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Gibier

La Chasse à l’Arc en Wallonie

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INTERDITE MAIS TOUJOURS PRATIQUEE
La chasse à l’arc est interdite en Région Wallonne. Malgré une tentative du Ministre Benoît Lutgen
pour l’autoriser, cet état de fait a été re-confirmé en octobre 2005 par Mme Joelle Milquet
« Ces dernières semaines, vous avez été fort nombreux à m’interpeller au sujet de la question de la chasse à l’arc et son éventuelle introduction en Région wallonne. Vos réflexions ont retenu ma meilleure attention. Il est exact que, dans le cadre de la rédaction d’un projet d’arrêté relatif à la chasse (visant notamment à interdire le plomb dans les zones humides aux fins d’éviter la pollution de l’eau), le Ministre Lutgen a mis à l’étude la question de la chasse à l’arc, pratiquée notamment en France et au Danemark. Conscientisée par cette question, j’ai pu sereinement échanger avec le Ministre qui a parallèlement poursuivi diverses consultations sur le sujet. Nous sommes conjointement arrivés à la conclusion qu’il n’était ni opportun ni nécessaire de permettre l’apparition de ce mode de chasse en Région wallonne. La chasse à l’arc n’est donc nullement autorisée en Région wallonne et le projet de l’introduire s’est révélé inopportun dès le stade des premières consultations ».

On saluera cette noble volonté d’interdire le plomb dans les zones humides, car il pollue beaucoup, en effet. Mais on se souviendra aussi  que l’idée de Benoît Lutgen a surtout été batue en brèche par le monde associatif.

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En revanche, il existe toujours une Fédération Wallonne des Chasseurs à l’Arc (FWCA) qui a pour vocation la formation de chasseurs à l’arc responsables.
Mais pour tirer sur QUI, si ce beau sport est interdit ?

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En France, au même titre que la chasse à courre ou le déterrage de blaireaux, la chasse à l’arc est autorisée. Il suffit donc à nos flécheurs wallons de franchir le Quiévrain ou de partir en Russie, en Roumanie ou en Afrique. Rien ne les empêche non plus de s’exercer sur des cibles en Belgique et l’on regrette d’ailleurs qu’ils ne s’en tiennent pas là, car l’art de l’arc est une sagesse quand il ne tue personne.

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Mais non ! Nos chasseurs belges ont le goût du terroir. Ils aimeraient tuer près de leur porte et plaident donc pour une modification du décret.

UNE FORME D’ART
Toute chasse est cruelle.
Même au fusil, aucun coup n’est garanti d’avance. On lira ainsi avec intérêt les informations que nous fournit ce site de la Région Wallonne :
« – Balle d’apophyse : l’animal se renverse, souvent sur le dos, reste immobilisé ou remue légèrement les pattes; il se relève au bout de quelques minutes  et fuit rapidement. Le chasseur tentera d’achever le gibier avant que celui-ci ne se relève; à défaut de pouvoir achever l’animal, il restera très vigilant.
Balle de rein : l’animal s’effondre sur place, souvent de l’arrière-train, se relève et fuit lentement, le sanglier émet parfois des cris ».

Il n’y a pas que la souffrance physique. Chaque animal est un individu unique, inséré dans un tissu social plus ou moins complexe. Un lion que l’on tue, une éléphante que l’on abat, un chevreuil ou un renard mort privent immanquablement d’autres individus de leur présence. Et ne parlons pas ici des parents abattus qui laissent derrière eux une famille en détresse.

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Le chagrin est une émotion que nous partageons avec les autres mammifères. Il faut relire à ce propos «Les émotions des animaux» de Marc Bekoff. En outre, des humains peuvent s’entretuer lors de ces parties de chasse et pire encore, des animaux familiers en sont souvent victimes.

A cet égard, la chasse à l’arc n’est guère différente des méthodes classiques. Elle fait moins de bruit mais surtout, elle donne au tueur l’illusion de retrouver ses racines de chasseur-cueilleur et rend plus difficle – et donc plus excitant – le plaisir de tuer.

«La chasse à l’arc, compte tenu de ses particularités de pratique, peut à la fois jouer un rôle complémentaire aux autres modes de chasse, apportant des solutions à des problèmes spécifiques dans le cadre de la gestion de la vie sauvage, ainsi que remplir des fonctions éducatives, récréatives, socio-économiques, esthétiques et même thérapeutiques.(…)
La chasse à l’arc est une activité offrant des expériences de vie très profondes, qui favorise et même nécessite le développement de ses connaissances des animaux chassés, de leurs habitudes, de leur biotope et de la nature en générale.
La chasse à l’arc a sa propre histoire. Son étude et sa pratique contribuent à la compréhension des traditions et du patrimoine culturel.
Sa pratique peut être vue comme une forme d’art et apporter des sensations profondément satisfaisantes permettant de se délasser et de s’écarter des éléments stressants et étouffants de la vie moderne. De plus, le tir à l’arc est aussi une activité sportive qui peut être pratiquée toute l’année et en famille ».

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SE VIDER DE SON SANG
Mais qu’en est-il des animaux ? Considèrent-ils eux aussi cette chasse comme une activité sportive, une forme d’art ?

«Il faut savoir que nous devons nous attendre à une agonie d’environ 30 à 45 minutes lorsque la flèche a atteint le cœur ou les poumons » nous explique Glenn Helgeland dans la revue «Fins and Feathers». « Une heure de traque ou plus seront nécessaires si l’animal a été touché au foie. Et il faudra compter huit à douze heures si la flèche a touché le ventre.
Dans le cas où ce ne serait que les muscles de l’arrière-train ou d’autres zones non-vitales qui aurait été touchés, il faudra immédiatement retrouver l’animal et l’achever à l’aide d’autres flèches pour maintenir les blessures ouvertes et faire en sorte que l’hémorragie soit mortelle.
Pour qu’un chasseur à l’arc puisse retrouver facilement le cerf commun qu’il a blessé (par exemple), la perte de sang devra être importante. Un cerf devrait idéalement se vider d’au moins 35 pour cent de son volume sanguin total pour que le chasseur puisse le récupérer rapidement. »

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La chasse à l’arc est une pratique cruelle et inhumaine.
L’équipement primitif de l’archer blesse en effet bien plus qu’il ne tue, ceci dans une proportion d’environ 50%.
En d’autres termes, pour chaque cadavre d’animal traîné hors des bois en fin de chasse, un autre animal blessé est laissé dans la nature, où il finira par mourir d’hémorragie au bout de quelques jours ou bien encore rongé par les mouches et les bactéries, au terme d’insoutenables souffrances. Par définition même, le tir d’une flèche dans une cible vivante constitue une manière hasardeuse et méchante de tuer un animal.

QUESTION DE CHASSE
Non seulement la chasse est légale et considérée comme utile par tous les groupes politiques, Ecolo en tête, mais en plus, les animaux sauvages ne bénéficient même pas des dispositions de la loi sur la cruauté envers les animaux !
« La protection des animaux pendant l’abattage ou la mise à mort est régie par le règlement européen 1099/2009 sur la protection des animaux au moment de leur mise à mort. Ledit règlement détermine les règles applicables à l’abattage ou la mise de mort d’animaux détenus pour la production de denrées alimentaires, de laine, de peau, de fourrure ou d’autres produits, ainsi qu’à la mise à mort d’animaux dans le cadre de la lutte contre les maladies animales. Il ne s’applique pas à la mise à mort d’animaux dans le cadre d’expériences scientifiques ou d’autres pratiques tels que la chasse ou la pêche, ou encore d’événements culturels ou sportifs ».

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Il y a eu tout un débat européen à propos de la souffrance du gibier, qui fit quelques bulles en France mais nullement chez nous. C’est qu’il n’existe en fait AUCUN mouvement spécifiquement anti-chasse en Belgique à l’instar du RAC.
Seul Inter-Environnement Wallonie tient sur ce thème un discours fort, mais non-abolitionniste. La question est complexe et mérite que l’on s’y concentre. Il faut fournir des alternatives, prôner le retour du loup, du lynx et des petits prédateurs en Belgique pour faire le ménage dans les bois. Il faut évidemment cesser de relâcher des faisans, sangliers et autre « gibier », au détriment des riverains et de l’équilibre écologique. Il faut enfin rompre avec la vision fallacieuse de l’homme en tant que «régulateur» de la Nature. Elle se débrouille parfaitement bien toute seule, merci !

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A l’heure où partout dans le monde, on massacre les non-humains, dauphins et baleines au Japon, éléphants en Afrique ou chiens de rues en Roumanie, il était bon de rappeler que chaque année, en cette saison, un génocide a lieu sur nos champs et dans nos forêts. Et que ses victimes peuvent être abattues dans des conditions encore plus cruelles que celles dont « bénéficieraient » les animaux d’abattoir.

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Lire aussi :

http://www.dauphinlibre.be/arc.htm

http://www.dauphinlibre.be/chasse-et-traditions.htm

http://www.abolition-chasse.org/cruelle_chasse_arc.htm

http://www.lalibre.be/debats/ripostes/la-chasse-necessite-ecologique-ou-simple-divertissement-5258c5663570d36e85e38381

http://www.animalalliance.ca/wp-content/uploads/2011/07/2009-Bulletin-Cruelty-of-Bow-Hunting.pdf