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La mort du bébé beluga n’est pas un mystère

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Le bébé béluga du Georgia Aquarium (Juin 2015)

8 juin 2015
Un article de Lori Marino

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Le 5 juin 2015, un bébé béluga, né de Maris et de Beethoven, rendait son dernier souffle au Georgia Aquarium. La petite femelle n’était âgée que de 26 jours. C’était le second enfant des mêmes parents à mourir dans cet aquarium en trois ans. Avant elle, sa sœur était morte moins d’une semaine après la naissance.

Le vétérinaire en chef et l’équipe soignante de l’Aquarium de Géorgie semblent tous fort déconcertés par cette mort prématurée d’un nouveau bébé béluga. Selon eux, l’enfant ne se nourrissait pas bien et n’a pas pu prendre du poids comme prévu. Elle était devenue léthargique et puis son cœur a cessé de battre. L’Aquarium a déclaré à l’Atlanta Journal Constitution que sa mort « pourrait rester un mystère ».

Mais cette mort n’est pas un mystère du tout.
C’est un cas classique d’un état médical bien connu sous le nom de Failure to Thrive syndrome (FTTS), qui est observé chez les enfants humains et chez d’autres animaux. Il est appelé Fading Puppy and Kitten Syndrome chez les chiens et les chats et se définit par une incapacité pour l’enfant à se développer normalement tant sur le plan physique que mental.

Ce «retard staturo-pondéral» est associé à de nombreuses maladies, mais aussi à des conditions environnementales dans lesquelles un enfant est soit maltraité soit négligé. Il n’est pas rare dans les orphelinats et il est aussi observé chez d’autres mammifères cognitivement complexes, tels que les chimpanzés et les éléphants maintenus dans des conditions artificielles. Ainsi, l’équipe des soigneurs du Georgia Aquarium n’avait pas besoin d’aller chercher plus loin que le Manuel de Médecine Merck pour comprendre pourquoi les bélugas ne se reproduisent pas bien dans les aquariums et les parcs d’attractions.

Mais pourquoi de si nombreux mammifères marins succombent-ils au FTTS en captivité ?
Initialement, cette naissance a été saluée comme la première reproduction réussie de deux bélugas nés eux-mêmes en bassin, suscitant l’espoir parmi les aquariums qu’ils pourraient désormais remédier à la diminution de leurs populations captives. Les faits nous prouvent pourtant que ces tentatives de reproduction continuent à être vouées à l’échec et que l’élevage de bélugas en piscine ne fonctionnera jamais.

Les bélugas sont des mammifères très intelligents, dotés d’une vie sociale complexe et de cerveaux dépassant deux fois et demie la taille attendue par rapport à leur masse corporelle. Comme d’autres mammifères hautement conscients, ils doivent passer par une longue période d’apprentissage avant de pouvoir assumer leurs rôles de parents, de frères, de sœurs, d’amis ou de membres de leurs réseaux sociaux. Ils se sont adaptés à la vie au sein de groupes fluides qui peuvent varier, dans l’océan ouvert, de quelques individus à plusieurs milliers.
En milieu naturel, ce sont les bélugas femelles qui choisissent quand et avec qui elles veulent s’accoupler. Leurs enfants restent tout près d’elles pendant 4 à 5 ans ou plus, un temps au cours duquel une fille apprendra de sa mère et d’autres femelles expérimentées du groupe comment devenir une mère elle-même et comment élever ses propres enfants.

Lorsque la jeune femelle béluga donne naissance à son premier bébé, d’autres femelles de sa famille élargie sont présentes pour l’aider et pour accueillir le nouveau-né au sein d’une nurserie protégée et bienveillante.
C’est cela, la culture béluga. C’est un mode de vie auquel ces baleines blanches se sont adaptées depuis des millions d’années et dont elles ont besoin pour prospérer.

Maintenant, regardez la situation à l’Aquarium de Géorgie. Maris, mère à 20 ans, est née à l’Aquarium de New York, dont elle a partagée les bassins avec d’autres bélugas arrachés à leur vie sauvage. Sa mère, Natasha, a été enlevée à sa famille quand elle était âgée de seulement quatre ans. De ce fait, Maris n’a jamais pu profiter d’une mère capable de lui transmettre l’information culturelle, essentielle pour elle, sur la façon d’élever un enfant.

A peine sortie de l’enfance, Maris a été transportée cinq fois dans différents delphinariums.
Au Georgia Aquarium, on ne lui a pas laissé le choix de s’accoupler ou non avec le mâle Beethoven, qui avait été choisi non par elle, mais par le personnel de l’établissement. Lequel Beethoven est maintenant devenu un « breeding loan » (prêté pour la reproduction) au Shedd Aquarium de Chicago.

Pour Maris, il n’y eut pas d’autonomie, pas de continuité et aucune possibilité de se développer dans un environnement social et physique naturel. Elle et ses deux enfants sont tous nés dans un monde entièrement artificiel, auquel ils ne sont nullement adaptés.

Il suffit de voir les photos de ce bébé béluga entouré par plusieurs humains en combinaison de plongée. L’Aquarium de Géorgie décrit ces scènes comme « un enfant dans les bras des soigneurs ».
Bien qu’elle soit sans doute animée des meilleurs intentions, la présence de ces hommes autour d’un nouveau-né n’est pas une situation à laquelle les bélugas nourrissons sont adaptés, et il est douteux que le bébé ou sa mère ait vécu ces intrusions humaines comme des interactions chaleureuses et réconfortantes, ainsi que le proclame l’aquarium.

Les études menées sur le bien-être des bélugas en captivité confirment que ceux-ci ne peuvent pas vivre, et encore moins prospérer, dans un contexte dans lequel ils n’ont jamais évolué.
En captivité, leurs vies sont plus courtes et leur taux de mortalité plus élevés. Ils meurent le plus souvent de maladies liées au stress qui détruisent le fonctionnement de leur système immunitaire. Ils ne parviennent pas à s’épanouir.

Donc, quand les vétérinaires et le personnel de l’Aquarium de Géorgie prétendent être déconcertés par la mort de deux bébés bélugas, ils n’ont pas besoin de chercher plus loin que dans le premier manuel de base d’écologie des mammifères marins pour trouver la réponse à leur « mystère » : les bélugas ne pourront jamais prospérer dans les delphinariums.

Traduction Y.G.


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Maris et son enfant au Georgia Aquarium

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Source :
http://www.kimmela.org/2015/06/08/infant-beluga-death-is-no-mystery/
http://www.kimmela.org/
https://www.facebook.com/pages/The-Kimmela-Center-for-Animal-Advocacy-Inc/161740197224236

Lire aussi :
https://freedolphinsbelgium.wordpress.com/2013/12/27/plongee-dans-la-conscience-dune-orque/
http://www.dauphinlibre.be/dauphins-trop-intelligents-que-pour-rester-captifs.htm
https://freedolphinsbelgium.wordpress.com/2013/05/24/le-georgia-aquarium-et-ses-belugas-russes/


Bélugas russes : quel avenir ?

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Sous la pression de miliers de pétitions, d’avis envoyés au gouvernement, de pages Facebook et de blogs, la NOAA a tranché.
L’Industrie a perdu.

Les 18 bélugas russes ne seront PAS importés aux USA. C’est un très sale coup pour le Georgia Aquarium, SeaWorld et les autres delphinariums américains qui s’apprêtaient à se partager les prises. Leur problème de consanguinité ne sera pas réglé.
Cela dit, de nouvelles techniques permettent désormais de prélever le sperme d’individus sauvages morts ou vivants. Une décharge électrique dans l’anus suffit à faire éjaculer un éléphant sous narcose.

En revanche, le sort des captifs n’est pas réglé. De nombreux acheteurs doivent déjà se presser pour acquérir ces précieuses baleines blanches, génétiquement fraîches.

Car les bélugas s’adaptent très mal à la captivité. Ils s’y reproduisent péniblement, au prix d’innombrables fausses couches et de décès précoce.  La Chine et le Japon – qui n’en ont pas dans leurs eaux – apprécient pourtant beaucoup d’en faire des clowns.

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Une pétition vient d’être mise en ligne. Elle exige que le Ministère de la Pêche russe et l’Utrishskiy dolphinarium  laissent venir une équipe d’experts pour mettre en oeuvre un programme de réhabilitation. Les 18 bélugas ont été capturées récemment. Une libération pure et simple ne poserait sans doute aucun problème et ni aucun coût. Il suffirait de remettre les captifs à l’endroit où on les a pris. Ils se souviennent parfaitement du reste. Sampal vient de nous le rappeler.

 

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Merdi de signer !
http://www.change.org/petitions/russian-department-of-fisheries-and-utrishskiy-delphinarium-allow-a-panel-of-experts-to-rehab-release-18-wild-caught-beluga-whales

En savoir plus :

http://www.noaanews.noaa.gov/stories2013/20130806_georgiaaquarium.html
https://freedolphinsbelgium.wordpress.com/2013/05/24/le-georgia-aquarium-et-ses-belugas-russes/
http://www.dauphinlibre.be/georgia-aquarium-belugas.htm
http://www.dauphinlibre.be/belugas-captifs-russes-transit-par-Belgique-vers-USA.htm