Free our last 6 dolphins in Belgium.

Documentaires / Documentaries

« BLACKFISH » EN BELGIQUE !

blackfish-posterTous les horaires et les détails pratiques
sur la page Facebook Blackfish Belgique

BLACKFISH EN BELGIQUE !

« Un thriller psychologique intense avec une orque en vedette, qui illustre comment la nature peut se venger lorsque l’homme la pousse dans ses derniers retranchements.  Blackfish, c’est l’histoire de Tilikum, un orque condamné à devenir une bête de spectacle. Durant ses 30 années de captivité,  Tilikum a tué et blessé plusieurs personnes.
Gabriela Cowperthwaite, la réalisatrice du film, a interviewé des témoins directs. Elle dresse un portrait hallucinant de la manière dont ces animaux particulièrement intelligents sont maintenus en détention par l’industrie des parcs de loisir, avec pour seul objectif l’appât du gain.
Cette histoire interpellante pose une question cruciale : ces animaux peuvent-ils être détenus de la sorte ? »

Enfin ! Distribué par Remain in light / Filmfreak Distributie, le documentaire américain Blackfish sort en Belgique à partir du 30 octobre 2013, ainsi qu’en Allemagne, aux Pays Bas et en Espagne. La France ne s’est malheureusement pas montrée intéressée, malgré la présence de 5 misérables orques captives sur son territoire.

Entre le 26 et le 30 octobre, Samantha Berg, l’ancienne dresseuse de Tilikum sera présente à Bruxelles. Samantha lutte maintenant contre la captivité et gère un remarquable site web avec d’autres anciens dresseurs, également interviewés dans ce documentaire.

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Un site web a été conçu pour fournir toutes les informations utiles et même AGIR contre la captivité, puisqu’une pétition y figure.
http://be.blackfish-film.be/


Shamu Show, le cirque romain !

Voici les dates des premières projections.
Samantha Berg nous arrivera de l’Alaska où elle exerce le métier d’acupunctrice et se rendra en Italie, en Espagne (Loro Parque), en Allemagne, aux Pays-Bas, au Luxembourg et en Belgique.
Lire sur la page Face Book le détail des horaires et rencontres avec Samantha.

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Cinema Zed – Louvain (à partir du 23/10/13)
CineAriston – Esch-sur-Alzette (à partir du 25/10/13)
Vendôme – Bruxelles (avant première avec S.B le 29/10 à 7h 25)

Cinema Aventure – Bruxelles (à partir du 30/10/13)
Sphinx – Gand (à partir du 13/11/13)
CineKursaal – Rumelange (à partir du 6/11/13)
CineWaasserhaus – Mondorf-les-Bains (à partir du 13/11/13)
Buda – Courtrai ( partir du 4/12/13)

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A venir (dates non encore précisées) :
Le Parc / Churchill – Liège
Le Parc – Charleroi
Plaza – Mons


Tilikum pleure et les gens rient.

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TILIKUM

Tilikum est né vers 1980 à l’Est de l’Islande, dans une mer glaciale le long d’une côte creusée de fjords. Il n’y vécut que 3 ou 4 ans, collé aux flancs d’une sage matriarche et protégé par les nombreux  membres de sa communauté. Puis des hommes sont venus, ils ont dispersé sa famille et l’ont emmené pour toujours, avec deux autres enfants.
Au début, Tilly se montra coopérant avec ses ravisseurs. Mais bien vite, les bassins surpeuplés du Sealand of Pacific firent de lui un rebelle. Quelques années suffirent à en faire un tueur. Ses deux premiers meurtres furent soigneusement tus mais le dernier mena SeaWorld devant les tribunaux. En mer libre, aucune orque jamais n’a blessé un humain. Les dresseurs agressés ou tués se comptent en revanche par dizaines.

Malgré sa taille énorme, Tilikum était pourtant le souffre-douleur du bassin, grand gosse grandi sans mère, socialement maladroit, rendu fou par l’ennui et le manque d’espace. Une bagarre avait éclaté entre orques peu avant le show fatal. Le géant s’est acharné sur le corps de Dawn Brancheau avec une rage inouïe, avant de lui manger le bras puis de reposer doucement sa tête près du cadavre immergé. Consterné par son acte.

Aujourd’hui, King Kong a retrouvé ses chaînes. Isolé plus d’un an, assommé par les drogues, il flotte. Toute la journée, il dort et quand vient l’heure du spectacle, il se contente de nager en rond, sans même avoir la force de bondir au sifflet. Tilikum est psychiquement mort. Mais son sperme congelé a déjà servi à faire naître 2/3 des bébés orques de la compagnie Sea World. Et on le masturbe encore.

En 2011, 42 orques étaient détenues en bassins dans le monde.
Elles sont 48 aujourd’hui, du fait des récentes captures russes et due « sauvetage » de Morgan en Mer de Norvège par le Dolfinarium de Harderwijk puis de sa vente à SeaWorld.
Depuis 1961, 137 orques au moins ont été capturées pour le marché de la captivité. 124 d’entre elles (soit 91% des prises) sont déjà mortes aujourd’hui.
La durée de vie moyenne des 124 individus capturés est de 4 ans, avec un maximum de 28 ans. Le temps de vie moyen des 32 orques nées en captivité est de 4 ans et demi.
En milieu naturel, les mâles vivent peuvent atteindre 60 ans et les femelles devenir centenaires.
Au total, 156 orques sont mortes en captivité. Ce chiffre comprend 28 enfants difformes malformés ou morts nés.

BLACKFISH pose clairement la question : pourquoi toute cette souffrance ? Pourquoi perpétuer ces jeux de cirques cruels, ces captures et ces inséminations artificielles ?  Dans quel but, si ce n’est le profit ?  Ne vaudrait-il pas mieux plutôt se soucier des orques libres, dont les cultures et l’intelligence sont comparables en complexité à celles des êtres humains ?

Déjà diffusé sur CNN,  BLACKFISH sera projeté en Belgique et dans toute l’Europe à partir du 30 octobre, Cet événement précède une vaste campagne orchestré par Born Free, SOS Defines et la WDC en vue de réclamer l’interdiction des delphinariums sur tout le territoire européen. Pour mémoire, la France détient encore 5 orques captives, dont 4 nées captives. Freya est la seule survivante des captures initiales. Elle vivait en Islande, comme Tilikum.


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Samantha à Sea World
http://www.flickr.com/photos/48521903@N00/sets/72157624823226253/ at SeaWorld
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Lire aussi :
Tous les horaires et les détails pratiques sur la page Facebook Blackfish Belgique

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L’enfance de Tilikum (article D.Kirby traduit par YG)

Blackfish, le film

Blackfish en Europe

Samantha Berg à Bruxelles

Sea World contre Blackfish, la guerre a commencé !

Les mystérieuses cultures des orques de l’Antarctique

Orques captives : les chiffres et les faits

Orques psychotiques en captivité

Tilikum, reproducteur en chef

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samantha-berg-speech-Brussels

samantha-berg-talk-to-Midori-BrusselsSamantha Berg, « Blackfish » Bruxelles 29/10/2013


L’histoire de Mavis et Howard au West Edmonton Hall

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Qui se souvient de Howard et Mavis ?
Qui se souvient de Gary et Mary ? Personne. Les dauphins captifs meurent dans l’oubli. On efface leur image des mémoires après leur décès sur les sites officiels des prisons aquatiques. On nettoie Google. Et nul ne sait non plus où l’on peut trouver leur tombe.
C’est le genre d’histoires que l’Industrie déteste entendre…

1. QUATRE DAUPHINS DANS UN CENTRE COMMERCIAL

« Découvrez l’une des villes les plus populaires du Canada et la région de la capitale de l’Alberta. Edmonton associe l’élégance raffinée d’une grande métropole moderne et le caractère convivial de l’hospitalité traditionnelle de l’Ouest. Edmonton est la porte d’accès au grand nord canadien, une région de montagnes majestueuses, de lacs scintillants, de rivières riches en histoire, et d’aventures dans les neiges ».

La vaste galerie marchande du West Edmonton Mall en constitue certainement le fleuron :
« Il vous faudra plus d’une journée pour découvrir les innombrables attractions du West Edmonton Mall, le plus grand centre commercial et de loisirs au monde ! Il abrite notamment 800 magasins et services, le World Waterpark, un parc à thème aquatique, le parc de loisirs de Galaxyland, la patinoire d’Ice Palace, le Deep Sea Adventure, les Sea Life Caverns, et la caravelle Santa Maria. Vous pourrez aussi profiter du parcours de minigolf du Professeur Wem, du casino, du centre thermal, travailler votre drive de golf sur le toit, faire du saut à l’élastique, choisir parmi 26 cinémas, et tant d’autres choses ! »

Comme par exemple, le tout petit « lagon des dauphins»

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En mai 1985, 4 jeunes dauphins Tursiops nageaient librement au large de Charlotte Harbour, en Floride. Ce n’étaient encore que des enfants, âgés de deux à quatre ans.
Sur commande de la famille Ghremezian, propriétaire du West Edmonton Mall, ils furent capturés par l’un des plus célèbres « chasseurs de dauphins  » au monde, Jay Sweeney, qui s’illustra aussi en attrapant des orques à la dynamite.
Fondateur de la chaîne commerciale Dolphin Quest, Sweeney reçut en 2005 un prix prestigieux de la part de l’IMATA, l’association internationale des dresseurs de dauphins.

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3 autres dauphins se noyèrent au moment de l’opération. Les 4 survivants furent aussitôt amenés à l’intérieur du Mall, où on les baptisa Gary, Howard, Mavis et Marie. En mai 2001, Gary, âgé de 20 ans à peine, mourut au terme de 16 ans de captivité dans un hall bruyant, sans soleil et mal ventilé.

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La petite delphine Marie le suivit de peu, qui décéda vers 19 ans au mois d’août 2001. L’autopsie révéla que cette mort était due à l’ingestion de pièces de monnaie ou d’objets incongrus que les visiteurs jetaient dans son bassin et que la delphine avalait par ennui. Le métal lui empoisonna le sang.
Il ne resta plus dans le bassin que Mavis et Howard.

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2. MAVIS

Le cadavre d’un delphineau mort-né flottait dans le bassin du delphinarium d’Edmonton Mall ce vendredi 12 juillet 2002, pendant que sa mère, doucement, le poussait du rostre en tentant désespérément de le ramener à la vie.
Les clients du Mall, qui se mettaient à l’abri de la chaleur caniculaire, ont été très surpris de se retrouver tête-à-tête avec ce spectacle dramatique, qui suscitaient mille questions de la part de leurs enfants :

–  » Pourquoi le petit dauphin, il ne bouge plus ? Il va se réveiller ?  » demandait un garçonnet à son père, puis avec des larmes plein la voix, l’enfant insistait encore :  » Il a faim ? Il est mort de faim ? »

Le bébé dauphin était né la veille.
Sa mère, la delphine Mavis, est l’un des deux derniers dauphins Tursiops de l’Atlantique que possède encore l’Edmonton Mall. Son enfant est mort juste après la naissance et une autopsie a été décidée pour découvrir les causes de ce décès. En attendant, les dresseurs ont choisi de laisser le bébé mort dans la piscine avec ses parents, Mavis et Howard. Leur intention était de permettre aux deux dauphins adultes de faire le deuil de leur enfant.

« Ce n’était d’ailleurs pas sans risque de descendre dans la piscine juste après le décès » a déclaré le porte parole du delphinarium, M. Travis Reynolds « Mavis devait d’abord accepter l’évidence ».  

Selon ce même porte-parole, Mavis aurait vécu une grossesse de douze mois tout à fait normale et sans complications.
Aujourd’hui, elle fait l’objet d’une surveillance constante pour s’assurer que son état de santé est bon et qu’elle retrouve sa force et son énergie. « Nous attendions beaucoup de cette naissance et c’est un drame pour tout le monde » 

Tove Reece, le président d’une association en faveur des animaux basée à Edmonton Voice for Animals n’est évidemment pas de cet avis : il voit dans le décès du bébé de Mavis une nouvelle preuve que la place des dauphins n’est pas dans un centre commercial mais plutôt dans la mer !

 « C’est le troisième enfant de Mavis, rappelle-t-il, et les deux précédents sont morts de la même manière. Sans aucun doute, la captivité raccourcit la durée de vie des dauphins adultes mais ce n’est pas non plus le bon endroit pour donner naissance à un delphineau ! Je ne sais pas pourquoi ce bébé est mort, mais il semble qu’il s’agisse là d’un phénomène réitérant. Très clairement, il y a là un problème : les dauphins n’ont pas à être maintenus dans des espaces bétonnés aussi minuscules « 

La SPA d’Edmonton a reçu de nombreux appels de la part de citoyens offusqués par cette situation.

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Melissa Boisvert, porte-parole de l’agence de protection des animaux locale, a déclaré que la décision de laisser le cadavre de l’enfant flotter dans le bassin était juste et fondée.  « Nous croyons que les parents ont fait ce qu’ils ont pu.. et qu’ils ont besoin maintenant de faire leur deuil de ce décès ».

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Une mère porte le deuil de son enfant en mer

Une équipe dépêchée par la SPA à l’Edmonton Mall avait mené une inspection de routine quelques jours auparavant et déterminé que les dimensions du bassin étaient conformes aux normes minimales et que les parents ne manifestaient aucun signe d’abus ou de négligence.

Vendredi après-midi, Mavis a continué à pousser le corps de son bébé mort d’un coin à l’autre du bassin, l’emmenant parfois vers le fond puis le ramenant à la surface. Elle laissait flotter le corps un instant puis revenait vers lui et le poussait encore.
Accroupi sur le bord du bassin, un dresseur observait attentivement la scène.
De son côté, une cliente du nom de Rayline Ziegler a essayé d’expliquer cette mort à sa petite fille de trois ans, Victoria.
« Elle pense le bébé est juste en train de nager «  nous explique-telle, alors qu’elle est elle-même enceinte et prête à accoucher.

Un garçonnet de sept ans, Ben Kurtz, visitait le Mall avec sa famille venue de Beeton, Ontario. Il a regardé le delphineau mort durant quelques minutes mais n’a pas su que dire ensuite.  « Il pourrait être mort, mais je pense vraiment qu’il est simplement malade » a-t-il déclaré.
Sa mère Carolyn ne savait comment expliquer à son fils et à sa petite fille Larissa, âgée de quatre ans, que le bébé dauphin était bel et bien mort.

« Je leur ai dit que je n’étais pas sûr s’il était vivant ou mort, parce que je n’ai pas vraiment envie de leur expliquer de quoi il s’agit ».
Cette dame a cependant jugé que ce genre d’incident renforçait son malaise par rapport à la captivité des dauphins.
« Cet aquarium est très petit. Ce n’est pas vraiment l’endroit où des dauphins sont censés se trouver. Si cette mère dauphin avait reçu l’aide dont elle avait besoin en pleine mer, je doute fort que cette mort se serait produite. » 

Dave Crowe, un client venu de Fort Saskatchewan, affirme pour sa part qu’il aurait préféré que le Mall enlève le cadavre du delphineau.

« Regardez tous ces gosses qui demandent : pourquoi on ne le réveille pas, le bébé dauphin ? On devrait l’emmener loin d’ici, ces enfants ne doivent pas subir un tel spectacle ! ».

Un autre client, Bruce Macovichuk, n’est pas de cet avis. Il estime que c’est une bonne chose d’avoir laissé ce bébé mort avec ses parents. Les responsables du Mall sont sans doute attristés par cette affaire, mais c’était un bonne décision. Le seul problème, c’est que beaucoup de gens vont critiquer les delphinariums à cause de cet incident !

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Le décès de ce jeudi était le cinquième de l’histoire du Mall.

Trois delphineaux sont morts peu de temps après à la naissance en 1992, 1993 et 1996. Un autre est mort né en 1996. Trois ont été portés par Mavis, deux par Maria, qui est morte en 2000 à l’âge de 19 ans. Un autre dauphin adulte, Gary, mort à l’âge de 20 ans en 2001. En liberté, un dauphin vit de 40 à 60 ans.

Quelques jours plus tard, un nouveau témoignage nous est parvenu à propos de ce décès : selon certains témoins, c’est Mavis elle-même qui aurait noyé son propre enfant dès la naissance. Mavis aurait frappé à plusieurs reprises son nouveau né dès sa naissance et l’aurait entraîné dans le fond du bassin jusqu’à ce qu’il meure.

Ce comportement, rappelle Ric O’Barry, est fréquent chez les delphines captives mais largement censuré. Il cite notamment le cas de Sally au Waragamba Dam, en Australie, qui a noyé de cette manière pas moins de quatre de ses enfants.

L’explication ? Sans doute, la delphine ne voulait-elle pas que son bébé vive en captivité le restant de ses jours. Comme le suicide, attesté en bassin, l’infanticide semble répondre à une préoccupation majeure de la maman dauphin, qui sait dans quel enfer son enfant va devoir naître.
La dépression nerveuse peut se montrer aussi dévastatrice chez un humain que chez un dauphin.

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Mavis est morte.
Mavis, la petite femelle Tursiops détenue au West Edmonton Mall depuis 1985, est morte à l’âge de 23 ans, ce mercredi 23 juillet 2003.
Selon la presse, le deuil prolongé que Mavis a du subir suite à la perte de son dernier enfant semble avoir provoqué sa mort. « Nous avons procédé à un examen post mortem et nous n’avons pu trouver aucune raison médicale valable pour expliquer son décès » a déclaré le Dr. Carol Shwetz, qui veille depuis huit ans sur la santé des quatre dauphins détenus au WEM.

Le Dr Shwetz a précisé que la delphine Mavis refusait de manger depuis un certain temps, pour des raisons non expliquées.
« Peut-être était-ce pour elle le moment de mourir. Personne ne sait combien de temps les dauphins vivent en liberté« .

Cette petite femelle dominante, connue par ses dresseurs pour son caractère pétillant et son souci de plaire avait commencé à refuser de manger de façon sporadique, juste après la mort de son dernier delphineau, en juillet dernier.
Des centaines de clients du Mall avait pu la voir pousser doucement le cadavre de son enfant qui flottait dans le bassin.
« Puis elle a recommencé à manger un peu mais plus jamais, je ne l’ai vue joyeuse comme elle pouvait l’être durant les précédentes années ».
Le directeur général, Gary Hanson, a déclaré qu’il ne savait pas encore ce qu’on allait faire de ce pauvre Howard.

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Le show du Mall constitue depuis longtemps une attraction importante pour la région, visitée chaque année par des milliers de gens, au nombre desquels 4.000 enfants venus de 200 groupes scolaires. Le docteur Shwetz, pour sa part, a indiqué qu’elle espérait qu’un « délai de grâce » d’au moins 30 à 45 jours lui soit accordé avant qu’une décision soit prise.
« Un dauphin solitaire est certainement en difficulté  » a-t-elle reconnu, « Mais nous pouvons envisager de lui adjoindre d’autres dauphins, ou à tout le moins des compagnons telle qu’une tortue marine ou un pingouin. Bien entendu, nous allons essayer d’envoyer Howard quelque part où il pourra se trouver en compagnie d’autres dauphins. Ceci demande pas mal de recherches et de réflexions avant que de prendre une décision ».

En attendant, Howard semble plutôt bien faire face à sa solitude jusqu’ici, a conclu le Docteur Shwetz.
« Il nage avec les entraîneurs, interagit avec eux car il ne faut pas oublier que pour lui, ces gens font partie de sa propre famille. Il n’est donc pas tout à fait seul ! « .

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3. HOWARD

1er  novembre  2003
«Howard doit absolument grossir avant qu’on puisse le déplacer vers un autre bassin en compagnie d’autres dauphins » a déclaré Brian Joseph, un vétérinaire californien spécialisé en dauphins captifs. Howard a en effet terriblement maigri depuis la disparition de sa compagne Mavis, morte en juillet 2002.  « Il souffre également d’ulcères et d’un stress intense «  a poursuivi Joseph.

Gary Hanson, le porte-parole du Mall, affirme pour sa part que les projets existent pour déplacer Howard vers un lieu plus approprié – le Dolphin Research Center en Floride a déjà accepté de l’accueillir – mais sa santé est aujourd’hui si faible qu’il risque d’en mourir.

Des organisations de défense animale ont protesté auprès du Mall pour qu’il libère Howard et ont manifesté devant l’établissement la semaine dernière en se déguisant en dauphins.

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Hanson a reconnu qu’il recevait près 500 e-mails par jour de la part de gens réclament la liberté d’Howard, le dernier survivant d’un groupe de quatre dauphins capturés en Floride en 1985. Gary est mort en 2001, Maria en 2000, Mavis en 2003. Tous les bébés nés en bassin ont décédés à la naissance.

Décembre 2004
Howard flotte toujours dans son bassin du WEM, plus solitaire que jamais.
Alan Cooper et les activistes du monde entier exigent aujourd’hui le retour en mer de ce dauphin solitaire, d’autant plus facile à réaliser que l’on sait le lieu précis où il fut capturé.  Randy Wells, le célèbre cétologue américain, serait même prêt à tenter l’expérience de la réhabilitation de ce pauvre Howard dans ses eaux d’origine. Mais les gestionnaires du Mall n’en ont cure et persistent à garder cet ultime survivant d’un massacre annoncé….

Selon eux, ce pauvre dauphin est bien trop malade et dévoré d’ulcères que pour pouvoir être transporté où que ce soit. malgré son état de santé déficient,  Howard se doit néanmoins d’exécuter chaque jour les sempiternelles shows qu’on lui a enseigné. « C’est bon pour sa forme physique » ont déclaré les gestionnaires du trou d’eau.

Mai 2004
Howard a enfin été déplacé vers les bassins de l’un des plus vieux delphinariums au monde, The Theater of the Sea (TOTS) en Floride, une structure fondée en 1946 par la famille P.F. McKenney.
Sept dauphins y sont prêts à accueillir notre cher vieil Howard, qui pourra donc retrouver un semblant de vie sociale, sans parler du vent, du soleil et de l’eau de mer naturelle,  après ces années atroces d’isolement presque total dans le trou d’eau obscur d’un grand magasin…
Vu son état de santé, aucun show n’a encore été prévu pour lui.

En revanche, un dresseur du TOTS s’est rendu au Canada pour le prendre en charge et le préparer à son grand voyage. Ce dresseur « personnel » restera un certain temps auprès de Howard pour faciliter son acclimatation dans ce lagon à ciel ouvert agrémenté de flamants roses.  Pour l’instant, Howard n’a pas encore été mis en présence de ses nouveaux compagnons.

Howard ne retrouvera plus jamais le plaisir de nager en eaux libres mais force est d’admettre que ce transfert est tout de même une bonne nouvelle pour lui comme pour nous, car il le sauve d’une mort certaine à court terme.

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8 mai 2005
Nous apprenons ce soir avec chagrin que notre ami le dauphin Howard vient de mourir en Floride.
Nous étions tous si fiers d’avoir pu le tirer de son trou d’eau chloré du WEM !
Et puis voilà, un an après, malgré des conditions d’accueil infiniment plus favorables (soleil, eau de mer, poissons, oiseaux dans le ciel, mangroves, et même deux nouveaux copains), Howard a décidé de lâcher la barre.

Sa femme, ses enfants, ses amis, ses parents, son pays, sa dignité, tout lui avait été pris.
Le coeur brisé, Howard n’avait plus de raisons de vivre…

Il a choisi l’ultime liberté. Il s’était fait de nouveaux amis… mais à quoi bon ?
Après 20 ans de captivité, Howard en avait trop vu de la méchanceté humaine.

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Aujourd’hui que tous les dauphins sont partis, un show d’otarie est désormais proposé aux visiteurs.
Exactement comme au Zoo d’Anvers, où 30 dauphins succombèrent dans le bassin même qu’occupent les lions de mer.

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Qui se souvient de Howard et Mavis ?
Qui se souvient de Gary et Mary ? Personne. Les dauphins captifs meurent dans l’oubli. On efface leur image des mémoires après leur décès sur les sites officiels des prisons aquatiques. On nettoie Google. Et nul ne sait non plus où l’on peut trouver leur tombe.
C’est le genre d’histoires que l’Industrie déteste entendre…

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Kavna à Vancouver. Juste un détail à oublier !

L’histoire en anglais
http://wemanimals.blogspot.be/2010/04/history-of-wem-animals.html
http://www.freewebs.com/defunctmarinemammalparks/westedmontonmallcan.htm

L’histoire et les combats sur Dauphins Libres
http://www.dauphinlibre.be/edmon.htm

La fin de Mavis
http://www.prijatelji-zivotinja.hr/index.en.php?id=326

Le Wem aujourd’hui
http://www.wem.ca/#/play/theme-parks-attractions/marine-life

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Rampal, le dauphin qui voulait nous parler

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On trouvera ci-dessous un commentaire de Wade Doak
daté d’avril 2013 à propos de cette rencontre exceptionnelle.


Un beau matin, un dauphin commun mâle est arrivé devant la localité de Whitianga, en Nouvelle Zélande. 

Une mère delphine et son petit nageaient à ses côtés. Wade Doak et sa femme équipe vinrent leur rendre visite. Ils étaient bien équipés : une sorte de téléphone électronique submersible leur permettait de communiquer clairement dans les deux sens, d’entendre et de se faire entendre.

Rampal – le mâle – fut ainsi nommé car il adorait la musique de Bach et le son de la flûte traversière.
Il l’écoutait en extase, flottant à fleur d’eau dans l’axe des haut-parleurs suspendus sous la coque du catamaran. Mais là où vraiment, il ne se tenait plus, là où il pouvait rester au pied de la coque pendant des heures, en nageant contre un courant contraire, c’est lorsqu’il écoutait… la voix humaine !

Jan Doak – la femme de Wade – parlait dans un tuyau plongé sous la surface ou bien dans le « téléphone » et sans cesse, sur le mode du dialogue alterné, Rampal tentait d’imiter ces sons, en proposait d’autres similaires ou les mettait en regard de ses propres vocalisations. Diverses émissions de bulles nuançaient ses propos.

Lors des dernières séances de la dernière année – car ce petit jeu s’est poursuivi sur plusieurs saisons – le dauphin a montré une concentration absolument exceptionnelle pour un animal prétendument « sauvage ».

Il arrivait droit sur le bateau, négligeait de scanner les baffles et le microphone, dont il avait compris le rôle depuis longtemps et se mettait aussitôt au travail. Le timing des séances, décidé par Rampal, était très régulier : deux fois par jour, chaque fois pendant une heure.

Et très systématique : lors de ces dernières séances, le cétacé a offert à ses auditeurs un véritable festival de langue delphinaise, un chatoiement inattendu de sons nouveaux et de gammes diversifiées, un peu comme s’il récitait une sorte d’alphabet ou une liste de phonèmes. Les tracés graphiques enregistrés attestent de l’exceptionnelle complexité des structures sonores sifflées à cette occasion, souvent de manière graduelle, des plus simples aux plus compliquées.

Ce récit nous apprend deux choses :

1. Les dauphins libres se prêtent bien volontiers à des  » examens « en pleine mer. Pas besoin donc de les enfermer pour les faire participer à toutes sortes d’expériences, du moment qu’elles sont intéressantes pour eux et respectueuses de leur bien-être.

2. A en juger par les réactions de Rampal, celui-ci était au moins aussi étonné que Wade et son épouse. Il a du se rendre compte, en écoutant les Doak, que les êtres humains savaient parler, que le son de leurs voix véhiculait du sens. Dès lors, dans un deuxième temps, il a mis tout mis en oeuvre pour leur montrer que lui aussi possédait un langage !

Histoire complète dans « Encounters with Whales and Dolphins »
Wade Doak. Page 193 à 205

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Rampal, sa femme et son enfant

 

En avril 2013, Wade Doak est revenu sur cette expérience bouleversante dans un courrier privé échangé avec plusieurs défenseurs des dauphins. Il ne nous en voudra pas d’en citer ici quelques extraits :

« Chers amis, je voudrais revenir sur les échanges sonores que ma femme Jan et moi avons eu avec un dauphin commun baptisé du nom de Rampal, durant un certain temps, dans l’estuaire de Whitianga en Nouvelle-Zélande.
Les circonstances étaient exceptionnelles.
Il s’agissait d’un couple de Delphinus delphis. La femelle avait eu plusieurs petits, mais un seul avait survécu. Ils étaient donc trois, ce qui est rare, car ces dauphins ne vivent généralement pas dans une structure familiale  de type « père- mère- enfant ».

La population locale pensait que le trio vivait dans cette rivière soumise à la marée. Les dauphins communs habitent très rarement dans l’embouchure de nos fleuves ou le long de nos côtes. C’était pourtant le cas de Rampal et de sa petite famille.

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Rampal à Whitianga


Nous amarrions notre catamaran, l’Interlock, en cet endroit.
Chaque nuit, les dauphins quittaient l’estuaire et y revenaient tôt chaque matin. Nous avons commencé un échange sonore avec eux en leur diffusant la musique de flûte de Jean Pierre Rampal, par le biais d’un haut-parleur piézo-électrique immergé. C’était cet appareil qui rendait le mieux les hautes fréquences.

Ce qui s’ensuivit au cours de nos multiples rencontres et au fil des années,  donne un aperçu du potentiel et de la souplesse comportementale des dauphins sauvages. Nous avons vu comment le dauphin Rampal a pris la situation en mains, s’approchant très près de notre hydrophone, lâchant une grosse bulle d’air chaque fois qu’il allait émettre une séquence sonore – un peu comme une sonnerie de téléphone avant la conversation – et produisant des sons d’une haute complexité que nous imitions ensuite en y ajoutant une variation.
Ceci afin de lui montrer notre propre créativité, dans une démarche communicative. Meilleures étaient nos réponses, plus intenses encore étaient nos récompenses !

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Attention ! Rampal va parler !

Pourquoi un animal en liberté peut-il passer tellement de temps et développer tant d’énergie à se maintenir dans une rivière au cours rapide, juste pour émettre des sons et les échanger avec ceux d’êtres humains ?
Quelle était pour lui le bénéfice d’une telle activité ? Peut-être que cette simple question fait la valeur de tout notre travail.
Sans rentrer dans les détails, on ne peut nier que ces rencontres ont eu lieu. Et malgré le fait que le dauphin commun est présent dans toutes les mers du monde, c’est avec lui que nous avons le moins de contacts de ce genre. La plupart des échanges répertoriés ont eu lieu avec des Tursiops.

Nous avons accompli tout cela avec un budget de misère. Mes revenus d’écrivain et de photographe de la vie marine ne nous rendaient pas riches. Nous vivions dans des conditions dignes du tiers monde et nous étions finalement si fauchés que nous ne pûmes poursuivre ces expériences. Habitant au nord de la Nouvelle-Zélande, ces déplacements vers Whitianga furent les plus longs que nous ayons faits. Car nous sommes d’abord des plongeurs, ma femme et moi, pas des marins.

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Rampal ne recherchait pas le contact physique


Aucun scientifique n’a jamais montré le moindre intérêt pour nos dialogues avec Rampal.

Même s’ils furent filmés et montrés quelque fois à la télévision, même si nous les avions documentés avec des photos, des enregistrements sonores et racontés dans un livre.

J’ai eu des échanges similaires avec un cachalot. Mais ce genre d’interactions n’est pas prise au sérieux par la science, actuellement.
Je comprends pourquoi. Peut-être un paradigme est-il en train de changer. Il ne faut donc pas espérer que des « chercheurs marginaux » soient financés par les canaux traditionnels. En outre, il y a le problème de la mouvance « New Age » qui croit tout et n’importe quoi  à propos des dauphins. Cela gangrène la science. Pendant de nombreuses années, Jan et moi avons marché sur une corde raide entre les deux approches : le scepticisme sain et la crédulité aveugle.

Jadis, les gens étaient brûlés sur le bûcher si on les suspectait de parler avec les animaux. Je pense qu’il y a toujours des blocages dans notre culture scientifique, quand il s’agit de financer certaines recherches.

Pendant ce temps, ma femme et moi avons pourtant continué à dialoguer avec les cétacés de toutes les manières possibles. L’obscénité absolue que représente l’enfermement de ces créatures pensantes ou leur assassinat brutal, hante à la fois nos rêves et nos vies éveillées.

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Il n’est pas surprenant que les étoiles restent silencieuses à nos appels.
Nous manquons d’un modèle de communication pour le projet SETI comme pour les cétacés.  (…)
Lorsque des créatures aussi agressives que les humains tuent les autres espèces pensantes sur leur propre planète et se balancent des missiles atomiques, quelle civilisation extraterrestre pourrait-elle avoir envie d’entrer en contact avec nous ?
Peut-être que nous devons patienter…
Combler le fossé avec les cétacés serait une étape. Mais nous empoisonnons déjà leur monde avec nos déchets toxiques. Nous les obligeons à nager en rond dans nos bassins prisons pour notre seul divertissement.
Dans la vieille Angleterre, les gens payaient pour entrer dans une tente et voir un homme manger un chat vivant. Ah ! L’Homo sapiens !
Bon, maintenant je vous laisse, je dois partir pour aménager un lac de poissons indigènes ».

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Le site de Wade Doak

Wild Dolphin Project

Des droits civils pour les dauphins !

Dauphins : la science qui détruit

Pourquoi défendre les dauphins ?


Dauphins captifs : méthode de dressage (1)

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Les scientifiques considérent aujourd’hui le dauphin comme l’animal le plus intelligent au monde après l’homme.
Du fait de ses capacités cognitives hors du commun, de sa vie sociale extraordinairement complexe, des ses diverses cultures transgénérationnelles, de son empathie à l’égard d’autres espèces, de sa faculté de se reconnaître en tant que « soi » dans un miroir, de son usage d’outils  ou de ses modes de communication encore non décryptés, impliquant un nom propre pour chaque individu (signature sifflée) ou le vocal labelling (donner un nom à un objet), certains d’entre eux estiment même que ce mammifère marin devrait accéder au rang de « personne non-humaine ». L’Industrie de la Captivité, en revanche, ne tient aucun compte de ces paramètres et ne traite pas le dauphin autrement que n’importe quel animal de cirque. Ou qu’un chien.
Voici le B-A BA du dressage ordinaire, mené ici dans le meilleur contexte possibles, qui n’est sans doute pas celui du Taiji Whale Museum à Taiji, Japon.  Dans tous les cas de figure, il ne s’agit jamais que d’un conditionnement unilatéral, dont le seul but est d’obtenir l’obéissance. Nous verrons dans un second article ce qui se cache derrière ces aimables propos d’un professeur en dressage…

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METHODE DE DRESSAGE

La partie la plus importante de tout programme de dressage est l’établissement d’une relation de confiance entre l’animal et son instructeur. Celle-ci s’instaure  habituellement grâce à des séances de jeux et de nourrissage. Le dresseur doit rester en permanence attentif à tout signe de comportement indiquant une réaction positive ou négative à cette mise en contact. L’entraînement du jeune dauphin débute généralement lorsqu’il est âgé de 6 et 36 mois.

L’apprentissage se déroule par étapes. C’est ce qu’on appelle la « méthode des approximations » ou « l’apprentissage incrémental« .
Le comportement de l’animal est formaté par approximations successives du comportement désiré et convenablement renforcé. On enseigne d’abord aux dauphins à regarder le dresseur avec les deux yeux, au-dessus de la surface.

Ce comportement est appelé « stationnement ».
Quand un dauphin voit le dresseur pointer un doigt vers le haut, il doit comprendre que cela signifie : « Regarde ton dresseur ! » ou encore : « Attention, je vais te donner un ordre ! ». Le dressage peut se produire aussi lorsque le dauphin effectue un nouveau mouvement de sa propre initiative.

Ce comportement est toujours associé à une récompense et à un coup de sifflet très aigu, que l’on qualifie de «pont». Il s’agit bien d’un « pont », en effet, car il fait le lien entre le mouvement du dauphin et l’espoir d’une récompense. Le formateur siffle ce signal lorsque le comportement attendu est produit et qu’une récompense peut en découler. Cela signifie aussi pour lui « Viens ici et prends ça !”.
(Note : En l’occurrence, un bout de poisson. Mieux vaut donc que le dauphin ait faim pour augmenter sa motivation)

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Le fait d’associer l’exécution correcte d’un comportement avec une récompense est une étape essentielle dans le dressage du dauphin. L’utilisation d’un dispositif sonore perçu par le dauphin permet à son formateur de créer le « pont » au bon moment. Dans certains cas, cette méthode  peut se révéler inappropriée, notamment si le tour s’effectue à proche distance de l’entraîneur. Dans ce cas, celui-ci peut tapoter légèrement l’animal sur la tête ou lui faire un baiser sur le rostre. Ces actions sont appelées des substituts de renforcements conditionnés.

La récompense doit être modifiée régulièrement, de sorte que son attrait ne diminue pas lorsqu’il est répété. Les comportements adéquats sont immédiatement renforcés afin qu’ils puissent se produire à nouveau. Ces comportements «opportunistes» se produisent souvent entre deux sessions de dressage formelles et doivent être surveillés de près. Chaque session doit par ailleurs être commencée et terminée différemment, afin qu’elle ne devienne pas trop « prévisible », ennuyeuse et démotivante pour le dauphin.

Les premières étapes du dressage par approximations peuvent inclure la mise en place d’une cible artificielle dans l’eau.
Lorsque le dauphin touche par hasard  la cible avec son rostre, une récompense lui est donnée, pour renforcer ce comportement initialement aléatoire.

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Peu à peu, l’exécution répétée de ce comportement relève de moins en moins du hasard jusqu’à ce qu’il devienne conditionné et se produise à chaque fois que la cible est présentée.

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La cible artificielle est alors remplacée par la main de l’entraîneur. Le but de ce remplacement est de conditionner le dauphin à obéir aux signaux manuels pour toutes les demandes futures qui lui seront communiquées.

Une étape importante dans le processus de dressage est de parvenir à faire venir sur commande l’animal captif vers l’entraîneur. Pour un mammifère marin comme le Grand Dauphin de l’Atlantique, l’ordre est donné en frappant l’eau avec la paume ouverte. La vidéo suivante montre cette commande.

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Ici, la monitrice est en train d’enseigner à ses élèves comment utiliser des signaux manuels pour communiquer avec le dauphin. De légères différences dans la position des mains, la hauteur du signal, et la direction dans laquelle le signal est donné, fournissent au dauphin l’information nécessaire sur ce qu’on attend de lui. Ces signaux manuels sont relativement communs à tous les dresseurs de tous les delphinariums.

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Même si un dresseur, formé aux techniques propres à un delphinarium donné, travaille dans un autre établissement où la signification d’un geste de la main n’est pas tout à fait identique, le dauphin se montre généralement capable de s’adapter rapidement à cette différence.

Lorsqu’il dresse un dauphin, le spécialiste doit conditionner l’animal à accepter différents types de contact humain. L’animal est ensuite récompensé pour « ne pas s’être éloigné » de ce contact. La formation doit être effectuée dans une zone ressentie comme positive pour l’animal (comme la « zone de nourrissage », par exemple) afin que celui-ci s’y sente à l’aise.

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Dressage rapide de pseudorques au Japon. A l’aise ?

Les dauphins développent rapidement une relation étroite avec son dresseur.
 La relation est basée sur la confiance que l’animal accorde à l’humain.  Les choses sont donc rendues plus difficiles lorsque d’autres dresseurs travaillent avec le même animal ou que l’entraîneur familier quitte son poste pour rejoindre un autre delphinarium.

Apprendre au dauphin à « présenter » différentes parties de son corps au dresseur constitue un conditionnement de première importance à mettre à place. Il permet en effet de procéder à des examens vétérinaires ou à des collectes de matières organiques.

(Note : Tels que du sang pour les analyses, du sperme pour la reproduction à distance ou le limage des dents des orques. Notons que jusque dans les années 90, il fallait vider le bassin pour accéder au corps de l’animal, ce qui représentait pour lui une expérience traumatisante. Iris à Anvers ne fut ainsi jamais dressée à se soumettre à des examens médicaux. Ci-dessous, au Parc Astérix )

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L’animal doit être désensibilisés au contact physique, mais aussi au bruit ambiant, aux mouvements brusques, etc. Ceci afin que le conditionnement de son comportement puisse demeurer l’objectif principal. La désensibilisation est une phase essentielle dans le processus de dressage d’un jeune dauphin. Le dresseur peut par exemple amener le dauphin jusqu’au bord du bassin et placer ses pieds sous le corps du dauphin.
Comme on le voit sur cette photo, un jeune animal se cabre et répond négativement à cette situation. Dans le cas présent, j’ai été  mordu deux fois au pied par ce jeune dauphin, avant qu’il n’accepte mon contact rapproché. Une fois la désensibilisation acquise, le dauphin est récompensé. Ce processus est répété maintes et maintes fois pour le renforcer.

dressage-dauphin-tendu

L’enrichissement comportemental est une pratique consistant à fournir aux animaux captifs des stimuli environnementaux.
Cette démarche vise à améliorer la qualité de vie des dauphins  en augmentant son activité physique, en réveillant ses comportements naturels et en réduisant son ennui. Les sessions de dressage forment un part essentielle de l’enrichissement comportemental. Cependant, ces formations n’occupent qu’une petite partie de la journée du dauphin. Parmi les autres enrichissements proposés, on utilise divers jouets. Dans cette vidéo, une mère de 8 ans accompagnée de son delphineau sont en train de se distraire avec un ballon de plage. Ces ustensiles leur fournissent une activité plus complexe que le simple fait de nager en rond  dans une piscine. Comment pousser le ballon sur le bord du bassin ? La mère et sa fille montrent leurs compétences à résoudre ce problème.

VIDEO

Parmi les autres formes d’enrichissement, il faut inclure également le changement d’habitat (déplacement des dauphins d’un bassin à l’autre) et l’accès du public aux animaux. Dans la nature, les dauphins doivent travailler dur pour attraper leur nourriture. Ils doivent aussi se préoccuper de leur sécurité. En captivité, ce n’est pas le cas.

Groups of dolphins, birds and sharks feeding on sardines, South Africa

(Note : Un peu pauvre. Dans certains delphinariums, on fournit même désormais des I-pads et autres gadgets électroniques submersibles pour stimuler encore davantage les capacités intellectuelles du dauphin. Nombre d’expériences scientifiques menées avec ce type d’outils sont accueillies favorablement par les captifs, toujours comme un dérivatif bienvenu à l’ennui profond que la vie en bassin leur impose. Il est bien clair que contrairement à ce que dit l’auteur de l’article, la chasse en groupe ou la défense de son pod n’est pas une corvée pour un dauphin, mais plutôt l’occasion de nouer ou de conforter des liens sociaux avec d’autres individus. Le travail en groupe, avec ce qu’il peut impliquer comme plaisir, est en effet une caractéristique commune aux humains et aux cétacés)

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Les séances de dressage ont également l’avantage de fournir aux dauphins des exercices physiques intenses.
Cela leur permet de rester en bonne santé et de s’adapter aux changements de leur environnement, une condition indispensable à leur survie.

Enfin, l’enrichissement comportemental peut être « inventé » par le dauphin, tout comme les enfants inventent des jeux pour se divertir. L’apprentissage de la sculpture de bulles a été observée chez les dauphins captifs et comme les chez dauphins sauvages. Le cétacé passe son temps à créer et jouer avec les « jouets » qu’il crée sous l’eau avec de l’air plus d’air.

(Note : Qualifier de jeux d’enfants une technique aussi difficile est un peu léger. Il existe chez les dauphins de véritables virtuoses de cet art aquatique, qui suppose un contrôle savant des mouvements de l’eau et de l’air par le biais de coups de sonar. Certains dauphins n’y parviennent jamais et ce sont les matriarches qui l’enseignent et produisent des enchaînements de tores en guirlande d’une rare complexité et d’une grande beauté formelle. Voir à ce propos les recherches de Chris Herzfeld sur l’art du tissage chez un orang-outan captifs et le « Funktionlust » qu’il procure)

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D’après le dossier Dolphin Training
(à suivre…)


Flipper s’est suicidé

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Ric en 1970

Extrait d’une interview de Ric O’Barry sur Frontline

RIC O’BARRY
« Flipper est mort en captivité et c’est une chose qui me tourne en tête. Coïncidence, c’était justement le « Jour de la Terre », en 1970.
Le premier « Jour de la Terre », en fait ».


POUVEZ-VOUS NOUS EN PARLER ?
« 
Ouais. J’ai reçu un appel téléphonique du Seaquarium de Miami me disant que Cathy n’allait pas bien. A ce moment-là, j’étais déjà parti.
Le spectacle était terminé. Nous avions vécu ensemble pendant 7 ans. La « Maison de Flipper » est encore là, au Seaquarium. C’était vraiment devenu ma maison.

Moi, je vivais avec les dauphins 24 heures par jour, 7 jours par semaine et nous étions très liés, très proches. Bon, un jour, tout était fini.
Tu sais, les roues de la bagnole sont tombées. (…)

Cathy avait été isolée dans un bassin en acier. C’est là qu’elle s’est suicidée. Beaucoup d’entre eux font ça. Beaucoup de dauphins meurent en captivité de la même façon, mais vous ne le saurez jamais. Il y a un vétérinaire qui rédige le rapport et l’envoie aux Services nationaux des pêches maritimes. C’est ce qu’on appelle le Marine Mammal Inventory Report.

Le Service national des pêches maritimes ne fait absolument rien de ces informations. Il est juste là, pour rien. Ils ne savent même pas ce que cela signifie. Cela pourrait pourtant signifier que la captivité ne fonctionne pas. Mais ils ne savent pas. C’est juste un gros gâchis bureaucratique. Le système ne fonctionne pas, pour faire bref. Il ne fonctionne pas ».

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Cathy et Ric en tournage


ET DONC, VOUS…. ?

« C’est difficile à raconter. Ouais, vieux, c’est vraiment difficile d’en parler. Je n’aime pas penser à ça ».


LISEZ CE QUE VOUS AVEZ ECRIT ? 

« Je ne pense pas que je puisse le lire. C’est vraiment très difficile.
Je me souviens d’être allé là-bas ce jour-là et c’était une journée très chaude.  Il n’y avait pas d’ombre du tout et je ne l’ai d’abord pas vue.
Bon…
Donc, je me suis approché du bassin qui était à peu près… haut comme ça, et elle était de l’autre côté. Elle avait des ampoules énormes sur le dos à causes des coups de soleil. Elle était noire de coups de soleil, vu qu’elle passait la plupart du temps à la surface de l’eau.

Son aileron était plié comme celui de Keiko. C’est à cause de la gravité qu’ils se plient. C’est la nature qui dit qu’il y a quelque chose qui cloche. Quand vous allez sous l’eau, il n’y a pas de gravité.

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Dauphin mourant au Seaquarium vers 1970

Alors, elle a nagé vers moi, elle m’a regardé droit dans les yeux, elle a pris une grande inspiration et puis elle a retenu son souffle.
Juste retenu. Bon et puis alors, je l’ai attrapée comme ça et elle a coulé au fond du bassin.
Je l’ai laissé aller et elle a coulé. J’ai sauté dans l’eau et je le l’ai remontée à la surface.
Elle s’était suicidée.

Le bassin..
Le bassin, c’est une chose mauvaise. Ce sont des bassins pour tuer. Voilà pourquoi je suis abolitioniste.
“Thanks but no tanks”, c’est ça le message.  Merci mais pas bassin ! Donc, vous pouvez dépenser 10 millions de dollars pour en construire un autre, moi,  je ne marche pas…. »

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Lire l’interview complète sur Frontline

Soutenir l’action de Ric O’Barry de toutes nos forces !

Suivre l’actualité sur son blog

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25 minutes contre la captivité. Les images parlent d’elles-mêmes…

25 minutes against captivity. Images speak by themselves. Stop cetacean slavery NOW. No compromise.

25 minutes contre la captivité. Les images parlent d’elles-mêmes. Il faut mettre fin à ce cirque criminel. Sans compromis, sans concessions. MAINTENANT !


Documentaire sur l’industrie des cétacés captifs

« A Fall from Freedhom, Une Perte de Liberté (ou plus joliment « Liberté Perdue »),  est un film documentaire remarquable  de 1 h 25  avec des images  aussi merveilleuses que celles, misérables, de ces dauphins et petites baleines ou orques captifs dans les delphinariums et autres bassinets privés. Comment et par qui sont capturés ces animaux sauvages nés pour être libres? Vous le saurez aussi. Ce film lève le tabou en vous livrant la vérité sur cette vaste industrie, espérant convaincre le plus grand nombre de ne pas participer à ce cruel  buiseness. Vous le saurez aussi. Sa diffusion sur internet est tout à fait légale car il n’est pas commercialisé en France. A regarder en famille. »

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https://www.facebook.com/events/294145480662820/?ref=nf

http://www.blog-les-dauphins.com/a-fall-from-freedom-en-francais-vostfr/

A DIFFUSER!