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Le Marineland d’Antibes masturbe ses orques

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Antibes Marineland laughing trainer Anke when she masturbates Kim2

Une dresseuse du Marineland d’Antibes masturbe Kim2 en riant. Le 23 novembre 2005, une septicémie et une pneumonie ont eu raison de ce malheureux, qui n’avait que 27 ans. C’était l’amant de Freya et son meilleur ami, peut-être même son frère. Les accouplements incestueux auxquels furent contraints ces deux orques capturées dans le même pod en Islande, donnèrent naissance à 4  enfants morts et à un seul toujours en vie, Valentin.

En revanche, le sperme de ce mâle islandais valait de l’or pour les autres parcs marins.
On peut donc supposer que la semence de Valentin et d’Inouk est également revendue aujourd’hui à SeaWorld, Loro Parque, Marineland du Canada ou aux delphinariums chinois, russes et japonais qui détiennent des orques. Les bénéfices peuvent être important, même si le sperme de nés-captifs ne vaut pas, bien sûr, celui des « fondateurs » comme Tilikum, Kshamenk ou Nord, tous nés en mer de manière naturelle sans risque de consanguinité.

Ce n’est pas vraiment le genre d’image que le Marineland afficherait sur sa page Face Book. Pourtant, le parc français est  leader en matière de procréation assistée.
Son premier sujet d’expérience se nommait Calypso.
SeaWorld la fit capturer le 11 décembre 1969 en Colombie-Britannique puis  l’expédia jusqu’au Zoo de Cleethorpes (UK), afin d’y attendre que le Marineland d’Antibes répare les fuites de son futur bassin.
Durant ce séjour, la petite orque avait été soumise aux tout premiers essais d’insémination artificielle jamais réalisés sur cette espèce. Le vétérinaire David Taylor (qui soigna Freya) utilisa le sperme de Cuddles, un mâle du Flamingoland mort à 5 ans en 1976. Calypso décéda un an plus tard à Antibes en décembre 1970, à l’âge estimé de 11 ans. Elle ne put donc donner naissance à aucun enfant.

Après bien d’autres tentatives, l’entreprise ne fut couronnée de succès que le 16 mars 2011, avec la naissance de Moana. Sa mère, Wikie, n’avait pas dix ans quand elle fut engrossée par le sperme d’Ulysses, expédié sous colis depuis les bassins de SeaWorld.
Le Daily Mail déclara à l’époque «Cette naissance fait suite à une décennie de travail mené par le parc français et le chercheur américain Todd Robeck, de SeaWorld San Antonio, Texas ».

Et voilà donc pourquoi les orques sont heureuses, puisqu’elles ont des enfants !

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 Lire aussi :

20/6/2015 : Freya décède à 34 ans

La naissance de Keijo

La mort de Kim2

Les orques du Marineland d’Antibes

Les dresseurs Nicolas, Christophe, Fabien et l’Américaine Lindsay posent, le 17 juillet 2002 au parc d’attractions de Marineland d’Antibes. Ils aiment leurs orques au point de leur faire l’amour !

How Does SeaWorld Masturbate their Stud Killer Whales?

Five of the worst examples of SeaWorld’s captive breeding practices

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Kim2 Photo Pamela Carzon

 


La solitude de Tilikum : 6 tonnes d’énergie en cage !

tilly-google-earth1A droite, en bas de l’image : Tilly seul

Par Helene O’Barry Hesselager
Earth Island Institute

David Kirby, journaliste de renom et auteur de «Death at SeaWorld”, a récemment eu une idée brillante. En se servant de l’application cartographique «Google Earth», il a zoomé sur le parc d’attractions SeaWorld d’Orlando en Floride. Une  image satellite de Shamu Stadium est apparue sur son écran. C’est là que plusieurs orques sont incarcérées et utilisées pour des spectacles.
L’une de ces orques est appelée Tilikum.

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Libérez les orques et les éléphants captifs !

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Spectacle d’éléphants à Pairi Daiza

Editorial du « Scientific American»

Après avoir finalement rejoint le reste des pays civilisés en limitant sévèrement les tests médicaux sur les grands singes, les États-Unis procèdent actuellement au transfert de centaines de chimpanzés de laboratoire vers des sanctuaires gérés par le gouvernement.
L’une des raisons de ce changement d’attitude est que les animaux ne sont plus aussi essentiels à la recherche biomédicale qu’ils pouvaient l’être auparavant. Les chercheurs ont appris à utiliser des souris génétiquement modifiées et de cultures cellulaires à la place. Pour beaucoup de gens, un argument encore plus convaincant est que les tests médicaux menés sur les chimpanzés sont inhumains. Comme nous, ils sont en effet très intelligents, sujets aux émotions et  conscients d’eux-mêmes. (….)

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L’orque est un éléphant de mer


Le cauchemar de SeaWorld : une loi contre la captivité des orques !

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Dans un geste surprenant qui ne manquera d’envoyer des ondes de choc dans toute l’industrie des cétacés captifs, un député de Californie propose des mesures législatives pour interdire les spectacles d’orques au SeaWorld de San Diego.

Richard Bloom, membre de l’Assemblée d’État (Santa Monica) a présenté ce vendredi 7 mars 2014 une loi sur le bien-être et la sécurité des orques. Cette loi rendrait illégal le fait de «détenir en captivité, ou d’utiliser une orque sauvage capturé ou élevé en captivité à des fins de performance ou de divertissement ». Le projet de loi interdirait également l’insémination artificielle des orques en captivité en Californie et bloquerait l’importation de sperme d’orque en provenance d’autres États. Les contrevenants seraient passibles d’une amende allant jusqu’à 100.000 $ et/ou de six mois de prison.

« Il n’existe aucune bonne raison d’exhiber des orques captives à des fins de divertissement », a déclaré le député Bloom avant la conférence de presse qui se tiendra au Santa Monica Pier. « Comme les éléphants, ces belles créatures sont beaucoup trop grandes et trop intelligentes que pour être confinées dans de petits enclos en béton toute leur vie. Il est temps de mettre fin à cette pratique consistant à maintenir des orques en captivité pour l’amusement des humains ».
Selon Bloom, sa loi serait « la plus complète jamais votée pour la protection des orques en captivité aux Etats-Unis depuis 40 ans. »

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Aux termes du projet de loi, les 10 orques maintenues captives dans les bassins de SeaWorld San Diego, le seul établissement de Californie qui possède des cétacés, devraient être réhabilitées et remises en liberté si la chose est possible. Dans le cas contraire, les animaux seraient « transférés dans un enclos marin  ouvert au public mais sans qu’is soient contraints à des shows ou autres activités de divertissement. »
Seraient exemptées de cette législation les orques échouées détenues à des fins de réhabilitation après une opération de sauvetage ou à des fins de recherche. Mais même ces animaux devront être remis à l’eau ou envoyé dans une baie marine.

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Ce n’est pas la première fois que les législateurs d’État ont cherché à interdire la captivité de l’épaulard, le plus grand dauphin du monde. La Caroline du Sud a adopté une loi en 1992 contre la captivité des dauphins et des marsouins suite aux efforts déployés par la Humane Society pour bloquer l’ouverture d’un delphinarium à Myrtle Beach.

Le mois dernier, l’Etat de New York, par la voix du sénateur Greg Ball a présenté un projet de loi visant à interdire toute orque captive dans cet état. Bien sûr, il n’y a pas d’orques en captivité en Caroline du Sud ni à New York, ce qui rend le projet de loi californien bien moins symbolique et plus concret.

Au moins cinq pays dans le monde, à savoir l’Inde, la Croatie, la Hongrie, le Chili, le Costa Rica et la Suisse, ont également interdit toute captivité des cétacés.

connyland-babyLe delphinarium de Connyland, aujourd’hui fermé

Le Dr Naomi Rose, spécialiste des mammifères marins à l’Animal Welfare Institute, a déclaré que le projet de loi a été inspiré par le documentaire Blackfish.
« L’effet Blackfish n’a jamais été aussi évident que dans ce cas-ci, a déclaré la scientifique,  « C’est ce qui a conduit à cette première proposition législative sérieuse pour interdire l’exhibition en captivité de cette espèce très intelligente et sociale». Ajoutant : « SeaWorld devrait se joindre à cet effort plutôt que de continuer à combattre. Ils peuvent se replacer dans le bon sens de l’histoire ».

Le député Bloom a demandé à Gabriela Cowperthwaite, la réalisatrice de Blackfish, de l’aider pour son projet de loi. Celle-ci s’est alors tourné vers le Dr Naomi Rose.
« Nous ne sommes pas à l’origine de cette proposition de loi » explique la chercheuse « Mais dès que l’on a fait appel à nous, nous nous sommes plongé de tout coeur dans cette initiative en choisissant les termes juridiques, en fournissant l’information factuelle et en faisant appel à la communauté scientifique».

Naomi Rose a également invité d’anciens dresseurs de SeaWorld qui apparaissent dans le film Blackfish à  soutenir ce projet de loi. Rose, Cowperthwaite, et d’anciens dresseurs de SeaWorld, Carol Ray et John Hargrove, ont comparu avec le député Bloom lors de la conférence de presse du vendredi 7 mars.

Blackfish

Si le projet de loi est voté, SeaWorld devrait alors considérer le succès commercial d’autres aquariums qui ne gardent pas de cétacés dans leurs piscines. L’Aquarium de Monterey en Californie du Nord, par exemple, est régulièrement bondé de visiteurs, sans qu’un seule orque, béluga ou dauphin soit en vue.

En Caroline du Sud, où les orques ne divertiront sans doute jamais le public, le personnel de l’Aquarium de Charleston dirigent régulièrement les visiteurs vers les eaux locales s’ils veulent voir des dauphins.

Le journal « Post and Courier » de « Charleston racontait qu’en 2010, lorsque des touristes demandaient à voir les dauphins de l’aquarium, le directeur de l’établissement, Kevin Mills souriait en répondant : «Eh bien, il suffit de marcher sur notre terrasse d’observation et vous pouvez les voir, en train de nager librement dans le port »

MontereyBayAquariumBackviewMonterey Aquarium

D’après l’article de David Kirby
http://www.takepart.com/article/2014/03/06/seaworlds-worst-nightmare-calif-lawmaker-propose-ban-orcas-captivity

seaworld-kanduMort de Kandu

Réaction de SeaWorld
A court d’argument face à la proposition de loi interdisant la captivité des orques en Californie, SeaWorld ose traiter son initiateur, le député Bloom et tous ceux qui le soutiennent, en ce compris la cétologue de réputation internationale, le Dr Naomi Rose, « d’activistes extrêmes ». SeaWorld use à dessein de ce mot pour défendre ses intérêts commerciaux et susciter la peur chez les Américains en assimilant les associations de défense animale à Al Qaeda.
Cette attitude marque un profond mépris quant au mouvement de fond qui partout dans le monde, fédère des millions de citoyens bien informés, enfants, jeunes, personnes âgées, considérant en leur âme et conscience que l’esclavage des animaux dans les cirques et les zoos doit prendre fin au XXIème siècle. Nous ne sommes PAS des activistes : nous sommes les défenseurs des animaux non-humains et quoiqu’en dise SeaWorld ou d’autres entreprises commerciales du même acabit, rien ne pourra arrêter ce mouvement d’opinion mondial !

SumarMort de Sumar, avec son amie Orkid à ses côtés

Lire aussi :
Planète Info
Les sales petits secrets de SeaWorld
Les orques du Marineland d’Antibes
Il est en effet intéressant de noter qu’outre Corky, qui pleure lorsqu’elle entend la voix de sa mère, le SeaWorld de San Diego détient également une orque française, la jeune Shouka.

shouka-prisonniere


Les cétacés captifs peuvent-ils être remis en liberté ?

keiko-willyFree Willy !

En 1993, Warner Bros produisait «Free Willy». Ce film très populaire raconte l’histoire d’une orque captive et de son jeune ami humain de 12 ans. Le récit s’achève avec le retour spectaculaire de Willy à l’océan, même s’il n’a eu qu’à sauter un mur pour y parvenir. Pendant ce temps, Keiko, l’orque capturée en Islande qui avait joué le rôle de Willy, continuait à se languir dans sa piscine du Reino Aventura, un établissement délabré au Mexique.

keiko-mexique

Après la diffusion de «Free Willy», une puissante campagne internationale s’est élevée pour exiger que Keiko retourne à l’état sauvage. Grâce à la collaboration de groupes environnementaux, de cinéastes et d’un mécène privé, Keiko a été transféré dans un immense enclos en mer, au cœur de ses eaux natales islandaises.

En 1998, Keiko retrouvait la santé. Il s’était adapté à son nouvel environnement. On l’emmenait dans de longues balades, à la suite d’un bateau de recherches et on lui avait placé une balise satellite sur l’aileron, afin de suivre ses mouvements. En juillet 2002, après un contact avec des orques sauvages, Keiko s’est lancé dans un voyage de cinq semaines, seul, à travers l’Atlantique, pour finalement parvenir en Norvège en bonne santé.

keiko-freeKeiko, The Untold Story

Bien qu’il n’ait jamais rejoint une tribu d’orques sauvages, à sa mort, en décembre 2003, Keiko était un cétacé libre. Peu d’orques ou de dauphins ont été rendus à la vie sauvage au terme d’une longue captivité. Keiko n’était peut-être pas le meilleur candidat : on ignorait le lieu exact de sa naissance et l’identité de se parents.

Dans certains cas, les libérations ont lieu lorsque les dauphins parvenaient à s’échapper des filets de leurs lagons ou qu’une tornade les avaient rejeté tous à la mer.
D’autres efforts ont été plus délibérés, souvent à la suite de la fermeture d’un delphinarium. Pendant des semaines ou des mois, des dauphins ont été rééduqués à ne plus obéir, ils ont réappris des compétences essentielles à leur survie, comme la chasse au poisson vivant  ou l’évitement des navires. Des Tursiops captifs ont été rendus  à l’état sauvage au Brésil, au Guatemala, au Nicaragua, en Russie, aux États-Unis et plus récemment, en Turquie. 3 dauphins ont été libérés dans les îles Turks and Caicos, après des années de captivité au Royaume-Uni.

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Rocky à Morecambe, UK

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Rocky, Missie et Silver en route vers la liberté

Dans la plupart des cas, les individus ont été suivis pendant des mois ou même des années après leur libération. La WDC recommande que le retour d’un cétacé en milieu naturel soit soumis à des  directives strictes.
Toute libération doit, si possible, aider à la conservation des populations sauvages. Elle doit également prendre en compte les risques sanitaires et les conséquences à long terme de la remise en mer d’individus captifs.

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Les cétacés doivent être libérés au sein même ou à proximité d’une population de cétacés dont ils sont issus. La zone où on les libère ne doit pas être fortement polluée.

Des experts locaux doivent participer au processus de réhabilitation. Seuls des individus sains, sans maladie susceptible d’affecter les populations sauvages, seront choisis pour le retour en mer.

Ceux-ci doivent être capables de chasser les poissons vivants et d’éviter les comportements qui pourraient mettre en péril leur survie à long terme. C’est le cas lorsque d’anciens captifs se rapprochent des bateaux pour quémander de la nourriture.

Dans la mesure du possible, les cétacés doivent être pris en charge par les populations locales, à l’aide de campagnes d’éducation positives. La surveillance des personnes relâchées est essentielle pour savoir si cette libération a été ou non couronnée de succès.

seoul-dauphins-enclosLes 3 dauphins de Séoul

L’opinion publique s’élève de plus en plus contre le maintien en captivité de ces créatures très intelligentes adaptées aux grands espaces marins. Plusieurs individus sont susceptibles d’être candidats à la réhabilitation, lorsque les installations qui les détiennent ne peuvent plus les garder.

Les cétacés captifs, même de longue date, sont capables d’apprendre à chasser à nouveau et de survivre à l’état sauvage. Même les nés captifs peuvent apprendre ces techniques de chasse des autres cétacés qui ont vécu à l’état sauvage, dès lors qu’on les libère en un groupe social.

Korea_dolphinsJédol libre en Corée, après 5 ans de prison

Un plan de réhabilitation en plusieurs étapes devrait être élaboré pour chaque individu. La WDC, dans le cadre du groupe d’experts de la Fondation Free Morgan, prend en charge un tel plan pour Morgan, l’orque sauvage retrouvée seule au large de la côte néerlandaise en 2010 et actuellement détenue dans de très mauvaises conditions au Loro Parque de Tenerife.

D’autres orques, y compris Lolita et Corky, détenues en captivité aux États-Unis, peuvent également être de bons candidats pour une libération. Les chercheurs connaissent en effet les membres de leur famille proche, encore vivant et en pleine forme à l’état sauvage. Si le public est prêt à soutenir leur retour à la nature ou vers un lagon de retraite marin, en revanche, aucun delphinarium possédant des orques ne paraît décidé à accepter de tels projets. Sans doute craignent-ils qu’une libération réussie n’ouvre la porte à toutes les orques en captivité.

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Il n’est cependant pas possible de remettre en mer tous les captifs. Après de longues périodes de détention, certains d’entre eux peuvent avoir été trop physiquement ou mentalement marqué que pour pouvoir survivre sans les soins de l’homme. Ces dauphins ou ces orques devraient alors avoir la chance de pouvoir prendre leur retraite et de vivre le reste de leur vie dans une baie marine close bien protégée. Leurs besoins sanitaires de santé et leur bien-être seraient pris en charge par les humains, mais ils pourraient développer des comportements plus proches de leur vraie nature et cesser d’être contraints d’exécuter des shows.

Les gens pourraient les voir, mais seulement à distance. La WDC travaille sur un projet passionnant avec Merlin Entertainments, qui vise à établir un tel sanctuaire pour les cétacés captifs. Ce sera le premier de son genre dans le monde.

D’après un article de Cathy Williamson (WDC)
Can captive whales be returned to the wild ?
26 Février 2014
Images et liens : Free Dolphins Belgium

Lire aussi :
L’enfant de Keiko
Into the Blue
Tom et Misha
Morgan et Springer

L’orque Lolita, prochaine candidate ?
How to free a killer whale ?
(Dr Naomi Rose)
Réhabiliter les dauphins, c’est possible

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Plongée dans la conscience d’une orque

killerwhale-orca-seaworld-tilikum-animalrights-captivity-dawnbrancheau-blackfish-deathatseaworldInside the mind of a killer whale
Une interview du Dr Lori Marino par Aviva Hope Rutkin (2013)


Il y a deux semaines, j’ai vu Blackfish, le documentaire fascinant sur les orques en captivité.  J’ai beaucoup apprécié le film mais un tas de questions me trottaient en tête. Des questions de neurosciences. Qu’est-ce qui différencie les orques des autres animaux, par exemple ? Comment les cétacés perçoivent-ils les humains ? Que voulaient dire les réalisateurs du film quand ils parlaient de l’intensité des émotions de ces mammifères marins ? A quel niveau d’intelligence ces animaux se situent-ils vraiment ? Et donc, j’ai appelé le Dr Lori Marino, spécialiste en neurosciences qui apparaît dans Blackfish et je lui a demandé de satisfaire ma curiosité.

Q- Vous êtes professeur en «neurosciences des cétacés» à l’Université d’Emory et vous travaillez dans ce domaine depuis plus de 20 ans. Qu’est-ce qui vous a attiré dans cette discipline ?

R- Pendant mes études supérieures, tout le monde avait choisi les primates. Je voulais étudier un autre animal – un groupe d’espèces comparables en intelligence mais à propos desquelles nous ne savions presque rien. Je me suis donc tourné vers les  dauphins et les baleines. Quand j’ai vu pour la première fois la photo d’un cerveau de dauphin dans un livre, je suis devenue accro. J’ai pensé: «Wow. Ca, c’est vraiment quelque chose !». Nous savions si peu de choses sur le cerveau d’un dauphin ou une baleine, il y a 25 ans. J’ai donc pris cela comme une opportunité.

Q – Il semble que ce soit plus difficile d’étudier un cerveau de baleine que, par exemple, un cerveau de rat ou de singe. L’étude d’un aussi grand animal pose-t-elle des défis particuliers ?

R- Oui, c’est plus difficile, parce que le cerveau lui-même est tellement différent de celui de tout autre mammifère. Cela fait partie des choses qui m’ont attiré vers ce champ de recherches : l’énorme taille de cet encéphale ! Mais aussi le fait qu’il était construit de manière différente des autres cerveaux mammaliens.

L’autre difficulté liée à l’énorme taille de ce cerveau est que vous ne pouvez pas utiliser facilement les mêmes techniques que pour des cerveaux plus petits. Cet encéphale est beaucoup plus grand que le plus grand cerveau de primate non-humain. Et le cerveau d’un dauphin est même plus grand que celui d’un humain. C’est très difficile à étudier.

Mais dès lors que nous avons pu utiliser des techniques telles que l’imagerie par résonance magnétique, les choses ont vraiment décollé. Nous pouvions prendre le cerveau, le mettre dans un scanner, obtenir des images numériques en 3D et faire ce que nous aurions normalement pu faire avec n’importe quel autre cerveau en le disséquant. L’imagerie magnétique nous a vraiment ouvert un vaste champ des recherches.

orca-brainLe cerveau d’une orque et la zone paralimbique

Q – Quels sont les caractéristiques qui font que le cerveau des épaulards est si différent de celui des humains ? Dans Blackfish, vous et les autres scientifiques, vous déclarez qu’une zone particulière de leur cerveau s’est agrandie.

R- En fait, si vous regardez le système limbique – la zone de traitement de l’émotion dans tous les cerveaux de mammifères – vous découvrez quelque chose de vraiment intéressant. Certaines parties du système limbique se sont modifiées chez les dauphins et les baleines et se sont réduites. Mais d’autres zones adjacentes sont au contraire devenues beaucoup plus grandes et plus élaborées que dans le cerveau humain. Cette aire du cerveau est appelée la “région paralimbique”.

Les cétacés disposent donc d’une sorte de lobe supplémentaire à côté de leur système limbique et de leur néocortex. Et bien sûr, vous pouvez tirer des déductions de ce fait. Ce lobe paralimbique a quelque chose à voir avec le traitement des émotions mais il est également lié au traitement de la pensée.

Il est très fortement développé chez la plupart des cétacés, mais beaucoup moins chez les humains et pas du tout chez d’autres mammifères. Cela suggère qu’il y a quelque chose qui a évolué ou qui s’est adapté dans ce cerveau au fil du temps, alors que cela ne s’est pas produit pour les autres mammifères, y compris les humains.

Q- Dans le film, on  dit qu’un tel développement pourrait indiquer l’existence d’une gamme d’émotions surpassant celles de l’homme.

R- Oui. Je pense qu’il est difficile de dire qu’il surpasse…. Si vous regardez, par exemple, le cerveau d’un orque et celui d’un être humain, il serait difficile d’affirmer que le cerveau humain est capable de la profondeur émotionnelle du cerveau de l’orque, parce que – encore une fois – ce que vous voyez dans le cerveau de l’orque est une élaboration sur la zone limbique que le cerveau humain ne possède pas.

Donc, si cette partie du cerveau d’orque fait ce qu’elle est sensée faire, comme elle le fait chez tous les mammifères – à savoir, traiter les émotions – cela suggère que ces animaux traitent leurs émotions de façon très sophistiquée. Je pense aussi que lorsque vous regardez le comportement des dauphins et des baleines, en particulier dans la nature, vous observez un niveau de cohésion sociale absolument sans équivalent chez d’autres mammifères, y compris les humains.

orca-pod-johnstone-strait-canada-flip-nicklinPod au Canada

Q- Justement, je voulais vous poser la question. On dit aussi dans Blackfish que les orques pourraient avoir un sens du Soi « partagé ».

C’est une idée très intéressante qui tourne en effet depuis un moment, mais cela risque d’être très difficile à tester.
Quand vous regardez la façon dont ils communiquent les uns avec les autres, la manière dont ils se déplacent les uns par rapport aux autres et comment s’organise leur vie sociale, vous comprenez que le fait d’être une orque ou un dauphin – ou n’importe quel autre de ces cétacés très sociaux – pourrait en fait être quelque chose d’un peu différent que d’être juste un individu. Il suffit de voir comment ils communiquent entre eux quand ils voyagent et comment ils réagissent quand l’un des leurs est détenu, blessé ou attaqué.

C’est vraiment intéressant. On a beaucoup discuté à propos des raisons pour lesquelles ils s’échouent parfois en masse ou sur le fait qu’ils pouvaient êter capturés tous ensemble en même temps. À Taiji, au Japon, quand les pêcheurs les  massacrent, pourquoi certains dauphins ne s’échappent-ils pas du filet ? Il leur suffirait de sauter !

Lors d’un échouage de masse, un groupe de cétacés sort de l’eau, se jette sur la plage, et finit généralement par mourir.
Un échouage peut impliquer des centaines d’animaux à la fois, tous vivants, souvent en bonne santé mais manifestement en détresse. Les scientifiques ne s’accordent pas sur les causes de ces échouages.

Ce phénomène peut être lié au sens du soi chez les cétacés, où l’individu est intimement relié à son groupe social. S’en déconnecter n’est pas envisageable dans le cadre de leur psychologie, comme des humains pourraient le faire en pareille circonstance. Bon, il ne s’agit à ce stade que d’une hypothèse mais qui répond bien à certains comportements difficilement explicables.

Quand un animal est malade et se dirige vers la rive, pourquoi l’ensemble du groupe le suit-il ? Prenons aussi le cas de certaines orques mâles. Si leur mère meurt, ils meurent aussi. Ils arrêtent de manger et s’enfoncent dans une sorte de dépression clinique dont ils finissent par mourir. Pas tous, mais certains d’entre eux. Nous avons observé cela. Qu’est-ce que cela signifie ? De quel type de cohésion sociale disposent-ils donc ?

taiji-oceanwatch-mother-child-2-9-2013Taiji : mère et enfant

Q-Y a-t-il d’autres mammifères susceptibles de vivre dans ce type d’environnement social?

R- Les ongulés sont des animaux à sabots. Par exemple, les chevaux, les cerfs, les chameaux, les rhinocéros, les porcs, les hippopotames et les girafes sont tous des ongulés. Vous savez, c’est très intéressant, parce que vous devez vous souvenir d’où les cétacés sont venus. Ce sont des ongulés, eux aussi ou plutôt, il le furent dans un lointain passé. Leurs parents les plus proches sont des animaux à sabots qui vivent en troupeaux. Donc, quand vous regardez les cétacés, vous voyez que le  troupeau est toujours là. Mais ils semblent l’avoir élevé à un autre niveau.

Si vous regardez les animaux terrestres qui vivent en troupeau … Il n’est pas évident que le sentiment de soi «diffus» existe chez eux comme chez les dauphins ou les baleines. Les cétacés se soutiennent mutuellement. Ils ne s’échappent pas même quand ils peuvent le faire. Et leur comportement est lié plus étroitement au groupe que chez les autres ongulés ou d’autres animaux vivant en troupeau. D’une certaine manière, nous pensons que leur comportement grégaire s’est  intensifié, mais comment et pourquoi cela s’est passé, nous ne le comprenons pas exactement. C’est un peu comme s’il s’agissait de “super-troupeaux” !

Wild_HorsesUn troupeau

Q- Peut-être n’est-ce pas la bonne façon de formuler cette question, mais je  la pose  : jusqu’à quel point les orques sont-elles intelligentes ?

L’encéphalisation est une technique utilisée pour décrire le cerveau. Les scientifiques attribuent aux animaux un quotient d’encéphalisation en mesurant la taille de leur cerveau, puis en la comparant avec celle de leur corps. Un haut quotient encéphalique signifie que le cerveau d’un animal est proportionnellement plus grand que la taille de son corps ne le laisserait prévoir. Les êtres humains possèdent le quotient d’encéphalisation le plus élevé de toutes les espèces. Certains scientifiques estiment que le critère d’encéphalisation peut être utilisée pour mesurer l’intelligence d’un animal.

C’est une question difficile mais importante et fondée. Vous savez, pendant très longtemps, j’ai essayé de comprendre l’intelligence des orques en comparant leur niveau d’ encéphalisation par rapport à celui d’autres animaux, en particulier les humains et les grands singes. Si vous utilisez cela comme une échelle d’inférence – ou si vous ne tenez compte que des données physiques – les humains se placent toujours au niveau le plus élevé. Juste derrière lui arrivent plusieurs espèces de cétacés, puis les grands singes, les éléphants, et un certain nombre d’autres espèces.

Donc, si vous envisagez la question de l’intelligence en tenant compte de ce quotient encéphalique, ou en étudiant la façon dont le cerveau est élaboré, les cétacés semblent remporter un beau score.

Mais si vous observez leur comportement, cela devient une évidence. Lors d’études antérieures, on a pu faire la preuve de leurs capacités à comprendre le langage symbolique, à posséder une mémoire ou à résoudre des problèmes. Diana Reiss et moi-même avons démontré que les grands dauphins se reconnaissent dans un miroir. Ils possèdent toutes ces capacités, qui sont assez rares dans le règne animal.

Mieux encore, quand vous travaillez sur terrain, vous constatez que les cétacés disposent de cultures, qu’ils font usage d’outils et que leurs réseaux sociaux sont extrêmement sophistiqués. Toutes ces données tendent à prouver qu’il s’agit là d’un animal très intelligent.

dolphin-mirrorLe test du miroir

Q- Excusez-moi : vous parlez bien d’outils ?

Mais oui ! Les cétacés se servent d’outils. Il y a toutes sortes de choses qu’ils font.
Les dauphins, par exemple. Il existe une population au large de la côte australienne qui se sert d’outils. Je ne dirais pas qu’il s’agit de fabrication, juste d’une utilisation, puisqu’il s’agit d’éponges.

Ils vont les chercher sur le fond et les placent sur ??leur rostre. De cette façon, ils peuvent fouiller le sable pour trouver des poissons, sans que leur rostre ne soit griffé. Nous savons que cette technique est transmise culturellement, puisque nous connaissons les individus qui l’ont découverte et ceux auxquels ils l’ont enseigné. La coutume passe de mère à filles, à la fois latéralement et verticalement. Donc, nous avons aujourd’hui un groupe de dauphins porteurs d’éponges, qui se caractérise par cette tradition.

Les baleines à bosse utilisent également des « filets de bulles » pour attraper leur proie. Ce n’est pas génétique. Ce n’est pas quelque chose d’inhérent ou d’acquis et ce n’est pas quelque chose que tous les individus d’un groupe feront nécessairement. Cet usage semble avoir été transmis seulement à certaines personnes, en particulier des femmes. Les femelles adultes ont tendance à être celles qui  innovent. Il en va de même chez primates.

Et nous savons maintenant – ce qui est vraiment intéressant – que les dauphins porteurs d’éponges ont tendance à fréquenter davantage d’autres dauphins à éponges ! C’est ce qu’on appelle l’Eponge Club. Nous voyons là en quelque sorte le début d’une ségrégation sociale fondée sur un comportement transmis et crée par un individu femelle.

Dauphin-eponge_Eric-PattersonL’usage d’outil chez le dauphin

Q- «Blackfish» nous montre également le lien étroit qui existe entre les dresseurs et les cétacés avec lesquels ils travaillent. Comment les orques que nous voyons  dans le film nous perçoivent-elles ?

R- Vous savez, c’est un sujet à propos duquel les dresseurs eux-mêmes ont beaucoup à dire. J’ai travaillé avec des dauphins captifs et votre question nous vient évidement à l’esprit dès qu’on est en face d’eux. Comment nous perçoivent-ils ? Des gens pensent qu’il existe une vraie relation intime entre les cétacés et leurs dresseurs. D’autres diront que c’est une relation contrainte. Je veux dire par là que vous êtes celui qui donne des récompenses ou celui qui punit. Il y a beaucoup d’injustice évidente dans cette relation… En fait, personne ne sait vraiment.

Je pense que les incidents tragiques décrits par Blackfish nous disent que ces relations ne peuvent pas être ce que vous pensez qu’elles sont. Dans le film, l’un des dresseurs déclare : «Vous savez, je veux croire que ça va plus loin que le simple fait de les nourrir ».  Je ne pense pas que quiconque sait vraiment. …

Quand vous songez à la psychologie du dresseur et de son captif, ce n’est pas une relation saine, clairement. D’un côté vous avez quelqu’un qui a un contrôle complet de la situation. De l’autre, quelqu’un qui n’en a aucun. Donc, oui, dans la mesure où un prisonnier peut avoir, comme on le sait, une relation étroite avec son ravisseur un capteur, cette relation existe sans doute mais je ne suis pas sûr quelle soit très saine.

tilikum-brancheauTilikum et Dawn Brancheau

Q- « Blackfish »souligne le fait que la détention des orques à Seaworld est inhumaine et psychologiquement dommageable pour ces animaux. Que pensez-vous qu’il faudrait faire des orques actuellement captives ?

Je pense que cela dépend de l’individu. Il y en a beaucoup parmi eux qui pourraient être de bons candidats à la réhabilitation et à la liberté. Il y en a d’autres qui ne le sont pas. Le gros problème pour le moment, c’est que n’avons pas de sanctuaires pour les dauphins et les baleines, comme nous en avons pour les éléphants, les chimpanzés et d’autres animaux.
Donc les cétacés captifs n’ont nulle part où aller, sauf dans l’océan, à moins que nous ne trouvions un moyen de les garder dans un lieu aussi proche que possible du milieu naturel. Bien entendu, sans qu’ils doivent faire des tours de cirque ou rester dans une petite piscine.

C’est quelque chose qu’il est vraiment important de développer: des sanctuaires pour les cétacés captifs, afin qu’ils puissent disposer de ce choix. Mais je pense que certains d’entre sont libérables au terme d’une réadaptation. Nous avons eu récemment 3 grands dauphins qui ont été réhabilités puis libérés d’un aquarium coréen. Ils sont maintenant de retour dans leur famille. Tout dépend de combien de temps ils sont restés en captivité, s’ils y sont nés, ce genre de choses. Quand vous enlevez un animal telle qu’une orque à sa mère et à sa famille, alors qu’il n’a que deux ans, vous faites des dégâts. La question est juste de savoir comment ce préjudice psychologique s’exprimera par la suite.

seoul-rehables 3 dauphins de Séoul ont chosi la liberté

Une interview du Dr Lori Marino par Aviva Hope Rutkin (2013).
Aviva est une journaliste scientifique qui travaille à Boston. Elle publie couramment des articles pour la MIT Technology Review. Follow her @realavivahr.

Si vous voulez en savoir plus, écoutez cet exposé de Lori Marino au sein de son université à propos de «Blackfish».

« Les orques ne sont pas plus intelligentes que mon chien».
Brad Andrews, Chief Zoological Officer SeaWorld

A propos de la pensée dauphin, lire aussi :

« Mais qu’en est-il finalement de ce moi central au cœur de ce monde circulaire sans relief , sans couleurs constitué de pixels sonores ? C’est là que les difficultés deviennent insurmontables tant qu’un « contact » n’aura pas été vraiment établi par le dialogue car le « soi » lui-même, le « centre de la personne » est sans doute construit de façon profondément différente chez l’homme et chez le dauphin.

H.Jerison parle carrément d’une « conscience collective ». Les mouvements de groupe parfaitement coordonnés et quasi-simultanés, à l’image des bancs de poissons ou des troupeaux de gnous, que l’on observe régulièrement chez eux, suppose à l’évidence une pensée « homogène » au groupe, brusquement transformé en une « personne plurielle ».

On peut imaginer ce sentiment lors d’un concert de rock ou d’une manifestation, lorsqu’une foule entière se tend vers un même but mais ces attitudes-là sont grossières, globales, peu nuancées.

Toute autre est la mise à l’unisson de deux, trois, cinq (les  » gangs  » de juvéniles mâles associés pour la vie) ou même de plusieurs centaines de dauphins ensemble (de formidables « lignes de front » pour la pêche, qui s’étendent sur des kilomètres) et là, bien sûr, nous avons un comportement qui traduit un contenu mental totalement inconnu de nous.

On sait que lorsqu’un dauphin voit, tout le monde l’entend. En d’autres termes chaque fois qu’un membre du groupe focalise son faisceau de clicks sur une cible quelconque, l’écho lui revient mais également à tous ceux qui l’entourent.

Imaginons que de la même manière, vous regardiez un beau paysage. La personne qui vous tournerait le dos et se tiendrait à l’arrière derrière vous pourrait le percevoir alors aussi bien que vous le faites. Cette vision commune, qui peut faire croire à de la télépathie, n’est pas sans conséquence sur le contenu mental de chaque dauphin du groupe, capable de fusionner son esprit à ceux des autres quand la nécessité s’en fait sentir. Ceci explique sans doute la formidable capacité d’empathie des dauphins mais aussi leur fidélité « jusqu’à la mort » quand il s’agit de suivre un compagnon qui s’échoue. Chez eux, on ne se sépare pas plus d’un ami en détresse qu’on ne se coupe le bras quand il est coincé dans une portière de métro !

En d’autres circonstances, bien sûr, le dauphin voyage seul et il « rassemble » alors sa conscience en un soi individualisé, qui porte un nom, fait des choix et s’intègre dans une lignée.

Il en serait de même pour l’homme si les mots pouvaient faire surgir directement les images qu’ils désignent dans notre cerveau, sans passer par le filtre d’une symbolisation intermédiaire. Si quelqu’un me raconte sa journée, je dois d’abord déchiffrer ses mots, les traduire en image et ensuite me les « représenter ». Notre système visuel étant indépendant de notre système auditif, un processus de transformation préalable est nécessaire à la prise de conscience du message. Au contraire, chez le dauphin, le système auditif est à la fois un moyen de communication et un moyen de cognition « constructiviste » (analyse sensorielle de l’environnement).  La symbolisation n’est donc pas nécessaire aux transferts d’images, ce qui n’empêche nullement qu’elle puisse exister au niveau des concepts abstraits. Quant à cette conscience fusion-fission, cet « ego fluctuant à géométrie variable », ils préparent tout naturellement le dauphin à s’ouvrir à d’autres consciences que la sienne.
D’où sans doute, son besoin de nous sonder, de nous comprendre et de nous « faire » comprendre. Un dauphin aime partager son cerveau avec d’autres, tandis que l’homme vit le plus souvent enfermé dans son crâne. Ces êtres-là ont décidemment beaucoup à nous apprendre…. »
Moi Dauphin

conscience-keiko-bassin

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Les dauphins trop intelligents pour être captifs ?

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L’intelligence des dauphins

Ethologie et intelligence des dauphins

Conscience dauphin


Bébé orque au Marineland d’Antibes : l’annonce officielle !

winnie-et-bébéWikie et son nouveau bébé

 

18 avril 2014

Et voilà ! Le « petit prince de Marineland » se nommera donc Keijo (un nom qui rappelle fâcheusement « Keiko »). Ce sirupeux publi-reportage nous dit TOUT sur ce petit esclave enjoué, qu’on n’a pas encore mis au travail. Tout, sauf le nom de son père. Car ce petit bout est né des œuvres du demi-frère de sa mère, Valentin. Eh oui ! Si l’inceste est sévèrement prohibé chez les orques libres, la captivité fait perdre aux orques leurs cultures et leurs normes sociales. Qui s’en soucie ?
De toutes façons, « Keijo » n’est pas une orque : c’est juste un produit commercial.

10 décembre 2013, 13:42
«Le Parc Marineland est heureux de vous annoncer la naissance d’un bébé orque.
Né dans la nuit du 20 au 21 novembre, le bébé d’environ 150 kilos se montre particulièrement proche de sa maman Wikie.
Réalisant régulièrement et avec succès la reproduction de dauphins, de requins gris, d’otaries, de manchots… le plus grand parc marin d’Europe a la joie d’assister à la naissance de son 6ème bébé orque.
Cet événement qui représente la 2ème génération d’orques née sur site, car la maman Wikie est née en 2001 à Marineland, conforte le succès en terme de reproduction et de sauvegarde des espèces. Nos équipes animalières et vétérinaires se relayent jour et nuit pour s’assurer de la bonne santé et du bien-être du bébé, dont le sexe sera déterminé plus tardivement. Un jeu concours sur notre page Facebook sera alors réalisé pour le choix du prénom ».

Enfin ! Il a fallu quelques semaines  au Marineland d’Antibes pour sortir du bois, mais voilà, c’est fait, la naissance du bébé de Wikie est annoncée officiellement sur la page Facebook de l’entreprise.  Le communiqué a sans doute fait l’objet d’une réflexion préalable et d’un choix de mots précis. C’est pourquoi il est intéressant de l’analyser, phrase par phrase.

1 « Le Parc Marineland est heureux de vous annoncer la naissance d’un bébé orque ».
Ce genre de carnet rose est un grand classique. Il s’agit d’abord de mettre en avant l’image d’un bébé. Le nom scientifique du petit d’un cétacé est «veau ». («calve», en anglais), ou plus généralement «petit» quand on parle de l’enfant d’un animal. Par contre, le mot «Bébé» porte en lui des connotations affectives évidentes, tétines, couches-culottes ou biberons s’associent aussitôt au concept énoncé et plus encore, à l’émouvant tableau de l’amour maternel. Le public d’ados est chauffé à blanc : il trépigne déjà devant les portes encore closes du Marineland et se réjouit d’avance de payer sa place pour contempler le merveilleux enfançon. Parques Reunidos, propriétaire du parc, peut s’attendre à un excellent chiffre d’affaires la saison prochaine.

grafico1y2Parques Reunidos : un succès commercial


2. « Né dans la nuit du 20 au 21 novembre, le bébé d’environ 150 kilos se montre particulièrement proche de sa maman Wikie ».
C’est un scoop en effet. Wikie s’occupe de son enfant et celui-ci se porte bien, à en juger par son poids. La chose n’est pas si fréquente.
Le Marineland a déjà perdu 4 de ses bébés. Par ailleurs, nombre de mères captives – orques, dauphins, grands singes, éléphants, etc. – refusent de s’occuper de leur nouveau-né.

dauphin-risso-biberon

3. « Réalisant régulièrement et avec succès la reproduction de dauphins, de requins gris, d’otaries, de manchots…, le plus grand parc marin d’Europe a la joie d’assister à la naissance de son 6ème bébé orque ».

Le Marineland d’Antibes fait se reproduire des «animaux». C’est sa mission en tant que « zoo ». En principe, il devrait s’agir d’espèces en danger, ce qui n’est pas le cas de l’épaulard, présent dans toutes les mers du monde. Et même celui-ci serait-il menacé – comme c’est le cas pour quelques communautés tribales – ce n’est certes pas la reproduction ex situ qui le protégerait. Pour des sociétés aussi complexes que celles des cétacés, où la culture et l’adaptation constante au milieu joue un si grand rôle, la seule conservation qui vaut est celle menée in situ, par la création de vastes sanctuaires marins. Par ailleurs, avec tout le respect que l’on doit au requin, sa reproduction n’implique pas non plus les mêmes enjeux affectifs et sociaux que celle des cétacés.

4. Cet événement qui représente la 2ème génération d’orques née sur site, car la maman Wikie est née en 2001 à Marineland, conforte le succès en terme de reproduction et de sauvegarde des espèces.
On ne saurait nier qu’il s’agit là d’une orque de la deuxième génération et de la plus belle espèce. Son papa, Valentin (ou Inouk ?) et sa maman, Wikie, sont en effet toutes deux des orques nées captives. Quant à dire qu’il s’agit d’une victoire en termes de sauvegarde des espèces, il y a de la marge…

En mars 2011, rappelle Elizabeth Batt dans son article « Sources hinting new orca calf born at Marineland France is inbred », Wikie a donné naissance à un veau nommé Moana. Moana aurait été conçu par insémination artificielle. Il a fait à ce titre la une de tous les journaux  pour être la première orque captive en Europe à avoir été engendrée par cette voie peu naturelle. Selon le «Daily Mail» au Royaume-Uni:

« Cette naissance fait suite à une décennie de travail mené par le parc français et le chercheur américain Todd Robeck, de SeaWorld San Antonio, Texas. Initialement, Marineland avait annoncé que Moana était une femelle.

En Juillet 2011, le parc est revenu sur ses déclarations quand il fut avéré qu’elle était en fait un mâle. Antibes conserva cependant le nom féminin, choisi par un scrutin public. La grossesse de Wikie a duré plus de 18 mois.
Le père de Moana serait Ulysse, un étalon résidant à SeaWorld San Diego (mais dont Naomi Rose de la HSUS affirme qu’il est stérile depuis 2009). SeaWorld note sur son site Internet que la durée des grossesses d’orques varie chez eux de 15,7 à 18 mois. Wikie semble doc avoir été amenée à une gestation de durée maximale.

Cela prend des mois pour dresser une orque à accepter de manière calme  une insémination artificielle. Une dose de 2 millions de spermatozoides est généralement injectée dans le vagin dela femelle pour la mettre enceinte . Dans le cas de Wikie, pas moins de 4 doses ont du être injectées dans ses ovaires ».
Quel romantisme !

collecting-semen-from-a-killer-whale-at-seaworldIl faut également dresser les mâles à se laisser masturber

Selon le «livre blanc» rédigé par la spécialiste des mammifères marins, le Dr. Naomi Rose, les orques sauvages ne donnent naissance à un enfant que tous les 5 ans. Comparez ce chiffre avec les performances de Wikie, qui a pu accoucher de deux enfants en 32 mois. Ce simple fait suffirait à expliquer la réticence de Marineland à crier victoire trop fort. Mais selon certaines rumeurs circulant sur le Web, il est plus probable que la discrétion du parc trouve son origine dans le problème de la  consanguinité.
Le père de l’enfant de Wikie serait Valentin. Selon la base de données en ligne, Ceta-Base.com, Wikie et Valentin sont en effet les enfants du même père, Kim II. La maman de Valentin est Freya, celle de Wikie, la défunte Sharkane.

On peut ainsi lire sur ZooChat.com :
« Le 20 novembre 2013, un nouvel enfant orque est né pour a seconde fois des œuvres de Wikie au Marineland Antibes. Son père est inconnu mais on soupçonne fortement qu’il s’agisse de son demi-frère, Valentin.
Cela porte le nombre de orques en captivité jusqu’à 53, et avec l’ajout récent de 8 orques sauvages capturées en Russie, ainsi que de la femelle Morgan, sauvée par le Dolfinarium de Harderwijk et des 2 deux bébés engendrés à distance par l’orque Kshamenk cette année, l’avenir de ces animaux en captivité est radieux ».

kshamenkHé ! L’avenir est radieux, Kshamenk !

Bien sûr, le nouveau-né du Marineland peut aussi avoir été conçu par Inouk, le propre frère de Wikie. Mais les dresseurs d’Antibes semblent s’accorder à dire que Valentin serait le père, car il tournait déjà beaucoup autour de Wikie.
La consanguinité reste un problème majeur pour la plupart des grands parcs. Taku, un orque au SeaWorld Orlando, a fécondé sa propre mère Katina. Celle-ci a donné naissance à la femelle Nalani en 2006. Comme l’a révélé David Kirby dans son livre « Death at SeaWorld », Nalani a le regrettable privilège d’être la première orque captive au monde entièrement consanguine.

En juin 2013, Loro Parque a annoncé la mort de la petite Vicky, 10 mois. Vicky était le second enfant de Kohana né des œuvres de son oncle. Kohana rejetta d’ailleurs les deux bébés à la naissance.

Quant à la jeune Wikie, 12 ans, elle va devoir désormais nourrir tout à la fois un jeune et un nouveau-né. Si son nouvel enfant est bien consanguin, il risque comme Vicky de graves problèmes de santé. L’attitude du Marineland s’explique mieux à la lumière de ces quelques faits et s’inscrit dans une stratégie de communication propres à tous les delphinariums : «Si nous ne reconnaissons pas les faits, alors ceux-ci ne peuvent être vrais ».
(D’après l’article d’Elizabeth batt)

wikie-moana2Wikie et Moana

5. « Nos équipes animalières et vétérinaires se relayent jour et nuit pour s’assurer de la bonne santé et du bien-être du bébé, dont le sexe sera déterminé plus tardivement. Un jeu concours sur notre page Facebook sera alors réalisé pour le choix du prénom ».

Les soins empressés de l’équipe vétérinaire est une autre constante dans le discours des delphinariums, qui finissent d’ailleurs par ressembler davantage à une clinique qu’à un zoo. Quant au jeu-concours, quel parc marin ne se livre-t-il pas à ce petit jeu mercantile destiné à fidéliser sa clientèle ? Le sexe ne sera déterminé que plus tard, ce qui est prudent mais tenons-nous prêt : d’ici peu, une nouvelle vague de propagande et d’aberrations pseudo-scientifiques sera déversée sur la tête du public.

Et l’on oubliera très vite que ce qu’on nous donne à voir est un spectacle monstrueux et indigne.
Ainsi que le suggère la parabole du livre «Un autre regard sur les zoos», imagine-t-on un seul instant que l’on puisse faire subir le même sort à des êtres humains ? Imagine-t-on que l’on fasse se reproduire une frère et sa demi-soeur de la tribu Jarawa, par exemple, une tribu au bord de l’extinction dans les Iles Andaman ? Si le Marineland en prenait soin, il enfermerait une poignée d’indigènes dans un enclos en béton nu, avec quelques jouets et des spectacles quotidiens. Devant l’enclos, un panneau indiquerait : «Jarawa, programme européen de reproduction».

Les orques libres parlent, pensent, prévoient, se souviennent, portent des noms, interdisent l’inceste et s’inventent des cultures.
Où est la différence ?

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Le Marineland d’Antibes

wikie-moanaWikie et Moana

winnie-et-bébéWikie et l’enfant de son demi-frère