce parc qui a dressé le dauphin Sunset Sam à peindre des tableaux avec une brosse dans le rostre. Chaque tableau était vendu dans la boutique de souvenirs au prix de 50 dollars.

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Lorsqu’il mourut, le delphinarium publia dans la presse et sur son site web un émouvant message de deuil et lança une sérieuse collecte de fonds sur le thème du message suivant : « Sam, cet artiste aussi coloré que ses oeuvres, nous a apporté le soleil dans les coeurs, merci de verser un petit quelque chose à l’Aquarium qui l’a si bien soigné ! ».
Le parc est déjà en train de dresser Presley, le nouveau captif, à peindre des tableaux à son tour.
(En 2011, le delphinarium fit un coup fumant dont il profite encore aujourd’hui avec le dauphin Winter, vedette d’un film à succès.
Le pauvre Winter va mal, mais l’argent continue à rentrer… )

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D’après :
CAPTIVE MARINE ANIMALS CAN NET BIG PROFITS FOR EXHIBITORS/MARINE ATTRACTIONS/ BELOW THE SURFACE

Depuis que cet article a été rédigé en 2004, les choses se sont encore largement aggravées.
En 2013, le marché du dauphin captif est plus en forme que jamais ! Notamment à partir du Japon.

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Lire aussi : 
http://www.dauphinlibre.be/trafic.htm
http://www.dauphinlibre.be/cuba.htm