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L’intelligence des cétacés selon le Marineland d’Antibes

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Cerveau humain, cerveau dauphin. On notera les circonvolutions plus nombreuses chez le cétacé, ce qui implique davantage de surface corticale disponible pour une cognition fine.

Jon Kershaw. Interview dans « Libération » le 17 juillet 2012
«Quadrupède terrestre carnivore, le dauphin vit d’abord dans l’eau. en sort puis y retourne au fil de son évolution.
Il vit dans l’eau mais respire de l’air par son nez au-dessus de sa tête. C’est un animal bricolé, en quelque sorte.
Sa survie – qu’il ne maîtrise pas, contrairement à nous les humains, les êtres les plus feignants de la création – il la doit à la communication active. Il utilise des bruits, par exemple, et a une petite dosette d’intelligence qu’il lui faut vider régulièrement pour ne pas s’ennuyer. »

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Les orques d’Antibes en 2014 : une « dosette » d’intelligence !

Jon Kershaw. Interview dans Planète Animaux 12 juillet 2015
Que pensez-vous de l’intelligence des dauphins ?
JK : Ce sont des animaux très intelligents, mais quand même à des années lumières de l’homme.
Par exemple, des orques n’auront jamais une conversation comme nous avons une actuellement. Les besoins de cet animal restent relativement primitifs. Ils ont une structure sociale, ce qui dénote un début d’intelligence, mais il ne faut pas les prendre pour nos cousins. Ils sont vraiment très loin de notre niveau d’intelligence (…) ».


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L’orque varie à volonté ses techniques de chasse et les transmet par la culture.

Dr Lori Marino, neurobiologiste :

Q – « Quels sont les caractéristiques qui font que le cerveau des épaulards est si différent de celui des humains ? »

–  » En fait, si vous regardez le système limbique – la zone de traitement de l’émotion dans tous les cerveaux de mammifères – vous découvrez quelque chose de vraiment intéressant. Certaines parties du système limbique se sont modifiées chez les dauphins et les baleines et se sont réduites. Mais d’autres zones adjacentes sont au contraire devenues beaucoup plus grandes et plus élaborées que dans le cerveau humain. Cette aire du cerveau est appelée la “région paralimbique”.
Les cétacés disposent donc d’une sorte de lobe supplémentaire à côté de leur système limbique et de leur néocortex. Et bien sûr, vous pouvez tirer des déductions de ce fait. Ce lobe paralimbique a quelque chose à voir avec le traitement des émotions mais il est également lié au traitement de la pensée.
Il est très fortement développé chez la plupart des cétacés, mais beaucoup moins chez les humains et pas du tout chez d’autres mammifères. Cela suggère qu’il y a quelque chose qui a évolué ou qui s’est adapté dans ce cerveau au fil du temps, alors que cela ne s’est pas produit pour les autres mammifères, y compris les humains.

Q- « Jusqu’à quel point les orques sont-elles intelligentes ? »

– « L’encéphalisation est une technique utilisée pour décrire le cerveau. Les scientifiques attribuent aux animaux un quotient d’encéphalisation en mesurant la taille de leur cerveau, puis en la comparant avec celle de leur corps.
Un haut quotient encéphalique signifie que le cerveau d’un animal est proportionnellement plus grand que la taille de son corps ne le laisserait prévoir. Les êtres humains possèdent le quotient d’encéphalisation le plus élevé de toutes les espèces. Certains scientifiques estiment que le critère d’encéphalisation peut être utilisée pour mesurer l’intelligence d’un animal.
C’est une question difficile mais importante et fondée. Vous savez, pendant très longtemps, j’ai essayé de comprendre l’intelligence des orques en comparant leur niveau d’ encéphalisation par rapport à celui d’autres animaux, en particulier les humains et les grands singes. Si vous utilisez cela comme une échelle d’inférence – ou si vous ne tenez compte que des données physiques – les humains se placent toujours au niveau le plus élevé. Juste derrière lui arrivent plusieurs espèces de cétacés, puis les grands singes, les éléphants, et un certain nombre d’autres espèces. Donc, si vous envisagez la question de l’intelligence en tenant compte de ce quotient encéphalique, ou en étudiant la façon dont le cerveau est élaboré, les cétacés semblent remporter un beau score.

Mais si vous observez leur comportement, cela devient une évidence.
Lors d’études antérieures, on a pu faire la preuve de leurs capacités à comprendre le langage symbolique, à posséder une mémoire ou à résoudre des problèmes. Diana Reiss et moi-même avons démontré que les grands dauphins se reconnaissent dans un miroir. Ils possèdent toutes ces capacités, qui sont assez rares dans le règne animal.
Mieux encore, quand vous travaillez sur terrain, vous constatez que les cétacés disposent de cultures, qu’ils font usage d’outils et que leurs réseaux sociaux sont extrêmement sophistiqués. Toutes ces données tendent à prouver qu’il s’agit là d’un animal hautement intelligent ».


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Au Marineland d’Antibes, la vie, c’est obéir.


Jon Kershaw, Marineland d’Antibes :

« Nous, on arrive à faire passer des informations avec notre langage, et, soyons clairs, c’est quelque chose que ces animaux n’ont pas. Ils ont des sons qui veulent dire certaines choses, ils ont un système de sonar, ils ont des bruits signatures (un petit sifflement qui veut dire «c’est moi », que l’animal conserve toute sa vie et émet quand il arrive dans un groupe). Les bruits émis par ces animaux sont très loin d’être un langage avec une syntaxe et des mots individuels. Il y a en revanche des appels, des chants, des bruits qui veulent dire certaines choses comme « je suis en colère », « je joue », « je ronronne ».
Les bruits émis par ces animaux sont très loin d’être un langage avec une syntaxe et des mots individuels. Il y a en revanche des appels, des chants, des bruits qui veulent dire certaines choses comme « je suis en colère », « je joue », « je ronronne » ».


 

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Le dauphin est un être de langage

Dr Vladimir I.Markov et Dr Vera M. Ostrovskaya « Organisation du système de communication chez le dauphin Tursiops Montague« (1990) :

« Sur base de l’ensemble de nos recherches, nous pouvons conclure aujourd’hui que les dauphins Tursiops disposent d’un système de communication de type ouvert. Outillés d’organes phonatoires d’un extrême flexibilité, ils peuvent en outre se livrer à des combinaisons sonores à de multiples niveaux et se construire de la sorte un vocabulaire virtuellement illimité, un ensemble de signaux acoustiques formant eux-mêmes une multitude de messages organisés comme des textes à partir de ces unités de base (que sont les blocs structuraux). Un tel degré de complexité semble unique et le système de communication des dauphins semble ne trouver aucun équivalent dans aucune autre espèce animale existante »
« Lorsque l’un des quatre générateurs de sons fonctionne en régime tonal, il produit des signaux en modulation de fréquence (des sifflements) sur une bande étroite. En variant la direction et le degré de variation de la fréquence, un dauphin peut produire diverses structures acoustiques parfois bizarres. Lorsqu’on les analyse de plus près, on note que ces structures sont produites par des sections alternant de manière arbitraire avec une rapide augmentation ou diminution de la fréquence assortis d’autres segments dotés d’une fréquence variant peu ou lentement ».

« La structure du signal devient une chaîne de différents éléments acoustiques et développe ainsi les possibilités de contrastes nécessaires à l’encodage d’une information. Les capacités de stockage de l’information fournie par ce système peut encore être augmentée en modifiant l’angulaire des contours de ces segments, en changeant les limites du domaine de fréquence, le registre (position du contour sur l’axe de fréquence) et la durée, aussi bien qu’en augmentant le nombre total d’éléments composant le signal »

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Chaque dauphin porte un nom ou « singanture sifflée », donné par sa mère à la naissance. Et chaque dauphin ainsi nommé appelle les autres par leur nom.

Plongée dans la conscience d’une orque

Intelligence des Cétacés

Défendre les dauphins, la nouvelle frontière morale

Le langage des dauphins.

Dolphin Intelligence and Captivity Issue

Dolphin Cognition & Behaviour. A comparative Approach

Sensory Abilities of Cetaceans: Laboratory and Field Evidence 


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L’interview complète de Jon Kershaw par Planète Animaux fera bientôt l’objet d’une analyse critique par l’équipe de La Dolphin Connection qui sera exclusivement fondée sur des données scientifiques publiées dans des revues reconnues et indépendantes de l’Industrie de la Captivité.

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Cerveau de dauphin, coupe latérale

(suite…)


Eclair : vie et mort d’un dauphin né captif à Antibes

Eclair, mort en cachette en janvier 2015. Ici avec un tuyau enfoncé dans la gorge, lors d’un intubage quotidien d’eau douce.

Eclair était un jeune dauphin mâle à la peau claire, né en captivité le 13 septembre 1990 des oeuvres de Joséphine (décédée) et de Oum (décédé).
Il connut son premier dressage entre 6 et 36 mois, quand l’allaitement allait céder la place à de la nourriture solide. Les soigneurs ont aussitôt pris le relais pour la phase du sevrage, de sorte que le delphineau comprenne bien d’où venait le poisson et ce qu’il fallait faire pour le mériter. Ce n’est pas sa mère qui devait lui apprendre.
(En liberté, à Sarasota, le sevrage se situe entre 2 ans et demi et 8 ans, mais  la majorité des enfants passent à la nourriture solide lors de leur 4ième anniversaire. Leur mère leur effrite alors des morceaux de poisson pour qu’ils puissent le consommer facilement). 

Les contacts mère-enfant étaient volontairement espacés. De manière assez cynique, la permission de  retrouver son bébé était donnée à Joséphine comme un « renforcement positif de première catégorie ».
L’amour maternel l’emportant sur la faim, cela faisait un excellent moyen de contrainte. Joséphine comprenait également qu’il était dans son intérêt de faire obéir son fils aux ordres du dresseur.

Comme tous les enfants de cet âge, les très jeunes nés captifs ne peuvent concentrer leur attention sur une tâche bien longtemps.
Ils nagent partout dans le bassin, au beau milieu du show et distraient les adultes. Il faut donc tenir ces bambins espiègle à l’oeil et décourager chez eux toute initiative personnelle.

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Malou et sa fille Nala , née en 2010. Eclair était le papa.

Le Marineland d’Antibes nous répète à l’envi que les captures ont pris fin depuis les années 90 et qu’il ne détient que des dauphins nés-captifs, donc heureux. Il oublie que 2 de ses femelles viennent de Floride et la 3ème de Cuba. Il ne précise pas non plus que les heureuses naissances sont souvent étroitement consanguines, voire incestueuses et que les enfants meurent de ce fait en grand nombre au bout de quelques jours. Lorsqu’ils parviennent à survivre jusqu’à 15 ou 20 ans, leur vie n’est en rien meilleure que celle de leurs aînés « fondateurs ».

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Eclair était un bon garçon

Eclair était lourdement médicamenté. Il lui arrivait de tomber en syncope sous l’effet du Valium et de rouler verser sur le côté, la bouche entrouverte immergée dans l’eau, le regard perdu dans le vague.
Le dresseur tentait alors de faire croire au public que c’était là un tour nouvellement appris. Il écartait les bras en geste de victoire et la foule applaudissait le dauphin drogué.

Eclair avait l’humeur changeante. Certains jours, il était tout content de revoir son soigneur, surtout au terme de ces interminables nuits, 8 heures de « sommeil » sous les projecteurs, dans un bassin minuscule à tourner en rond. Le spectacle était alors pour lui un exécutoire, une façon de faire exploser toute son énergie concentrée.

D’autres jours, il semblait désabusé, loin de tout, sans espoir.
Mais qu’aurait-il pu espérer ? Il n’avait jamais connu que ces murs, ces bassins, ces barrières et ces chaînes.
En revanche, son corps conçu pour nager vite et loin, son cerveau surpuissant connecté à des sens d’une finesse inouïe, ses gènes de dauphin Tursiops,  lui disaient qu’il y avait autre chose. Un Ailleurs. Une autre façon de vivre que de refaire chaque jour les mêmes shows, les mêmes entraînements, les mêmes séances médicales, tous les jours, toute l’année, jusqu’à la mort. Une chose bizarre dont sa mère se souvenait et qu’elle appellait la « Liberté », ou parfois « l’Océan », une piscine tellement immense qu’on n’en voyait pas la limite…

Eclair s’est éteint d’un cancer de la prostate en février 2015. Comme un petit vieux. Ses propriétaires n’ont pas jugé bon de signaler sa mort, pas plus que celle de Mila en février. Il a presque fallu leur extrorquer des aveux pour qu’enfin, le jour de la Manifestation contre le Marineland en juillet 2015. Jon Kershaw se résolve à lâcher, en guise d’épitaphe :
– « Eclair est mort en février 2015 d’un cancer de la prostate, Mila-Tami en janvier 2015 d’une occlusion gastrique provoquée principalement par des matières végétales. Alizé est toujours là, dans le bassin à spectacles, je viens de lui dire au revoir avant de partir. Quand vous travaillez avec un animal qui vit moins longtemps que vous, forcément, un jour ou l’autre, vous avez affaire à la mort. Nous avons chez nous plus de 3.000 animaux, donc il y a des morts tout le temps. Le taux de mortalité chez nous est de 100%, inévitablement. Mais personne ne vous parle des 5 naissances que nous avons eu l’année dernière… »

C’est vrai, après tout ! Un dauphin de plus ou de moins, quelle importance ?
Le public ne s’en rend même pas compte !

Repose en paix, jeune Eclair. La mort vaut peut-être mieux que l’enfer de l’ennui.


Le dortoir des dauphins à Marineland

Les dimensions de ce bassin sont de 11 mètres de diamètre pour 3 mètres 50 de profondeur. Les lumières restent allumées toute la nuit, toute l’année. Il n’y a jamais de vrai repos.
Les 8 heures de « sommeil» des dauphins se passent à tourner en rond. On comprend que le lendemain matin, accéder au bassin de spectacle est considéré par eux comme une récompense.
En mer, les dauphins flottent côte à côte en avançant doucement au gré des vagues. Même la nuit, ils ne dorment que d’un oeil et par courts intervalles, lors de siestes d’une vingtaine de minutes ou plus. Ils sont souvent très actifs pendant la nuit, car ils chassent alors les calmars ou certains poissons qui remontent à la surface après le coucher du soleil.


Lire :
3 dauphins disparus au Marineland d’Antibes

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Sur Marineland TV, on chantait le bonheur d’Eclair au mois de mars. Il venait de mourir le mois précédent.


Des dauphins japonais dans les bassins d’Europe ?

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Delphinarium de Varna, en Bulgarie.

En accueillant d’anciens pays de l’Est au sein de l’Union Européenne, c’est aussi leurs delphinariums que nous accueillons. Jamais contrôlés, couverts par des permis d’importation bidons achetés auprès de fonctionnaires corrompus, ces établissements sont peuplés de dauphins capturés au Japon ou en Mer Noire.
Pourtant l’Europe ne sévit pas. Elle ne réagit pas. Au contraire, elle soutient la construction de delphinariums en Roumanie et en Lituanie. Elle tolère l’intolérable cirque aquatique de Varna en Bulgarie.

C’est que cet apport de dauphins frais constitue une aubaine pour nos propres delphinariums, en risque extrême de consanguinité.

Le rapport annuel de l’EAZA indique que « la mortalité néonatale est un problème majeur, qui ne permet pas, jusqu’à présent, de maintenir les effectifs de la population ex situ totale de grands dauphins à des niveaux stables sans apports extérieurs. Malgré des investigations pathologiques poussées, le problème n’a pas pu être résolu » (Van Lint et al., 2006). Une révision de 1998 de l’European bottlenose dolphin studbook [Registre européen d’élevage du grand dauphin] a révélé un autre problème d’importance: « le nombre de dauphins fondateurs, en particulier de mâles, pourrait constituer un facteur critique à la croissance de la population européenne dans le futur » (Hartmann, 2000). Page 20 du Rapport WDCS-Born Free

Mais ouf ! Les pays de l’Est arrivent !

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Shows de dauphins japonais à Constanta, Roumanie

 

ENQUETE EN ROUMANIE

L’organisation ProWal et le WDSF recherchent actuellement des preuves attestant de l’importation illégale de dauphins capturés à Taiji par le delphinarium de Constanta en Roumanie, un pays membre de l’Union Européenne.

Aucun des 30 delphinariums de l’Union Européenne n’a accepté de répondre lorsqu’il leur a été demandé de leur fournir des échantillons d’ADN de leurs dauphins captifs, ce qui aurait sans doute permis d’avoir un aperçu sur l’origine réelle de ces cétacés. On sait que la CITES interdit l’importation de dauphins en Europe pour un usage strictement commercial.

En septembre dernier, ProWal inspecté le delphinarium de Constanta en Roumanie. L’organisation avait été avertie que les dauphins qui y étaient détenus provenaient des chasses brutales au rabattage à Taiji.  ProWal a découvert que deux des trois dauphins d’origine avaient été achetés pour 500.000 euros à un zoo de Pékin, qui affirmait qu’il s’agissait d’animaux nés en captivité. L’un des deux est mort aujourd’hui.

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Aquarium de Pékin


Le propriétaire du delphinarium roumain continue à prétendre que ces dauphins sont nés captifs.
Une telle assertion n’est pas crédible. Le seul succès en matière de reproduction a eu lieu dans ce établissement en 2003 mais le delphineau n’a pas survécu.

En outre, il n’existe aucun document prouvant qu’un dauphin de la seconde génération soit jamais né à Pékin. Bien au contraire, la Chine, la Russie et l’Ukraine font partie des plus gros acheteurs de dauphins capturés lors de chasses sanglantes au Japon.

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Taiji


Le gouvernement roumain à Bucarest a refusé de remettre le moindre échantillon d’ADN, tout comme le propriétaire du delphinarium de Constanta
.  Juergen Ortmueller, directeur à la WDSF, a réagi par ces mots :  « Nous sommes ici devant le manque de transparence typique propre à tous les delphinariums d’Europe, qui se cachent derrière leur propre invention, les fameux « programmes de reproduction EEP», pour que personne d’extérieur au métier ne puisse savoir ce qui se passe ». 

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Dauphin rampant à Constanta, Roumanie

 

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Photos ProWal

 

Un investisseur financier de Suceava en Roumanie, connu sous le nom de Popescu, a contacté ProWal l’automne dernier. Il demandait à l’organisation allemande de l’aider à construire une nouveau delphinarium privé. Il était tombé par hasard sur le site de ProWal et pensait que cette association soutenait les delphinariums !

Le plan proposé était le suivant :
Dès que les dauphins auraient été importés de Chine, da Russie ou d’Ukraine, le delphinarium ouvrirait ses portes au public et ferait d’excellentes affaires. Aucun problème pour se procurer les documents d’importation nécessaires, a encore expliqué ce promoteur roumain en attractions touristiques.

Puisqu’aucun des pays désignés par le correspondant de ProWal (Chine, Russie, Ukraine) n’a jamais réussi à faire se reproduire un dauphin en bassin et n’en a nul besoin, on peut supposer que tous les dauphins achetés auraient été amenés du Japon, en passant par d’autres pays, avant de rejoindre la Roumanie.

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Nage avec les dauphins en Roumanie !

SOUTIEN DE L’EUROPE

ProWal et WDSF ont également découvert au fil de leurs recherches que l’Union européenne soutenait la construction d’un delphinarium en Roumanie, en puisant dans un fonds de construction à hauteur de 900.000 euros. L’Union Européenne avait déjà payé l’essentiel du coût de construction de 11,5 millions d’euros pour le delphinarium de Kleipeda, en Lituanie.

ProWal et la WDSF demande dès lors à l’Union Européenne de cesser immédiatement d’aider à la construction de delphinariums en Roumanie et en Lituanie. Une interdiction sans exception doit être mis en œuvre dans tous les pays européens. Il y a aujourd’hui un grand manque de transparence quant à l’origine des animaux dans les delphinariums existants, où aucun contrôle n’est mené à ce propos.

Lire l’article original.

Delfinarium in Constanta/Rumänien – ProWal

 

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Delphinarium de Constanta. Photo Prowal

INVENTAIRE

Le Delphinarium de Constanta, remis à neuf l’an dernier, détient 3 dauphins. Il s’agit de :
Chen-Chen, femelle capturée en 2003.
Pei-Pei, femelle capturée en 2005
N-Ni, mâle capturé en 2006/2007.
12 dauphins (Tursiops et Communs) et un petit marsouin du nom de Survivor y sont morts.
Il y a de 3 à 5 shows par jour.
Un député indépendant réclame aujourd’hui que soit reconnu aux dauphins la qualité de «personne non humaine».

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Show de dauphins à Varna, Bulgarie


En Bulgarie, le Delphinarium de Varna possède 4 dauphins
: Dolly ( F), Kimbo (M), Poppy (F), Yoanna (M), et Bimbo (M), ces deux derniers dauphins étant nés captifs et leurs parents capturés en des lieux et à des dates non précisées.
6 dauphins, dont des enfants, y seraient morts depuis 1984.
Le delphinarium de Varna a expédié en Inde, à une date inconnue, 3 dauphins capturés. On suppose que ce sont ceux qui sont morts à Chenai en 1997.

En Lituanie, entré plus tôt dans l’Union, le Sea Museum de Klaipedos possède 7 dauphins. Deux d’entre eux ont fait la navette, deux fois dans le cas du mâle, entre la Lituanie et le delphinarium d’Attica en Grèce. 3 ont été capturés en Mer noire. Le delphinarium aurait perdu 5 dauphins dont 2 nés captifs. Il pratique activement la soi-disante « delphinothérapie ».

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Show de dauphins en Lituanie

Si l’Ukraine rejoint jamais l’Europe, nous aurons 18 delphinariums en plus, uniquement peuplés de dauphins fondateurs capturés en mer.  Et si la Turquie nous rejoint, cela fera 10 delphinariums de mieux, toujours garnis de dauphins frais.
On se doute que les directeurs de zoo sont de fervents partisans de l’Europe élargie et des relations avec la Chine… et le Japon !

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Plus de captures chaque année à Taiji

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Plus de massacres…


Les cétacés captifs peuvent-ils être remis en liberté ?

keiko-willyFree Willy !

En 1993, Warner Bros produisait «Free Willy». Ce film très populaire raconte l’histoire d’une orque captive et de son jeune ami humain de 12 ans. Le récit s’achève avec le retour spectaculaire de Willy à l’océan, même s’il n’a eu qu’à sauter un mur pour y parvenir. Pendant ce temps, Keiko, l’orque capturée en Islande qui avait joué le rôle de Willy, continuait à se languir dans sa piscine du Reino Aventura, un établissement délabré au Mexique.

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Après la diffusion de «Free Willy», une puissante campagne internationale s’est élevée pour exiger que Keiko retourne à l’état sauvage. Grâce à la collaboration de groupes environnementaux, de cinéastes et d’un mécène privé, Keiko a été transféré dans un immense enclos en mer, au cœur de ses eaux natales islandaises.

En 1998, Keiko retrouvait la santé. Il s’était adapté à son nouvel environnement. On l’emmenait dans de longues balades, à la suite d’un bateau de recherches et on lui avait placé une balise satellite sur l’aileron, afin de suivre ses mouvements. En juillet 2002, après un contact avec des orques sauvages, Keiko s’est lancé dans un voyage de cinq semaines, seul, à travers l’Atlantique, pour finalement parvenir en Norvège en bonne santé.

keiko-freeKeiko, The Untold Story

Bien qu’il n’ait jamais rejoint une tribu d’orques sauvages, à sa mort, en décembre 2003, Keiko était un cétacé libre. Peu d’orques ou de dauphins ont été rendus à la vie sauvage au terme d’une longue captivité. Keiko n’était peut-être pas le meilleur candidat : on ignorait le lieu exact de sa naissance et l’identité de se parents.

Dans certains cas, les libérations ont lieu lorsque les dauphins parvenaient à s’échapper des filets de leurs lagons ou qu’une tornade les avaient rejeté tous à la mer.
D’autres efforts ont été plus délibérés, souvent à la suite de la fermeture d’un delphinarium. Pendant des semaines ou des mois, des dauphins ont été rééduqués à ne plus obéir, ils ont réappris des compétences essentielles à leur survie, comme la chasse au poisson vivant  ou l’évitement des navires. Des Tursiops captifs ont été rendus  à l’état sauvage au Brésil, au Guatemala, au Nicaragua, en Russie, aux États-Unis et plus récemment, en Turquie. 3 dauphins ont été libérés dans les îles Turks and Caicos, après des années de captivité au Royaume-Uni.

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Rocky à Morecambe, UK

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Rocky, Missie et Silver en route vers la liberté

Dans la plupart des cas, les individus ont été suivis pendant des mois ou même des années après leur libération. La WDC recommande que le retour d’un cétacé en milieu naturel soit soumis à des  directives strictes.
Toute libération doit, si possible, aider à la conservation des populations sauvages. Elle doit également prendre en compte les risques sanitaires et les conséquences à long terme de la remise en mer d’individus captifs.

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Les cétacés doivent être libérés au sein même ou à proximité d’une population de cétacés dont ils sont issus. La zone où on les libère ne doit pas être fortement polluée.

Des experts locaux doivent participer au processus de réhabilitation. Seuls des individus sains, sans maladie susceptible d’affecter les populations sauvages, seront choisis pour le retour en mer.

Ceux-ci doivent être capables de chasser les poissons vivants et d’éviter les comportements qui pourraient mettre en péril leur survie à long terme. C’est le cas lorsque d’anciens captifs se rapprochent des bateaux pour quémander de la nourriture.

Dans la mesure du possible, les cétacés doivent être pris en charge par les populations locales, à l’aide de campagnes d’éducation positives. La surveillance des personnes relâchées est essentielle pour savoir si cette libération a été ou non couronnée de succès.

seoul-dauphins-enclosLes 3 dauphins de Séoul

L’opinion publique s’élève de plus en plus contre le maintien en captivité de ces créatures très intelligentes adaptées aux grands espaces marins. Plusieurs individus sont susceptibles d’être candidats à la réhabilitation, lorsque les installations qui les détiennent ne peuvent plus les garder.

Les cétacés captifs, même de longue date, sont capables d’apprendre à chasser à nouveau et de survivre à l’état sauvage. Même les nés captifs peuvent apprendre ces techniques de chasse des autres cétacés qui ont vécu à l’état sauvage, dès lors qu’on les libère en un groupe social.

Korea_dolphinsJédol libre en Corée, après 5 ans de prison

Un plan de réhabilitation en plusieurs étapes devrait être élaboré pour chaque individu. La WDC, dans le cadre du groupe d’experts de la Fondation Free Morgan, prend en charge un tel plan pour Morgan, l’orque sauvage retrouvée seule au large de la côte néerlandaise en 2010 et actuellement détenue dans de très mauvaises conditions au Loro Parque de Tenerife.

D’autres orques, y compris Lolita et Corky, détenues en captivité aux États-Unis, peuvent également être de bons candidats pour une libération. Les chercheurs connaissent en effet les membres de leur famille proche, encore vivant et en pleine forme à l’état sauvage. Si le public est prêt à soutenir leur retour à la nature ou vers un lagon de retraite marin, en revanche, aucun delphinarium possédant des orques ne paraît décidé à accepter de tels projets. Sans doute craignent-ils qu’une libération réussie n’ouvre la porte à toutes les orques en captivité.

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Il n’est cependant pas possible de remettre en mer tous les captifs. Après de longues périodes de détention, certains d’entre eux peuvent avoir été trop physiquement ou mentalement marqué que pour pouvoir survivre sans les soins de l’homme. Ces dauphins ou ces orques devraient alors avoir la chance de pouvoir prendre leur retraite et de vivre le reste de leur vie dans une baie marine close bien protégée. Leurs besoins sanitaires de santé et leur bien-être seraient pris en charge par les humains, mais ils pourraient développer des comportements plus proches de leur vraie nature et cesser d’être contraints d’exécuter des shows.

Les gens pourraient les voir, mais seulement à distance. La WDC travaille sur un projet passionnant avec Merlin Entertainments, qui vise à établir un tel sanctuaire pour les cétacés captifs. Ce sera le premier de son genre dans le monde.

D’après un article de Cathy Williamson (WDC)
Can captive whales be returned to the wild ?
26 Février 2014
Images et liens : Free Dolphins Belgium

Lire aussi :
L’enfant de Keiko
Into the Blue
Tom et Misha
Morgan et Springer

L’orque Lolita, prochaine candidate ?
How to free a killer whale ?
(Dr Naomi Rose)
Réhabiliter les dauphins, c’est possible

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Beachie à Bruges : un « vieux » dauphin malade ?

English version

Un article du journal Nieuwsblad nous apprend que Beachie, le dauphin mâle âgé de 31 ans du Boudewijn Seapark de Bruges, a subi une scannographie CT (Computed tomography) au mois d’octobre.

L’examen médical a eu lieu à la clinique Causus d’Oudenburg. Le vétérinaire chargé de cet examen était Piet De Laender, soucieux, déclare-il, d’en savoir plus sur les «maladies liés à l’âge» chez les dauphins.

Depuis quelque temps déjà, les dresseurs avaient remarqué que Beachie nageait de manière «différente». Ils ont alors averti le vétérinaire Piet De Laender, d’Assebroek, spécialiste des Nouveaux Animaux de Compagnie, boas et tarentules, qui surveille aussi  à l’occasion les détenus du delphinarium. Le dauphin dormait la moitié de son temps et ne parvenait plus à effectuer de sauts durant les spectacles.

«Beachie a déjà 30 ans», souligne insidieusement De Laender «et il souffre donc de maladies liées à son âge», laissant d’ores et déjà entendre que la mort de ce « vieux » dauphin pourrait être une issue prévisible et normale. « Mais il n’est pas le plus ancien pensionnaire du delphinarium», ajoute-t-il. «Puck la delphine a déjà 47 ans. Je voulais procéder à des études de tomodensitométrie pour détecter les affections liées à l’âge de Beachie».

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Pieter De Laender a donc demandé à l’Université de Gand de pouvoir procéder à un scan. Mais Beachie, devenu obèse du fait de la captivité, était trop lourd à déplacer. « C’est pourquoi j’ai du chercher une alternative», explique le vétérinaire. « Finalement, j’ai trouvé une solution plus proche du delphinarium, à la clinique Caucus d’Oudenburg. Le docteur Koen Vandendriessche nous particulièrement bien accueilli. Le CT-scan s’est très bien passé ».

Selon le vétérinaire, Beachie est également le premier dauphin qui ait jamais subi ce genre d’examen. Il attend maintenant les images médicales avant de pouvoir émettre un jugement sur l’état de santé de son patient.

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« Grâce à une sorte d’ascenseur, nous avons pu le soulever hors de l’eau», continue De Laender. « Le dauphin a été enveloppé pendant le transport pour ne subir aucune blessure et les dresseurs ont maintenu sa peau constamment humide. Pour un transport à longue distance, les dauphins sont souvent tenus un ou deux jours hors de l’eau « .
Même si le poids de leur corps rend leur respiration encore plus difficile. Même si pour un dauphin libre, sortir de l’eau et s’échouer, cela veut dire « mourir ».

«Le succès de cette opération et de ce transport servira de modèle à l’avenir pour procéder à des examens de santé chez tous les autres dauphins» conclut, ravi, le vétérinaire. Quant à Beachie, il a regagné sa piscine et retrouvé la compagnie des 5 autres dauphins du Delphinarium de Bruges.

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Ceci pour le discours officiel bien rôdé de l’Industrie de la Captivité. Il s’agit en effet de faire passer auprès du grand public quelques solides contrevérités. A commencer par la mise en scène classique de bons vétérinaires et des admirables dresseurs, soucieux de la santé de leur petit protégé, Beachie.

Ce dauphin est né dans le Golfe du Mexique vers 1982. Il s’échoua puis fut « sauvé » par SeaWorld en avril 1984, mais jamais réhabilité.   Après avoir séjourné à Orlando, il fut déporté au Dofinarium de Harderwijk en 1997 puis expédié le 18 septembre 2009 en Belgique, au Boudewijn Seapark de Bruges. Mission : remplacer le précédent mâle reproducteur, Tex, mort tragiquement au Marineland d’Antibes, au nom des programmes EEP.

Beachie était en excellente santé avant qu’il n’arrive en Flandres. Et c’était aussi un super étalon. A SeaWorld et à Harderwijk, il avait donné naissance à Marbel, Sal’ka, T’lisala, Amtan, Palawas, Spetter et Kite, son dernier enfant viable en 2005. Une fois placé dans les bassins de Bruges, il ne fut plus le père que d’un enfant mort-né extrait de l’utérus de la jeune Yotta en 2010, de jumeaux mort nés de la «vieille» Roxanne en 2011 et d’un nouvel enfant de Roxanne, un petit garçon mort 4 jours après sa naissance, en 2012.

bruges-roxanne-enfantLe dernier enfant de Roxanne et Beachie.  

Ces décès ont eu lieu dans l’un des 5 bassins contigus de Bruges, où tout s’entend, tout se voit, tout se subit. Et ce n’est pas drôle d’assister à l’agonie de gosses ou d’adolescentes, comme celle de la pauvre Flo le 6  janvier 2012,   décédée d’une étrange affection des dents qui semble aussi concerner Morgan et pas mal de cétacés détenus….

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Depuis son transfert depuis le Dolfinarium de Hardewijk jusqu’à celui de Bruges, Beachie se sentait seul et triste.
Le choc fut rude pour lui. Il s’est retrouvé brusquement dans un environnement réduit, obscur. Alors qu’il vivait dans un lagon d’eau de mer sous le soleil et le vent iodé aux Pays Bas en compagnie d’une bande de mâles, le malheureux a du apprendre de nouveaux tours, de nouvelles façons d’obéir «au pied» et à survivre seul, isolé dans son coin, en compagnie de femelles dominantes agressives et de juvéniles peureux, sous le dôme sinistre du Boudewijn Seapark.

L’air qu’il y respirait n’était plus le même non plus : le vent du large qu souffle sur Hardewijk fut remplacé par une athmospère chargée de chlore qui vous prend à la gorge dès que vous entrez sous le dôme sombre du Dolfinarium de Bruges. Mauvais pour les poumons, quand on n’a pas l’habitude.

Les dresseurs le croient tous un peu fou. C’est un cas difficile, qui n’en fait qu’à sa tête. On le surnomme même «le mongolien » tant son regard semble étrange, enfoncé dans les orbites. Avant chaque spectacle, jusqu’il y a peu, Beachie recevait jusqu’il y a peu 10 pilules de Ciprofloxacine après le premier show puis 5 pilules après et encore 5 pilules pour le second show. Soit 20 doses d’antibiotiques chaque jour.

La Ciprofloxacine (INN) est un antiobitique fluoroquinolone de la seconde génération. Son spectre d’activité couvre la plupart des bactéries pathogènes responsables des infections respiratoires, urinaires, gastrointestinales and stomacales. Dans le cas présent, les poumons semblent être la cause majeure du problème, la respiration de Beachie étant révélée eratique et difficile depuis des mois.

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Vieux, Beachie ? A 31 ans ?
En mer, les dauphins ne reçoivent aucun soin vétérinaire, ni pilule, ni adjuvants alimentaires, leur vie est plus dangereuse, il y a des requins qui rôdent, la pollution menace et les filets dérivants. Pourtant, à  Sarasota, certains dauphins mâles dépassent les 50 ans.  Quant aux femelles, elles peuvent largement dépasser la soixantaine. Selon la NOAA,  la moyenne d’âge des dauphins sauvages se situe entre 40 et 45 ans pour les mâles et plus de 50 ans pour les femelles. La moyenne d’âge, car dans la Baie de Sarasotoa, Nicklo a fêté ses 63 en 2013 et BlackTipDoubleDip, ses 60 ans.  Le plus âgé des mâles connus dans la même baie floridienne est Jimmy Durante, 53 ans.

Le fait que Puck ait 47 ans n’est donc exceptionnel que dans la mesure où les captifs atteignent rarement cet âge. A Bruges, la plupart d’entre eux sont morts avant 20 ans.

On se souviendra que de la même  manière, le décès de la delphine Iris au Zoo de Duisburg à l’âge de 34 ans avait été attribuée par le Dr Manuel Hartmann (aujourd’hui impliqué dans une affaire de maltraitance au delphinarium de Rimini) à la «vieillesse» de cette delphine. Celle-ci avait vécu près de 12 ans en liberté, avant d’être plongée dans l’enfer du Zoo d’Anvers pendant plus de 18 ans aux côtés de son fils Ivo. Le delphinarium ayant été fermé sous la pression de groupes associatifs en 1999, les deux survivants furent envoyés en Allemagne. La déchéance et la mort d’Iris en 2003 furent atroces mais passées sous silence et simplement attribuées par le delphinarium et sa presse à une «leucémie due l’âge».

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C’est faire peu de cas de plusieurs facteurs qui réduisent drastiquement la qualité et la durée de vie des captifs.
Les dresseurs les connaissent bien, pourtant, et font-ils de leur mieux pour en atténuer les effets. Mais l’argent a ses raisons que le coeur ne partage pas.

The Show must go on. La Commission fédérale pour le bien-être des dauphins de Bruges, qui a duré 3 ans, ne dira sans doute pas autre chose lorsque ses conclusions seront rendues publiques et actées par l’Etat.

La mort de Beachie ne changera pas grand chose. Il sera remplacé, comme il avait remplacé Tex.  D’autres mourront encore, d’autres seront déportés. Des enfants seront enlevés à leur mère, séparés d’elle à tout jamais. Une terrible douleur, car les dauphins sont liés entre eux avec une telle intensité que nous ne pouvons la concevoir. Ils souffrent de l’ennui, bien sûr, du manque d’espace et d’occupations, mais leur corps souffre aussi du milieu même dans lequel ils vivent  : nourriture surgelée, additifs alimentaires, gelée hydratante, médicaments, drogues, vitamines. Eau chimiquement salée, enrichie de substances diverses et filtré par des pompes jour et nuit. Ils souffrent enfin d’une faim lancinante qui les fait obéir et refaire mille fois, cent mille fois, les mêmes tours de cirque devant un public  désinformé.

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Comme le dit avec ces mots forts le responsable de Planète Vie, le Dr Yvan Beck : « Beachie n’a que 30 ans. Et quoi qu’en disent les responsables de Bruges ce n’est qu’un jeune adulte puisque dans les conditions naturelles les dauphins libres atteignent 50 ans. Alors comment expliquer que des dauphins mis à l’abri des prédateurs et des pollutions meurent systématiquement – à de rares exceptions près – avant l’âge de 30 ans. Et oui, si Beachie est un « très » vieux dauphin, … ce n’est vrai que pour les dauphins captifs… »

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Qu’importe !
Le Boudewijn Seapark de Bruges est une entreprise commerciale indispensable à l’emploi dans la région. Il dispose d’appuis politiques aussi. Le dossier est délicat. Bruges est flamande et chrétienne, alors que Mme Laurette Onkelinx, la Ministre de tutelle, est francophone et socialiste. Les montreurs de dauphins clowns semblent donc avoir encore un bel avenir devant eux, tant du moins que sévira la logique ultra-capitaliste qui les anime.

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6/11/2013 : Une personne anonyme, avec qui quelqu’un vient de parler au delphinarium de Bruges a déclaré que Beachie était toujours malade mais devait participer aux shows, sous forte médication. Si tout va bien selon leur plan, il devrait également rejoindre le grand spectacle de Noël. Selon un autre dresseur du parc : « De toutes façons, nous avons encore assez de dauphins ».

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Lire aussi :

La MOYENNE D’AGE des dauphins Tursiops libres est de 40-45 pour les mâles et de plus de 50 pour les femelles, lesquelles peuvent encore avoir des enfants à 48 ans ! La plus vieille delphine observée à Sarasota Floride est Nicklo (63 ans) toujours en forme et le plus vieux mâle Jimmy Durante (53 ans).
Dauphins captifs : durée de vie et qualité de vie !
http://www.nmfs.noaa.gov/pr/species/mammals/cetaceans/bottlenosedolphin.htm

Life of Beachie

La vie de Beachie, reproducteur

Il faut fermer le delphinarium de Bruges

Bite Back et le delphinarium

Pétitions FR/NL

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Panama, le dauphin sauvé par Clearwater, vient de mourir en Floride.

panama-diesL’agonie

Ce 25 septembre 2013, Panama s’est éteinte dans les bassins du Clearwater Marine Aquarium en Floride, à l’âge de 40 ans.
Son histoire commence à l’aube de ce siècle.
Panama était un dauphin femelle de l’espèce Tursiops Truncatus, sans doute mère de famille et dans la force de l’âge. Elle vivait paisiblement au sein de sa petite tribu, le long des côtes immaculées du Panhandle (Floride du Nord).

Le 21 octobre 2000, elle s’échoua sur une plage de la cité balnéaire de Panama City, où des sauveteurs du Gulf World Marine Park, le delphinarium local, l’emportèrent vers un premier « bassin de réhabilitation » situé à l’arrière du bâtiment.

gulfpool1 Gulf World Marine Park, première étape


Selon les responsables du National Marine Fisheries Service, la delphine était anémique.
Sa peau portait de graves brûlures causées par le soleil. Elle souffrait d’une infection et surtout, ses dents extrêmement usées la rendaient – paraît-il – incapable de chasser elle-même sa nourriture.

On supposa qu’elle était devenue un «mendiante» à Panama City Beach, où le nourrissage des dauphins était encore monnaie courante en 2000 et qu’un hameçon l’aurait blessée quand elle en avait avalé l’appât.
Cette dernière explication est à prendre avec prudence : il faut savoir que dans cette région, le dolphin-watching fait une concurrence sévère aux delphinariums de bord de mer. Tout est donc bon pour discréditer cette pratique et l’accuser de tous les maux. Même si le  harrassement perpétuel qu’ils subissent aujourd’hui est à proscrire, ce n’est pas une raison pour les envoyer tous en prison afin de les protéger !

warningLes dauphins ne peuvent être touchés que captifs

En outre, Panama fut déclarée sourde, bien sûr, comme des cohortes d’autres dauphins promis au monde du spectacle ou comme une orque nommée Morgan. Chose curieuse, cela ne l’a jamais empêché d’obéir par la suite au sifflet de son dresseur, mais ce genre de détails n’intéresse pas le public. Il fut donc prestement décidé que l’animal ne serait plus jamais remis en liberté.

Un vrai coup de chance ! Dans l’enceinte d’un delphinarium voisin, le Clearwater Marine Aquarium, Sunset Sam le dauphin solitaire également sauvé de l’échouage, s’ennuyait fort dans sa petite piscine pleine d’un million six cent mille litres d’eau de mer. C’est donc bien opportunément que la rescapée de Panama City lui fut amenée le  23 mars 2001, riche de gènes frais sentant bon l’air marin.

Denis Kellenberger, directeur exécutif du Clearwater Marine Aquarium, expliqua que Panama serait la troisième « petite amie  » de Sam le dauphin. Il y eut d’abord Halona, qui séjourna dans cette piscine pendant deux ans puis mourut en 1997. Ensuite, ce fut le tour de Sybil, 14 ans, qui rejoignit Sam en 1991 et mourut deux ans plus tard, en 1993.

sunsetsamSunset Sam

« Je ne pense pas qu’ils tombent amoureux l’un de l’autre dès la première rencontre » déclarait Coni Romano, le responsable des dolphin-trainers, « mais ces deux dauphins paraissent bien s’entendre. Sam n’est âgé que de vint ans et mesure près de trois mètres. Panama, pour sa part, mesure 2,60 mètres et semble âgée d’une trentaine d’années. Aujourd’hui, ses coups de soleil cicatrisent peu à peu« .
Malgré ses mauvaises dents, la delphine mangea ses harengs morts et apprit, non sans mal, à exécuter des tours pour faire rire les enfants.

Tout semblait donc baigner dans le meilleur des mondes. A lire l’article enthousiaste publié sur le site de Clearwater Marine Aquarium – lequel évitait tout de même de parler de Sybil et d’Halona – il ne faisait aucun doute que ces deux dauphins avaient eu beaucoup
de chance ! Leur relation fut présentée de manière anthropomorphique – « une nouvelle petite amie pour Sam », claironnait alors la presse locale de St Petersburg (Floride) – alors qu’en termes éthologiques, la notion de couple ou de monogamie est inexistante chez les cétacés.
Le but premier de l’opération était d’abord de faire des bébés. Car un delphineau en bassin, ça paie : les chiffres de visites explosent ! Il n’y en eut pas, cependant, ni avec Sunset Sam, ni avec ceux qui le suivirent.

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Quant au sauvetage de Panama, les motivations sont encore plus claires.
Saisissant une fois de plus l’opportunité d’un échouage accidentel, les naufrageurs de Gulf World ont fait vite et bien et ont acquis à peu de frais un produit commercial de haute valeur, qu’ils ont cédé ensuite à leur concurrent de Clearwater.
Au lieu de remettre le dauphin à la mer ou de l’euthanasier, dans le cas où vraiment le dauphin ne pourrait récupérer une vie normale, ils ont choisi de le garder.

beachie-bruges1Beachie à Bruges, fut également « sauvé » des eaux


Ce genre d’opération, présentée au public comme louable et caritative, permet désormais de renouveler les stocks de captifs faiblissants.
Depuis l’interdiction des captures aux USA au début des années 90 (trop de prises avaient épuisé les populations libres) , les delphinariums américains se fournissent en dauphins échoués, aimablement déposés sur la plage par les prospections pétrolières dans le Golfe du Mexique, intensives depuis des années…
L’Industrie du carburant fossile soutient donc celle du Dauphin Clown, mais ce genre de pratiques-là, le Cleawater Aquarium ne les dénoncent évidemment pas.

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Le plus pénible de l’histoire, c’est que la delphine Panama a vécu l’essentiel de sa vie en liberté. A trente ans, elle occupait sans nul doute une place centrale au sein de son groupe. Adieu, dès lors, amies, parentes, sœurs, cousines, juvéniles audacieux ou joyeux delphineaux gambadant autour d’elle, adieu les champs fleuris de graminées marines, adieu les longues balades en mer.

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Au Cleawater Marine Aquarium, les bassins sont particulièremen minuscules et bruyants.
Panama fut chargée de s’y occuper des enfants autistes ou souffrant d’autres handicaps. Un marché juteux, s’il en fut, bien que parfaitement inutile en termes thérapeutiques. Le fait qu’elle soit supposée sourde la rendait merveilleusement conforme à cette forme de dressage en termes médiatiques. On lui confia aussi la petite Winter à la prothèse caudale et puis la petite Hope, nouvelle recrue sauvée des eaux et destinée à remplacéer Winter lorsque celle-ci n’en pourra plus. Aux yeux du monde, le Clearwater n’est plus un delphinarium : c’est un hospice de bienfaisance !

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Panama eut 3 amants en captivité.
Le premier fut Sunset Sam. Né libre en 1984, rendu célèbre en peignant le premier des « tableaux » revendus fort cher, il rendit l’âme le 4 décembre 2001.

Le second fut Presley, un jeune né captif du SeaWorld de San Diego, loué ensuite au Brooklyn Aquarium avant d’aller crever misérablement dans les bassins minuscules du Gulfworld Aquarium de Panama City Beach en avril 2006. Le Clearwater ne donne aucun détail sur cette relation qui fut apparemment désastreuse.
Le rôle de Presley ne fut pourtant pas mince. Du temps qu’il vivait à New York, avec son ami Tab (mort également), il avait pourtant apporté à la science une confirmation évidente : les dauphins ont conscience d’eux même et se reconnaissent dans un miroir. Cette recherche et ce décès ont amené la neurobiologiste Lori Marino à s’opposer vigoureusement à toute forme de captivité.
Chose amusante, toute allusion à ce malheureux a été effacée du site du Clearwater Aquarium : http://www.cmaquarium.org/Presley.html

Puis ce fut le tour de Nicholas, également récupéré en mer et toujours vivant à ce jour, en 2013.
Son jeune compagnon Indy est mort en 2011.

Malgé cela, Panama n’a laissé aucune descendance. Au même âge, la libre Cathy de la Baie de Sarasota peut s’enorgueillir d’être déjà arrière grand-mère, tandis que d’autres anciennes dépassent allégrement la soixantaine.

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La cause de son décès reste inconnue. Panama a cessé de s’alimenter puis elle a cessé de respirer.
Suicide ? Qui peut le dire ? Panama jouait le rôle de matriarche avec les deux autres rescapées-vedettes, Hope et Winter, et prenait grand soin d’elles.  Chaque dauphin a son histoire, sa sensibilité. Au bout de 13 ans de vie en bocal, notre delphine a peut-être estimé qu’elle en avait assez subi comme ça. Son delphinarium était devenu particulièrement bruyant et la foule s’y presse en nombre depuis le sucès du film « Winter, a dolphin tale ».

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De toutes façons, pour Clearwater, «La vie moyenne d’un dauphin est de 20 ans mais ils peuvent vivre jusqu’à 40 ans en captivité”.
C’est plutôt le contraire qui s’est passé, en fait. Panama n’a vécu en bassin qu’une seule décennie.

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Un « tableau » de Panama, vendu pour les bonnes oeuvres du Cleawater Aquarium

Dauphins captifs en bord de mer

Le faire-part de décés

La presse sanglote à l’unisson

Les victimes du Cleawater Aquarium

Winter et Hope, une histoire de gros sous

Delphinariums en bord de mer

Nager avec les dauphins ?

Dauphins captifs, dauphins échoués

Panama City Beach

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Parc Astérix 2013

Le Parc Astérix, près de Paris, dispose désormais d’un petit coin « dialogue » , ou plutôt de « défouloir », sur sa page Facebook où vous pouvez protester tout à loisir loin des regards et de la page officielle.
L’intro est amusante :
« La santé et le bien-être des dauphins du Delphinarium sont notre priorité. Nous y veillons quotidiennement. Nous respectons les opinions de tous, y compris des opposants au Delphinarium, mais nous ne pouvons laisser passer des images qui ne correspondent pas à la réalité. Les liens postés aujourd’hui, sur Facebook, datent de plusieurs années. Ils ne sont pas conformes aux locaux de soins que nous avons aujourd’hui au Parc Astérix et que nous vous montrons ci-dessous ».

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En effet ! Récemment, une photo d’un dauphin échoué  (pour examen médical, avant qu’on ne le dresse à s’y prêter sans vider leur bassin) a circulé sur le web, extraite du « Dauphins Libres » et réalisée par Julien Marchal en …1997 ! D’autres photos du site « Dauphins Libres » ont été réalisées par Pamela Carzon et moi-même, il y a près de 10 ans. Il serait donc utile qu’une nouvelle enquête soit menée par une association française.

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Mieux encore, il serait intéressant de démonter le discours du Parc qui prend sans doute soin de ses captifs mais dans quel but ? Pour faire de l’argent et désinformer le public sur la vraie vie des cétacés ?  Pour leur imposer des shows rythmée par la musique techno, que les dauphins exècrent ?

Car au-delà des sornettes constamment répétées à propos du bien-être de ces prisonniers qui se reproduisent avec tant de fougue (vu qu’ils n’ont que ça à faire), c’est la pertinence même des delphinariums qui pose question.

Est-il légitime d’enfermer en bassin des êtres conscients d’eux-mêmes, dotés de cultures et de langages et dont le corps est conçu pour vivre dans l’océan ? Est-il légitime de maintenir ce type d’attractions en Europe, alors que l’Inde ou le Brésil l’ont interdite car jugée trop cruelle ? Est-il éthique de promouvoir ces spectacles de cirque alors qu’ils encouragent des centaines de delphinariums dans le monde à aller acheter leurs prisonniers à Taiji au Japon dans une mer de sang ou aux Iles Salomon ?

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Certes, le Parc Astérix a bien évolué depuis le temps où son ancien directeur (un Belge !) nous confiait en riant : « La pédagogie, c’est de la blague. Nous sommes ici pour faire de l’argent ! ».
Mme Fabienne Delfour y  travaille en tant que « directrice de projets» et le parc développe désormais des recherches particulièrement pointues pour un cirque aquatique.
« L’équipe du Delphinarium participe à la conception, la mise en place et la réalisation de projets scientifiques menés par des chercheurs français et étrangers. Les études s’intéressent à la biologie, la physiologie, la cognition et à l’éthologie des dauphins et des otaries, mais aussi aux questions de bien-être (études relatives à l’enrichissement de leur milieu de vie) et à l’acoustique de ces animaux ».

Certes, il s’agit toujours de ces mêmes expériences mille fois menées depuis des années aux États-unis et qui ne jettent qu’une très faible lueur sur la véritable complexité mentale de cétacés soumis à des conditions de vie complètement aberrantes. Mais enfin, il y en a et à ce niveau, le Parc Astérix satisfait donc au moins à l’une des 3 exigences de la Directive européenne 1999/22/CE.  Ce qui est loin d’être le cas pour la majorité des prisons aquatiques en Europe.

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Mme Fabienne Delfour n’est pas n’importe qui.
Diplômée en Biologie du Comportement et Neurosciences Cognitives (DEA, univ. Toulouse III), en Recherche Clinique en Psychomotricité (univ. Paris VI), elle est également Dr ès Ethologie Cognitive, qualifiée aux fonctions de Maître de conférence en Neurosciences et en Biologie des Populations. En 1992, Mme Delfour mettait en place, une formation aux méthodes et aux techniques de l’éthologie, pour 50 bénévoles au Vancouver Public Aquarium (Canada). Juste à l’époque où cet aquarium massacrait en toute impunité un nombre conséquent de bélugas et d’orques captives. Ce qu’il n’a pas vraiment cessé de faire depuis.

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Fabienne Delfour a également participé, en compagnie de Birgitta Mercera, la directrice du delphinarium parisien, à un stage d’observation organisé par le Wild Dolphin Project.
Ce fait d’armes sert désormais à vanter les mérites du parc d’attractions qui l’emploie. Denise Herzing, responsable du Wild Dolphin Project, nous a confirmé cette visite et déclaré dans un courrier privé « qu’elle acceptait ce type de personnes dans la mesure où le contact avec les dauphins libres pouvaient les amener à renforcer encore l’amélioration des conditions de vie des captifs ».  On peut rêver.

Mme Delfour s’est enfin rendue à l’Île Maurice pour y rencontrer Jacqueline Sauzier (MMCS),  qui s’était opposée en sont temps à la construction d’un delphinarium à Bellemare.
On se demande pourtant comment il est possible d’aller voir des dauphins tachetés libres aux Bahamas ou des sténelles à Maurice  puis de revenir, le coeur léger, vers un trou d’eau chloré où marinent des individus capturés à Cuba et en Floride, ainsi que leurs enfants.

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Car en dépit de ces beaux voyages, les propos de Mme Delfour semblent réduire volontairement l’ampleur des capacités cognitives mais surtout culturelles et sociales des dauphins, en les mettant sur le même pied que celles de tout autre animal. Elle ne parlera jamais de « personnes non-humaines ».

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Comment le pourrait-elle ?
Outre son activité de « comportementaliste privée »,  Fabienne Delfour organise également des stages destinés aux éleveurs de chiens.
Elle défend de ce fait une approche scientifique bien précise  :

« Le comportementaliste animalier est le spécialiste de la relation et de l’influence que l’Homme exerce sur l’animal (et inversement), et des conséquences de cette influence en terme de comportement de l’animal. Pour parler plus simplement, on peut comparer le comportementaliste à un psychologue qui viendrait analyser la relation entre l’animal et son ou ses maîtres. Son objectif est de venir arranger une situation qui s’est détériorée et il cherche à rétablir une relation harmonieuse dans le respect de la nature de chacun. Le comportementaliste animalier intervient principalement pour des animaux de compagnie, et majoritaire pour des chiens, puis des chats ».

Voilà qui a le mérite d’être clair : les dauphins captif seront nos prochains toutous !
C’était le rêve de la US Navy aussi, mais hélas, on ne domestique pas un animal aussi vite et les États-unis envisagent d’en revenir aux robots sous-marins, plus dociles.
Aujourd’hui encore, éléphants, chameaux, dromadaires ou chevaux doivent encore être « débourrés » même s’ils naissent parmi les hommes. Ce sont pourtant des espèces dites «semi domestiquées», depuis quelques millénaires.
Alors, bonne chance avec le dauphin, qui ne fut dressé qu’à la fin des années 40. Qu’on le veuille ou non, il s’agit encore et toujours d’un animal sauvage, même s’il est né captif.

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Et peu importe à Mme Delfour si les révélations sur l’ampleur inouïe de la conscience dauphin s’accumulent.
Peu lui importe que des organisations traînent d’ores et déjà les esclavagistes cétacéens devant les tribunaux – voyez PETA et les orques de SeaWorld,  Morgan et le procès pour sa libération à Amsterdam, mais aussi la naissance d’une association tout entière dévolue à ce combat juridique -, la logique de Mme Delfour reste imperturbable.

Les dauphins se dressent comme des chiens, il convient de leur donner les meilleurs soins et l’environnement le plus adéquat, de les entourer des meilleurs dresseurs, mais en nulle manière, ils n’ont à jouir d’un statut exceptionnel du fait de leurs capacités cognitives et sociales hors du commun.

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Dès lors, les recherches de Mme Delfour s’orientent selon deux axes :
– approfondir l’étude des mécanismes mentaux d’individus nés captifs pour une bonne part d’entre eux et dont le psychisme a été formaté dès la naissance. Etude donc sans valeur pour les dauphins libres.
– améliorer la vie de ces prisonniers condamnés à perpétuité, en leur fournissant davantage de stimulations et un meilleur cadre de vie, en affinant les techniques de dressage et en formant les dresseurs à mieux comprendre leurs animaux ».

Ce discours « scientifique », marqué au sceau du plus pur anthropocentrisme néo-cartésien, est parfois consternant. Qu’on en juge :
Dans une étude sur la personnalité des dauphins, les traits de caractère sont subdivisés en 5 catégories qui elles-mêmes sont subdivisées en catégories négatives et positives, dont aucun psychologue sérieux ne voudrait.  On y apprend, après moultes recherches, que les femelles aiment bien rester ensemble, que les jeunes jouent et que le mâle sub-adulte manifeste de l’agressivité.

Stupéfiant ! Et il faut enfermer ces malheureux pour découvrir cela ?  Mais oui , car  » l’analyse et la catégorisation des comportements émis par les animaux combinées à l’étude des interactions sociales se révèlent efficaces pour mieux comprendre les animaux, leurs comportements et leurs besoins individuels. Ce travail pourra ainsi être utilisé pour donner une meilleure perspective aux programmes d’enrichissement du milieu, pour aider soigneurs animaliers et vétérinaires dans leurs tâches quotidiennes, pour discuter le management du groupe social, l’introduction ou le retrait de certains individus, etc.. »
En gros, les recherches en captivité servent à la captivité, mais la captivité, alors, à quoi sert-elle ? A informer les enfants sur la vraie vie des dauphins ? A leur apprendre qu’ils font de jolies figures de danse avec leur dresseuse pour gagner leur poisson ?


En février 2012, près de 50 chercheurs de l’Université Emory (Géorgie, USA), de l’Université Loyola Marymount (Californie, USA) ainsi que divers membres d’associations de défense de l’environnement venus du Royaume-Uni ont asséné une assertion renversante lors de la réunion annuelle de l’Association Américaine pour l’Avancement des Sciences.
« Les baleines et les dauphins sont si intelligents qu’ils doivent être déclarés comme étant des personnes non humaines et se voir dès lors protégés par une Déclaration des Droits », ont affirmé les 50 scientifiques réunis à l’occasion d’une conférence internationale à Vancouver.

Ajoutant : « La complexité intellectuelle, sociale et affective des cétacés atteint un niveau tel qu’il est impossible de ne pas les considérer comme d’authentiques « personnes », au sens juridique du terme. Chaque individu est différent d’un autre et chacun vit dans un contexte culturel et social qui lui est propre. A ce titre, dauphins, marsouins et baleines doivent être considérés désormais comme «non utilisables» par les humains ». Il est, de ce fait, éthiquement indéfendable de tuer, blesser ou de garder ces êtres en captivité pour satisfaire nos besoins, qu’ils soient économiques ou alimentaires ». (In Defense of the Dolphins)

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Selon ces scientifiques, l’ensemble des cétacés – dauphins, marsouins, orques, baleines, etc. – sont bien plus sophistiqués au niveau intellectuel et émotionnel qu’on ne le pensait jusqu’alors. Un nombre croissant de preuves attestent que ces mammifères marins disposent d’un niveau similaire d’intelligence, de conscience de soi et de sensibilité que celui de l’être humain. En conséquence, ces chercheurs ont présenté à nouveau la déjà célèbre Déclaration des droits pour les cétacés, conçue le 22 mai 2011 à l’Université d’Helsinki par des experts et intellectuels internationaux.

Le Dr Lori Marino ne dit pas autre chose, qui se bat désormais pour que les grands mammifères soient reconnus comme des sujets de droit et respectés comme tels. Et qui, avec le Dr Toni Frohoff, suggère d’autres façons d’étudier les dauphins sans les priver de leur liberté.

kas-clotureDauphins en Turquie

Cette prise de position ne fait pas l’unanimité, loin s’en faut.
Sur le front adverse, tout dévolu à l’expansion du marché du dauphin esclave, nombre d’universitaires ne semblent pas avoir saisi le message.
Ou bien ne le veulent-ils pas, soit pour des raisons personnelles (l’anthropocentrisme est un sentiment irrationnel aussi férocement enraciné que le racisme ou le sexisme et nourri du dégoût d’être assimilé à un « animal ») soit pour des raisons financières, tant on sait qu’il est néfaste à une brillante carrière de plaider pour l’égalité des Terriens. Et puis les delphinariums paient bien ! Ils ont tant de moyens tant de ressources à leur disposition, grâce aux shows forcés mais tellement lucratifs qu’ils imposent à leurs prisonniers !


Comment dresse-t-on un dauphin ?

Alors, on se plie aux diktats de l’industrie.
On saisit la moindre occasion pour disqualifier les dauphins ou tout autre animal hautement conscient et le renvoyer vite fait dans le grand sac où notre anthropo-déni les entasse, avec les grenouilles, les insectes et les vers de farine : celui des « animaux » dont l’Homme ne ferait pas tout à fait partie.

Les pays francophones paraissent malheureusement plus affectés que d’autres par cette vision béhavioriste.
Au contraire des États-unis ou du Royaume-Uni, on trouvera difficilement chez nous des «savants» prêts à défendre le droit des cétacés à la liberté. La plupart des spécialistes en océanologie ne voient rien à redire à la captivité et sont chargés, à ce titre «d’experts», d’estimer la qualité du bien-être des cétacés captifs. Jamais ils n’auraient l’audace de remettre cette pratique en cause ou simplement de la questionner.

Rappelons qu’en France, il y a 4 delphinariums (Antibes, Paris, Port Saint Père, Moorea et bientôt un 5ième au Zoo d’Amnéville) dont un avec des orques ! Mais dans un pays qui sacre la corrida ou le foie gras comme fleurons du « patrimoine culturel national », il en faut plus pour émouvoir les foules.

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A propos du Parc Astérix
http://www.reseaucetaces.fr/archive/2013/01/22/6819.aspx
http://www.blog-les-dauphins.com/un-bebe-dauphin-nait-au-parc-asterix/
http://www.dauphinlibre.be/asterix.htm

A propos de la captivité
https://freedolphinsbelgium.wordpress.com/2013/03/24/le-dressage-du-dauphin-la-faim-2/
https://freedolphinsbelgium.wordpress.com/2013/09/07/la-vie-des-dauphins-males-et-lhistoire-de-beachie-reproducteur-a-bruges/ https://freedolphinsbelgium.wordpress.com/2013/05/11/pas-de-prison-pour-les-dauphins/