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Sea World contre Blackfish : la guerre a commencé !

La guerre a commencé. Elle sera décisive.

Si 2 autres documentaires ont déjà dévoilé la face cachée des delphinariums, A Fall from Freedom  et The Cove , Blackfish vient de se planter dans le flanc de SeaWorld comme un ultime carreau d’arbalète. Avec une sobriété remarquable, ce film n’expose que des faits accablants. Aux spectateurs de tirer les conclusions.

Cela rend la tâche de SeaWorld extrêmement difficile. La compagnie en est à son second communiqué, avançant sans rougir une série d’assertions irréalistes et niant l’évidence. Le débat ne fait que commencer, mais la défense est maladroite.

SeaWorld va devoir justifier publiquement l’existence même de ses spectacles de cirque. La conservation, les recherches, et l’éducation, que les delphinariums sont supposés fournir au détriment de l’animal, devront être prouvés.

Nous allons peut-être assister bientôt au même genre de débats que ceux qui ont précédé la Proclamation d’émancipation d’Abraham Lincoln et la fin de l’esclavage aux Etats-Unis.

SeaWorld est un empire, qui s’étend bien au-delà des accords entre delphinariums. Il contrôle les médias par ses mannes financières. Le public continue à apprécier ses shows. Les bénéfices sont effarants.
Mais pour combien de temps encore ? Fondamentalement, un show de dauphins ou d’orques, c’est toujours la même chose. Quelque soit la mise en scène choisie, de la plus minable à la plus somptueuse, le répertoire se limite à des sauts, des jets de ballon et à des chevauchées sur le dos des détenus.

On a tenté souvent de varier le menu, en enfermant des espèces exotiques, en transformant les spectacles en véritables concerts rock, selon les mots de John Kershaw, chef-dresseur à Antibes.
Mais tout passe et tout lasse.
Surtout si des documentaires viennent mettre à mal l’image enchanteresse de ces usines à cétacés.

La communauté scientifique se désintéresse de plus en plus des recherches menées en bassin. Le tour semble avoir été fait de ce qu’il y avait à découvrir dans de telles conditions. On se soucie à présent essentiellement de mettre au point des techniques pour maintenir  en vie les détenus aussi longtemps que possible et améliorer leur reproduction en bassin.

Les découvertes importantes de Louis Herman ou de Diana Reiss ont par ailleurs été obtenues sur des sujets vivants, dont la vie fut réduite aux dimensions d’un cachot et qui moururent pour la plupart bien avant l’âge de manière dramatique.

Les vrais chercheurs se tournent aujourd’hui vers la vie socioculturelle et psychologique des mammifères marins en milieu naturel. Dans ce domaine, les découvertes s’enchaînent : rituels funéraires, entraide, alliances, adoption, empathie avec des espèces autres que la leur, usage de nom, usage d’outils, dialectes, art des bulles, etc. Tout un monde s’ouvre à nous.

Quant à la conservation, si l’on ne peut nier le travail de SeaWorld et de ses associés quant au sauvetage de cétacés échoués, il faut rappeler que bon nombre de dauphins (ou d’orques) recueillis et soignés ne sont jamais réhabilités et intègrent aussitôt le circuit des cirques aquatique. Le cas de Morgan est le mieux connu.

L’éducation, enfin, est aussi peu crédible que la dolphin therapy. Il suffit de voir un seul spectacle au delphinarium, n’importe lequel, pour comprendre qu’elle peut gravement nuire à une vision respectueuse de la nature par l’enfant.

Dès lors que Blackfish sera diffusé à la télévision, que des versions pirates circuleront sur le Net, les jours de la compagnie SeaWorld seront comptés. L’Industrie tout entière commence à vaciller. C’est pour nous, amis des cétacés libres, le moment d’accélérer sa fin.

A propos de Blackfish :
http://abcnews.go.com/GMA/video/blackfish-documentary-takes-seaworld-19790943
http://keepwhaleswild.wordpress.com/2013/07/14/seaworld-riposte-seaworld-lashes-back/
http://abcnews.go.com/GMA/video/blackfish-documentary-takes-seaworld-19790943
http://blackfishmovie.com/
http://www.theatlanticwire.com/entertainment/2013/07/seaworld-afraid-new-documentary-will-make-you-never-want-visit/67345/

https://freedolphinsbelgium.wordpress.com/2013/04/20/seaworld-a-la-bourse-de-new-york-le-triomphe-de-lesclavagisme/
https://freedolphinsbelgium.wordpress.com/2013/05/12/blackfish-en-europe/
https://freedolphinsbelgium.wordpress.com/2013/03/23/blackfish-le-film/

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« Blackfish » en Europe

blackfish-brancheau_killedAprès avoir été puni, isolé, assommé de calmants,
Tilly crie désormais son désespoir

Le film Blackfish vient d’être diffusé ce 10 mai 2013 à Louvain, lors d’un festival des documentaires fort discret.
Qui en a parlé ? Personne. Pas un ligne dans les médias. Et c’est dommage, car bien peu de gens connaissent en Belgique les souffrances que les cétacés captifs endurent, qu’ils soient nés en bassin ou kidnappés en mer.
A Séoul, par exemple, la séance aura plus d’ampleur et d’audience, car des anciens dresseurs viendront témoigner après le film et répondre aux questions des spectateurs. Aux USA, le film a fait grand bruit et recueilli les éloges de la presse.
Mais chez nous, rien. Un silence radio vraiment regrettable.
Car ce documentaire nous apportait ici un éclairage global sur le vrai visage de l’Industrie de la Captivité, en plein essor financier partout dans le monde.

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L’argument de base se fonde sur la tragique histoire de Tilikum.
Cet orque mâle, on le sait, fut arraché brutalement à sa famille en Islande quand il avait 2 ans. Timide, privé d’éducation, mal dans sa peau, rossé par ses compagnes de cellule, il a fini par tuer 3 fois.
Sa première  victime fut une jeune dresseuse du nom de Keltie Byrne, qu’il noya avec l’aide de ses camarades, Haida II et Nootka IV. La seconde fut Daniel P. Dukes dont on retrouva le corps nu, couvert de contusions, drapé sur le dos de Tilikum un matin.  L’homme s’était caché dans le parc après la fermeture pour plonger durant la nuit dans la piscine du Sealand of Pacific.

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Le 24 février 2010, enfin, ce fut le tour de Dawn Brancheau au SeaWorld d’Orlando. Inconsciente du danger, cette femme d’expérience qui ignorait pourtant les antécédents de son esclave fut littéralement réduite en miettes, broyée, lacérée puis noyée par le géant.
Après avoir été dûment drogué et mis en isolement presque une année entière, ce Spartacus parmi les orques est retourné au boulot. Mais son état est encore pire. Amorphe et dépressif, à peine capable d’exécuter un show, il n’est plus qu’une machine à donner du sperme pour la reproduction d’orques en batterie. Un véritable vol au-dessus d’un nid de coucou

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Tilikum ne fut pas le seul à agir ainsi.
Plusieurs dizaines d’orques ont agressé leur dresseur en bassin, alors qu’aucun incident de ce type n’a jamais été relevé en mer.
Blackfish nous donne à entendre la souffrance insondable de Kastaka, dont Ken Peters vient d’enlever la fille, Kalia, et qui hurle son désespoir avec des cris à vous déchirer le cœur. Avant de se venger sur le dresseur, qu’elle maintient calmement sous l’eau jusqu’aux limites de la noyade.
Il nous montre d’anciens ravisseurs d’orques ravagés par la honte et des dresseurs repentis.
Il nous fait voir, face caméra, une représentante de SeaWorld en train de mentir effrontément devant un tribunal ou accusant la dresseuse morte d’incompétence devant les médias, alors que sa compagnie savait que Tilikum avait déjà tué deux fois.
Enfin, Blackfish nous emmène à Loro Parque en Espagne, où Keto, l’un des mâles venus de SeaWorld Texas, tua Alexis Martinez.

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Kasatka jouant à noyer son dresseur

C’est donc toute la face sombre, l’envers du décor pimpant de SeaWorld que nous révèle Blackfish : mensonges, négations, menaces de procès, omissions, lobbying, nettoyage du web, propagande insensée, offres publiques en bourse, tout est bon pour faire prospérer un secteur financier en plein boom.

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Aujourd’hui, le Boudewijn Seapark fête en grande pompe son 50ième anniversaire.
Sait-on vraiment ce que des dizaines de dauphins ont du subir sous son dôme sombre, dans un trou d’eau chlorée où pas une sardine ne survirait plus d’un quart d’heure ? Le public est-il au courant de la façon dont Puck, Roxanne ou Beachie sont arrivés chez nous ? Est-il informé de la manière dont Tex ou Terry sont morts ?

En 2010, le delphinarium belge a refusé de communiquer aux enquêteurs d’ENCAP, de Born Free et de la WDCS la moindre information sur l’état de ses dauphins. Il n’existe en Europe aucun registre public des cétacés captifs en Europe, alors que tout un chacun peut accéder à des bases de données officielles à propos des grands singes ou des éléphants sur Internet.

Pourquoi tant de mystères autour des dossiers médicaux des détenus et de leurs autopsies ? Pourquoi tant de secrets autour d’une Commission fédérale du Conseil du Bien-être animal qui planche depuis 2010 sur l’amélioration des conditions d’accueil du delphinarium de Bruges ?
Au nom de quoi, enfin, ces maltraitances sont-elles commises ?

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A cet égard, la réponse est simple : le profit.

C’est la SEULE raison d’être de ces entreprises commerciales. C’est le seul moteur de ces succédanés de SeaWorld en Europe, par ailleurs étroitement liés au grand holding américain. Et pour faire du profit, tous les moyens sont bons, tous les mensonges, toutes les propagandes, toutes les alliances avec le secteur public ou privé.
Même en Europe, il y a des orques qui souffrent et qui attaquent. Même en Europe, il y a des dauphins si mal en point que leurs propriétaires n’oseraient pas révéler pourquoi. A cet égard, le film Blackfish ne nous parle pas seulement des orques aux USA. Il nous parle d’une Industrie esclavagiste obscène que nos gouvernements auraient du interdire depuis bien longtemps, comme l’ont fait le Brésil et la Croatie ou bien comme l’Inde s’apprête à le faire.

seaworld-show-dauphinsPlus d’infos
Blackfish le film
Blackfish sur facebook
Blackfish le site
Prochaines projections (rien en France !)
La captivité abolie aux USA ?

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Retour Blackfish


Blackfish, le film !

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Bande-annonce

Un thriller psychologique fascinant dont une orque est le héros, Blackfish nous montre comment la nature peut se venger de l’homme quand on la pousse dans ses derniers retranchements.

Blackfish, c’est en quelque sorte la version filmée de Death at Seaworld, bien que le livre et le film aient été conçus indépendamment.
Gabriela Cowperthwaite, sa réalisatrice, a commencé à enquêter sur la mort de Dawwn Brancheau, la jeune dresseuse massacrée par une orque captive lors d’un Dîner avec Shamu, l’un des attractions phares du SeaWorld d’Orlando.
Très vite, Gabriela a découvert que ce drame dissimulait une situation bien plus choquante et de plus bien plus large grande envergure, cachée par les rideaux de fumée d’une industrie qui se fait plus d’un milliard de dollars de bénéfice.

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Tilikum est au cœur de l’histoire que nous raconte Blackfish.
Depuis qu’il a été arraché à la mer et à sa famille lorsqu’il était enfant, Tilikum déteste les humains. Le 20 février 1991, une jeune apprentie dresseuse du nom de Keltie Byrne perdit l’équilibre et tomba dans le bassin du Sealand of the Pacific (fermé aujourd’hui) juste après le show. Trois orques l’attrapèrent et l’entraînèrent sous l’eau à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’elle se noie. Tilikum faisait partie du trio.

En 1999, expédié au Sea World d’Orlando, il tua un « visiteur » nocturne, ivre sans doute, qui avait cru marrant de plonger avec les orques et dont on retrouva le cadavre le lendemain matin sur le bord de son bassin.
Enfin, en 2010, il trasforma Dawn Brancheau en poupée de chiffon désarticulée, après l’avoir saisie par sa queue de cheval et joué avec elle comme un chat avec une souris.

Aujourd’hui, Tilikum n’a plus les dents à la mâchoire inférieure à force de ronger continuellement les barres d’acier qui ferment son bassin.  La monotonie absolue de son existence l’a rendu fou. Son sperme congelé a déjà servi à produire près des 2/3 de toutes les orques nées captives par insémination artificielle.

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Tilikum puni après son « crime ».
Il restera confiné ainsi durant 13 mois, drogué, malade et fou d’ennui. 

Gabriela Cowperthwaite a aussi découvert qu’il n’était pas le seul à s’en être pris à ses dresseurs.
De nombreux accidents similaires avaient déjà eu lieu  dans plusieurs parcs marins à travers le monde, mais  JAMAIS en pleine mer !
Illustré par les témoignages d’experts et d’anciens dresseurs aussi bien que par des images d’une rare violence jusqu’ici jamais diffusées, Blackfish explore de manière puissante la relation complexe que nous avons avec ce genre de divertissements mettant en scène la nature encagée, ainsi que les terribles conséquences qu’entraîne l’enfermement à vie de créatures sensibles et intelligentes.

Dans la lignée de Fall from Freedom ou The Cove , Blakfish est le troisième film à dénoncer les crimes de l’Industrie de la Captivité.
Peu de chances donc de le voir jamais sur nos écrans en version française. Car des orques captives qui attaquent leur dresseur, il y en a eu au Marineland d’Antibes, il y en a eu à Loro Parque et c’est toujours SeaWorld qui tire les ficelles de cet immense marché d’esclaves, plein de souffrances et de morts. La puissance de ce consortium est tel qu’il est à même de faire taire, aujourd’hui encore, toute critique à son égard avec la complicité de ses innombrables avocats, sponsors et média affidés.
Le film a néanmoins remporté un vif succès aux USA et sera présenté à Londres du 25 au 28 avril 2013.

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KenPeeters et Kasatka en 2006

Pour en savoir plus
Blackfish movie
Interview de la réalisatrice
L’histoire de Tilikum
Dawn Brancheau vantant les mérites de SeaWorld avant sa mort
Tilikum en isolement après son « crime » 
Tilikum immobile
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L’affaire Kasatka et les roques du marineland d’Antibes
Vengeance à Loro parque
L’intelligence des orques et la captivité
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