Free our last 6 dolphins in Belgium.

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Dauphins Libres : le retour !

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Après quelques années de sommeil dues à sa mise en page obsolète, le site Dauphins Libres, créé en 1997, revient sur la ligne de front des combats.
Entièrement rénové tant dans la forme que dans le contenu, Dauphins Libres et Dauphins Captifs est désormais consultable sur n’importe quel support (PC, smartphone, tablette) et via Twitter et Facebook.
C’est là que vous trouverez désormais l’actualité des cétacés captifs en ligne, mais aussi bien d’autres sujets relatifs aux animaux non-humains.
Free Dolphins Belgium continue de son côté à vous offrir un grand nombre d’articles d’archive rares et précieux.
Merci de votre fidélité.

Yvon Godefroid
Michaël Godefroid

 

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Chester la fausse orque se mutile à Vancouver

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Chester à l’Aquarium de Vancouver. Sur cette photo, on distingue déjà la blessure au menton.

Août 2015

Chester est une pseudorque mâle (Pseudorca crassidens) qui fut secouru en juillet 2014 près de Tofino, en Colombie-Britannique, alors qu’il n’était encore qu’un bébé de quelques semaines.
L’équipe du Vancouver Rescue Center est parvenue à le maintenir en vie avec acharnement. On a nourri l’enfant au au biberon, il a été baigné dans un environnement humain depuis un an et il a été déclaré de ce fait « non réhabilitable ».
Une aubaine pour le Vancouver Aquarium, qui a déjà renoncé à ses orques et ne possède plus que deux bélugas et deux dauphins japonais.  Chester est donc destiné au spectacle. Mais la captivité lui pèse.

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Chester nourri au « biberon ».

Ingrid Visser, une biologiste marine de Nouvelle-Zélande, lui  a rendu visite cette semaine.
Selon elle, l’animal présente des signes d’automutilation.
« Chester s’automutile », a-t-elle déclaré. « On distingue bien des plaies ouvertes sur sa mâchoire. On dirait qu’il fait cela depuis un certain temps », ajoutant :  » C’est le genre de chose que vous voyez souvent chez les cétacés captifs.
Ils ne supportent tout simplement pas d’être gardés dans des piscines en béton. »

 


 

Ce n’est pas l’avis du spécialiste des cétacés Robin Baird, co-fondateur de la liste Marmam peu susceptible d’être un opposant à la captivité. Selon lui, il n’y a évidemment aucune raison de se faire du souci.
« Je ne vois rien sur ces photos qui laisse penser que Chester se fasse du mal à lui-même» a déclaré Baird. « Les assertions d’Ingrid Visser me semblent un peu exagérées. »
Baird a expliqué que la pseudorque était encore jeune et un peu maladroite, ce qui est normal. Elle explore son environnement, en se cognant sans doute aux parois, et fait connaissance avec sa nouvelle colocataire, Helen le dauphin à flancs blancs.
Troy Neale, coordinateur des mammifères marins à l’Aquarium de Vancouver, renchérit en disant que Chester va beaucoup mieux depuis qu’il a rejoint le delphinarium. « On le surveille du rostre à la caudale chaque jour et on continuera à le faire !».

En revanche, d’autres témoignages vont dans le sens de celui d’Ingrid Viser, que l’on sait digne de confiance. Chester se frapperait régulièrement la tête contre les parois et sa « colocataire » Helen se montrerait agressive à son égard. Il faut savoir qu’en mer, les fausses orques sont de redoutables prédateurs qui chassent le marsouin et le dauphin. On peut comprendre que la delphine n’apprécie guère ce voisinage.
Le fait qu’elle soit âgée d’une vingtaine d’années et que Chester soit encore un enfant rend également les relations difficiles.

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La delphine Hana en soins intensifs. Elle ne survivra pas.

Enfin, Helen vient de perdre sa seule amie Hana en mai dernier. Son moral est donc au plus bas.
Toutes deux étaient détenues à l’Enoshima Aquarium, au Japon. Des pêcheurs les auraient sauvées en même temps en 2003, alors qu’elles s’étaient malencontreusement empêtrées dans un filet de pêche.
Voilà un acte de compassion assez remarquable de la part de pêcheurs japonais. Mais puisque l’Aquarium de Vancouver nous demandent de croire cela…

Quoiqu’il en soit, le destin de Chester semble tout tracé : il « performera » jusqu’à sa mort, auto-mutilation ou pas !

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Chester. Le sauvetage de cétacés est désormais le meilleur moyen pour les delphinariums de renouveler leurs stocks d’animaux de spectacle.


Sources :
https://instagram.com/p/55pccDwKOj/?taken-by=wildforwhales
http://www.cbc.ca/news/canada/british-columbia/chester-the-false-killer-whale-at-vancouver-aquarium-is-self-harming-says-marine-biologist-1.3177371
http://www.cbc.ca/news/canada/british-columbia/false-killer-whale-calf-recovering-at-vancouver-rescue-centre-1.2703713
http://www.cbc.ca/news/canada/british-columbia/rescued-false-killer-whale-chester-moves-to-bigger-pool-1.2751516
http://www.cbc.ca/news/canada/british-columbia/false-killer-whale-calf-recovering-at-vancouver-rescue-centre-1.2703713
https://instagram.com/p/58KM14QKPj/
http://www.ottawacitizen.com/technology/Chester+false+killer+whale+thrives+Vancouver+Aquarium+rescue/10383035/story.html

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Helen et Hana au Vancouver Aquarium. Depuis le mois de mai 2015, Helen est seule.

 

 


Kiska, l’orque solitaire du Marineland de l’Ontario

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Kiska est une orque solitaire âgée de 39 ans.
Avec la petite Morgan à Ténériffe et Kshamenk en Argentine, elle est le symbole même de toute l’horreur de la captivité, qui frappe aujourd’hui 53 orques dans le monde et un nombre indéfini d’autres cétacés captifs. Kiska survit aujourd’hui au Marineland du Canada.
(….)

Lire la suite sur Dauphins Libres :
Kiska, l’orque folle

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Le Marineland du Canada : charniers, tortures et bonnes affaires !

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Beyli, mort à 25 ans, le visage lacéré.

10 septembre 2014

La mort du béluga Beyli au Marineland du Canda a donné lieu à un article mensonger dans le journal « Toronto Sun ».

Tout d’abord, les rapports de la CITES nous indiquent que Beyli est né entre 1989 et 1991.
Il n’avait donc pas plus de 25 ans, et non 40 comme l’affirment les communiqués de presse.

Nous savons aujourd’hui que les bélugas vivent au-delà de 60 ans à l’état sauvage.
Si un décès à l’âge de 25 reste exceptionnel, 40 est l’âge moyen des baleines blanches en liberté.

Ensuite, le Marineland du Canada était supposé posséder 41 bélugas, selon les mêmes documents officiels de la CITES.
Or, d’après ce qu’on peut lire, il n’en reste plus que 36, en ce compris les derniers nés captifs.
Cela signifie donc que 5 bélugas au moins sont morts durant les 2 dernières années, sans qu’on en sache rien.

Cela étant dit, les morts sont les plus chanceux car les survivants vivent l’enfer.
Et nous n’avons aucune raison de croire que la situation pourrait changer bientôt.

(Message de Julie, Cetacean Freedom Network)

Lire la suite sur Dauphins Libres 

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43 bélugas russes entassés dans les bassins du Marineland

 


L’attaque du béluga au Marineland Ontario !

Le 8 août 2013, une dresseuse a été blessée au Marineland Ontario, Canada, lors d’un show avec 2 bélugas. La  jeune femme a été transportée à l’hôpital après l’incident, raconte le blog « Tout le monde déteste Marineland ».

L’incident a été filmé et posté sur Youtube par un certain Tom Blake. La vidéo, qui dure 1 minute 45, nous montre que quelque chose ne tourne pas rond entre la dresseuse et le béluga  avec lequel elle travaille.

Ensuite, au lieu de surgir à la verticale hors de l’eau et de remonter sur le bord du bassin comme son collègue vient de le faire, on voit la dresseuse s’extirper péniblement hors du bassin, pendant que le béluga reste collé près d’elle. L’autre dresseur s’approche et la réconforte. La femme semble blessée. Puis un 3ième individu arrive et se penche sur la victime. Pendant ce temps, les bélugas restent très calmes et vont chercher leur bout de poisson.

«Un rapport qui nous est parvenu aujourd’hui confirme qu’une dresseuse a été blessé à Marineland. Une ambulance a été appelée au Niagara Falls Abusement park en début de soirée » écrit le blog anti-Marineland, ajoutant : «Marineland n’a pas fait de commentaires à propos de l’accident. Pas de mot n’est dit sur l’identité du béluga impliqué dans cette affaire».

Nos tentatives pour contacter Marineland et Tom Blake n’ont pas été faciles.

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Phil Demers, un ancien dresseur aujourd’hui poursuivi pour diffamations par le Marineland, nous dit qu’il n’est pas évident de comprendre comment l’incident a pu se dérouler. « J’ai deux explications : soit, la faute revient à  l’inexpérience de la dresseuse. Elle a pu se cogner le genou contre la paroi, et cela fait très mal, je peux vous l’assurer ! L’autre scénario, ce serait que le béluga ait mordu réellement et se soit accroché à la jambe de la dresseuse. Je n’ai jamais vu ni connu un béluga faisant cela, mais ces cétacés ont des dents, ce n’est donc pas impossible. La raison pour laquelle je penche pour cette version est que cela apparaît dans la vidéo ».

A un moment donné, le béluga tient la cuisse ou le genou de Sydney dans sa gueule. On peut aussi voir clairement que le second soigneur tente aussitôt d’attirer l’attention de sa collègue inexpérimentée avant le moment probable de l’impact contre le mur.

En outre, ajoute Demers, « le dresseur semble remarquer que quelque chose se passe. Il rappelle la baleine blanche sur le devant de la scène de manière plutôt frénétique. Cela me laisse penser que la femme a pu être mordue, mais je n’en suis pas certain. Ce que je sais, c’est qu’une ambulance a été appelée. Un témoin m’a appris que Sidney hurlait de douleur et que la blessure se situait au niveau du genou. »

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Les bélugas sont de gentils cétacés avec une figure mystérieuse et ne sont pas spécialement connus pour être agressifs. Au contraire, ce sont les favoris des parcs marins à cause de leur beauté presque extraterrestre, et de leur docilité à l’égard des adultes et des enfants. Durant les quelque 3 années de recherches sur les cétacés en captivité menées dans le cadre de mon livre « Death at Seaworld », je  n’ai encore jamais entendu parler d’agression d’un béluga sur un humain.

Demers affirme pour sa part qu’il a subi et été témoin de nombreuses blessures infligés par des bélugas. « Ce sont de grands animaux et il peuvent se débattre avec une force terrible, lorsqu’ils se trouvent dans une situation stressante». Il a été personnellement témoin de blessures telles que des fractures aux genoux, aux chevilles ou aux orteils. « Une dent a traversé ma lèvre quand un béluga m’a envoyé un coup de nageoire en plein visage comme un crochet du droit » dit-il. « J’ai également vu des bélugas mordre les mains des dresseurs pendant les procédures médicales forcées. Cela fait mal !»

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Si l’incident filmé est bien une agression, elle s’expliquerait par l’espace minuscule dans lequel les bélugas doivent vivre.

«Depuis toutes ces années que je travaille avec les bélugas, c’est la première fois que je vois que l’on confine 2 baleines blanche en solitaires, dans une petite piscine adjacente aux dauphins», poursuit Demers.

«Peut-être cela crée-t-il un stress supplémentaire pour ces 2 individus qui cohabitaient jusqu’alors avec un grand nombre de leurs semblables. Le fait de devoir exécuter 5 shows par jour a certainement contribué à rendre ces animaux nerveux, qui ne participent aux shows que depuis deux saisons ».

Quelle que soit la cause de l’accident, une chose est claire à Marineland: le spectacle ne s’arrête pas, même pour une blessure grave.

« C’est une triste chose que de voir le spectacle se poursuivre, malgré la blessure du dresseur », dit Jeffrey Ventre, un ancien employé du Seaworld Orlando. «Cela nous rappelle qu’il s’agit là d’une production de divertissement et nullement d’une séance de sensibilisation». Jeffrey a travaillé avec des bélugas durant 3 ans et demi. «Une fois, j’ai vu un béluga attraper la main et l’avant bras du dresseur puis le relâcher après une minute »

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Jeffrey Ventre ajoute : « Pendant mon séjour à SeaWorld, nous étions sans cesse encouragés à garder le sourire tout en restant attentifs aux actes d’agressions possibles. Quand je vois cette vidéo, cela me rend triste. Je me dis que les dresseurs sont presque tout autant exploités que les animaux dont ils s’occupent.  Finalement, on en arrive à ce que même les gentils bélugas, placés dans un environnement si peu naturel, finissent eux aussi par devenir agressifs ».   

Alex Dorer, responsable du groupe anti-captivité « Fins et fluke » a récemment visité Marineland et participé à une manifestation. Il estime lui aussi que le stress de la captivité peut amener un béluga docile à des actes violents.

«Ces 2 bélugas résident dans un petit bassin d’isolement à droite. Cela ne me surprend pas vraiment que l’un d’eux ait mordu son dresseur. Cet animal est sans doute extrêmement dépressif, et sans doute épuisé de vivre dans une piscine  minuscule avec un autre énorme béluga. Ici, ils ne disposent pas d’assez  d’espace à parcourir, ils ne peuvent pas aller où ils le voudraient, comme dans la nature »

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Cette vidéo arrive au mauvais moment pour Seaworld. La compagnie vient en effet de faire appel contre la décision d’OSHA qui interdit à ses dresseurs de redescendre dans l’eau avec les orques.
De manière générale, les êtres humains et les cétacés ne sont pas censés entrer en contact physique les uns avec les autres. Quand cela arrive, de mauvaises choses peuvent se passer et des gens sont envoyés dans des hôpitaux. Est-ce la captivité qui responsable des blessures de la jeune Sydney ?
A l’opinion publique d’en juger…

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Rappelons que près de 40 bélugas sont actuellement détenus au Marineland Canada dans des conditions inommables.

Traduit par Hurricane Warrior d’après l’article de David Kirby :
http://www.takepart.com/article/2013/08/09/when-whales-attack-beluga-injures-trainer-marineland-ontario

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En savoir plus :
http://www.dauphinlibre.be/belouga.htm
http://www.reseaucetaces.fr/pdf/rc/Belugas_en_captivite-Bilan_2009_-C_Yzoard.pdf
http://marinelandcanada.blogspot.ca/2013/08/breaking-trainer-injured-at-marineland.html
http://www.torontosun.com/2013/05/31/beluga-whales-deaths-at-marineland-spark-outrage
http://www.earthintransition.org/2012/09/belugas-in-captivity-the-legal-and-moral-issues/


L’histoire de Mavis et Howard au West Edmonton Hall

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Qui se souvient de Howard et Mavis ?
Qui se souvient de Gary et Mary ? Personne. Les dauphins captifs meurent dans l’oubli. On efface leur image des mémoires après leur décès sur les sites officiels des prisons aquatiques. On nettoie Google. Et nul ne sait non plus où l’on peut trouver leur tombe.
C’est le genre d’histoires que l’Industrie déteste entendre…

1. QUATRE DAUPHINS DANS UN CENTRE COMMERCIAL

« Découvrez l’une des villes les plus populaires du Canada et la région de la capitale de l’Alberta. Edmonton associe l’élégance raffinée d’une grande métropole moderne et le caractère convivial de l’hospitalité traditionnelle de l’Ouest. Edmonton est la porte d’accès au grand nord canadien, une région de montagnes majestueuses, de lacs scintillants, de rivières riches en histoire, et d’aventures dans les neiges ».

La vaste galerie marchande du West Edmonton Mall en constitue certainement le fleuron :
« Il vous faudra plus d’une journée pour découvrir les innombrables attractions du West Edmonton Mall, le plus grand centre commercial et de loisirs au monde ! Il abrite notamment 800 magasins et services, le World Waterpark, un parc à thème aquatique, le parc de loisirs de Galaxyland, la patinoire d’Ice Palace, le Deep Sea Adventure, les Sea Life Caverns, et la caravelle Santa Maria. Vous pourrez aussi profiter du parcours de minigolf du Professeur Wem, du casino, du centre thermal, travailler votre drive de golf sur le toit, faire du saut à l’élastique, choisir parmi 26 cinémas, et tant d’autres choses ! »

Comme par exemple, le tout petit « lagon des dauphins»

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En mai 1985, 4 jeunes dauphins Tursiops nageaient librement au large de Charlotte Harbour, en Floride. Ce n’étaient encore que des enfants, âgés de deux à quatre ans.
Sur commande de la famille Ghremezian, propriétaire du West Edmonton Mall, ils furent capturés par l’un des plus célèbres « chasseurs de dauphins  » au monde, Jay Sweeney, qui s’illustra aussi en attrapant des orques à la dynamite.
Fondateur de la chaîne commerciale Dolphin Quest, Sweeney reçut en 2005 un prix prestigieux de la part de l’IMATA, l’association internationale des dresseurs de dauphins.

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3 autres dauphins se noyèrent au moment de l’opération. Les 4 survivants furent aussitôt amenés à l’intérieur du Mall, où on les baptisa Gary, Howard, Mavis et Marie. En mai 2001, Gary, âgé de 20 ans à peine, mourut au terme de 16 ans de captivité dans un hall bruyant, sans soleil et mal ventilé.

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La petite delphine Marie le suivit de peu, qui décéda vers 19 ans au mois d’août 2001. L’autopsie révéla que cette mort était due à l’ingestion de pièces de monnaie ou d’objets incongrus que les visiteurs jetaient dans son bassin et que la delphine avalait par ennui. Le métal lui empoisonna le sang.
Il ne resta plus dans le bassin que Mavis et Howard.

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2. MAVIS

Le cadavre d’un delphineau mort-né flottait dans le bassin du delphinarium d’Edmonton Mall ce vendredi 12 juillet 2002, pendant que sa mère, doucement, le poussait du rostre en tentant désespérément de le ramener à la vie.
Les clients du Mall, qui se mettaient à l’abri de la chaleur caniculaire, ont été très surpris de se retrouver tête-à-tête avec ce spectacle dramatique, qui suscitaient mille questions de la part de leurs enfants :

–  » Pourquoi le petit dauphin, il ne bouge plus ? Il va se réveiller ?  » demandait un garçonnet à son père, puis avec des larmes plein la voix, l’enfant insistait encore :  » Il a faim ? Il est mort de faim ? »

Le bébé dauphin était né la veille.
Sa mère, la delphine Mavis, est l’un des deux derniers dauphins Tursiops de l’Atlantique que possède encore l’Edmonton Mall. Son enfant est mort juste après la naissance et une autopsie a été décidée pour découvrir les causes de ce décès. En attendant, les dresseurs ont choisi de laisser le bébé mort dans la piscine avec ses parents, Mavis et Howard. Leur intention était de permettre aux deux dauphins adultes de faire le deuil de leur enfant.

« Ce n’était d’ailleurs pas sans risque de descendre dans la piscine juste après le décès » a déclaré le porte parole du delphinarium, M. Travis Reynolds « Mavis devait d’abord accepter l’évidence ».  

Selon ce même porte-parole, Mavis aurait vécu une grossesse de douze mois tout à fait normale et sans complications.
Aujourd’hui, elle fait l’objet d’une surveillance constante pour s’assurer que son état de santé est bon et qu’elle retrouve sa force et son énergie. « Nous attendions beaucoup de cette naissance et c’est un drame pour tout le monde » 

Tove Reece, le président d’une association en faveur des animaux basée à Edmonton Voice for Animals n’est évidemment pas de cet avis : il voit dans le décès du bébé de Mavis une nouvelle preuve que la place des dauphins n’est pas dans un centre commercial mais plutôt dans la mer !

 « C’est le troisième enfant de Mavis, rappelle-t-il, et les deux précédents sont morts de la même manière. Sans aucun doute, la captivité raccourcit la durée de vie des dauphins adultes mais ce n’est pas non plus le bon endroit pour donner naissance à un delphineau ! Je ne sais pas pourquoi ce bébé est mort, mais il semble qu’il s’agisse là d’un phénomène réitérant. Très clairement, il y a là un problème : les dauphins n’ont pas à être maintenus dans des espaces bétonnés aussi minuscules « 

La SPA d’Edmonton a reçu de nombreux appels de la part de citoyens offusqués par cette situation.

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Melissa Boisvert, porte-parole de l’agence de protection des animaux locale, a déclaré que la décision de laisser le cadavre de l’enfant flotter dans le bassin était juste et fondée.  « Nous croyons que les parents ont fait ce qu’ils ont pu.. et qu’ils ont besoin maintenant de faire leur deuil de ce décès ».

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Une mère porte le deuil de son enfant en mer

Une équipe dépêchée par la SPA à l’Edmonton Mall avait mené une inspection de routine quelques jours auparavant et déterminé que les dimensions du bassin étaient conformes aux normes minimales et que les parents ne manifestaient aucun signe d’abus ou de négligence.

Vendredi après-midi, Mavis a continué à pousser le corps de son bébé mort d’un coin à l’autre du bassin, l’emmenant parfois vers le fond puis le ramenant à la surface. Elle laissait flotter le corps un instant puis revenait vers lui et le poussait encore.
Accroupi sur le bord du bassin, un dresseur observait attentivement la scène.
De son côté, une cliente du nom de Rayline Ziegler a essayé d’expliquer cette mort à sa petite fille de trois ans, Victoria.
« Elle pense le bébé est juste en train de nager «  nous explique-telle, alors qu’elle est elle-même enceinte et prête à accoucher.

Un garçonnet de sept ans, Ben Kurtz, visitait le Mall avec sa famille venue de Beeton, Ontario. Il a regardé le delphineau mort durant quelques minutes mais n’a pas su que dire ensuite.  « Il pourrait être mort, mais je pense vraiment qu’il est simplement malade » a-t-il déclaré.
Sa mère Carolyn ne savait comment expliquer à son fils et à sa petite fille Larissa, âgée de quatre ans, que le bébé dauphin était bel et bien mort.

« Je leur ai dit que je n’étais pas sûr s’il était vivant ou mort, parce que je n’ai pas vraiment envie de leur expliquer de quoi il s’agit ».
Cette dame a cependant jugé que ce genre d’incident renforçait son malaise par rapport à la captivité des dauphins.
« Cet aquarium est très petit. Ce n’est pas vraiment l’endroit où des dauphins sont censés se trouver. Si cette mère dauphin avait reçu l’aide dont elle avait besoin en pleine mer, je doute fort que cette mort se serait produite. » 

Dave Crowe, un client venu de Fort Saskatchewan, affirme pour sa part qu’il aurait préféré que le Mall enlève le cadavre du delphineau.

« Regardez tous ces gosses qui demandent : pourquoi on ne le réveille pas, le bébé dauphin ? On devrait l’emmener loin d’ici, ces enfants ne doivent pas subir un tel spectacle ! ».

Un autre client, Bruce Macovichuk, n’est pas de cet avis. Il estime que c’est une bonne chose d’avoir laissé ce bébé mort avec ses parents. Les responsables du Mall sont sans doute attristés par cette affaire, mais c’était un bonne décision. Le seul problème, c’est que beaucoup de gens vont critiquer les delphinariums à cause de cet incident !

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Le décès de ce jeudi était le cinquième de l’histoire du Mall.

Trois delphineaux sont morts peu de temps après à la naissance en 1992, 1993 et 1996. Un autre est mort né en 1996. Trois ont été portés par Mavis, deux par Maria, qui est morte en 2000 à l’âge de 19 ans. Un autre dauphin adulte, Gary, mort à l’âge de 20 ans en 2001. En liberté, un dauphin vit de 40 à 60 ans.

Quelques jours plus tard, un nouveau témoignage nous est parvenu à propos de ce décès : selon certains témoins, c’est Mavis elle-même qui aurait noyé son propre enfant dès la naissance. Mavis aurait frappé à plusieurs reprises son nouveau né dès sa naissance et l’aurait entraîné dans le fond du bassin jusqu’à ce qu’il meure.

Ce comportement, rappelle Ric O’Barry, est fréquent chez les delphines captives mais largement censuré. Il cite notamment le cas de Sally au Waragamba Dam, en Australie, qui a noyé de cette manière pas moins de quatre de ses enfants.

L’explication ? Sans doute, la delphine ne voulait-elle pas que son bébé vive en captivité le restant de ses jours. Comme le suicide, attesté en bassin, l’infanticide semble répondre à une préoccupation majeure de la maman dauphin, qui sait dans quel enfer son enfant va devoir naître.
La dépression nerveuse peut se montrer aussi dévastatrice chez un humain que chez un dauphin.

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Mavis est morte.
Mavis, la petite femelle Tursiops détenue au West Edmonton Mall depuis 1985, est morte à l’âge de 23 ans, ce mercredi 23 juillet 2003.
Selon la presse, le deuil prolongé que Mavis a du subir suite à la perte de son dernier enfant semble avoir provoqué sa mort. « Nous avons procédé à un examen post mortem et nous n’avons pu trouver aucune raison médicale valable pour expliquer son décès » a déclaré le Dr. Carol Shwetz, qui veille depuis huit ans sur la santé des quatre dauphins détenus au WEM.

Le Dr Shwetz a précisé que la delphine Mavis refusait de manger depuis un certain temps, pour des raisons non expliquées.
« Peut-être était-ce pour elle le moment de mourir. Personne ne sait combien de temps les dauphins vivent en liberté« .

Cette petite femelle dominante, connue par ses dresseurs pour son caractère pétillant et son souci de plaire avait commencé à refuser de manger de façon sporadique, juste après la mort de son dernier delphineau, en juillet dernier.
Des centaines de clients du Mall avait pu la voir pousser doucement le cadavre de son enfant qui flottait dans le bassin.
« Puis elle a recommencé à manger un peu mais plus jamais, je ne l’ai vue joyeuse comme elle pouvait l’être durant les précédentes années ».
Le directeur général, Gary Hanson, a déclaré qu’il ne savait pas encore ce qu’on allait faire de ce pauvre Howard.

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Le show du Mall constitue depuis longtemps une attraction importante pour la région, visitée chaque année par des milliers de gens, au nombre desquels 4.000 enfants venus de 200 groupes scolaires. Le docteur Shwetz, pour sa part, a indiqué qu’elle espérait qu’un « délai de grâce » d’au moins 30 à 45 jours lui soit accordé avant qu’une décision soit prise.
« Un dauphin solitaire est certainement en difficulté  » a-t-elle reconnu, « Mais nous pouvons envisager de lui adjoindre d’autres dauphins, ou à tout le moins des compagnons telle qu’une tortue marine ou un pingouin. Bien entendu, nous allons essayer d’envoyer Howard quelque part où il pourra se trouver en compagnie d’autres dauphins. Ceci demande pas mal de recherches et de réflexions avant que de prendre une décision ».

En attendant, Howard semble plutôt bien faire face à sa solitude jusqu’ici, a conclu le Docteur Shwetz.
« Il nage avec les entraîneurs, interagit avec eux car il ne faut pas oublier que pour lui, ces gens font partie de sa propre famille. Il n’est donc pas tout à fait seul ! « .

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3. HOWARD

1er  novembre  2003
«Howard doit absolument grossir avant qu’on puisse le déplacer vers un autre bassin en compagnie d’autres dauphins » a déclaré Brian Joseph, un vétérinaire californien spécialisé en dauphins captifs. Howard a en effet terriblement maigri depuis la disparition de sa compagne Mavis, morte en juillet 2002.  « Il souffre également d’ulcères et d’un stress intense «  a poursuivi Joseph.

Gary Hanson, le porte-parole du Mall, affirme pour sa part que les projets existent pour déplacer Howard vers un lieu plus approprié – le Dolphin Research Center en Floride a déjà accepté de l’accueillir – mais sa santé est aujourd’hui si faible qu’il risque d’en mourir.

Des organisations de défense animale ont protesté auprès du Mall pour qu’il libère Howard et ont manifesté devant l’établissement la semaine dernière en se déguisant en dauphins.

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Hanson a reconnu qu’il recevait près 500 e-mails par jour de la part de gens réclament la liberté d’Howard, le dernier survivant d’un groupe de quatre dauphins capturés en Floride en 1985. Gary est mort en 2001, Maria en 2000, Mavis en 2003. Tous les bébés nés en bassin ont décédés à la naissance.

Décembre 2004
Howard flotte toujours dans son bassin du WEM, plus solitaire que jamais.
Alan Cooper et les activistes du monde entier exigent aujourd’hui le retour en mer de ce dauphin solitaire, d’autant plus facile à réaliser que l’on sait le lieu précis où il fut capturé.  Randy Wells, le célèbre cétologue américain, serait même prêt à tenter l’expérience de la réhabilitation de ce pauvre Howard dans ses eaux d’origine. Mais les gestionnaires du Mall n’en ont cure et persistent à garder cet ultime survivant d’un massacre annoncé….

Selon eux, ce pauvre dauphin est bien trop malade et dévoré d’ulcères que pour pouvoir être transporté où que ce soit. malgré son état de santé déficient,  Howard se doit néanmoins d’exécuter chaque jour les sempiternelles shows qu’on lui a enseigné. « C’est bon pour sa forme physique » ont déclaré les gestionnaires du trou d’eau.

Mai 2004
Howard a enfin été déplacé vers les bassins de l’un des plus vieux delphinariums au monde, The Theater of the Sea (TOTS) en Floride, une structure fondée en 1946 par la famille P.F. McKenney.
Sept dauphins y sont prêts à accueillir notre cher vieil Howard, qui pourra donc retrouver un semblant de vie sociale, sans parler du vent, du soleil et de l’eau de mer naturelle,  après ces années atroces d’isolement presque total dans le trou d’eau obscur d’un grand magasin…
Vu son état de santé, aucun show n’a encore été prévu pour lui.

En revanche, un dresseur du TOTS s’est rendu au Canada pour le prendre en charge et le préparer à son grand voyage. Ce dresseur « personnel » restera un certain temps auprès de Howard pour faciliter son acclimatation dans ce lagon à ciel ouvert agrémenté de flamants roses.  Pour l’instant, Howard n’a pas encore été mis en présence de ses nouveaux compagnons.

Howard ne retrouvera plus jamais le plaisir de nager en eaux libres mais force est d’admettre que ce transfert est tout de même une bonne nouvelle pour lui comme pour nous, car il le sauve d’une mort certaine à court terme.

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8 mai 2005
Nous apprenons ce soir avec chagrin que notre ami le dauphin Howard vient de mourir en Floride.
Nous étions tous si fiers d’avoir pu le tirer de son trou d’eau chloré du WEM !
Et puis voilà, un an après, malgré des conditions d’accueil infiniment plus favorables (soleil, eau de mer, poissons, oiseaux dans le ciel, mangroves, et même deux nouveaux copains), Howard a décidé de lâcher la barre.

Sa femme, ses enfants, ses amis, ses parents, son pays, sa dignité, tout lui avait été pris.
Le coeur brisé, Howard n’avait plus de raisons de vivre…

Il a choisi l’ultime liberté. Il s’était fait de nouveaux amis… mais à quoi bon ?
Après 20 ans de captivité, Howard en avait trop vu de la méchanceté humaine.

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Aujourd’hui que tous les dauphins sont partis, un show d’otarie est désormais proposé aux visiteurs.
Exactement comme au Zoo d’Anvers, où 30 dauphins succombèrent dans le bassin même qu’occupent les lions de mer.

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Qui se souvient de Howard et Mavis ?
Qui se souvient de Gary et Mary ? Personne. Les dauphins captifs meurent dans l’oubli. On efface leur image des mémoires après leur décès sur les sites officiels des prisons aquatiques. On nettoie Google. Et nul ne sait non plus où l’on peut trouver leur tombe.
C’est le genre d’histoires que l’Industrie déteste entendre…

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Kavna à Vancouver. Juste un détail à oublier !

L’histoire en anglais
http://wemanimals.blogspot.be/2010/04/history-of-wem-animals.html
http://www.freewebs.com/defunctmarinemammalparks/westedmontonmallcan.htm

L’histoire et les combats sur Dauphins Libres
http://www.dauphinlibre.be/edmon.htm

La fin de Mavis
http://www.prijatelji-zivotinja.hr/index.en.php?id=326

Le Wem aujourd’hui
http://www.wem.ca/#/play/theme-parks-attractions/marine-life

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Pour en savoir plus sur les problèmes de déshydratation chez les dauphins captifs.

http://understanddolphins.tripod.com/dolphinhydration.html

Les dauphins s’hydratent en mangeant exclusivement par la nourriture en mangeant du poisson vivant qui contient 70% d’eau douce. Malheureusement dans les delphinarium, les dauphins sont nourris avec du poisson congelé qui équivaut presque à du poisson sec. Les dresseurs injectent  donc de l’eau des douce mais aussi des médicaments, des anti-depresseurs et des vitamines dans le poissons avant de nourrir les nourrir.

Pour plus d’info (en anglais):

http://understanddolphins.tripod.com/dolphinhydration.html

http://understanddolphins.tripod.com/dolphinfeeding.html