Free our last 6 dolphins in Belgium.

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SeaWorld tente de faire taire un scientifique « radical »

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Thomas White

Ceux qui exploitent les animaux à des fins lucratives- ainsi que leurs publicitaires – décrivent régulièrement les militants des droits des animaux comme des extrémistes, des radicaux et des terroristes, afin de discréditer, de les marginaliser et de les affaiblir.

Grâce à des contributions de campagne, ils recrutent également des élus, qui ont l’oreille du public, pour tenir le même genre de langage incendiaire. Malheureusement, c’est une approche qui fonctionne bien, car le grand public voit le plus souvent les militants sous cet angle.

Mais que se passe-t-il quand une entreprise exploitant des cétacés utilise cette tactique pour discréditer et faire taire une autorité reconnue, qui n’est certainement pas considéré comme un «extrémiste radical » ?

 

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Les défenseurs des cétacés : des terroristes !


En novembre dernier, l’American Cetacean Society a invité le Dr Thomas White – un professeur d’université réputé, auteur de l’ouvrage « In Defense of Dolphins » et qui dénonce la captivité des cétacés – à participer à un panel de discussion sur la détention des orques lors de sa conférence annuelle. Avant la session, SeaWorld, qui était également annoncé au programme – a demandé et obtenu qu’il ne soit pas enregistré. Un acte très inhabituel et contraire à l’éthique d’une conférence scientifique dont les exposés sont publiquement disponibles.

Dans une vidéo qui fait le tour du web, le Dr White déclare que la requête de SeaWorld était fondée sur la volonté de l’entreprise de réduire au silence un orateur, qu’ils n’auraient pas pu présenter comme un « radical » une fois que ses propos auraient été diffusés.
«Ils nous qualifient de radicaux et comme des chercheurs qui ne sont pas sérieux. Il est plus facile maintenir cette illusion que de prouver la valeur de la captivité « .

Outre cette déclaration publique, le Dr White a publié les images de sa conférence sur Youtube, une vidéo qui atteindra probablement bien plus de gens que si la société SeaWorld n’avait pas tenté de museler l’orateur.

Ce n’est pas la première tentative de SeaWorld d’altérer la science. En 2014, une analyse menée par Orca Research Trust des 52 articles scientifiques publiés par SeaWorld a démontré, entre autres choses, que la société justifiait la captivité par ses études sur les compléments vitaminés ou les inséminations artificielles, même si ces études sont « peu susceptibles d’être utiles aux populations sauvages. »

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Orque à SeaWorld. Pour la science ?

Les tentatives de SeaWorld de faire taire les scientifiques dénaturent la recherche, font passer de la cruauté pour de la conservation, et motivent plus encore les «radicaux» et «non radicaux » à continuer à mener une guerre contre cette entreprise jusqu’à ce qu’elle vide ses bassins. Elles laisseront voir au public que les vrais extrémistes sont ceux qui ceux qui terrorisent des animaux dans un but lucratif.


March 12, 2015
SeaWorld’s Attempt to Silence “Radical” Professor Backfires

http://theirturn.net/2015/03/12/seaworlds-attempt-to-silence-extremist-researcher-backfires/

http://indefenseofdolphins.com/the-book/

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Orque à SeaWorld (2)

 

 

 


Le cauchemar de SeaWorld : une loi contre la captivité des orques !

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Dans un geste surprenant qui ne manquera d’envoyer des ondes de choc dans toute l’industrie des cétacés captifs, un député de Californie propose des mesures législatives pour interdire les spectacles d’orques au SeaWorld de San Diego.

Richard Bloom, membre de l’Assemblée d’État (Santa Monica) a présenté ce vendredi 7 mars 2014 une loi sur le bien-être et la sécurité des orques. Cette loi rendrait illégal le fait de «détenir en captivité, ou d’utiliser une orque sauvage capturé ou élevé en captivité à des fins de performance ou de divertissement ». Le projet de loi interdirait également l’insémination artificielle des orques en captivité en Californie et bloquerait l’importation de sperme d’orque en provenance d’autres États. Les contrevenants seraient passibles d’une amende allant jusqu’à 100.000 $ et/ou de six mois de prison.

« Il n’existe aucune bonne raison d’exhiber des orques captives à des fins de divertissement », a déclaré le député Bloom avant la conférence de presse qui se tiendra au Santa Monica Pier. « Comme les éléphants, ces belles créatures sont beaucoup trop grandes et trop intelligentes que pour être confinées dans de petits enclos en béton toute leur vie. Il est temps de mettre fin à cette pratique consistant à maintenir des orques en captivité pour l’amusement des humains ».
Selon Bloom, sa loi serait « la plus complète jamais votée pour la protection des orques en captivité aux Etats-Unis depuis 40 ans. »

KillerWhaleSeaWorldSanDiego[1]

Aux termes du projet de loi, les 10 orques maintenues captives dans les bassins de SeaWorld San Diego, le seul établissement de Californie qui possède des cétacés, devraient être réhabilitées et remises en liberté si la chose est possible. Dans le cas contraire, les animaux seraient « transférés dans un enclos marin  ouvert au public mais sans qu’is soient contraints à des shows ou autres activités de divertissement. »
Seraient exemptées de cette législation les orques échouées détenues à des fins de réhabilitation après une opération de sauvetage ou à des fins de recherche. Mais même ces animaux devront être remis à l’eau ou envoyé dans une baie marine.

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Ce n’est pas la première fois que les législateurs d’État ont cherché à interdire la captivité de l’épaulard, le plus grand dauphin du monde. La Caroline du Sud a adopté une loi en 1992 contre la captivité des dauphins et des marsouins suite aux efforts déployés par la Humane Society pour bloquer l’ouverture d’un delphinarium à Myrtle Beach.

Le mois dernier, l’Etat de New York, par la voix du sénateur Greg Ball a présenté un projet de loi visant à interdire toute orque captive dans cet état. Bien sûr, il n’y a pas d’orques en captivité en Caroline du Sud ni à New York, ce qui rend le projet de loi californien bien moins symbolique et plus concret.

Au moins cinq pays dans le monde, à savoir l’Inde, la Croatie, la Hongrie, le Chili, le Costa Rica et la Suisse, ont également interdit toute captivité des cétacés.

connyland-babyLe delphinarium de Connyland, aujourd’hui fermé

Le Dr Naomi Rose, spécialiste des mammifères marins à l’Animal Welfare Institute, a déclaré que le projet de loi a été inspiré par le documentaire Blackfish.
« L’effet Blackfish n’a jamais été aussi évident que dans ce cas-ci, a déclaré la scientifique,  « C’est ce qui a conduit à cette première proposition législative sérieuse pour interdire l’exhibition en captivité de cette espèce très intelligente et sociale». Ajoutant : « SeaWorld devrait se joindre à cet effort plutôt que de continuer à combattre. Ils peuvent se replacer dans le bon sens de l’histoire ».

Le député Bloom a demandé à Gabriela Cowperthwaite, la réalisatrice de Blackfish, de l’aider pour son projet de loi. Celle-ci s’est alors tourné vers le Dr Naomi Rose.
« Nous ne sommes pas à l’origine de cette proposition de loi » explique la chercheuse « Mais dès que l’on a fait appel à nous, nous nous sommes plongé de tout coeur dans cette initiative en choisissant les termes juridiques, en fournissant l’information factuelle et en faisant appel à la communauté scientifique».

Naomi Rose a également invité d’anciens dresseurs de SeaWorld qui apparaissent dans le film Blackfish à  soutenir ce projet de loi. Rose, Cowperthwaite, et d’anciens dresseurs de SeaWorld, Carol Ray et John Hargrove, ont comparu avec le député Bloom lors de la conférence de presse du vendredi 7 mars.

Blackfish

Si le projet de loi est voté, SeaWorld devrait alors considérer le succès commercial d’autres aquariums qui ne gardent pas de cétacés dans leurs piscines. L’Aquarium de Monterey en Californie du Nord, par exemple, est régulièrement bondé de visiteurs, sans qu’un seule orque, béluga ou dauphin soit en vue.

En Caroline du Sud, où les orques ne divertiront sans doute jamais le public, le personnel de l’Aquarium de Charleston dirigent régulièrement les visiteurs vers les eaux locales s’ils veulent voir des dauphins.

Le journal « Post and Courier » de « Charleston racontait qu’en 2010, lorsque des touristes demandaient à voir les dauphins de l’aquarium, le directeur de l’établissement, Kevin Mills souriait en répondant : «Eh bien, il suffit de marcher sur notre terrasse d’observation et vous pouvez les voir, en train de nager librement dans le port »

MontereyBayAquariumBackviewMonterey Aquarium

D’après l’article de David Kirby
http://www.takepart.com/article/2014/03/06/seaworlds-worst-nightmare-calif-lawmaker-propose-ban-orcas-captivity

seaworld-kanduMort de Kandu

Réaction de SeaWorld
A court d’argument face à la proposition de loi interdisant la captivité des orques en Californie, SeaWorld ose traiter son initiateur, le député Bloom et tous ceux qui le soutiennent, en ce compris la cétologue de réputation internationale, le Dr Naomi Rose, « d’activistes extrêmes ». SeaWorld use à dessein de ce mot pour défendre ses intérêts commerciaux et susciter la peur chez les Américains en assimilant les associations de défense animale à Al Qaeda.
Cette attitude marque un profond mépris quant au mouvement de fond qui partout dans le monde, fédère des millions de citoyens bien informés, enfants, jeunes, personnes âgées, considérant en leur âme et conscience que l’esclavage des animaux dans les cirques et les zoos doit prendre fin au XXIème siècle. Nous ne sommes PAS des activistes : nous sommes les défenseurs des animaux non-humains et quoiqu’en dise SeaWorld ou d’autres entreprises commerciales du même acabit, rien ne pourra arrêter ce mouvement d’opinion mondial !

SumarMort de Sumar, avec son amie Orkid à ses côtés

Lire aussi :
Planète Info
Les sales petits secrets de SeaWorld
Les orques du Marineland d’Antibes
Il est en effet intéressant de noter qu’outre Corky, qui pleure lorsqu’elle entend la voix de sa mère, le SeaWorld de San Diego détient également une orque française, la jeune Shouka.

shouka-prisonniere


SeaWorld : un dauphin fou mord une fillette

Dolphin-Biting-Girl-at-SeaWorldIncident du 26 février 2014

Une nouvelle fois, un dauphin du Dolphin Cove de SeaWorld  à San Antonio s’est accroché à la main et au poignet d’une fillette de 9 ans. Sa mère n’a pu la libérer, si bien qu’un employé de SeaWorld a du intervenir pour desserrer la mâchoire du dauphin névrotique.

PETA a déposé une plainte officielle auprès de l’USDA en demandant à l’agence d’enquêter et de tenir compte de SeaWorld met en danger tout à la fois le dauphin et le public en violation de la loi fédérale.

Beaucoup d’enfants ont déjà été mordus par des animaux stressés dans les 3 parcs «SeaWorld». Le cas le plus récent date de décembre 2012, quand une gamine de 8 ans a eu la main perforée par les dents d’un dauphin anonyme qu’elle nourrissait dans la petting-pool du SeaWorld d’Orlando, Floride.

Dolphin-Bites-Girl

On peut donc nourrir un dauphin comme on nourrit les canards ?
Mais oui ! Cette pratique dangereuse pour l’enfant et l’animal est depuis longtemps interdite dans la plupart des zoos d’Europe.
En 1957, au Zoo d’Anvers, on pouvait encore  donner à manger aux  éléphants et leur trompe vous chatouillait le creux de la paume. Ces malheureux se bourraient de nic-nacs, de cacahouètes et de bonbons la journée entière et finissaient par en crever.

zoo1_19571957 : Yvon et Catherine au Zoo d’Anvers

Il en est de même dans ces piscines où les dauphins sont caressés sans cesse par des milliers de main et bourés de fish-sticks et d’autres saloperies, sans doute. Il est courant qu’à l’autopsie, l’estomac d’un dauphin soit plein de pièces de monnaie, de languettes de boîtes de bière ou de cigarettes. Ils deviennent obèses, complétement névrosés et souffrent de graves problèmes de digestion.

seaworld-dolphin-1000Dolphin Cove, SeaWorld
Pancho-stomach-contents
Contenu de l’estomac du dauphin Poncho

Malgré cela, SeaWorld offre ce genre d’attractions.
On se souviendra tout de même  que le Boudewijn Seapark a lancé récemment un nouveau programme « éducatif » : entrer dans l’eau avec les dauphins. Quand on sait que même les petits enfants sont admis du moment que leurs parents paient, quand on sait que cet argent est exigé par Aspro Ocio et directement versé dans ses caisses, quand on sait que le jeune Océan est un adolescent nerveux et Beachie un dauphin déprimé avec une infection des poumons, quand on sait que la loi belge interdit en principe le contact direct des visiteurs avec les animaux captifs, on se demande si le Delphinarium de Bruges est vraiment un zoo à part entière.

bruges-touch-dolphinGare à la brucellose !

Pour en revenir aux USA, SeaWorld  a commenté l’incident par ces mots :
«Dolphin Cove offre aux visiteurs la chance de toucher et d’interagir avec les dauphins de l’Atlantique.  A SeaWorld, la sécurité de nos clients et de nos animaux est une priorité absolue. Nous étudions cet incident et nous regrettons ce que notre client a du subir lors de sa visite. SeaWorld fournit des milliers d’interactions sécurisées entre nos clients et nos animaux chaque jour (!), et les incidents de ce genre sont rares. Le personnel de SeaWorld était présent au Dolphin Cove lors de l’incident, et il a réagi rapidement pour aider le client, qui a fait l’objet d’un examen médical sur place. Après l’incident, notre cliente et sa famille a continué leur viste du parc ».

Des milliers d’interactions par jour ?

Lire :
http://www.peta.org/blog/seaworld-problems-dolphin-bites-girl/
http://www.dauphinlibre.be/infanticide_viol_chez_les_dauphins.htm
http://www.wdcs.org/submissions_bin/biting_the_hand.pdf
http://cetaceaninspiration.wordpress.com/2011/12/16/the-dolphin-petting-zoo/
http://www.int-res.com/articles/dao_oa/d081p081.pdf (Health risks for marine mammal workers)
https://freedolphinsbelgium.wordpress.com/2013/07/31/dusty-attaque-la-delphine-en-a-marre/

petting-pool


L’orque et les 2 pêcheurs

fishers-orca-alaska-saved1

Deux pêcheurs sont venus à la rescousse d’une orque, lorsque celle-ci s’est échouée sur un rocher. L’incident s’est produit le 30 septembre 2013 à Klakas Inlet sur l’île du Prince de Galles, au sud de l’Alaska.

Jason Vonick et Nick Segal ont raconté que le cétacé essayait de se saisir d’un phoque. Dans son élan, il s’est retrouvé coincé sur les rochers à marée basse.

Les vidéos postées sur YouTube nous montrent leurs efforts pour apaiser l’orque  en aspergeant d’eau ses nageoires et son dos et en la caressant.

VIDEO NO. 1

VIDEO NO. 2

Deux autres orques nageaient à proximité, en gardant l’œil sur leur amie coincée.
« Ils sont restés à côté d’elle jusqu’à ce qu’elle soit libérée », déclarent les pêcheurs  «C’était un peu angoissant. Nous ne savions pas s’ils se rendaient que nous étions en train d’aider leur amie ou s’ils pensaient que nous lui faisons du mal »

A la marée montante, Vonick et Segal ont craint que l’orque puisse se noyer, faute de maintenir son évent au-dessus de l’eau.
«Quand la marée est venue, elle ne pouvait pas tenir la tête hors de l’eau. Elle a commencé à se noyer, à faire des bruits terribles, à paniquer.
Nous avons aussitôt utilisé les rames de notre esquif comme un levier pour la pousser de la roche vers l’eau profonde« .

Vonick et Segal ont parlé de leur expérience à l’émission de télé « Right This Minute ».

Un article de SUSAN WYATT / KING 5 News NWCN.com
Posted on November 4, 2013 at 12:51 PM

Lire aussi :
Une famille d’orque prend soin d’un handicapé et le nourrit

Kenai_Fjords_orques-alaskaLe monde des orques de l’Alaska

Le plus frappant dans cette histoire, ce sont évidemment les images.
Elles nous montrent une orque qui se sait entre des mains amies. Elle sait que ces gens vont pouvoir l’aider, car ils se servent d’outils.  Et ses compagnes le savent aussi. Elles attendent patiemment que les humains libèrent leur compagne, sans les craindre, sans les agresser, prête à la reprendre en charge.
Cette confiance mutuelle nous interpelle sur le sort qu’on réserve aujourd’hui à la petite Morgan. Elle aussi se trouva en grande difficulté, il y a 3 ans de cela. Elle aussi pensait que les hommes allait l’aider, alors qu’elle s’ait égarée en jouant trop loin de sa maman.  Ce ne fut pas le cas.
Au lieu de gentils pêcheurs, ce furent des marchands d’esclaves qui se saisirent d’elle.
Le 2 décembre, dernier procès en appel pour Morgan à La Haye.


« BLACKFISH » EN BELGIQUE !

blackfish-posterTous les horaires et les détails pratiques
sur la page Facebook Blackfish Belgique

BLACKFISH EN BELGIQUE !

« Un thriller psychologique intense avec une orque en vedette, qui illustre comment la nature peut se venger lorsque l’homme la pousse dans ses derniers retranchements.  Blackfish, c’est l’histoire de Tilikum, un orque condamné à devenir une bête de spectacle. Durant ses 30 années de captivité,  Tilikum a tué et blessé plusieurs personnes.
Gabriela Cowperthwaite, la réalisatrice du film, a interviewé des témoins directs. Elle dresse un portrait hallucinant de la manière dont ces animaux particulièrement intelligents sont maintenus en détention par l’industrie des parcs de loisir, avec pour seul objectif l’appât du gain.
Cette histoire interpellante pose une question cruciale : ces animaux peuvent-ils être détenus de la sorte ? »

Enfin ! Distribué par Remain in light / Filmfreak Distributie, le documentaire américain Blackfish sort en Belgique à partir du 30 octobre 2013, ainsi qu’en Allemagne, aux Pays Bas et en Espagne. La France ne s’est malheureusement pas montrée intéressée, malgré la présence de 5 misérables orques captives sur son territoire.

Entre le 26 et le 30 octobre, Samantha Berg, l’ancienne dresseuse de Tilikum sera présente à Bruxelles. Samantha lutte maintenant contre la captivité et gère un remarquable site web avec d’autres anciens dresseurs, également interviewés dans ce documentaire.

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Un site web a été conçu pour fournir toutes les informations utiles et même AGIR contre la captivité, puisqu’une pétition y figure.
http://be.blackfish-film.be/


Shamu Show, le cirque romain !

Voici les dates des premières projections.
Samantha Berg nous arrivera de l’Alaska où elle exerce le métier d’acupunctrice et se rendra en Italie, en Espagne (Loro Parque), en Allemagne, aux Pays-Bas, au Luxembourg et en Belgique.
Lire sur la page Face Book le détail des horaires et rencontres avec Samantha.

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Cinema Zed – Louvain (à partir du 23/10/13)
CineAriston – Esch-sur-Alzette (à partir du 25/10/13)
Vendôme – Bruxelles (avant première avec S.B le 29/10 à 7h 25)

Cinema Aventure – Bruxelles (à partir du 30/10/13)
Sphinx – Gand (à partir du 13/11/13)
CineKursaal – Rumelange (à partir du 6/11/13)
CineWaasserhaus – Mondorf-les-Bains (à partir du 13/11/13)
Buda – Courtrai ( partir du 4/12/13)

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A venir (dates non encore précisées) :
Le Parc / Churchill – Liège
Le Parc – Charleroi
Plaza – Mons


Tilikum pleure et les gens rient.

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TILIKUM

Tilikum est né vers 1980 à l’Est de l’Islande, dans une mer glaciale le long d’une côte creusée de fjords. Il n’y vécut que 3 ou 4 ans, collé aux flancs d’une sage matriarche et protégé par les nombreux  membres de sa communauté. Puis des hommes sont venus, ils ont dispersé sa famille et l’ont emmené pour toujours, avec deux autres enfants.
Au début, Tilly se montra coopérant avec ses ravisseurs. Mais bien vite, les bassins surpeuplés du Sealand of Pacific firent de lui un rebelle. Quelques années suffirent à en faire un tueur. Ses deux premiers meurtres furent soigneusement tus mais le dernier mena SeaWorld devant les tribunaux. En mer libre, aucune orque jamais n’a blessé un humain. Les dresseurs agressés ou tués se comptent en revanche par dizaines.

Malgré sa taille énorme, Tilikum était pourtant le souffre-douleur du bassin, grand gosse grandi sans mère, socialement maladroit, rendu fou par l’ennui et le manque d’espace. Une bagarre avait éclaté entre orques peu avant le show fatal. Le géant s’est acharné sur le corps de Dawn Brancheau avec une rage inouïe, avant de lui manger le bras puis de reposer doucement sa tête près du cadavre immergé. Consterné par son acte.

Aujourd’hui, King Kong a retrouvé ses chaînes. Isolé plus d’un an, assommé par les drogues, il flotte. Toute la journée, il dort et quand vient l’heure du spectacle, il se contente de nager en rond, sans même avoir la force de bondir au sifflet. Tilikum est psychiquement mort. Mais son sperme congelé a déjà servi à faire naître 2/3 des bébés orques de la compagnie Sea World. Et on le masturbe encore.

En 2011, 42 orques étaient détenues en bassins dans le monde.
Elles sont 48 aujourd’hui, du fait des récentes captures russes et due « sauvetage » de Morgan en Mer de Norvège par le Dolfinarium de Harderwijk puis de sa vente à SeaWorld.
Depuis 1961, 137 orques au moins ont été capturées pour le marché de la captivité. 124 d’entre elles (soit 91% des prises) sont déjà mortes aujourd’hui.
La durée de vie moyenne des 124 individus capturés est de 4 ans, avec un maximum de 28 ans. Le temps de vie moyen des 32 orques nées en captivité est de 4 ans et demi.
En milieu naturel, les mâles vivent peuvent atteindre 60 ans et les femelles devenir centenaires.
Au total, 156 orques sont mortes en captivité. Ce chiffre comprend 28 enfants difformes malformés ou morts nés.

BLACKFISH pose clairement la question : pourquoi toute cette souffrance ? Pourquoi perpétuer ces jeux de cirques cruels, ces captures et ces inséminations artificielles ?  Dans quel but, si ce n’est le profit ?  Ne vaudrait-il pas mieux plutôt se soucier des orques libres, dont les cultures et l’intelligence sont comparables en complexité à celles des êtres humains ?

Déjà diffusé sur CNN,  BLACKFISH sera projeté en Belgique et dans toute l’Europe à partir du 30 octobre, Cet événement précède une vaste campagne orchestré par Born Free, SOS Defines et la WDC en vue de réclamer l’interdiction des delphinariums sur tout le territoire européen. Pour mémoire, la France détient encore 5 orques captives, dont 4 nées captives. Freya est la seule survivante des captures initiales. Elle vivait en Islande, comme Tilikum.


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Samantha à Sea World
http://www.flickr.com/photos/48521903@N00/sets/72157624823226253/ at SeaWorld
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Lire aussi :
Tous les horaires et les détails pratiques sur la page Facebook Blackfish Belgique

orcas-islande

L’enfance de Tilikum (article D.Kirby traduit par YG)

Blackfish, le film

Blackfish en Europe

Samantha Berg à Bruxelles

Sea World contre Blackfish, la guerre a commencé !

Les mystérieuses cultures des orques de l’Antarctique

Orques captives : les chiffres et les faits

Orques psychotiques en captivité

Tilikum, reproducteur en chef

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samantha-berg-speech-Brussels

samantha-berg-talk-to-Midori-BrusselsSamantha Berg, « Blackfish » Bruxelles 29/10/2013


The life of Beachie, Bruges’ dolphin breeder

November 2013 : Beachie’s dying ?

CENSORED


1. The life of free young males

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A pod of dolphins is having fun while racing with a boat in the Gulf of Florida.
These dolphins are Tursiops truncatus with large fins, or Atlantic Bottlenose, perfectly adapted to coastal life, shallow waters and warm climate. And this is also the reason why our European dolphinaria likes them so much : they are incredibly resilient and able to survive in absurdly small pools disinfected with chlorine.

Here, we see a Trio. An alliance at the first degree, a gang of 3 happy friends who are swimming kilometers and kilometers every day to seduce pretty females of the neighborood. They will stick together for a while, sometimes for their whole life.

Watch the video. First, one dolphin is taking the initiative and jumps out of the water in a very powerful and harmonious way. Quickly, his friends will join him and challenge him : « I bet we can catch up with that boat there ! ». Their jumps are full of joy, innocence, friendship and laughter.

« The relationship between these “male alliance partners” — bromances, if you will — could last decades or even a lifetime: the friends will spend almost 100 percent of their time together and will often surface side by side in synchronicity. Most of the dolphins leaping and rolling and showing off in front of the boat were playful males, about 9 to 10 years old, just about the age of sexual maturity. Their play, which sometimes includes sex with each other, helps them determine who they’ll choose to be their useful, dependable ally for the next few decades. “It’s a big decision on their part,” Gibson said. “They want to make sure they choose wisely.” UNF’s researchers have identified 14 alliances among male dolphins in the St. Johns. Twelve are pairs, one is a trio, the other is a quartet: Osceola, Choctaw, Timucuan and Geronimo, who are almost always together. A few more alliances could be forming among the youngsters who played around the UNF boat (…) .
Different types of alliances are created amongst the males as they compete to attract the females. These alliances are not confined to one given territory, as it is the case with other social mammals, but, at the contrary, they move over large areas that overlap ».
University of Florida research


dolphin-alliance


2 or 3 dolphins will form a first alliance, very strong over the long term.
These pairs or trios will in turn form a second alliance with other similar groups of 2 or 3 males within a larger group of 4 to 14 individuals, who have no family bounds between them.
This second level group will cooperate to defend its own females or to attack other groups and steal their women. Such alliances can last more than 15 years.

Finally, this « super-group » will be able to form a coalition of several groups of the same type, always to face their rivals organised like them. So we will have an alliance « A » combined with an alliance « B » to attack an alliance « C » on certain occasions, but that will be able to ally also to C to attack an alliance « D » at another moment. And then, it really becomes very complicated. (Richard Connor)


dolphinsocialnetAlliances of the third kind


 

Florida dolphins also have a « fission-fusion » social structure, characterised by temporary associations, lasting a few minutes to several hours. These models of flexible grouping, in which dolphins are constantly associating differently, imply that they must be able to find each other, when they are separated by long distances. However, these distances must be within reach of communications – they must still be able to communicate.The decision of a dolphin to join or leave a group is linked to various social considerations, such as the class of the individuals in the group (mothers with their babies, single adult females, adult males and young ones). Every dolphin evolves in different social environments.

The decision is also influenced by the ecological characteristics of their habitat. For example, mothers with children prefer to reside regularly in deep waters. They develop relationships with other females in the same situation and associate with them. The same mothers, when they come to swim in shallow waters, will meet young males with whom they will have little contact.


Bottlenose dolphin catching leaping striped mullet

2. The life of a captive young male


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Beachie as a merchandise at Bruges dolphinarium


In Bruges, Beachie is sleeping on the bottom of the pool. He’s not healthy. He feels alone.
Born free in 1982, « saved » from a stranding in April 1984, he was sent to SeaWorld Orlando on the 27th of April 1984. He left this place on the 8th of June 1997 to be deported to the Harderwijk Dolphinarium, in the Netherlands.
On the 18th of September 2009, he was finally sent to Bruges. Beachie had been a good stallion before the Boudewijn Seapark. In SeaWorld and Harderwijk, he gave birth to Marble (1997), Sal’ka (1998), T’lisala (2001), Amtan (2001), Palawas (2004), Spetter (2005) and Kite (2005). But once in Belgium, he only gave a stillborn child to the young Yotta in 2010, twins (also stillborn) to the older Roxanne in 2011, and another baby who died after 4 days to Roxanne again. His largely degraded life environment probably explains these events.


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Roxanne and her baby, who died after 4 days



So, in 2009, Beachie was brought to the Boudewijn Seapark in Bruges, in the context of an international breeding program (EEP – European Endangered Species Program). Please note that these programs are supposed to ensure the safeguard of an endangered species « ex situ », like for example the golden lion tamarins, the love panthers, the Sumatran elephants, or the okapis, not to mention local but less spectacular endangered species.

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According to the IUCN, Tursiops truncatus is not a highly endangered species. Tursiops are never rehabilitated by the dolphinaria. So dolphinaria do betray the spirit of these European programs. Inadequate education and unnecessary researches couldn’t legally justify the breeding of captive dolphins, since they do not contribute at all to the conservation of the species.

Only females and young dolphins had lived in Bruges since Tex died. That made the arrival of a male necessary for this breeding program for what we can call « circus animals ». Note that neither Beachie nor the residents of the Flemish aquatic circus had chosen to meet. The group would have to, once again, be reshaped by the hand of man.


dolphinbay2-alone
Beachie



One week before Beachie arrived, expert trainers of the Boudewijn Seapark went to Harderwijk to see how Beachie was working, what tricks he could be asked and how he had been prepared to take part to the medical tests.
In the morning of the 19th of September 2009, the dolphin was moved to Bruges in the company of 5 employees of Harderwijk and his new masters. Beachie was carried in a hammock, suspended in a box. He arrived in Bruges in the afternoon, to be immediately put in a tank behind the dolphinarium. For the entire first week after his moving, a trainer from Harderwijk stayed in Bruges to help with Beachie’s integration within the group and to advise the team of Bruges.


CENSORED

The residents. Flo died in 2010, at 13 y.0
Photo Adriaan van Rijswijk


For the first 4 days, Beachie stayed in the tank at the bottom, separated from the group by a simple net. This enabled him to hear and see his new cellmates. Then the male was introduced to the 5 residents. At first, he came into contact with Roxanne, one of the three adult females, while the others stayed separated from him in the pool used for the show.


dolphinbay-food1Photo Hurricane Warrior


 

Today, Beachie is getting along with the senior females (the « high-ranking » females), Roxanne, Yotta and Puck. Young Indy and Ocean – 10 years already ! – are afraid of him. The dominance in a tank is complete, as there is no means of escape, and no possibility to create alliances.Compared to what Beachie has known in his open-air lagoon in Harderwijk, the tank in Bruges is not very big. It is 3-6 meters deep and 40 meters long. On the right and on the left of the tank, there are 2 isolation pens. And behind the scene, there is another pool, larger, but 4 meters deep. This pool was originally intended to sea lions. They go back there during the winter. During the summer, they stay at the « Sea lions Theater ».


CENSORED
Beachie isolated in the back basin.
Photo Adriaan van Rijswijk



Beachie also had to learn to obey a different way.
In Harderwijk, all the dolphins were getting the attention of the trainers at the same time. In Bruges, they must remain calm in front of the trainer until they receive, one at a time, instructions. For Beachie, at the start, it was hard to wait his turn. He was often jumping out of the water, very excited, and had trouble staying calm. He’s been tamed.
For the show, he has been asked first to show all the tricks he had learnt in Harderwijk. Then, he has learnt to throw balls at children and to do somersaults. This training had already begun in Harderwijk, but it couldn’t be completed there. One wonders what he has learnt in SeaWorld, during all that time after his « rescue »

CENSORED
Beachie’s training

Photo Adriaan van Rijswijk

For Beachie, many things have changed. He has long lived in the Dolfijndomijn, in Harderwijk, among a group of other males. They had not chosen to be together either, but at least they were all males. At the Boudewijn Seapark, our stallion is now sharing a really small space with 3 young dolphins – including a skinny male – and 2 females older than him. In addition, Beachie no longer has the possibility to go out in the open air, or to feel the sun on his skin, in a sea where fish can survive. The dolphinarium in Bruges is completely covered by a dome. Its waters are entirely artificial.

Beachie is not healthy. Like so many captive dolphins, he sleeps on the bottom of his basin during hours. He is so alone ! No alliances, no friends, no travels. Nothing to do, nowhere to go. Just shows and sleep, sleep and shows.
That’s not a male dolphin life.


dolphinbay1

Is it even necessary to conclude ? Is the simple detail of these two life styles not enough to condemn a business that should no longer exist in Europe or anywhere in the world : exhibition of captive dolphins ?

CENSORED
Beachie alone
Photo Adriaan van Rijswijk


To know more :

Thanks to Christelle Bornauw Waiengnier for the translation.
– Information about Beachie’s was taken from an interview of the chief trainer of Bruges, Sander van der Heul, published on a now securised (after my first visit !)  professional website ruled by Harderwijk Dolphinarium.

clearwater

– Please note the swimming Trio shown on the top of this page are part of the family of the 2 golden geese of the Clearwater Marine Aquarium, Winter and Hope. These new inmates are claimed to have been saved from stranding. It’s the new way to get captive dolphins in the USA. All stranded dolphins are supposed to be deaf.
Let’s remind that for more than 2 decades, Gulf of Mexico was the focus of a live-capture fishery for Bottlenose dolphins which supplied dolphins to the U.S. Navy and European dolphinaria. « During the period between 1972-89, 490 bottlenose dolphins, an average of 29 dolphins annually, were removed from a few locations in the Gulf of Mexico, including the Florida Keys. Mississippi Sound sustained the highest level of removals and 202 dolphins were removed from this stock during this period, representing 41% of the total and an annual average of 12 dolphins. It may be biologically significant that 73% of the dolphins removed during 1982-88 were females. The impact of those removals on the stocks is unknown ». (NOAA)

winter-se-cacheWinter


No more dolphinaria in Europe

Bruges : in the water with our dolphins ! (Videos)

Bruges dolfinarium must be closed

Harderwijk Dolfinarium

 OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Money


Orques : intelligentes, sociales et mentalement malades en captivité !

« Smart, Social and Erratic in Captivity »
Un article du New York Times

Faut-il maintenir en captivité certains animaux parmi les plus sociaux, les plus intelligents et les plus charismatiques de la planète ?

C’est une question qui se pose aujourd’hui plus que jamais, tant du côté des scientifiques que du côté des défenseurs des droits des animaux, parfois à propos de proches cousins de l’homme, comme le sont les chimpanzés ou d’autres grands singes, mais aussi à propos d’un autre mammifère remarquable pour son intelligence et son organisation sociale complexe  : l’orque ou «baleine tueuse».

Les orques, que l’on trouve dans tous les océans du monde, étaient autrefois aussi méprisées que les loups. Mais dans les 50 dernières années, ces élégants prédateurs noirs et blancs – qui sont une menace pour les phoques et autres proies quand ils sillonnent les océans, mais qui sont souvent amicaux avec l’homme à l’état sauvage – ont rejoint le panthéon des animaux sauvages adorés, aux côtés des ours polaires, des éléphants et des lions.

Marineland Antibes-ours3L’ours blanc de Marineland Antibes par 30°C
Photo
Marie-Hélène Combres 2013

Avec une espérance de vie qui se rapproche de celle de l’homme, les orques ont des liens familiaux très forts, une communication vocale élaborée et des techniques de chasse coopératives. Leur beauté et leur puissance, combinées avec une bonne volonté réelle lorsqu’elles travaillent avec les hommes, ont fait d’elles les stars légendaires des shows de delphinariums.

C’est aux alentours de années 60 qu’elles ont été capturées pour la première fois par des parcs marins. Désormais, aux Etats-Unis, les orques ne sont plus capturées très jeunes à l’état sauvage afin de grandir en captivité. Elles sont élevées en captivité afin d’être exposées au public dans les parcs aquatiques. (1)

Certains activistes et scientifiques tentent depuis de nombreuses années de s’opposer à leur maintien en captivité. Ils dénoncent leur qualité de vie dans ces enceintes artificielles et leur dressage destiné à des spectacles de cirque. Ils demandent qu’on leur fournissent un environnement plus naturel, tels que des enclos fermés en bord de mer, par exemple, mais exigent aussi qu’il soit mis fin à l’élevage des orques et à leur utilisation dans ce que leurs opposants appellent du «divertissement» et ce que les parcs aquatiques appellent de «l’éducation ».

Aujourd’hui, le sujet est évoqué avec une intensité nouvelle, tant par le biais du documentaire Blackfish que du livre Death at SeaWorld de David Kirby, qui vient juste de sortir en format de poche. (2)

Tant le film que le livre se concentrent sur la mort de Dawn Brancheau, une dresseuse de SeaWorld Orlando (Floride) en  en 2010. Cette jeune femme a été entraînée sous l’eau par une orque baptisée Tilikum, qui avait déjà été impliquée dans la mort de 2 personnes auparavant.

L’événement a conduit à deux citations à comparaître pour violation de la sécurité par la Occupational Safety and Health Administration (OSHA), en raison d’un contexte de travail dangereux. A l’heure actuelle, la bataille juridique est toujours en cours. L’OSHA estime notamment que les dresseurs devraient être séparés des orques. L’amende la plus récente imposée à SeaWorld date de juin 2013, et SeaWorld a fait appel de ces deux décisions. (3)

Le film et le livre font valoir que les actes de Tilikum étaient délibérés et que son comportement n’est que le résultat des dommages psychologiques causés par la captivité, pas uniquement à SeaWorld, mais également dans l’autre parc qui l’a gardé auparavant. Pour SeaWorld, en revanche, ce décès était un accident, pas un meurtre délibéré.

Au-delà de la mort de Dawn Brancheau et au-delà des arguments relatifs à la façon dont SeaWorld gère ses différentes installations, il subsiste un désaccord fondamental sur la question de savoir si les orques et les autres cétacés – le groupe de mammifères marins comprenant les baleines, dauphins et autres marsouins – doivent encore être ou non maintenus en captivité.

Tout cela rappelle, à bien des égards, le mouvement visant à déplacer tous les chimpanzés captifs dans des sanctuaires, mouvement qui a connu récemment deux succès majeurs quand le National Institute of Health a décidé de mettre à la retraite la plupart de ses grands singes et quand le Fish and Wildlife Service  a proposé de considérer désormais tous les chimpanzés comme des animaux menacés, érigeant ainsi de nouvelles barrières à l’expérimentation de ces animaux.

chimp-laboratoire

Mais la situation des orques est différente. Il y en a beaucoup moins en captivité – au total 45 dans le monde, d’après l’organisation  Whale and Dolphin Conservation – et des milliers de gens les aiment, en partie à cause de leurs performances dans des parcs aquatiques comme SeaWorld, qui dérangent les opposant à la captivité. Une grande partie des études relatives aux mammifères marins ont aussi été réalisées dans ces parcs. (4)

Mais même les scientifiques qui ont travaillé avec des dauphins captifs mettent les orques à part en raison de leur taille, de leurs possibilités de mouvement à l’état sauvage, et de la nature très soudée de leurs réseaux sociaux.

Diana Reiss, du Hunter College (New York), qui a étudié la conscience de soi chez les dauphins mais qui n’a pas pris part à la réalisation de « Blackfish », indique ainsi que la question du maintien en captivité d’animaux comme les dauphins est importante et qu’elle doit être posée. Mais, selon elle, il n’y a aucune ambigüité concernant les orques. « Je n’ai jamais pensé qu’elles devaient être captives », indique-t-elle. « Je pense que, sur le plan moral comme sur le plan scientifique, c’est injustifiable»

L’animal en question, Orcinus orca, est en fait le « dauphin » le plus grand qui soit. Il semble qu’il ait été baptisé « baleine tueuse » non pas parce qu’il s’agissait d’un animal méchant, mais parce qu’il s’attaquait aux baleines.

Cette espèce a un régime alimentaire varié, certains groupes se nourrissant de poissons, d’autres se nourrissant surtout de phoques. Il semble que les orques puissent aussi manger des pingouins et d’autres oiseaux marins, occasionnellement des calamars et des tortues, et même un orignal ou un cerf qui nage.

Les mâles peuvent atteindre jusqu’à 10 mètres de long et peser jusqu’à 9,5 tonnes. Les femelles sont plus petites, jusqu’à 7 tonnes, mais vivent plus longtemps. Alors que les mâles vivent en moyenne 30 ans et peuvent atteindre 60 ans, les femelles vivent normalement 50 ans mais peuvent en atteindre 90. Les orques vivent en famille et en groupes, des groupes qui peuvent varier de quelques animaux à 15, bien qu’il leur arrive temporairement de rejoindre des groupes de 200 individus ou plus. (5)

Les orques nagent partout dans le monde, et les différents groupes peuvent avoir des régimes alimentaires, des comportements et même des caractéristiques physiques différentes. Un sous- groupe du Pacifique Nord-Ouest, appelé aussi la communauté résidente du sud, est répertorié comme espèce menacée dans le « Endangered Species Act » des Etats-Unis.

Les orques peuvent voyager sur de longues distances. « Elles peuvent faire 160 kilomètres par jour », indique Lori Marino, une chercheuse de l’Université d’Emory (Atlanta) qui a travaillé avec le Dr Reiss. Elle est aussi une activiste, apparaissant dans « Blackfish » et s’opposant à la captivité des dauphins et des orques.

Les orques ont un cerveau complexe, et les comportements des groupes sont si variés que les scientifiques n’hésitent pas à parler de cultures différentes.

orques-sauvages

L’opposition au maintien des orques en captivité se base en partie sur les preuves qui ont déjà été fournies de leur intelligence, de leur organisation sociale et de leur grande variété. Ces faits ne sont pas vraiment discutés, ni d’ailleurs l’idée que les hommes doivent offrir aux orques en captivité une vie correcte.

Les opposants à la captivité énumèrent surtout une série de problèmes physiques et psychologiques engendrés par la captivité, en ce compris des comportements répétitifs, des problèmes dentaires et des attaques sur leurs dresseurs, comme celle qui a causé la mort de Dawn Brancheau.

orque-dents-limeesLes dents évidées des orques captives


Malgré cela, ces opposants reconnaissent que les orques captives ne peuvent pas, pour leur propre sécurité, être remises en liberté du jour au lendemain.
Ils ne demandent donc pas la fermeture des parcs comme le SeaWorld ou d’autres. Ils préfèreraient plutôt voir les parcs aménager des espaces plus grands et plus naturels pour les orques, comme des enclos en mer, enclos situés sur les zones côtières des océans et pouvant être fermés par des filets. (6)

Naomi Rose, une biologiste marine issue de la Humane Society of the United States, qui travaille également à l’Animal Welfare Institute, a coécrit en 2011 un article contre le maintien des orques en captivité. Pour elle, il serait tout à fait imaginable de créer des sanctuaires pour orques, et cela pourrait, voire devrait, être organisé par des entreprises comme SeaWorld, qui possède 22 orques, c’est-à-dire la moitié des orques en captivité dans le monde.

La société Merlin Entertainments, qui gère des parcs d’attraction comme les Legoland ou les Sea Life (principalement en Europe), a envisagé de créer un sanctuaire pour dauphins avec la Whale and Dolphin Conservation. Cathy Williamson, responsable des programmes de captivité pour l’organisation, a indiqué qu’il avait été assez compliqué de trouver un endroit en Europe (une crique ou une baie) suffisamment grand pour créer un tel sanctuaire. Pour elle, il serait pourtant envisageable de créer « une zone très large, entourée par des filets, de façon à ce que les dauphins restent captifs, mais dans laquelle ils ne devraient plus réaliser des tours pour les touristes ». D’après elle, le même type de sanctuaire pourrait être envisagé pour les orques.

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Mais, pour SeaWorld, tout comme pour l’Association des Zoos et Aquariums,  de tels sanctuaires seraient une solution à un problème qui n’existe pas. L’association compte 222 membres, dont 212 aux Etats-Unis, parmi lesquels on retrouve les SeaWorld d’Orlando, de San Antonio et de San Diego.

L’association établit des normes d’accréditation reprenant des exigences relatives au bien-être physique, psychologique et social des animaux. Pour le porte-parole Steven Feldman, « On pourrait dire la même chose pour les orques, les tigres et les chimpanzés ».

anvers_panthere-decembre-2012
Le Zoo d’Anvers est membre de la WAZA

Mais alors que la WAZA s’oppose à l’utilisation des chimpanzés pour le divertissement, et qu’elle a rejoint la décision du Fish and Wildlife Service en déclarant les chimpanzés « espèce en danger », elle continue à considérer les sauts, les plongeons et les autres tours réalisés par les orques dans les parcs comme relevant d’aspects « éducatifs » plutôt que du divertissement.

« Ce sont des comportements naturels », dit Paul Boyle, Vice-Président en charge de la conservation et de l’éducation au sein de l’association. « Les orques sont des êtres très coordonnés et les gens aiment les regarder ».

Christopher Dold, Vice-Président en charge des soins vétérinaires chez SeaWorld, prétend que les orques des parcs du groupe ont déjà « une excellente qualité de vie ». Pour SeaWorld et l’association WAZA, SeaWorld offre aux animaux captifs d’excellents soins vétérinaires et des programmes enrichissants sur le plan psychologique.

Tilikum-isolationTilikum : 1 an d’isolement total

Ils signalent aussi que des recherches sont faites dans les parcs, recherches sur les capacités cognitives des orques et des autres cétacés, sur leurs comportements et sur leur physiologie. Des recherches qui ne pourraient être réalisées d’aucune autre façon. D’après le Dr Dold, ce savoir, et l’occasion donnée au public de voir ces animaux en action, peuvent contribuer à l’éducation du public et soutenir la cause in fine de la conservation des espèces. « C’est pourquoi les orques, qui sont en contact direct avec les gens dans les zoos chaque jour, sont si importantes pour nous en tant qu’institution », ajoute-t-il.

seaworld-show-dauphinsDes recherches ? De l’éducation ? 

Le Dr Rose, qui s’oppose à la captivité, reconnaît que l’essentiel de ce que l’on sait aujourd’hui à propos de ces cétacés provient en effet des études menées dans les parcs aquatiques.

« Le problème est que notre savoir s’est construit à partir de personnes qui ont fait leurs débuts dans l’industrie du divertissement ».
Elle ajoute : « C’est un sujet que notre communauté n’aime pas aborder » – un sujet qu’elle espère cependant pouvoir résoudre un jour.

Lors d’une rencontre de la Society for Marine Mammology en Nouvelle-Zélande, le Dr Rose présentera, avec ses collègues, un article sur la survie des orques en captivité. Cet article démontre, d’après elle, que les orques captives ne se portent pas aussi bien que leurs congénères sauvages, et que les nombreux changements dans les soins apportés aux animaux, ainsi que l’augmentation des orques nées en captivité depuis 1995, n’ont pas amélioré les taux de survie.

Pour elle, la communauté scientifique devra entendre quelques dures vérités.

SumarLe show est fini pour Sumar, 12 ans

Traduction par Christelle Bornauw de l’article « Smart, social, and captive » de James Gorman
(paru le 30/07/2013 dans le New York Times – édition de New York)

En savoir plus :

Les orques captives (Réseau Cétacés)
Tilikum, Spartacus parmi les orques
Blackfish !

Dauphin échoué lors d’un show à Sea World

NOTES :
On saluera d’abord ici l’indépendance de la presse américaine, moins soumise que la presse française ou belges aux pressions économiques de l’industrie du cétacé captif.  On rappelera également que si la détention des orques posent un problème en termes éthiques, celle des dauphins, des grands singes ou des éléphants n’est pas moins contestable à ce niveau et pour les mêms raisons : intellegence vie sociale, troubles mentaux dus à la détention.

1. Elles sont élevées en captivité afin d’être exposées au public dans les parcs aquatiques.
Sous réserve de cas comme celui de Morgan, où la prétendue sauvegarde d’une petite orque égarée en Mer de Norvège s’avère être en fait une capture pure et simple, commanditée par Sea World. Quant aux dauphins, nombre d’entre eux ne sont « sauvés » de l’échouage que pour servir de bêtes de cirque.

2. Aujourd’hui, le sujet est évoqué avec une intensité nouvelle, tant par le biais du documentaire Blackfish que du livre Death at SeaWorld de David Kirby, qui vient juste de sortir en format de poche.
Mais qu’aucun éditeur français ne semble avoir le courage de publier, du fait du poids politique et économique du Marineland d’Antibes.

3. L’amende la plus récente imposée à SeaWorld date de juin 2013, et SeaWorld a fait appel de ces deux décisions.
Il faut savoir que lorsque le dresseur ne descend pas dans l’eau avec l’orque ou le dauphin pour y faire du rodéo, le show est considéré comme nul par les spectateurs.  En attestent les nombreux commentaires sur Youtube et les vidéos nostalgiques.

4. Une grande partie des études relatives aux mammifères marins ont aussi été réalisées dans ces parcs.
Il s’agit essentiellement d’études sur la physiologie et la capacité d’apprentissage des orques, ainisi que sur la reproductin en bassin. Toutes les informations relatives à leurs compétences sociales ont été faites en milieu marin, notamment par le Dr Paul Spong.

5. Les orques vivent en famille et en groupes, des groupes qui peuvent varier de quelques animaux à 15, bien qu’il leur arrive temporairement de rejoindre des groupes de 200 individus ou plus.
Le New York Times est ici mal informé. Les structures sociales des orques sont beaucoup plus complexes et s’articulent autour de dialectes communs. Le journal ne mentionne pas non plus l’intensité des liens qui unit les individus d’une même famille.

La société orque en milieu naturel est basée sur une première unité matrilinéaire constituée de la matriarche, de ses enfants et de ses petits-enfants, c’est-à-dire a minimum de 5 à 6 individus. Du fait que les femelles peuvent atteindre 90 ans en liberté, il n’est pas rare de voir 4 générations qui se déplacent ensemble. Ces groupes matrilinéaires sont très stables. Ses membres ne se séparent que quelques heures par jour, pour aller s’accoupler ailleurs ou se nourrir.
A un deuxième degré,  de deux à quatre unités matrilinéaires se regroupent pour former un pod, composé d’une vingtaine de personnes. Ces pods peuvent se diviser et se séparer durant plusieurs semaines avant de se retrouver.
Le troisième niveau de la structure sociale des orques est le clan.  Il regroupe un ensemble de pods, qui partagent tout à la fois le même dialecte semblable et une lointaine ancêtre commune.
Le dernier stade de l’organisation des orques est appelé une « communauté ».  Il s’agit d’un vaste ensemble de clans qui socialisent et se retrouvent régulièrement, mais ne partage ni le même dialecte ni d’ancêtre commun

6. Ils ne demandent donc pas la fermeture des parcs comme le SeaWorld ou d’autres
Le raccourci est un peu rapide. Tous les opposants demandent la fermeture de ces parcs et la relocation de leurs orques dans les enclos marins évoqués ci-dessus.

antibes-marineland-2012-orque1Antibes